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Deuxième enquête participative : Quelle place pour les pauvres en France ?

Le choix très net des Agoravoxiens en faveur d’une enquête sur la pauvreté n’est sans doute pas déconnecté de l’actualité, avec le retour d’une forte inflation sur les produits de première nécessité (alimentation, énergie) qui pèse lourdement sur les plus pauvres, avec également les négociations en cours dans le cadre du Grenelle de l’insertion et les restrictions budgétaires qui risquent de limiter la portée du RSA (Revenu de solidarité active).

Mais qu’ils se rangent au nombre des pauvres ou non, leur demande de participation à une enquête sur la pauvreté signifie qu’ils n’entendent pas baisser les bras dans la lutte contre cette plaie qui gangrène la société et conforte Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, quand il dit que « la pauvreté dans les pays riches est inexplicable » (Le Figaro du 15/04/08). Et quand il dit inexplicable, il pense sans doute inexcusable. La France n’a en effet pas d’excuses de ne pas venir à bout de la pauvreté !


Comment participer ?
Où en est l’enquête ?
Les contributions

Les questions

Une fois le sujet choisi, restait à préciser et à essayer de délimiter le champ de l’enquête sur un sujet si vaste. Nous vous proposons quatre grands groupes de questions :

1. Qui sont les pauvres ?

Il est difficile de délimiter les contours de la pauvreté. On peut en faire une définition économique comme le fait l’Insee avec le seuil de pauvreté relative défini comme étant égal à 50 (ou 60) % du revenu médian.
  • Y a-t-il d’autres mesures de la pauvreté qui vous paraissent plus adaptées ?
Mais on peut privilégier le vécu de la pauvreté et ses conséquences. Pour Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-Monde, qui parlait d’expérience, la précarité est l’absence d’une ou de plusieurs sécurités, notamment celles de l’emploi, permettant aux personnes et aux familles d’assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux. (Rapport « Grande pauvreté et précarité économique et sociale » présenté au CES en 1987.)
  • Faites part de votre propre ressenti.
  • Vous considérez-vous comme pauvre ? Et, si oui, explicitez pourquoi.
  • Si non, dites qui sont pour vous les pauvres et si vous vous sentez à l’abri de la pauvreté ou de la précarité ?
2. Comment les pauvres sont-ils perçus ?

La manière dont une société traite ses pauvres est liée à la perception qu’elle en a. Celle-ci est le plus souvent indirecte, de par la ségrégation croissante à l’œuvre dans l’habitat, l’école, le monde du travail, les loisirs ... et déformée par les médias et les discours politiques.
Quand on ne se côtoie plus, on ne se connaît plus. Et, comme on ne se connaît pas, on tombe facilement dans les stéréotypes ou les idées fausses.
Sur ce terreau de méconnaissance réciproque, prospèrent ceux qui présentent les pauvres comme des assistés, des profiteurs, voire des tricheurs, transformant les victimes en boucs émissaires.
  • Apportez des exemples de cette évolution du discours relatif aux pauvres et des comportements vis-à-vis d’eux.
  • Rétablissez la vérité déformée par les propos mensongers.
3. Qui représente et défend les pauvres ?

Dans l’interview citée plus haut, Martin Hirsch insiste sur l’importance que les pauvres puissent s’exprimer : « En France, on fait des politiques pour les pauvres sans les pauvres. Du coup, ces politiques ne marchent pas ». Au-delà de l’autojustification de sa présence au gouvernement (il a été dans les instances dirigeantes d’Emmaüs de 1995 à 2007), il nous amène à nous demander si les conditions sont réunies pour que les pauvres soient entendus.
  • Les pauvres ont-ils un pouvoir par leur bulletin de vote ? Quel est leur poids électoral ? Quel est leur taux de participation aux élections ? Pour qui votent-ils ?
  • Qui défend le mieux les pauvres ? Les associations de chômeurs, les associations humanitaires, les associations militantes, les structures d’insertion, les partis politiques, les médias... ? Lesquel(le)s ?
  • Quels sont les critères d’une action efficace ?
  • Y a-t-il une cohérence entre les différents acteurs ?
  • Comment faire pour que la parole des pauvres soit mieux entendue ?
4. Pourquoi n’arrive-t-on pas à éradiquer la pauvreté ?

