• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > RDV de l’Agora > Déchets nucléaires, un cauchemar durable

Déchets nucléaires, un cauchemar durable


Le nucléaire produit des déchets. C’est un fait. Comment les gérer ? Telle est la question que posent Eric Guéret et Laure Noualhat dans Déchets, le cauchemar du nucléaire. On sort de cette enquête fouillée et pédagogique (diffusée sur Arte mardi 13 octobre à 20h45) avec l’impression d’avoir tout compris sur le nucléaire. 

Tout ? Pas entièrement : « C’est un documentaire sur les déchets nucléaires, c’est incontestable, explique Eric Guéret dans notre interview, mais au-delà c’est une vaste réflexion et un vaste état des lieux sur les rapports que le nucléaire entretient d’abord avec la transparence et ensuite avec la démocratie ». 

Le fim nous emmène de la centrale de Hanford, dans l’état de Washington, à celle de Maïak, en ex-Union soviétique, en passant par La Hague. A Hanford, on a fabriqué la bombe qui a fait sauter Nagasaki. « Dans les réacteurs du site de Hanford il n’y avait pas de circuit primaire et secondaire, c’est l’eau de la rivière qui passait directement dans le réacteur avant d’être rejetée dans la rivière » explique Eric Guéret. A Mayak, dans les années 50, une cuve a explosé causant 200 morts et saturant l’environnement de radioactivité. En 1976, un seul chercheur, Jaurès Medvedev, a alerté l’opinion occidentale sur cet avant-Tchernobyl. Il n’ a pas été écouté. Car déjà, pour les politiques occidentaux, le nucléaire, cette énergie propre, représentait l’avenir.
 
Quel avenir ? Le film interroge de nombreux intervenants : Anne Lauvergeon, Corinne Lepage, des chercheurs, des associations (Greenpeace, notamment), mais peu de politiques, finalement, qui semblent avoir abandonné le dossier aux technocrates. A la fin Hubert Reeves demande : « Si les Egyptiens avaient stocké du nucléaire, qui aujourd’hui s’en occuperait ? ».
 
« Les peurs font partie des choses que le monde du nucléaire n’a pas assez entendues. Manque de transparence historique et surtout manque de compréhension. Les gens ont le droit de savoir et on doit pouvoir en débattre. Il n’y a pas de tabous, pas de sujets cachés. Parlons-en ! ».
 
Qui a dit ça ? Un militant du réseau Sortir du Nucléaire, de Greenpeace, des Verts ? Non. C’est Anne Lauvergeon, la patronne d’Areva. Elle fait cette déclaration au début de Déchets, le cauchemar du nucléaire, documentaire de Laure Noualhat et d’Eric Guéret diffusé sur Arte mardi 13 octobre 2009 à 20h45. Ce dernier est aujourd’hui l’invité des RDV de l’Agora
 
"Depuis qu’elle existe, l’industrie nucléaire donne le sentiment de nager en eau trouble. Militaires ou civiles, les usines nucléaire ont toutes un point commun : elles produisent obligatoirement des déchets radioactifs qu’elles rejettent en partie dans l’environnement", tel est l’axe de cette passionnante enquête dont Anne Lauvergeon est, au même titre qu’Hubert Reeves, l’un des nombreux intervenants. Mais ce film en cache un autre. Il est non seulement consacré au retraitement ou recyclage des déchets radioactifs, mais s’intéresse aussi à une question plus vaste encore : qui décide pour nous ? Pourquoi le nucléaire est-elle une énergie si peu démocratique ?
 
Certes, cela ne date pas d’aujourd’hui, mais de l’implantation d’usines militaires, à Hanford (Etat de Washington, USA), dès 1943, ou à Maïak (ex-Union Soviétique), dès 1945. Peut-être que les opposants au nucléaire sont-ils dans une posture idéologique. Sans doute ses défenseurs n’ont pas forcément torts. Mais ces derniers admettront que la population a le droit d’être informée. Le manque d’information tue la démocratie et nourrit les fantasmes, rumeurs, théories du complot. 
 
Sur Agoravox le journaliste scientifique Vincent Crousier écrivait justement : "tout, absolument tout porte à croire que l’industrie nucléaire est, du point de vue scientifique, une « grande muette ». Discours auquel les scientifiques opposent évidemment des propos qui se veulent rassurants. Mais ces experts se voient, à leur tour, accusés soit de vouloir éviter les paniques, soit d’être tout bonnement « à la botte du lobby nucléaire".
 
"Le président français qui replacera l’homme au centre du nucléaire et qui considérera vraiment les enjeux pour sa propre population sera le président français le plus important de l’histoire" soulignait Alain de Halleux, auteur du documentaire RAS : nucléaire rien à signaler.
 
Selon un sondage européen cité dans le film d’Eric Guéret et de Laure Noualhat, les ¾ des européens ne croient pas ce que lui raconte l’industrie nucléaire. Et ce sont les déchets radioactifs qui sont au centre de cette crise. « Les déchets sont dans la nature » souligne Greenpeace. Ça pollue la mer, ça arrive dans la chaîne alimentaire et ça risque de finir dans votre assiette ».
 
Le film souligne qu’en moins de 50 ans les pays nucléaires ont immergé plus de 100 000 tonnes de déchets dans les différents océans. Catastrophisme ? Les pro-nucléaires peuvent arguer que les accidents liés au nucléaire sont moindre, du point de vue environnemental, que ceux liés au charbon ou au pétrole. Ils sont surtout, pour l’heure, moins visibles. Attendons un peu. Mais même si la recherche avance (le film n’en fait hélas pas état), nous ignorons comment se comporteront les déchets radioactifs dans un avenir plus ou moins lointain, quel que soit leur mode de stockage. Qui, dans les siècles à venir, s’en occupera ?
 
Cela ne vaut-il pas d’être débattu ? En Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne oui, mais pas en France. Pourquoi ? Parce qu’en France « les politiques ne connaissent pas le dossier. Pour eux, si avec le nucléaire l’énergie coûte moins cher, alors faisons du nucléaire. Du moment que les gens sont contents », précise le journaliste Eric Ouzounian dans les RDV de l’Agora.

Avec Tchernobyl les populations ont pris conscience que nos « élites » nous mentaient sur le nucléaire. Mais Tchernobyl n’est pas la première catastrophe du genre. En 1976, Jaurès Medvedev révèle qu’il y a eu un grave accident dans l’Oural, vingt ans auparavant. Quand il fait ses révélations, les scientifiques occidentaux refusent de le croire « parce qu’à cette époque ils se demandaient si oui ou non ils allaient développer cette énergie »...

Aujourd’hui le site de Maïak est l’un des plus irradiés au monde. L’explosion d’une cuve de refroidissement mal entretenue avait été comparable à celle d’une charge de 75 tonnes de TNT, contaminant 15 000 km2 à la ronde, tuant 200 personnes sur le coup en exposant 270 000. L’accident nucléaire le plus grave du monde avant Tchernobyl a été gardé secret. A Muslimovo, le premier village arrosé par la rivière contaminée, il y a encore des habitants qui ingèrent quotidiennement des doses de plutonium. L’ingénieur de la CRIIRAD filmé sur les lieux ne cache pas ses inquiétudes face au taux de radioactivité. C’est l’un des moments forts du film qui n’en manque pourtant pas.

Tomsk7, en Sibérie, est une " ville nucléaire" de 125 000 habitants fermée aux étrangers. C’est ici que la France envoie par convois de trains ses déchets radioactifs. Les députés de la Douma n’ont pas voix au chapitre. Les déchets sont entreposés sur une espèce de parking, sans véritable protection. Qui décide de la santé des citoyens ?

A l’usine de retraitement de La Hague la population respire en permanence de l’air radioactif. L’usine, en 1999, a rejeté dans l’atmosphère plus de krypton 85 que toutes les explosions atomiques faites pendant des décennies. Pour l’ingénieur, accompagné du responsable de communication, de l’usine, il n’y a pas de contamination, mais une « absence d’impact ».

Areva considère qu’elle est en dessous des normes. Mais, interroge un intervenant, dans le film, est-ce que ces normes basées sur le modèle Hiroshima sont pertinentes ? Là-bas les gens ont été exposés à une irradiation intense mais externe et très courte. La Commission Internationale de Protection Radiologique considère que le modèle de risque sans seuil, celui qui estime que toute dose, même très faible, augmente bien les risques de cancers, est le plus réaliste.

Le cheminement du film, on l’aura compris, nous emmène de La Hague aux Etats-Unis en passant par la Russie. Il nous emmène aussi au coeur du pouvoir. En France, le pouvoir nucléaire est détenu par une « aristocratie républicaine », des ingénieurs brillants issus du corps des mines. »La politique a complètement abandonnée l’ensemble du secteur énergétique à ce groupe de technocrates. Ce n’est pas ça, la démocratie », constate avec raison un intervenant.

