Pourtant ils attendent de l’Entreprise, considération, restauration de liens sociaux par la convivialité et qu’elle invente des solutions aux problèmes contemporains.
Une manière comme une autre de dire que les Français attendent tout
d’eux même, sauf de leur propre organisation politique (gestion de la
cité, du pays) dans laquelle pourtant ils peuvent exercer leur responsabilité de citoyen.
En toute ignorance ils se prononcent contre le principe
démocratique, car la démocratie c’est le parti, ce n’est pas le choix
électif de son tyran.
Ils ne s’investissent pas dans les structures politiques faites pour
leur permettre d’exprimer leurs responsabilités d’acteurs
décisionnaires et gestionnaires de la cité et de la nation ; structures
dans lesquelles, justement, ils pourraient définir leurs conceptions de
la liberté et de l’autonomie et satisfaire leurs attentes.
Cependant ils attendent tout de ce qui les « aliène », l’Entreprise,
dont ils retirent un sentiment d’autonomie par la double capacité de
production/consommation qu’elle leur fournit, et à laquelle les prépare
essentiellement le système éducatif.
Ils espèrent que la satisfaction de leurs attentes viendra de la structure productrice qu’est l’Entreprise, dont l’objectif historique affiché, n’est pas de fixer un projet de société, mais d’exploiter au mieux la capacité de travail des individus pour enrichir quelques-uns uns d’entre eux.
Entreprise, dont ce qui paraît être le caractère social, n’est que la nécessité pour elle de devoir redistribuer par obligation
(conflits) une part de la richesse collectée afin de préserver ses
propres attentes monopolistiques au travers d’une organisation
concurrentielle débridée.
Cela dans un cadre général ou l’attente des Français évolue vers une
société de loisirs et hédoniste permise par le système libéral qui
nécessite une réduction du temps de travail et des choix qualitatifs.
Tandis que l’Entreprise, pour des raisons concurrentielles, réclame un allongement de ce même temps de travail, et dénie les conséquences positives du succès du système libéral (Locke),
et soutenu par une l’idéologie néolibérale elle impose une restriction
au travers de la circulation des masses financières dans un marché où
elle trouve que les exigences qu’elle a suscitées sont trop élevées (poids des non actifs et des exclus trop lourd, demande de soins exponentiels, tendance écologique).
Ainsi, curieusement les Français n’ont pas d’espérance dans leurs
structures démocratiques qu’ils ressentent comme inadaptées à leurs
attentes, alors qu’elles sont le symbole d’une liberté acquise historiquement sur le monachisme, l’impérialisme, le totalitarisme, et ils mettent leurs espoirs dans une structure économique qui est le symbole du pouvoir autoritaire, du fait du prince, que donne le droit de propriété du possédant sur les autres individus.
Ils délaissent ainsi l’exercice d’un pouvoir démocratique pour confier leur attente à un pouvoir totalitaire
On peut donc penser que ce paradoxe est la reconnaissance de l’obligation de trouver une forme de Démocratie de l’Entreprise,
au sein de laquelle se forge aussi le destin et l’avenir de chacun.
Alors que le pouvoir politique (qui est le leur) paraît loin de leurs
intérêts quotidiens et n’est pas en mesure de leur fournir un tableau
clair et optimiste.
Depuis lors donc depuis dix ans le pouvoir fort de cette étude,
c’est mis à l’œuvre, nous avons vu apparaître le souci de proximité de
certains politiques, le souci d’être proche du quotidien des citoyens
dans leurs soucis de sécurité. La force publique pour les soucis
personnels et l’entreprise pour les soucis de ressources.
Nous avons donc vu nos acteurs politiques jongler avec ces deux
thèmes sécurité et emploi, nous assurer que l’augmentation des
sanctions dissoudrait les méfaits et que la gestion de l’état comme une
entreprise solutionnerai les problèmes de ressources et d’emplois.
Alors dix ans après que pouvons nous penser de nos choix.
Est-ce que vous avez trouvé que l’entreprise s’étaient bien occupé de Nous et qu’elle a bien inventé des solutions aux problèmes contemporains,
en réduisant les salaires, les charges sociales (sécu), les
délocalisations, la précarité, l’augmentation du chômage, avec une
crise financière, avec des salaires de PDG des grands groupes
mirobolant pour ne parler que d’eux.
Faut-il gérer l’Etat comme une entreprise.
Est-ce que Nous trouvons que l’état s’était bien occupé de Nous personnellement, a-t-il bien pris en compte la singularité de chaque citoyen.
Est-ce que, le pédophile, le criminel, le délinquant, le terroriste,
le fou du volant, les drames collectifs ou personnels, les catastrophes
naturelles, la vaccination, ont amélioré Notre quotidien, arrondi Nos fins de mois. Nous sentons-Nous plus riche ou le dindon de la farce.
A priori compter sur les amis (82%), , et nous-même (68%) n’ont pas
suffi, vu le résultat de ces dix ans qui viennent de se terminer sur le
triomphe des marchands à Copenhague.
Alors tirerons Nous la leçon de notre médiocrité, continuerons nous
à croire aux vertus du mythe de l’individualisme, du narcissisme de
l’être, des vertus économiques de l’amitié.
Durant tous ces ans nous avons fait fi des partis politiques, même
nous les avons galvaudés, nous avons dénigré les syndicats, nous avons
dénigré la solidarité au bénéfice de la charité, nous avons rejeté tout
ce qui représentait le poids de la vie en collectivité en croyant au
leurre de notre président, le Zorro communiquant
Alors à qui doit on renvoyer cet échec, au président, aux partis, aux élites, aux syndicats.
Le résultat d’aujourd’hui n’est il pas le produit de Nos choix de
hier. Est-ce honteux de le reconnaître ou est-ce un moyen pour ne pas
recommencer.
Croire que la démocratie est élire un chef d’entreprise à la tête de
son pays est une erreur que nous paierons de notre liberté, croire que
les dissonances sont un désordre est s’assurer l’ordre d’un tyran.
Par défiance et ignorance citoyenne nous nous sommes dotés des deux en moins de dix ans.