« Cela semble fou, mais il est possible d’éradiquer la pauvreté. Si nous le voulons tous, on peut y arriver », Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006.
Beaucoup le reconnaissent, c’est une question de volonté.
  • Mais, au-delà de la volonté affichée, le souhaite-t-on vraiment ?
  • Y met-on les moyens nécessaires ? Quels moyens êtes-vous prêt à y mettre ?
  • Aborde-t-on les problèmes de la bonne manière ?
  • Faites-nous part de solutions ou d’expériences qui marchent.
Cette liste de questions n’est bien sûr pas limitative. Si vous jugez qu’un aspect important a été ignoré, faites-nous en part. A noter toutefois que nous nous limiterons dans cette enquête à la pauvreté en France.

Comment participer ?



Cette enquête participative n’est pas un forum, au sens habituel du terme. Il ne s’agit pas de débattre entre vous, mais d’apporter des informations précises et documentées ou des témoignages relatifs aux questions posées. Je les étudierai, chercherai à les vérifier, à les recouper et à les confronter à d’autres informations que je pourrai aller recueillir auprès de personnes compétentes, comme cela se fait dans toute enquête journalistique.

Au fur et à mesure de la remontée des informations, je mettrai à jour une présentation synthétique de vos contributions et de mon propre travail d’enquête, vous permettant de suivre la progression de l’enquête et de mieux vous repérer dans la masse des contributions déjà reçues.
Une synthèse sera publiée en fin de course, synthèse qui pourra elle-même être critiquée ou complétée.

Le principe des enquêtes participativesproposé par le journaliste Jean-Luc Martin-Lagardette, a été présenté en juillet 2007 par Carlo Revelli. Il ne change pas, mais les méthodes évoluent, en tenant compte de l’expérience de la première enquête sur les vaccinations et de celle acquise sur hyperdebat.net.

Pour contribuer à l’enquête, cliquez sur "Ecrire un commentaire". Si vous n’êtes pas encore enregistré sur Agoravox, il vous sera demandé de le faire.

Quelques règles rédactionnelles :

- Faites des messages courts. Plus vous êtes concis, plus vous avez de chance d’être lu !

- Un seul sujet par message.

- Remplacez le titre par défaut par un titre qui résume en quelques mots la teneur de votre message.


Où en est l’enquête ?

Cette section est une tentative de présentation synthétique de vos contributions du 15 au 19 mai et de mes propres éléments d’enquête. Je la compléterai au fur et à mesure de la progression de l’enquête.

1. Qui sont les pauvres ?

Y a-t-il d’autres mesures de la pauvreté qui vous paraissent plus adaptées ?

> La pauvreté est liée à l’adéquation entre besoins et ressources. Les besoins dépendent beaucoup de la situation familiale, de là où on habite, de son patrimoine ... Julien Larsen 16/05 Marc Bruxman 16/05
> Il y a des besoins fondamentaux (nourriture, logement ...), et d’autres plus relatifs. Marc Bruxman 16/05
> Des pauvres de plus en plus pauvres et des riches de plus en plus riches, selon l’ONPES. Jocelyne 15/05