Aujourd’hui, cette industrie doit résoudre trois questions : la sécurité, les déchets et la démocratie. Il est indubitable que Déchets, le cauchemar du nucléaire irritera les pros-nucléaires. Mais qu’attendent-ils pour nous démontrer que ce contient ce film est faux ?
 
Pour les Rendez-vous de l’Agora Olivier Bailly reçoit Eric Guéret, réalisateur de Déchets, le cauchemar du nucléaire.

Olivier Bailly : Votre film traite des déchets du nucléaire, mais aussi de la perception que la population en a.
Eric Guéret : C’est un documentaire sur les déchets nucléaires, c’est incontestable, mais, au-delà, c’est une vaste réflexion et un vaste état des lieux sur les rapports que le nucléaire entretient d’abord avec la transparence et ensuite avec la démocratie. Au départ, quand j’écris le film, il y a une partie technique sur les déchets et une autre partie qui interroge ces rapports à la transparence et à la démocratie. Cela devait constituer une partie spécifique. Au montage celle-ci a complètement disparu dans la mesure où finalement cela imprègne l’ensemble du film de la première à la dernière phrase. On commence et on finit dans la transparence et au milieu il y a l’inquiétude des gens qui ont envie de savoir.

OB : A partir de quand cette inquiétude se manifeste-t-elle dans la population ?
EG : On peut classer les inquiétudes des populations par rapport au nucléaire en trois phases. La première, qui vient assez tôt, est illustrée par le mouvement pour la paix qui luttait contre l’arme atomique. Le point d’orgue de ce mouvement c’est la fondation de Greenpeace en 1970. C’est une première phase contre l’arme. Il y a une deuxième phase dont le point culminant est l’accident de Tchernobyl. Là c’était une peur du risque, d’accidents qui étaient plus sur le nucléaire civil. Première phase militaire, deuxième phase plus civile. Et puis, aujourd’hui, nous sommes sur la troisième phase qui s’est déportée sur les déchets. Maintenant l’inquiétude des populations se porte sur leur gestion. Mais en fait ces inquiétudes sont présentes depuis le début.

OB : Pensez-vous comme Anne Lauvergeon que les craintes à propos du nucléaire naissent du manque d’information ?
EG : Je ne pense pas ça. Le film commence par une citation de l’Eurobaromètre. C’est toujours très intéressant de voir les sondages européens et pas les français parce qu’en France nous sommes tellement manipulés que les sondages le sont globalement aussi. Cela dépend comment on pose les questions. Ce sondage dit que les ¾ des gens se sentent désinformés, mais il dit aussi autre chose, qu’on n’a pas mentionné : pour avoir de l’information les gens ont principalement confiance (à 80%) dans les ONG. La confiance envers le gouvernement et l’industrie nucléaire est très faible, de l’ordre de 10 à 20%. Cette inquiétude est ancrée dans les populations.

OB : Les politiques ne maîtrisent absolument pas le dossier

EG : Dans ce film nous avons fait la démonstration qu’il y a de quoi avoir quelques inquiétudes. Il y a un manque d’information réel. On n’a pas croisé une situation où l’on n’a pas découvert de choses cachées. Une industrie qui planque tout en permanence, cela ne rassure pas. Si les choses sont cachées c’est que globalement il doit y avoir des problèmes, sinon on le dirait. Mais c’est presque banal de dire ça, sauf que ce met en perspective le film, c’est que dans les pays, qu’ils soient démocratiques ou totalitaires, la problématique est la même.

OB : Ce qui est frappant, dans les cas de Hanford, aux Etats-Unis, et de Maïak, en Russie, c’est la même absence d’information.
EG : C’est la même problématique. Sauf qu’à Hanford il n’y a pas eu les mêmes problèmes qu’à Maïak, pour des raisons techniques. Mais mais au niveau de la recherche de l’information, on est confronté aux mêmes problèmes. On n’a pas plus pu rentrer sur le site de Hanford ni sur celui de Maïak et on a fait de la même manière des prélèvements autour du site et fait appel aux associations locales pour avoir des infos.

OB : Vous interviewez le scientifique Jaurès Medvedev qui avait alerté l’opinion en 1976 sur une catastrophe nucléaire, équivalent à ce que sera plus tard Tchernobyl, à laquelle les Occidentaux ne croyaient pas...
EG : Ce que ne dit pas Medvedev dans le film c’est qu’il s’est fait traîné dans la boue. En Angleterre il a été traité de menteur. Les gens ont dit que ce qu’il avançait était impossible. Ils l’ont nié en bloc. Ça l’a tellement énervé d’ailleurs qu’il a écrit un livre. L’histoire est la suivante : on demande à Medvedev d’écrire un article dans the Scientist. Il cite cet accident, mais il en parle comme d’un lieu commun, sans savoir que les gens ignoraient son existence. L’article fait l’effet d’une bombe, on peut le dire, et il découvre qu’en Occident, l’opinion n’est pas au courant. Effectivement il a révélé au monde occidental l’existence de l’accident de Maïak. Mais il a fallu pas mal de temps pour que les gens l’admettent.

OB : Dans quel contexte arrive cette polémique ?
EG : On est en plein choc pétrolier. L’industrie du nucléaire, un peu comme aujourd’hui avec le développement climatique, a une vraie possibilité de se développer. A l’époque la question est le prix du pétrole. On attaquait alors le plan Messmer qui est un développement en masse de l’énergie nucléaire civile avec la construction de centrales partout. Donc révéler cet accident tragique - il n’y avait pas encore eu Tchernobyl, on était encore sur cette idée que le nucléaire était totalement sûr -, c’était juste inadmissible par rapport à l’ambition politique et industrielle. L’accident de Maïak, en 1957, caché par les Russes et la CIA, et le nuage de Tchernobyl qui s’arrête à la frontière française, c’est la même histoire.

OB : Vous avez rencontré de nombreux experts. Quel est celui dont les propos vous ont le plus étonné ?

E G : On a rencontré pas mal d’experts, mais on a eu du mal à avoir des gens de l’industrie... Parmi les experts indépendants il y a les gens de la CRIIRAD qui nous ont accompagné tout le long du film. Il y a deux choses. Cette région de Maïak où l’on découvre finalement qu’il y a réellement du plutonium dans la rivière. C’est une information tragique. Sur le terrain avec Christian, l’ingénieur, on a passé une heure sur place. Au bout d’une heure il a compris. Je le filmais quand il m’a dit : "on se tire, maintenant, on a pris notre dose". Quand on est rentré en France il m’a dit que quand il regardera le film il pensera à la dose qu’on a pris tous les deux.
Maintenant, j’y ai passé une heure, il y a des gens qui y vivent. Il faut être relatif par rapport à ça. Ce qui était quand même choquant, c’est que déjà sur le terrain on mesure une radioactivité. On a ramené un prélèvement de boue qu’on a analysé et dans lequel on trouve du plutonium 239. C’est la matière première d’une bombe atomique. Ça veut dire que si on en retrouve dans la boue, le site en a recraché massivement dans l’environnement. Cela a une durée de vie de 16 millions d’années et le plutonium est une matière fatale pour l’homme. Vous en ingérez et vous avez un cancer, c’est sûr à 100%.

OB : A Hanford aussi l’histoire est incroyable

EG : Oui, rappelons que les réacteurs nucléaires possèdent deux circuits : un primaire et un secondaire. Dans le premier l’eau est en contact avec les barres de combustibles qui chauffent. Et le deuxième refroidit cette eau-là. Mais ces deux eaux ne sont pas en contact. Dans les réacteurs du site de Hanford il n’y avait pas de circuit primaire et secondaire, c’est l’eau de la rivière qui passait directement dans le réacteur avant d’être rejetée dans la rivière. Quand on a apporté cette information-là, les conseillers techniques qu’on avait sur le film ne nous ont pas cru et nous ont demandé de vérifier cette information. L’eau sortait irradiée du réacteur, directement dans la rivière. Ça a tournée plusieurs dizaines d’années comme ça.

OB : A la Hague vous filmez le tuyau qui rejette directement dans la mer les déchets
EG : C’est un scandale environnemental permanent qui a malheureusement toujours existé. Les usines de retraitement, même si on les vend comme des usines de recyclages, produisent énormément de déchets. En traitant les déchets elles en produisent énormément. Et les déchets liquides, les plus embêtants, on les envoie dans le courant et on les retrouve partout.

