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Carlo Revelli : « Un nouveau modèle pour garantir l’indépendance d’Agoravox »

Agoravox devient une fondation. Les explications de son fondateur...

Vous venez d’annoncer le passage d’Agoravox en fondation. Pourquoi ce changement ?
C’est essentiellement une question d’indépendance. Nous devions continuer à assurer l’indépendance éditoriale et financière du site. De plus, beaucoup d’entités issues du logiciel libre, de l’open source, évoluent sous le statut de fondation. C’est le cas notamment de Wikipedia ou de Firefox. Nous qui sommes un site dont le contenu est entièrement produit par les utilisateurs, cela peut correspondre à notre philosophie.

Comment cela va se passer concrètement ?
La fondation ne devrait pas être basée en France, c’était trop compliqué. Pour rester en France, il aurait fallu créer une fondation d’entreprise, ce qui ne correspondait pas à notre projet, ou créer une fondation d’utilité publique, ce qui nous aurait obligé à accueillir le Ministère de l’Intérieur dans notre conseil d’administration ! Nous établirons donc la fondation ailleurs, probablement en Belgique, où la législation est beaucoup plus souple.

Quelles seront les conséquences pour le site ?

Aucune. Editorialement, notre ligne reste la même. Pour les internautes, cela ne change rien. Ceux qui ont envie de donner donneront, mais il n’y aura rien d’obligatoire. Je ne crois pas à l’information payante.

Comment avez-vous pris la décision de "transformer" Agoravox ?
C’est une idée que j’ai en tête depuis un moment. Jusqu’à aujourd’hui, nous évoluions au sein d’une société commerciale, Cybion, qui réalise des études. Il y avait un risque potentiel à cette situation. Par exemple, il y a quelques mois, nous avons sorti une enquête sur le milieu pharmaceutique, réalisée par un journaliste d’Agoravox. Au même moment, notre société était en course dans un appel d’offres pour une étude pharmaceutique. Elle a été écartée de cet appel d’offres. Je ne suis pas anti-capitaliste, mais je pense qu’il y a une certaine incompatibilité entre la rentabilité et la ‘quête’ de la neutralité informationnelle. L’information, comme les médicaments d’ailleurs, est un domaine qui ne peut pas rester à l’intérieur d’un modèle capitaliste classique. On ne vend pas de l’information comme on vend des cacahuètes  !

Dans les explications que vous avez fournies sur Agoravox, vous parlez d’un "nouveau modèle médiatique". Pensez-vous que cela puisse donner des idées ?

Oui. Plusieurs professeurs d’université, aux Etats-Unis notamment, ont émis l’idée d’un modèle basé sur la fondation pour les médias. C’est sans doute le meilleur modèle pour allier viabilité et indépendance. Nous cherchons donc des mécènes capables d’appuyer nos démarches.

Hormis ce changement de modèle, comment souhaitez-vous faire évoluer Agoravox ?
Je pense que ce nouveau modèle nous permettra d’abord d’effectuer davantage d’investigations. Nous avons également un projet appelé Cozop qui permettrait aux rédacteurs de diffuser leurs contenus sur d’autres sites et d’être rémunérés pour cela. Nous souhaitons aussi mettre à disposition du public les outils que nous avons créés.


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