>>> Elément d’enquête : Les mesures de la pauvreté Eric Lombard 20/05

Vous considérez-vous comme pauvre ? Et si oui, explicitez pourquoi.
> "J’ai vécu dans l’indifférence des autres (surtout institution). J’ai trinqué l’alcoolisme de parents." Orange 15/05
> "On se retrouve vraiment à part : je me sens comme en prison." Pinochio55 15/05
> "Je suis intérimaire dans le BTP, c’est dur, faut accepter n’importe quel boulot." Mr Mimose 15/05
> "Vivre dans la peau d un intérimaire, c’est surtout ne pas savoir quel sera l’avenir". Krapo 18/05
> La pauvreté c’est l’inexistence, l’invisibilité. Les autres ne peuvent pas comprendre. Finael 15/05
> La pauvreté, c’est aussi le manque de culture, donc d’autonomie. Orange 16/05
> Le divorce plonge dans la pauvreté nombre d’hommes et de femmes. jondegre 16/05 Marc Bruxman 16/05
> Sans le sou, mais riche de liberté. generation-volée 16/05

Si non, dites qui sont pour vous les pauvres et si vous vous sentez à l’abri de la pauvreté ou de la précarité ?
> "Je côtoie tout le spectre des pauvretés, matèrielle, sociale, psychologique, affective, intellectuelle, et certains cumulent tous ces handicaps ! Des existences à minima, fragiles, au bord des abysses, toujours à la limite. Cela produit une usure prématurée de l’être, une fatigue sociale comme insurmontable." Hans Lefebvre 16/05
>Le fait de ne pas pouvoir se déplacer pour travailler est la frontière qui sépare la pauvreté de la misère. Renaud delaporte 15/05
> Le manque de contrôle de sa vie est plus difficile à vivre que la pauvreté matérielle. Marc Bruxman 19/05
> Les pauvres sont "exclus, rejetés, moqués", tout comme "les clandestins, immigrés, tziganes". Naturome 15/05
> Le pauvre, "c’est celui qui accepte d’être traité comme un chien au nom de sa petite survie". Aegidius REX 17/05
> Le mode de vie des riches renforce le sentiment de pauvreté. Philippe 15/05
> Travailleurs pauvres : cela fait drôle qu’en France le fruit du travail ne suffise plus pour vivre. Krapo 16/05
> "Il m’est arrivé d’assister à des dégringolades sociales. Le contrôle que chaque personne a de son destin a des limites qui sont facilement franchies". docdory 18/05


> La majorité des handicapés sont des pauvres, en revenu et en vie sociale. Walter SALENS 19/05

2. Comment les pauvres sont-ils perçus ?

Apportez des exemples de cette évolution du discours relatif aux pauvres et des comportements vis à vis d’eux.
> "J’ai l’impression d’être criminalisé" (face à l’ANPE). Mr Mimose 15/05
> "Menteurs, bons à rien, ne savent pas se subvenir à aux mêmes, et j’en passe" Orange 15/05
> Campagne de pub UCAR : "Les pauvres sont dégueulasses, ils polluent". Sophie.L 15/05
> Les pauvres renvoient une image de faiblesse, insoutenable. Mixt 15/05
> Ce discours n’est pas nouveau, mais exacerbé par la solidarité forcée par le biais des impôts. Marc Bruxman 19/05

Rétablissez la vérité déformée par les propos mensongers.
> "J’accepte même de bosser pour des salaires inférieurs à ce que je touche aux assedics, car si je reste sans bosser je me désocialise et tombe vite dans la dépression". Mr Mimose 15/05
> Très heureuse de retravailler. Gagner mon salaire, me permet de me subvenir, sans demander d’aide. Orange 19/05

3. Qui représente et défend les pauvres

Les pauvres ont-ils un pouvoir par leur bulletin de vote ? Quel est leur poids électoral ? Quel est leur taux de participation aux élections ? Pour qui votent-ils ?
> Plus on est pauvre, moins on vote. Finael 16/05

Qui défend le mieux les pauvres ? Les associations de chômeurs, les associations humanitaires, les associations militantes, les structures d’insertion, les partis politiques, les médias ... ? Lesquel(le)s ?
> Les people (Emmanuelle Béart, Josiane Balasko) Roger pas content 15/05
> Les partis politiques sont tournés vers leurs électeurs et les pauvres ne votent pas. Marc Bruxman 19/05
> Le charity business est destiné essentiellement à donner bonne conscience aux classes plus aisées. Marc Bruxman 19/05

Quels sont les critères d’une action efficace ?