OB : Vous interviewez un expert de la Hague en présence de son responsable de la communication. On a l’impression que ces gens sont tiraillés, qu’ils ne savent pas où ils en sont

EG : Je ne voulais pas les charger. Une fois qu’on a vu ça on a juste eu envie d’écrire « on est désolé pour vous. On vous demande un truc impossible ». On ne peut pas défendre le fait de rejeter tout ce qu’on rejette dans l’environnement sans avoir le droit de le dire. Ils sont complètement coincés par leur stratégie de communication. On est dans le déni total d’information. Ils arrivent à le défendre lorsqu’ils mettent des supers experts en communication comme on risque d’en avoir bientôt pour dire qu’on raconte n’importe quoi, mais quand on prend les gens qui travaillent sur le site c’est ce qu’ils disent et ils ne peuvent pas se défendre.

OB : Pour revenir à la déclaration liminaire d’Anne Lauvergon, dans votre film, pensez-vous que cela augure d’une changement de mentalité ?
EG : Non. Je pense qu’ils sont obligés aujourd’hui de prendre en compte le fait qu’il y a une inquiétude. Maintenant je pense qu’ils dépensent plus de moyens sur la communication, pour rassurer, que sur les moyens techniques pour changer ce qui pose problème. De toute manière ils ne peuvent pas tellement changer ce qui pose problème donc s’il y a une inquiétude c’est de la com’ et c’est ce que fait Anne Lauvergeon dans le film. Les vrais problèmes on n’en parle pas plus.

OB : A quoi sert l’Autorité de Sûreté Nucléaire ?
EG : C’est le gendarme du nucléaire. Cela sert à quelque chose. C’est eux qui fixent les normes, les règles, c’est eux qui contrôlent toutes les installations. Après, le problème, c’est qu’ils ont une pensée qui est à fond pour l’industrie nucléaire. Ce qu’on peut se demander c’est dans quelle mesure ils sont indépendants et critiques.

OB : Vous évoquez le corps des mines, cette "aristocratie républicaine" qui dirige le nucléaire. C’est spécifique à la France, ce fonctionnement ?

EG : Oui. Dans le cas du nucléaire, c’est flagrant, c’est un pouvoir dans le pouvoir. C’est transversal. Ce qui est incroyable c’est qu’ils sont partout, dans le domaine énergétique. Avec un petit problème : ce sont des ingénieurs donc ils ont une vision technique et scientifique, mais n’ont aucune représentativité ni légitimité démocratique. Ce ne sont pas des politiques. Ils accaparent le pouvoir, entre autres sur l’énergie, et c’est un vrai souci. Dans le film nous posons la question. On peut changer les gouvernements, les ministres, à partir du moment où celui qui décide la stratégie ne change pas, vous ne changez rien. Ce qui explique que de droite ou de gauche, depuis le départ, la politique nucléaire est la même. Ce ne sont pas les politiques ni vous ni moi qui décidons. Quel pouvoir on veut avoir ?

OB : Alors qu’ailleurs en Europe on commence à prendre en compte l’avis de la population, en France cela ne change pas ?

EG : Pas pour l’instant. Le rapport à la transparence et à la démocratie est un peu en cascade. Si vous dites la vérité les gens veulent donner leur avis et si vous leur demandez leur avis une fois qu’ils sont informés ils refusent. Donc c’est une industrie qui fonctionne si vous ne dites pas tout et si vous ne posez pas de questions. C’est problématique.

OB : Comment l’industrie du nucléaire peut-elle regagner la confiance de la populations ?
EG : Dans cette impasse des déchets il n’y aura pas de confiance tant qu’il n’y aura pas de solution apportée. Ce n’est d’ailleurs pas forcément une réponse technique, mais peut-être qu’informer les gens et leur demander ce qu’ils en pensent est une forme de solution. Personnellement je pense, qu’on le fasse ou non, que l’on développe ou non le nucléaire, que si on doit le faire il faut que ça soit un choix collectif. C’est une industrie qui a tellement d’impact, pour tellement de temps, c’est tellement lourd de conséquence que si on décide qu’il faut du nucléaire pour mille raisons décidons-le ensemble et assumons-le ensemble. Mais arrêtons de nous le faire imposer contre notre volonté et surtout de manière totalement occulte.
 
Crédit photo : Télérama

Moyenne des avis sur cet article :  4.68/5   (37 votes)




Réagissez à l'article

96 réactions à cet article    


  • Voldomir Olmoranz Voldomir Olmoranz 13 octobre 2009 10:25

    Quand le lobby du nucléaire sort de son silence c’est très souvent pour mentir éhontément. 
    Et dès qu’on creuse un peu le sujet, des dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs refont surface, des populations entières en subissent les conséquences parfois fatales, les accidents passés sous silence ont pourtant bien eu lieu, et cette industrie a bien l’intention de continuer son funeste manège. Et comme d’habitude (comme pour les banques) l’argent publique tombera dans ses caisses... pour sauver le Tout Nucléaire de la faillite cataclysmique qui mettrait la vie du bon peuple en danger, pour des siècles et des siècles... Ainsi soit-il. 


    • bluboux bluboux 13 octobre 2009 11:24

      Tiens, c’est étonnant, d’ordinaire, dès qu’un article sur le nucléaire parait sur Agoravox, c’est un déferlement de commentaires agressifs de la part de pro-nucléaire. Et là rien !
      Peut-être est ce du à la qualité incontestable de ce documentaire, des intervenant et du diffuseur...
      Quand il n’y a rien à opposer à des arguments chocs et incontestables, ces « chiens de garde » tournent le regard, font mine de n’avoir rien vu et gardent le silence. Mais cela ne les empêchera pas d’aboyer à nouveau au prochain article...
      Bravo !


      • Cogno2 13 octobre 2009 12:21

        Tout fait le genre de commentaires qui n’apporte rien, arrogant, hautain, méprisant... inutile donc.
        Trop fréquent sur ce site, hélas.

        Je ne suis pas « pro » nucléaire, mais je pose la question aux « anti ». Vous le remplacez par quoi ? Charbon ? Pétrole ? Allez vous vous taire quand EDF augmentera ses tarifs de 30% ?
        A moins que vous ne soyez prêts à vous éclairer à la bougie ?


      • Cogno2 13 octobre 2009 12:25

        J’ajoute que c’est avant tout une affaire politico-économique.


      • foufouille foufouille 13 octobre 2009 13:38

        @ cogno2
        par la geothermie profonde
        mais ca rapporte beaucoup moins a certains


      • Eloi Eloi 13 octobre 2009 22:36

        « Peut-être est ce du à la qualité incontestable de ce documentaire, des intervenant et du diffuseur... »

        Je viens de le finir.

        Bof.

        La bonne nouvelle, c’est de montrer comme nos politiques ne savent rien, et font semblant de connaître : là est la vraie info, finalement. Outre sarko et royal, particulièrement aimé lepage : « nous n’avons pas de solution ».

        La solution des déchets était prévue de longue date, des centaines de scientifiques et d’ingénieurs l’ont inventé, amélioré, rendu rentable, depuis les années 60. Mais actuellement, on démantèle le réacteur à neutrons rapides qui pouvait brûler les déchets et utiliser l’uranium appauvri pour des milliers d’années.

        Au passage, vos « déchets russes » c’est de l’uranium appauvri, que les russes, pas idiots, préfèrent garder chez eux : ils en produiront BEAUCOUP d’énergie avec leurs réacteurs rapides.

        Trop facile de dire que la solution n’existe pas quand on a tout fait, y compris le chantage aux voix, pour supprimer la solution.
        Trop facile de montrer les conneries du passé (qui concernent TOUT notre mode de vie : plastique, réchauffement climatique, contamination) et éluder les progrès, l’évolution des normes de rejet, l’évolution des mentalités, de la transparence.

        Trop facile...


      • krolik krolik 13 octobre 2009 22:53

        @Eloi

        Oui il n’y avait pas quoi faire tout ce buzz médiatique.
        Bien sûr le joyeux mélange entre le nucléaire du projet Manhattan, de la Guerre Froide était fait de façon très tendancieuse.
        Mais bof... passons.
        En attendant le prochain documentaire tout aussi orienté, ça doi venir sur FR3...
        @+


      • freelol freelol 14 octobre 2009 06:57

        Non mais tu planes eloy.

        Même en admettant que nos milliers de tonnes d’uranium appauvri qui croupissent en Russie ne soit pas des déchets ultimes, l’usine de la Hague est une honte.

        L’info qui m’a le plus frappé, chaque année la Hague dégaze plus de matière radioactive que l’ensemble des essais nucléaires aériens effectués par toutes les nations depuis toujours. Le nuage touche tout le monde, dumoins l’Europe. N’oublions pas les millions de m3 de flotte contaminée rejetés dans la manche. En fait de recyclage, c’est surtout un gros foutage de gueule. Mylène Farmer à raison , c’est dans l’air et c’est nucléaire !