Y a-t-il une cohérence entre les différents acteurs ?

Comment faire pour que la parole des pauvres soit mieux entendue ?
> Créer des réseaux citoyens reliant institutions, pauvres et non pauvres. Orange 17/05
> "Les pauvres, les vrais (ceux du quart-monde) devraient faire une grande manifestation pour une meilleur justice sociale." Orange 18/05
> "Les pauvres auront une place normale dans la république quand ils seront représentés au parlement". Frabri 18/05


4. Pourquoi n’arrive-t-on pas à éradiquer la pauvreté

> "La pauvreté n’est pas autre chose qu’une conséquence directe et historique de l’égoïsme de l’humanité, y compris de la part des pauvres eux-mêmes : la loi du "moi d’abord". Méric de Saint-Cyr 16/05

Mais au-delà de la volonté affichée, le souhaite-t-on vraiment ?
> "La volonté politique devra bien un jour s’attaquer à l’accaparement et à la spoliation" (par les riches) Le furtif 15/05
> Lorsqu’il existe une pénurie de main d’œuvre pour certains emplois pénibles, dégradants, et mal rémunérés, on s’attendrait à ce que les rémunérations augmentent, mais le patronat veille à les maintenir au plus bas. jcbouthemy 16/05
> Tous les économistes libéraux affirment qu’une certaine proportion de chômeurs et de pauvres est nécessaire pour maintenir une pression à la baisse sur les salaires. Mélanie 18/05
> Les entreprises ont tout intérêt à employer des intérimaires ou des CDD Mélanie 17/05
> "Ne devraient avoir un revenu inférieur au seuil de pauvreté que ceux qui font voeu de pauvreté". frabri 16/05

Y met-on les moyens nécessaires ? Quels moyens êtes vous prêt à y mettre ?
> Les moyens des ultra-riches, "qui ne savent plus quoi faire pour dépenser". parkway 15/05
> Mes choix : simplicité volontaire, décroissance. Méric de Saint-Cyr 16/05
> Chômage = grande solitude. Rien n’est fait pour remettre en selle ceux qui sont tombés. mélanie 17/05

Aborde-t-on les problèmes de la bonne manière ?
> Il y a trop d’aides en faveur du travail des jeunes, au détriment des plus vieux. Lerma 15/05
> Il faut tenir compte des contraintes nouvelles que devra supporter notre monde. jcm 16/05

> La défiscalisation des heures sup, c’est stupide, ça décourage les entreprises d’embaucher. Mélanie 18/05
> Les aides sociales destinées aux plus pauvres les piègent dans un "parking". Marc Bruxman 19/05
> Cesser de victimiser les pauvres en leur disant que c’est de la faute de X ou Y. Marc Bruxman 19/05

Faites-nous part de solutions ou d’expériences qui marchent.

>
Faire en sorte que les riches restent en France ; on a besoin d’eux pour investir.
Antoine 15/05
> Il faut rendre opposable "le droit d’obtenir un emploi" inscrit dans la constitution. jcbouthemy 16/05
> Créer une caisse nationale de solidarité pour ceux qui ne peuvent pas s’inscrire dans une démarche d’insertion, alimentée par des prélèvements sur les revenus indécents. alberto 16/05
> "Nous sommes en train de créer un Fonds National de Solidarité Citoyenne" Les RG 17/05
> Education, formation. Marc Bruxman 16/05 Méric de Saint-Cyr 16/05 Krapo 18/05



 

 

 




par Eric Lombard samedi 17 mai 2008 - 186 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par finael (---.---.---.194) 15 mai 2008 13:40
    finael

    Il n’y a pas de place pour les pauvres en France !