        Et ceci : il n’y a pas de seuil de contamination sur la question radioactive, petite irradiation, petite augmentation du risque de cancer ; grosse irradiation grande augmentation du risque.

        Enfin que penser de ces soi disant spécialistes qui vous affirment avec un aplomb hors du commun que les déchets seront stockés sans encombres pendant plus de 100 000 ans ? C’est facile pour lui il y a belle lurette qu’il sera ad patrès quand on ira vérifier, et même encore ce jour là on aura oublié le nom de l’apprenti sorcier qui aura laissé le bordel derrière lui et oublié de faire le ménage.

        IL FAUT SORTIR DU NUCLEAIRE : VITE !!!

        http://www.sortirdunucleaire.org/


      • sisyphe sisyphe 14 octobre 2009 10:00

        Par krolik (xxx.xxx.xxx.140) 13 octobre 22:53


        Oui il n’y avait pas quoi faire tout ce buzz médiatique.

        Meuuuh non ; juste quelques tonnes d’eaux usées de la Hague rejetées dans la mer, chaque jour : pas de quoi fouetter un cancéreux, n’est-ce pas ?

        Bien sûr le joyeux mélange entre le nucléaire du projet Manhattan, de la Guerre Froide était fait de façon très tendancieuse.
        Mais bof... passons.
        En attendant le prochain documentaire tout aussi orienté, ça doi venir sur FR3...
        @+

        Pour Krolik, les seuls reportages ou documentaires qui ne sont pas « orientés », sont ceux tournés vers la Hague, émis par Areva ou EdF, ou le CEA.

        A propos, quel budget et quel temps d’antenne, annuel, pour les pubs d’Areva et d’EdF, qu’on compare aux documents « orientés » ? 


      • krolik krolik 14 octobre 2009 11:35

        @Sysophe
        Que les budgets com d’EDF et d’AREVA passent dans des pub me semble être stupide.
        Ce n’est pas de pub dont le public a besoin mais d’un enseignement de base. Mais ça AREVA et EDF n’ont pas encore assmilé le problème.
        Mais la façon dont les journalistes attaquent le problème ne me semble pas meilleur, à vouloir rechercher constamment du sensationnalisme, faire des amalgames...
        D’ailleurs on l’a bien vu :
        - dans un premier temps AREVA décide d’ouvrir ses portes, et pui ils s’aperçoivent que le documentaire ne se voudra pas informatif, mais constamment « à charge ». Alors plus ils montreront quelque chose, plus on leur tappera dessus.
        - alors réflexe humain ils ont fermé.
        Dîtes du mal de votre voisin constamment, et vous verrez bien s’il vous invite encore à boire l’apéro chez lui.
        La journaliste a déclaré que le storyboard du documentaire avait été établi avec Rivasi six mois avant de commencer le documentaire lui-même..
        Déjà ce niveau il n’y avait plus qu’à tirer le rideau..


      • Eloi Eloi 14 octobre 2009 19:25

        "Même en admettant que nos milliers de tonnes d’uranium appauvri qui croupissent en Russie ne soit pas des déchets ultimes, l’usine de la Hague est une honte."

        Pourquoi « en admettant ». N’est-ce pas un fait ? l’uranium 238 est aujourd’hui en france une matrice pour l’enrichissement de l’uranium et, pour les russes, les indiens ou les chinois une immense réserve d’énergie pour les surgénérateurs qu’ils construisent et font tourner. Nous avons dans nos stocks français des milliers d’années d’énergie... Que l’on fait patienter en attendant de convaincre...

        "L’info qui m’a le plus frappé, chaque année la Hague dégaze plus de matière radioactive que l’ensemble des essais nucléaires aériens effectués par toutes les nations depuis toujours.« 

        Je ne connais pas la véracité de ce scoop, néanmoins vous regarderez à nouveau le graphique montré par la CRIIRAD : le pic de 1999 est suivi par une diminution drastique des rejets au fur et à mesure du temps : n’est-ce pas positif ?

         »Le nuage touche tout le monde, dumoins l’Europe. « 

        Un litre de CO2 se dilue dans le monde entier en 1 an une fois lâché de votre pot d’échappement. Vous savez quelle que soit la quantité de gaz radioactif (ou n’importe quel gaz) relâché, vous aurez la même dispersion : pour 10 L ou pour 0.01 L. Ce n’est pas ça qui peut être choquant : ce serait une quantité dont la toxicité serait dangereuse.

         »N’oublions pas les millions de m3 de flotte contaminée rejetés dans la manche. En fait de recyclage, c’est surtout un gros foutage de gueule. « 

        Ecoutez les effluents qui sortent de la Hague ne sont pas des déchets radioactifs, ce sont des liquides qui ont été traîtés pour être relâchés après utilisation en respect des normes en vigueur. Tout ce qui est relâché EST contrôlé, par des normes sévère, terriblement sévères. A ce niveau de gestion des effluents et de tous les déchets, c’est un exemple. Et ca n’empêche pas de rendre les normes encore plus sévères ou de surveillez, mais admettez au moins le niveau de surveillance et de sévèrité des normes...

        POur ce qui est des déchets relâchés dans la nature ca fait des décennies que c’est interdit. Et c’est une victoire indéniable.

         »Mylène Farmer à raison , c’est dans l’air et c’est nucléaire !"

        Si Mylene Farmer est votre meilleure source...

        "Et ceci : il n’y a pas de seuil de contamination sur la question radioactive, petite irradiation, petite augmentation du risque de cancer ; grosse irradiation grande augmentation du risque.« 

        Je ne sais pas d’où vous tirez cela, mais ce qui m’amuse, c’est le manque de crédit envers l’ingénieur qui n’arrive pas à répondre à la question de la journaliste :

        -nos rejets sont dans le bruit de fond de la radioactivité naturelle »

        - vous voulez dire que c’est contaminé ?

        -heu....

        Comment répondre intelligemment à une telle question ???

        Il y a une radioactivité naturelle : si nos rejets sont négligeables face à cette radioactivité, où est le problème ???

        "Enfin que penser de ces soi disant spécialistes qui vous affirment avec un aplomb hors du commun que les déchets seront stockés sans encombres pendant plus de 100 000 ans ? C’est facile pour lui il y a belle lurette qu’il sera ad patrès quand on ira vérifier, et même encore ce jour là on aura oublié le nom de l’apprenti sorcier qui aura laissé le bordel derrière lui et oublié de faire le ménage.« 

        Le stockage profond c’est une solution pas terrible envisagée puisqu’il est difficile de construire un surgénérateur ou un ADS et cela un epu pour des raisons techniques ou économiques mais surtout parce que l’opinion publique ne veut rien y comprendre. Voynet a détruit la meilleure solution par une arnaque électorale absolument pas démocratique. Maintenant que faire ???

        Les »anti« -nucléaire ne peuvent pas protester contre cette solution : ils ont anéanti 50 ans d’efforts pour la solution des surgénérateurs qui a été envisagée, perfectionnée DEPUIS LES ANNEES SOIXANTE. Le manque de solution est UNIQUEMENT dû aux actions des anti-nucléaire qui n’ont pas agi pour plus de contrôle, de transparence, pour moins de rejet, mais uniquement par un refus de considérer les bonnes raisons qui poussaient à construire un surgénérateur.

        C’est d’une malhonnêteté crasse. C’est du révisionnisme de répéter qu’il n’y a pas de solution : cette solution EXISTE, fonctionne dans un certain nombre de pays du monde. C’est profiter de l’amnésie des citoyens. C’est un mensonge qui ne rend pas les »anti« plus glorieux que le »lobbye".


      • sisyphe sisyphe 13 octobre 2009 12:41

        Oui ; on attend avec impatience les petits commissionnaires propagandistes d’Areva et d’EdF, qui s’échinent, depuis des années à nous seriner et nous convaincre qu’il n’y a pas de problème des déchets ; juste la surface d’un terrain de foot, n’est-ce pas ?

        Sinon, merci à Olivier Bailly pour cet article complet, qui attire l’attention sur un sujet évidemment capital pour l’avenir de la planète, et que les nucléotechnocrates s’efforcent d’évacuer ou de dissimuler systématiquement.

        Toutes les recherches doivent évidemment être orientées, en toute priorité et en toute urgence sur le développement des énergies renouvelables ; et, en premier lieu, la plus formidable source d’énergie à la disposition de TOUS les habitants de la planète ; l’énergie solaire.
        Si tous les moyens financiers avaient été mis, depuis des dizaines d’années, sur le développement de ces énergies, on pourrait disposer, aujourd’hui, de capteurs bon marché, pratiques, non polluants, peu encombrants, et ne produisant aucune nuisance.