    Expérience :

     D’un milieu aisé, je suis passé dans ce qu’on appelle la "grande pauvreté" - oui, il y a toujours à manger dans les poubelles -, c’était il y a longtemps et à l’époque, s’il n’y avait pas de Restos du Coeur, il régnait une grande solidarité chez les plus pauvres, et puis, il y avait les "squats".

     J’en suis sorti et j’ai retrouvé l’aisance parce qu’à cette époque il y avait du travail, et j’ai remonté "l’échelle sociale", fortement aidé par mon éducation. Je me suis retrouvé ingénieur, cadre encadrant, respecté par "la bonne société", même si certains de mes amis de la période précédente faisaient froncer les sourcils et provoquaient force chuchotements dans mon dos.

     Jusqu’au jour où la société qui m’employait a coulé et là je me suis découvert "trop vieux". La dégringolade a été rapide, les "amis" ont vite disparu, le jour où ma carte d’identité a été périmée je me suis retrouvé "invisible", SDF c’est à dire sans droit de vote, sans pouvoir faire changer la plaque d’immatriculation de ma voiture se transformant progressivement en épave.

     J’ai fini par retrouver du travail - au SMIC - : 4 CDD d’un an successifs, je vis dans un mobil-home (je l’ai déjà raconté ailleurs), et puis le dernier CDD s’est terminé en décembre dernier. De nouveau je n’existe plus.

     Je doute que beaucoup de contributeurs d’AgoraVox aient fait cette expérience : l’inexistence, l’invisibilité ... c’est quelque chose que l’on ne peut décrire qu’à des gens qui la partagent, les autres - vous - ne peuvent pas comprendre !

  • Par Mr Mimose (---.---.---.188) 15 mai 2008 13:38
    Mr Mimose

    Je suis intérimaire dans le BTP, c’est dur, faut accepter n’importe quel boulot, des petits contrats d’une semaine par ci, une semaine par la.

    Les petits patrons te considèrent comme de la merde, on m’a proposé une fois d’aller bosser sur marseille pour une semaine lorsque j’habitais dans la banlieue parisienne, pour 100 frs de plus par jour, j’ai répondu que c’était pas possible si je calculais le prix aller-retour tgv, plus l’hébergement, la bouffe, pour une semaine de boulot j’étais perdant !

    Le patron de la boite d’intérim avez l’air outré, m’a répondu que certains se débrouillent pour acheter un véhicule qu’ils transforment en van, ils dorment dedans économisant les frais de nuitée. Avec rage il m’a dit qu’il changeait ma fiche de renseignement pour mettre dessus que je n’acceptais que des boulots dans paris et banlieue.

    J’ai de moins en moins envie de bosser, je suis usé mentalement et physiquement. J’ai envie de tout quitter, avoir un petit jardin ou faire pousser mes légumes et quelques poules, ne plus voir tout ces cons avec leur portables accroché à l’oreille et leur costume à deux sous de chez GAP.

    Je me fais plus d’illusions sur l’avenir, si ces cons font peter la planete, et bien tant mieux qu’on crévent tous, on mérite que ça.

     

  • Par Jocelyne (---.---.---.155) 15 mai 2008 13:28

    La dépêche est tombée ce matin, je vous la laisse méditer. C’est un peu long, mais très intéressant. Un bon point de départ pour votre très intéressante enquête.
    http://www.fairelejour.org/article....
    Des pauvres de plus en plus pauvres et des riches de plus en plus riches. C’est l’un des constats dressés par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale dans un rapport remis mardi au gouvernement. L’ONPES note en effet qu’entre 2002 et 2005 les difficultés des plus pauvres se sont accrues tandis que les revenus des ménages les plus riches n’ont cessé d’augmenter.
    Le rapport note également que la baisse du chômage s’est accompagnée d’une hausse du nombre de travailleurs pauvres et du nombre de demandeurs d’emploi non indemnisés.
    "En 2005, une personne pauvre sur deux avait un niveau de vie inférieur à 669 euros par mois", pour un seuil de pauvreté fixé à 817 euros, selon ce rapport remis à la ministre du Logement Christine Boutin et au Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté Martin Hirsch.
    Selon l’ONPES, l’indicateur d’intensité de la pauvreté (c’est-à-dire le revenu moyen des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté) n’avait cessé de baisser entre 1996 et 2002, "associé à une conjoncture favorable (...) traduisant une certaine amélioration de la situation des ménages pauvres".
    Mais depuis 2002, "l’évolution s’est inversée, avec une augmentation continue de 16,3% en 2002 à 18,2% en 2005". Résultat, "les inégalités ont fortement augmenté entre les très hauts revenus (...) et le reste de la population".
    Calculé sur sept ans (1998-2005), le revenu des personnes disposant de plus de 201.423 euros par an a enregistré une augmentation de 19,4%. "Cette évolution", relève le rapport, "est encore plus nette lorsqu’on considère le revenu réel des 0,01% de foyers les plus riches : entre 1998 et 2005, il a augmenté de 42,6% contre une augmentation de 4,6% pour les 90% de foyers les moins riches".
    Selon l’ONPES, "cette divergence s’explique par la forte croissance des revenus du patrimoine (+31% en huit ans pour les capitaux mobiliers), qui composent une part importante des revenus les plus élevés, mais aussi par une croissance plus forte qu’auparavant des inégalités de salaire". Sur cette période, les salaires les plus élevés ont en effet connu une progression de 14%, contre 4% pour les salaires les plus bas.
    Par ailleurs, l’ONPES souligne que "le taux de demandeurs d’emploi non indemnisés augmente dans un contexte de baisse des demandeurs d’emploi". "Ce taux connaît une augmentation marquée de 2,6 points au cours de la période récente (de 37,7% en 2004 à 40,3% en 2006), dans un contexte global de baisse du nombre de demandeurs d’emploi et de développement de l’emploi précaire".
    "Seuls six demandeurs d’emploi sur dix sont indemnisés", souligne l’Observatoire. "Parmi eux, la part des bénéficiaires du régime d’assurance-chômage géré par l’Unedic a diminué. Les réformes intervenues en 2004 et 2006 ont en effet restreint les conditions d’accès et limité les durées d’indemnisation".
    L’ONPES relève également une hausse du nombre de travailleurs pauvres dans un fourchette de 30.000 à 100.000 personnes entre 2004 et 2005.
    "La grande majorité d’entre eux (78%) occupent un emploi toute l’année. Toutefois, 21% d’entre eux occupent principalement un emploi à temps partiel", précise le rapport selon lequel "ce n’est le cas que pour 14% de l’ensemble des travailleurs".
    Concernant leur salaire, "les travailleurs pauvres ont perçu 775 euros par mois en 2005 au titre de leur activité, soit environ la moitié des revenus d’activité moyens de l’ensemble des travailleurs

  • Par Renaud Delaporte (---.---.---.155) 15 mai 2008 14:30
    Renaud Delaporte

    Le témoignage de M. Mimose souligne une donnée qui me semble essentielle : celui du coût de l’accès au travail. Pour un cadre disposant d’un revenu qui lui permet de se déplacer facilement, le problème de la mobilité n’est qu’une question de volonté ! Surréaliste ! C’est d’abord un problème de moyens financiers.

    Cette difficulté explique en grande partie les offres de travail non pourvues, dont on nous bassine les oreilles : ces boulots sont le plus souvent matériellement inaccessibles à la population à laquelle ils prétendent s’adresser.

    La publicité dégueulasse pour cette boîte de location de voitures dont on parle aujourd’hui est caractéristique de cet état d’esprit qui infecte la société financière occidentale. Les pauvres doivent d’abord payer (et s’endetter) pour travailler.

    Le fait de ne pas pouvoir se déplacer pour travailler est la frontière qui sépare la pauvreté de la misère.

    @ M. Mimose : bon courage. Vous trouverez un CDI !
     

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