        Difficile de lutter contre des lobbies puissantissimes, qui ne veulent rien lâcher de leurs nuisibles prérogatives.

        Tous devant vos écrans, ce soir.


        • Céphale Céphale 13 octobre 2009 12:44

          Pauvre Olivier Bonnet ! « les élites nous mentent » etc. C’est le discours mille fois répété des militants écologistes dont l’ignorance en matière de physique est abyssale. La question des déchets nucléaires préoccupe les ingénieurs du CEA autant que vous, et ils n’ont aucune raison de mentir. Mais comment parler de science à des gens qui n’y connaissent rien ? C’est l’un des problèmes de notre époque. Je tiens à vous rassurer. La question des déchets nucléaires est pratiquement résolue. Mais on ne peut en débattre qu’avec des gens qui ont des connaissances suffisantes.

          Ne croyez pas que je suis arrogant. J’ai simplement des connaissances que vous n’avez pas.


          • Céphale Céphale 13 octobre 2009 12:48

            Je m’adressais à Olivier BAILLY


          • Trashon Trashon 13 octobre 2009 13:15

            Et donc pour les autres, les déchets on en fera quoi ?

            Cela concernera-t-il les déchets existants ?


          • krolik krolik 13 octobre 2009 15:32

            Ne vous tracassez pas, Olivier Bailly n’intervient jamais dans une discussion suite à un de ses articles, le terrain deviendrait trop glissant...
            Circulez, la parole divine est arrivée sur vos têtes, il n’y a plus rien à dire..
            @+


          • sisyphe sisyphe 13 octobre 2009 17:53

            . La question des déchets nucléaires préoccupe les ingénieurs du CEA autant que vous, et ils n’ont aucune raison de mentir. Mais comment parler de science à des gens qui n’y connaissent rien ? C’est l’un des problèmes de notre époque. Je tiens à vous rassurer. La question des déchets nucléaires est pratiquement résolue.

            Pauvre Cephale !

            Du sommet où il se croit, il se contredit d’une phrase à l’autre : « le problème des déchets nucléaires préoccupe les ingénieurs du CEA... » et « la question des déchets nucléaires est pratiquement résolue » ; alors, c’est résolu, ou ça préoccupe ?

            On appréciera, par ailleurs, l’euphémique « pratiquement » ; superbe !

            Quant à « comment parler de science à des gens qui n’y connaissent rien » ; ça c’est de la haute voltige ; pauvre populo, vous y captez que dalle ; alors, laissez vous empoisonner, et fermez vos gueules, puisqu’on vous dit, nous autres scientifiques (bien appointés), que c’est pour votre bien !

            Sauf qu’il y en a, comme le Crirad, par exemple, qui savent parfaitement de quoi ils parlent, pauvre Céphale...

            Jamais lu autant de morgue, de dédain, de mépris pour masquer un mensonge éhonté !

            Pauvre Céphale ; il faut comprendre qu’il défend son petit gagne-pain criminel ; mais avec une telle bêtise, un mépris aussi condescendant, que ça n’échappe à personne ; faut retourner en séminaire chez Areva, pauvre Céphale ; y a encore du boulot !!


          • franck2010 13 octobre 2009 19:09

            Céphale entre l’écologiste béat et le scientiste que vous êtes, un débat a été ouvert ici, et rien ne vous obligeais à y participer.

            Un scientifique renommé expliquait récemment sur France Culture, que tout pouvait-être vulgarisé...que l’idée qu’un groupe d’individus pouvaient décider au nom de la science était dépassée...

            Mais j’imagine ce type un âne....

            « Mais comment parler de science à des gens qui n’y connaissent rien ? C’est l’un des problèmes de notre époque. »

            Car évidemment tous les scientifiques sont d’accord sur tout. C’est d’ailleurs la spécificité de leur corporation...

            Donc le généticien décidera pour les parents et l’espèce , l’ingénieur nucléaire de la nocivité des déchets, le climaticien des mesures à prendre pour sauvegarder le climat....la liste ne peut qu’être non-exhaustive. Mais nous avons déjà pointé quelques contradictions induites par votre position épistémologique ( je sais pas ce que celà veut dire exactement mais ca en jette grave ! ) .

            Non décidemment on aurait préféré une explication même brouillonne, même alambiquée, même incompréhensible.....

            ....même pas de réponse d’ailleurs.


          • jeremy hugues dit ciles 13 octobre 2009 19:37

            Non mais quelle arrogance et manque d’intelligence ! Nous n’avons pas les mêmes valeurs c’est cela ?
            Il y a les gens éduqués et il y a les écolos ?
            Votre devriez réviser la fois ce discours du 20ème siècle et vos connaissances en matières de traitement des déchets nucléaires.
            Jje suis ingénieur du fameux corps des Mines et je ne prétends que les autres ne comprennent rien.
            « Aujourd’hui, les pouvoirs conquis par la connaissance sont plus étendus que la connaissance elle-même. » André Froissard

            Il est normal qu’après tant d’années de manque de transparence, les français réagissent un peu vivement à l’information qui perce enfin sur ce sujet.
            Une fois l’émotion de la découverte passée, on pourra lancer un vrai débat public.
            Il n’y a pas besoin d’avoir fait une prépa scientifique pour se rendre compte des risques insensés que notre société a pris en choisissant le quasi tout nucléaire. Dans un monde qui peut basculer du jour au lendemain dans le chaos, qui s’occupera de la maintenance des réacteurs en cas de grosse crise ?
            Je ne vais pas dresser la liste des défauts de cette énergie surement la plus couteuse de toutes, prenez le temps de vous informer en dehors des circuits officiels d’Areva et des services d’Etat qu’elle dirige.
            Et si il s’agissait d’intelligence, alors essayez un truc qui rajeunit et qui fera du bien à votre esprit et à ceux qui vous entourent : se remettre un peu en cause

            « On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. »
            André Frossard

            Ne croyez pas que je suis arrogant. J’ai simplement un peu plus de compassion qu’il vous faut allez chercher au plus profond de vous.


          • jeremy hugues dit ciles 13 octobre 2009 19:42

            Désolé "« On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter. » n’est pas de Frossard mais de M. Emmanuel Kant.
            Autant pour moi.


          • Eloi Eloi 13 octobre 2009 20:43

            "Du sommet où il se croit, il se contredit d’une phrase à l’autre : « le problème des déchets nucléaires préoccupe les ingénieurs du CEA... » et « la question des déchets nucléaires est pratiquement résolue » ; alors, c’est résolu, ou ça préoccupe ?"

            Il y a plusieurs types de solutions :
            * l’utilisation d’un réacteur à neutrons rapides, très efficace pour brûler le plutonium, les actinides mineurs, voire les produits de fission (en produisant de l’énergie)
            * l’utilisation d’un réacteur sous-critique piloté par accélérateur, utilisant des réactions de spallation (grosses études actuellement). Chercher ADS sur le net, y’a plein d’infos.
            * l’enfouissement en couche géologique profonde, loin des nappes phréatiques, loin des gisements potentiellement exploitables dans le futur

            Ca préoccupe ? pourquoi :
            * techniquement ce sont des machines compliquées et longues à mettre au point
            * les chaîne à prévoir pour la machine (de sa construction à son démantèlement) sont aussi compliquées que pour n’importe quel produit et cela demande beaucoup d’études et de méthodes. Le côté positif est que l’industrie nucléaire, aujourd’hui, est très en avance concernant les méthodes pour ces études d’impact sur tout le cycle de vie de l’objet.
            * les normes et mesures de sécurité et de sûreté imposées par l’autorité de sûreté sont réellement draconiennes. C’est le côté positif des associations anti-nucléaire...

            "Quant à « comment parler de science à des gens qui n’y connaissent rien » ; ça c’est de la haute voltige ; pauvre populo, vous y captez que dalle ; alors, laissez vous empoisonner, et fermez vos gueules, puisqu’on vous dit, nous autres scientifiques (bien appointés), que c’est pour votre bien !"

            Le problème c’est qu’il est facile de répéter des mensonges mais plus difficile d’en tester la véracité. Sur des sujets techniques, comprendre demande plus d’efforts que 90 minutes de reportages. Discuter technique, ca demande de se turbiner le cerveau, et si peu le veulent seulement. C’est ca le problème...

            « Sauf qu’il y en a, comme le Crirad, par exemple, qui savent parfaitement de quoi ils parlent, pauvre Céphale... »

            Peut-être savent-ils de quoi ils parlent mais communiquent trop peu également, sur la technique, sur les procédés. A chaque fois qu’on en entend parler c’est pour révéler un scandale : ce n’est pas une bonne méthode éducative.

            « Jamais lu autant de morgue, de dédain, de mépris pour masquer un mensonge éhonté ! »

            il est honteux de cacher des déchets sur le tapis et ne vous inquiétez pas, ca énerve probablement plus les « pro » que les « anti ». Quand ce on quoi vous placez votre confiance vous trahit, ca fout les glandes. Cependant, le « scandale » est tellement plus facile à répéter, à seriner à l’envie que toutes les explications, réflections, et cela c’est réellement lassant.

            "Pauvre Céphale ; il faut comprendre qu’il défend son petit gagne-pain criminel ; mais avec une telle bêtise, un mépris aussi condescendant, que ça n’échappe à personne ; faut retourner en séminaire chez Areva, pauvre Céphale ; y a encore du boulot !!"

            vous savez, céphale travaille peut-être chez areva, peut-être pas. Cependant, sur un sujet aussi difficile que le nucléaire (professionnellement, ca demande beaucoup d’investissement sur des sujets ardus) qu’il faut un peu y placer de la confiance. Et voir des années de travail balayées soit par des trahisons sous formes de contrats honteux, soit sous forme d’une remarque assassine d’une horde de râleurs qui ne veulent pas faire la différence entre ce que peut apporter une source d’énergie et des dérives industrielles, c’est blessant.


          • krolik krolik 13 octobre 2009 22:46

            @franck2010
            Vous dîtes :
            Car évidemment tous les scientifiques sont d’accord sur tout. C’est d’ailleurs la spécificité de leur corporation...

            Donc le généticien décidera pour les parents et l’espèce , l’ingénieur nucléaire de la nocivité des déchets,

            Mais les scientifique sont d’accord pour reconaître les faits, faits vérifiés par plusieurs équipes dans le monde, utilisant des méthodes différentes , des instruments différents pour éviter les artefacts.
            Le médecin atyant une qualification spécitfique en radioprotection connaîtra la toxicité des déchets en utilisant les mesures réalisées par des ingénieurs nucléaires.
            Il faut être précis, tout cela ne s’invente pas..

            @+


          • Atlantis Atlantis 14 octobre 2009 01:47

            Tu sais céphale, des gens qui ont bossé (à haut niveau) pour l’industrie nucléaire et qui en sont dégoutés, qui ne veulent plus en entendre parler, il y en a plein (et j’en fais partie, spécialisé en sécurité : ça fait plaisir hein ?). C’est pas en faisant les gros yeux et aboyant fort que ça résoudra le problème, ça ne marchera plus jamais.

            Comme on dit dans ma région natale « crache en l’air ça te retombe toujours sur la tête, tôt ou tard ». La culture du secret (du nucléaire, entre autres) va voler en éclats grâce à ce formidable outil de stockage et recherche d’informations, de communication et d’éveil des consciences qu’est l’internet.

            Il ne reste plus à espérer qu’on ne se fasse pas péter la gueule avant qu’on arrête cette folie.


          • Ropi 14 octobre 2009 03:14

            "Sur des sujets techniques, comprendre demande plus d’efforts que 90 minutes de reportages. Discuter technique, ca demande de se turbiner le cerveau, et si peu le veulent seulement. C’est ca le problème...« 

            Cher monsieur,
            ce n’est pas de technique que l’on veut discuter, mais de »choix de société« , d »’humanité« , de risques que l’on accepte de prendre ou pas - ce dans la mesure où l’on nous donne toutes les cartes...
            Vous croyez que ceci ne demande pas à faire »turbiner le cerveau«  ?
            Ce sont ces critères-là qui manquent à beaucoup de »scientifiques", c’est ça le problème !


          • freelol freelol 14 octobre 2009 07:06

            « La question des déchets nucléaires est pratiquement résolue »

            Venez on va faire des bombes on va faire de l’énergie et on va tout pourrir derrière nous avec des rayonnements invisibles et inodores puis quand on saura comment nettoyer cette merde, on passera la serpillère, enfin pas nous.

            Magnifique raisonnement scientifique qui finalement n’engage que les générations futures, on va pas se gêner, en plus y’a masse pognon à se faire.

            Merci Monsieur Céphale de nous rassurer , c’est quasiment réglé. Ouf et sinon on ferait quoi, on enverrais le tout chez les russes non ?


          • Skapad Skapad 14 octobre 2009 11:15

            [...//...écologistes dont l’ignorance en matière de physique est abyssale...//...]

            Un peu comme Hubert Reeves ? Cher céphale, votre arrogance est à la hauteur de votre ignorance en matière de ce qu’est un etre humain. De ce qu’est la démocratie....

            Le mirage que vous proposez ou plutot qui a été imposé (aux ignarants !) n’a pas de future légitime. Les déchets ultimes seront là pour des milliers d’années, et vous prétendez que cela soit acceptable. Rien que cet aspect fait de vous l’archétype de « l’homosapiensénergivorus »

            Comment le céphale va essayer de nous expliquer, cette prétention du lobby nucléaire à combatre réellement l’effet de serre ! A ce jour 450 réacteurs sont en mesure de produire 2.5% de l’énergie primaire planétaire....Pour que cette technologie est un réel impact contre l’effet serre et dans un délai de moins de 20 ans en admettant que tous les pays soient en mesure d’en construire pour atteindre un ratio de 30 % ?

            Pour ce faire, la construction de 5400 réacteurs serait a programmer d’ici 20 ans, sans compter les réseaux qui à ce jour n’existent pas, sans compter que la ressource serait encore à découvrir, ce qui engendrait encore des conflits tel les guerres liées au pétrole !

            Sur la base d’un réacteur à 5 milliards d’euros l’unité, l’investissement rien que pour ces machines supposerait une colossale contribution financière de l’ordre de 27 000 milliards d’euros, ou encore 40 500 milliards de dollars ( faite le calcul en poids d’or si cela vous chante !) ramené sur un plan étalé de 20 ans , monsieur céphale etes vous prèt a débourser une partie des 2025 milliards de dollars /ans...pour une production d’origine nucléaire de 30% de l’énergie primaire planètaire ! Restera après coup à régler les 50% restants ! le solde étant 20% de renouvelable...

            Rien que ces chiffres laissent rèveur, sauf pour le fan club des apparatchicks du CEA, AREVA, EDF AIEA les enfants de pub de la « PRAVDA » 

            L’énergie à bas cout ! La plus grande des illusions humaines... la plus grande méprise qui nous conduit tout droit à un cataclysme, social, environnemental, politique etc etc ...

            De mon point de vue, le rèveil sera rude et il est temps que les scientistes « émérites » soient reclassés de leur prédominance dans la gestion de nos civilisations.

            La philosophies des lumières, avaient en son temps mis un frein à la prédominance du réligieux, il faut désormais que le consumérisme planétaire dogmatisé par ces scientifiques soit mis au banc des accusés, et qu’ils acceptent de ne plus etre les seules détenteurs de la « vérité » ....

            Bien sur il faut encore approfondir....(pas trop temps a améliorer ce post)


          • Eloi Eloi 14 octobre 2009 19:03

            « ce n’est pas de technique que l’on veut discuter, mais de »choix de société« , d »’humanité", de risques que l’on accepte de prendre ou pas - ce dans la mesure où l’on nous donne toutes les cartes...
            Vous croyez que ceci ne demande pas à faire « turbiner le cerveau » ?
            Ce sont ces critères-là qui manquent à beaucoup de « scientifiques », c’est ça le problème !« 

            Vous ne voulez pas discuter de technique afin de comprendre ce que vous raconte la CRIIRAD ou AREVA ? Je ne comprends pas votre raisonnement bizarre : vous voulez un choix démocratique ? et en même temps vous ne voulez pas de discussion technique qui vous permettrait de faire votre propre opinion sur les choix technologiques ? Et, en même temps, vous ne voulez pas faire confiance au »complot des technocrates" ??
            Votre raisonnement est bizarre.

            Vous voulez parler d’humanité ? Mais très bien : vous savez les scientifiques sont aussi des gens qui, comme vous, vivent, voient la dégradation du monde, voient la corruption consumériste détruire notre société. Pourquoi vouloir rendre les scientifiques schizophrène ? Pourquoi partionner les gens ? faire des cases ?

            Décidément, je ne vous comprends pas. Posez donc des questions, profitez-en, pour pouvoir faire VOTRE propre choix en connaissance de cause, plutôt que boire comme du petit lait les opinions qu’on vous impose...


          • freelol freelol 14 octobre 2009 19:12

            Eloi

            Le nucléaire ne sera jamais acceptable à partir du moment ou il est impossible de garantir qu’aucune une particule radioactive n’est jamais rejetée dans l’environnement.

            L’absorption des particules rejetées dans la mer (les poissons ==> le lait maternel ==< les efants) et l’atmosphère conduisent à une augmentation des risques de cancer. Des enfants trinquent.

            Il n’y a pas de solution, il n’y en aura jamais, c’est une impasse dangereuse. Rendez vous compte que nous avons inventé les déchets qui créent des déchets : mortels.

            IL FAUT SORTIR DU NUCLEAIRE : VITE !!!!

            http://www.sortirdunucleaire.org/


          • Eloi Eloi 15 octobre 2009 19:19

            "Le nucléaire ne sera jamais acceptable à partir du moment ou il est impossible de garantir qu’aucune une particule radioactive n’est jamais rejetée dans l’environnement.« 

            C’est là où vous faites une grande erreur. La tolérance zéro n’existe que dans l’esprit tordu de certains pontes de l’UMP. Tout le débat public est de savoir à quel niveau de rejet (0.1% de la radioactivité naturelle, 0.01%, ou 0.00001%) le rejet n’induit aucun risque : la norme deviendra ce rejet »critique« . C’est cela un vrai débat citoyen. Et si ce niveau de rejet rend l’industrie nucléaire trop chère et non compétitive, elle disparaîtra.
            A chaque fois que vous creusez le sol, vous libérez dans l’air des poussières radioactives que vous allez ingérer. Toute activité humaine soulève des particules radioactives, c’est cela que vous devez comprendre.
            Vous n’allez pas interdire de faire le ménage ?

             »L’absorption des particules rejetées dans la mer (les poissons ==> le lait maternel ==< les efants) et l’atmosphère conduisent à une augmentation des risques de cancer. Des enfants trinquent.« 

            C’est ce qu’il se passe tous les jours, nucléaire ou non, et pas seulement pour les particules radioactives »naturelles" mais aussi pour les métaux lourds, les acides, les molécules organiques dangereuses...

            "Il n’y a pas de solution, il n’y en aura jamais, c’est une impasse dangereuse. "

            Votre affirmation est une profession de foi dangereuse.

            Sachez en tout cas que la solution des déchets était prévue depuis les années 60 l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides (qui nécessitaient des réacteurs comme les nôtres pour être mis au point et pour pouvoir démarrer). Les écologistes, par une arnaque électorale ONT EMPECHE le recyclage de l’uranium appauvri et des déchets à vie longue.

            Le manque de solution, en France (en inde, russie, chine, ces réacteurs fonctionnent) n’est dû qu’aux écologistes.

            C’est LEUR faute ! Le nier n’est rien d’autre que du révisionnisme, et c’est en ca que ce reportage, qui fait l’impasse sur la solution, est un scandale et une honte pour le journalisme. Effacer ainsi l’histoire est d’une malhonnêteté crasse qui n’enjolive en rien leur honneur !

            « IL FAUT SORTIR DU NUCLEAIRE : VITE !!!! »

            Les allemands peuple inventif, construisent 25 GW de centrales au charbon. Et pourtant, techniquement, ce ne sont pas des imbéciles. Posez-vous cette question : pourquoi ne parviennent-ils pas, tout intelligents qu’ils sont, à se passer ET du nucléaire ET du charbon ? Croyez-vous que nous parviendrions à faire mieux ?

            Saviez-vous que, une fois la fonte de l’antartique lancée, le processus est irréversible pendant des milliers d’années ? Finalement, ce carbone, n’est-il pas une hypothèque pour les générations futures, à une échelle comparable aux déchets nucléaires  ?

            Si la planète se dirige vers un nouvel équilibre à effet de serre prédominant, la situation glissera irrémédiablement vers un équilibre similaire à celui de Vénus. Et là, je vous assure, les éventuels déchets nucléaires (que les écolo EMPECHENT de recycler !) paraîtront bénins.


          • krolik krolik 13 octobre 2009 14:47

            Il faut préciser que les fameux « déchets » laissés à Seversk ne proviennent pas seulement d’EDF, mais ils proviennent aussi du Hollandais Urenco et puis il y a l’uranium appauvri des Russes tout simplement. Car à Seversk ils ré-enrichissent l’uranium de retraitement mais également les « tails » , les « queues » c’est à dire l’uranium qui a été déjà appauvri dans les usines occidentales. Mais les Russes ont une telle capacité d’enrichissement qu’ils peuvent reprendre l’enrichssement jsqu’à des taux très bas.
            Le patron de Tenex (la filiale du ministère russe Rosatom pour ce type de commerce) a déclaré il y a un mois que ces contrats d’erichissement de « tails » occidentaux qui se terminaient en 2010 ne seraient pas renouvellés.Apparemment ça ne paie plus le beurre, les conditions économiques ayant changé en Russie, on commence à faire des prix de revient d’une part, et d’autre part la situation énergétique électrique en Sibérie a changé avec l’accident sur le barrage du Iénisséi le 17Août dernier. Une capacité de 6400MW qui s’est effacée dans l’est sibérien...Il y a eu 74 morts dans une centrale.. Des morts de l’énergie qui n’ont pas fait l’objet du moindre article dans AV, pas le moindre buzz médiatique.. Alors qu’il y aurait eu 74 morts dans une installation nucléaire.... mais ça buzzerait partout jusqu’à la nausée pendant des dizaines d’années.

            Parce que ces « déchets » sont de l’uranium appauvri rien de plus dont on a déjà quelques milliers de tonnes en stock en France entre Poitiers et Limoges. Stock suffisant pour servir de combustible à un parc « Génération IV » équivalent au parc nucléaire actuel pendant quelques milliers d’années. Comme EDF n’a pas la nécessité de cet uranium il est laissé aux Russes, le transport coûte cher. Mais on a la capacité de stockage en France, sans problème.
            Ces fameux déchets stockés « à l’air dans des fûts » !!! C’est à l’air ou dans des fûts ???, les 108 tonnes par an sont équivalents en radioactivité à un bloc de granit de 190m de côté.
            Donc le moindre torrent des Alpes passe sur des cônes de déjection dont la radioactivité est plus importante.. avec de l’eau en ruissellement !!!! Tremblez voyons !


            Lorsque le Mont-Lois a coulé, éperonné, en 1984 au large des côtes Belges, alors qu’il transportait des conteneurs d’uranium à ré-enrichir en URSS, des prélèvements analyses ont été réalisés de l’eau de mer pour mesurer la pollution, et en fait à l’examen des radioisotopes relevés , on s’est aperçu que la pollution radioactive venait de l’embouchure du Rhin.. Rhin qui passe bien sûr dans les Alpes et recevant l’eau des torrents affluents qui sont passés sur les cones de déjection.
            ll est pitoyable que les journalistes ne se renseignent pas plus avant de réaliser une telle enquête, d’autant que sur le nucléaire russe on pourrait leur apprendre des choses pour le moins croquignolette.

            Il est pitoyable également que la Ministre donne de la crédibilité à un tel reportage en décidant une enquête chez EDF. Il faudrait aussi déclencher une enquête dans les Alpes !! Saloperie de Nature !!

            Le fait que l’accident de 1957 soit inconnu et révêlé par Jaures Medvedev est tout de même faux. L’accident avait été connu très rapidement mais on ne connaissait pas son ampleur c’est pour cela que les Américains ont envoyé ds avions espions U2 prendre des photos et faire quelques relevés gamma. Et comme cela Gary Power s’est fait « descendre » un 1er mai 1960 au-dessus de Sverdlovsk, il venait juste de passer sur Mayak en allant vers une base du Nord de la Norvège. Donc cette explosion n’était pas connue de tout le monde, mais elle était connue au moins de dirigeants américains. Mais c’était la pleine Guerre Froide.

            Il faut féliciter Olivier Bailly qui, avec son talent de journaliste désinformeur arrive à faire un découpage hors contexte d’une phrase d’un article de Vincent Crousier, qui donne l’impression que Crousier est antinuc.. Un must. Mais il fait le renvoi, renvoi sur lequel personne ne cliquera..Donc tout est clair emballé, plus personne ne sait où le ciel et la terre.. roulés dans la farine.

            C’est un peu le cas de Laure Noualhat qui bosse chez Libé avec son patron laurent Joffrin qui soutient une telle production vidéo :http://www.dailymotion.com/video/x7zj25_le-nuage-de-tchernobyl_tech Et Libé d’avoir inventé le terme fameux du nuage qui s’est arrêté à la frontière. On ne sait plus où ils sont chez Libé..

            @+


            • sisyphe sisyphe 13 octobre 2009 16:57

              Ca y est !
              Le nucléocrate propagandiste krolik a enfourché son plus bel attelage de noyeur de poisson, d’enfumeur, pour venir défendre son petit gagne-pain, au mépris de toute réalité, et en essayant de discréditer ceux qui essaient de lever un pan du voile systématiquement maintenu en place par Areva, EdF et tous ses petits télégraphistes comme lui, pour que la population ne sache pas qu’ils sont en train de polluer la planète pour les siècles à venir.

              Le petit doigt sur la couture de sa combinaison anti-radiation, le bon petit soldat krolik va continuer à dérouler son discours appris par coeur dans les séminaires d’Areva, pour endormir le populo , et permettre à ses empoisonneurs d’employeurs de pouvoir continuer leur sale job en douce...

              Pas de bol ; il y a de vrais journalistes, et des ORGANISMES INDEPENDANTS qui font leur boulot, et la ficelle commence à sèrieusement montrer sa trame : tu en gardes, chez toi, des déchets, krolik ? Ca ne devrait pas te poser de problème, non ?


            • krolik krolik 13 octobre 2009 18:22

              @Sysiphe
              Mais en dehors de l’anathème récurent chez vous où est votre argumentation ?
              Au cas où vous ne l’auriez pas vu j’essaie à chaque fois de donner des précisions, des valeurs, des ordres de grandeur.
              Mais j’écris cela pour les « taiseux » ceux qui lisent et ne s’expriment pas, ceux qui constitute la majorité silencieuse.
              Et votre discours n’amène rien qui puisse leur faire comprendre quelque chose.
              Si j’étais un employé d’AREVA ou d’EDF j’aime autant vous dire que je ferai changer leur style de communication.
              Mais à la suite de Niestche, ma devise :
              - Il faut nuire à la bêtise.
              Et là il y a du boulot pour .... la nuit des temps
              @+


            • Ropi 14 octobre 2009 03:27

              Cher Monsieur,
              voici mon argumentation : en tant qu’être humain, que citoyen vivant en démocratie et souhaitant donc - devant donc, de par ce fait - décider du choix de la société dans laquelle il veux vivre, en tant quel, donc, je ne souhaite pas que me soit imposée l’énergie nucléaire.

              Merci de tenir compte de ce choix - en vertu dudit fonctionnement démocratique, choix que partage une large majorité de mes concitoyens.

              Dans l’attente, bien cordialement.


            • Skapad Skapad 14 octobre 2009 11:31

              [....//....« Génération IV » équivalent au parc nucléaire actuel pendant quelques milliers d’années...//....]

              Des milliers d’années ? Il y a eu des précédents dans ce genre de prophéties milénaristes, le REICH de 1000 ans .....

              Vous suivez ................ta G4, c’est ni plus ni moins Superphénix repeintuluré ....sodium explosif , et cerveaux embrumés, le summun de l’arrogance a faire croire à la pierre philosaphale ou au mouvement perpétuel .............du délire de skyzonucléocrates 

              ITER , le l’hyperscienfiction ! 


            • Eloi Eloi 15 octobre 2009 19:35

              « Des milliers d’années ? Il y a eu des précédents dans ce genre de prophéties milénaristes, le REICH de 1000 ans ..... »

              Et un point Godwin, un !
              Ce n’est que la magie des mathématiques. Dans un réacteur à neutrons thermiques (nos réacteurs actuel) n’est utilisable que 0.5% de l’uranium disponible. Les scénarios tablent sur 30 à 50 ans d’uranium. Si vous pouvez utiliser les 95.5 % qui restent (dans un réacteur à neutrons rapides) vous multipliez par 200 les réserves, soit, à minima, 6000 ans. Et cela, c’est sans tabler sur tous les stocks stratégiques d’uranium appauvri que nous conservons en france (ou envoyons en russie : les russes peuvent l’utiliser, puisque l’on n’a pas fermé leurs superphénix, ils l’acceptent volontier, ce métal appauvri)

              "Vous suivez ................ta G4, c’est ni plus ni moins Superphénix repeintuluré« 
              Amélioré, rendu plus sûr, plus efficace. Vous n’êtes qu’une personne méprisante, vous méprisez tous les perfectionnements, tous les efforts, faits depuis, vous les balayez d’un revers de votre main du haut de quoi ?

               » ....sodium explosif ,« 
              l’essence est explosive, et pourtant les voitures, les avions n’explosent pas. SAUF SI ON LEUR TIRE DESSUS A LA ROQUETTE !! Souvenons-nous en, de cette belle histoire d’écologiste qui a tiré A LA ROQUETTE sur superphénix ; certains d’entre vous sont des fous furieux !

               »le summun de l’arrogance a faire croire à la pierre philosaphale ou au mouvement perpétuel .............du délire de skyzonucléocrates "
              A la différence des alchimistes ou de sarkozy, ces technologies à neutrons rapides sont éprouvées depuis des décennies. La démonstration a ETE FAITE. Le nier et la pire de vos bassesses.


            • joelim joelim 13 octobre 2009 15:00

              @céphale :

              Mais comment parler de science à des gens qui n’y connaissent rien ? 

              Argument inconsistant : la vulgarisation çà existe, il existe toujours des mots pour résumer. Comme si c’était une affaire de jargon trop difficile à comprendre, alors que le jargon (vocabulaire spécialisé) a toujours partiellement servi à noyer le poisson !

              A mon avis il est impossible de fermer les centrales tant que les alternatives ne sont pas au RDV, mais toute l’histoire du nucléaire civil français est une immense omerta sinon pire (le mensonge du nuage de Tcherno). Qu’ils arrêtent totalement la langue de bois est le minimum du minimum qu’ils doivent arriver à mettre en pratique, sous peine d’être considérés par les français (« qui n’y connaissent rien... ») comme des incompétents dangereux.

              La question des déchets nucléaires est pratiquement résolue.

              Ou sont les sources indispensables pour justifier une telle affirmation sur un sujet controversé ? Sont-elles absentes parce que les gens n’y connaissent rien ?

              • JL JL 13 octobre 2009 15:15

                « La question des déchets nucléaires est pratiquement résolue. »  ???

                Ce soir sur Arte, seule chaîne, qui par son statut transnational peut oser, diffusion à 20H45 d’un documentaire : « Déchets, le cauchemar du nucléaire ».

                « Une indispensable investigation qui, en sus de ses découvertes glaçantes, invite à la réflexion » (Télérama)

                Et encore : « Choisir de devenir expert indépendant revient à sacrifier sa carrière ».




              • JL JL 13 octobre 2009 15:19

                Parler du nucléaire, c’est toucher le zizi du président.” (Alain de Halleux) Des belles affiches d’Areva sont envoyées dans les collèges sans que les enseignants
                n’aient rien demandé.


              • JL JL 13 octobre 2009 15:26

                Il semble que dans les domaines du nucléaire comme dans le domaine de la santé, et comme dans bien d’autres domaines - tous ?- les mêmes principes soient en oeuvre :

                « L’indépendance d’un expert est le gage de son incompétence : voilà le credo des industriels de la santé repris en chœur par les pouvoirs publics. » (« Les médicamenteurs » Arte 9/6/9)


              • krolik krolik 13 octobre 2009 15:47

                @joelim.
                mais des bouquins de vulgarisation ça existe , il n’y a qu’à prendre les « Que sais-je » bouquins neutres, objectifs qui exposent la physique, les problèmes et les techniques.
                Vous avez un bouquin de Rolanf Masse sur la radioprotection, celui de Vincent Crousier qui a enquêté sur le nucléaire, qui a cherché de la doc de tous les côtés et qui n’a trouvé aucuneexplication rationelle du côté des ani-nucs.. tout dans la « tripe », l’émotionnel, la désinformation.

                En ce qui concerne les déchets, la solution d’enfouissement définitif est tout de même très élégante. Dans de l’argile qui n’a pas bougé depuis deux millions d’années, sans eau. Alors que l’on sait que le verre n’est même pas soumis à lixiviation s’il y a de l’eau.
                La radioactivité naturelle cumulée sur 600 mètres d’épaisseur (qui fait tout de même 15 millions de becquerels au m3) est supérieure à la radioactivté qui sera amenée dans les conteneurs.
                Et dans l’épaisseur de terrain il y a des nappes phéatiques !!Saloperie de Nature.. !!

                A Oklo, au Gabon dans les réacteurs naturels qui ont fonctionné il y a deux milliards d’années il a été montré que le déplacement des produits de fission a été très faible malgré de nombreux retours de la nappe phréatique depuis l’poque du onctionnement.
                Etes ous capable de comprendre cela ?
                Si oui l’affaire es classée.
                Si non, et bien il n’y a pas grand’chose à vous dire de plus car vous refusez les éléments scientifiques. Alors restez dans votre « Foi ».

                @+

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Babar

Babar
Voir ses articles







Palmarès



Partenaires