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Accueil du site > RDV de l’Agora > Edgard Pisani :« Sommes-nous capables de penser le monde ? »

Edgard Pisani :« Sommes-nous capables de penser le monde ? »

Edgard Pisani, robuste, inoxydable, l’oeil rieur, fin observateur de la vie politique française et internationale se fait, pour les Rendez-vous de l’Agora, commentateur lucide quand il évoque les grands enjeux internationaux (la fin du pétrole, la famine...), critique, voire mordant, quand il s’agit d’évoquer internet, le non irlandais, l’union pour la Méditerranée ou la politique de Nicolas Sarkozy...
A l’occasion de la parution de "Le sens de l’état" (éditions de l’Aube), son dernier ouvrage dont nous vous présentons un extrait ci-dessous, nous avons rencontré Edgard Pisani, ancien ministre du Général de Gaulle et chargé de mission de François Mitterrand.




Interview-vidéo d’Edgar Pisani en quatre parties
par
Olivier Bailly et Iannis Pledel


Regard sur Nicolas Sarkozy :


Edgard Pisani et l’Europe :

La Méditerranée et le Moyen-Orient :

Edgard Pisani, enjeux internationaux :

 

Extrait du Sens de l’Etat, par Edgard Pisani (interviewé par Stéphane Paoli et Jean Viard)
« Je crois que nous ne sortirons pas de la situation où nous sommes si nous ne parvenons pas à clairement distinguer le "marché-mécanisme" et le "marché-loi". Le "marché-mécanisme" – la confrontation entre deux produits sur la qualité, sur leur prix… – est nécessaire.

Il est un facteur de progrès. Mais le "marché-loi", qui s’impose, quoi qu’on fasse, à la population d’un pays et du monde tout entier et à l’environnement, qui aspire à s’imposer sans contrôle, ce marché ne doit pas fonctionner, ne peut pas fonctionner durablement.

Prenons le problème très actuel de l’agriculture. On a cru que nous avions atteint une autosuffisance durable. J’ai été d’un avis contraire. Jamais encore, le monde n’a connu un temps où le nombre des « crève-la-faim » a été aussi important qu’aujourd’hui, presque un milliard. Or, le monde, qui compte six milliards et demi d’habitants, en comptera neuf ou presque dans vingt-cinq ans. Déjà, les prix augmentent tandis que la concurrence détruit les agricultures de subsistance des pays pauvres.

Le blé a doublé en deux ans, le lait a augmenté, je crois, de 40 %. Renversons la problématique. Le monde a besoin de toutes les agricultures du monde. Parce que si le monde ne produit pas le maximum de ce qu’il peut produire, le monde ne mangera pas à sa faim. Donc, tout système qui aboutit à la destruction, à la disparition d’une agriculture à cause de la concurrence est néfaste. Il faut, au contraire du marché-loi, accepter le principe d’un mode de protection. Mais allons encore plus loin. Essayons de voir quels sont les facteurs de production ; essayons de voir pourquoi mon pessimisme est si grand.

Quels sont les facteurs de production ? Il y a la terre. Elle est dévorée par l’urbanisation ; les plaines les plus fertiles sont celles qui ont accueilli les villes les plus grandes. Et les villes continuent à grandir. L’eau monte des océans. L’eau, il faut savoir que 62 à 63 % de l’eau potable disponible est consacrée à l’irrigation, que le disponible va en diminuant et que, par conséquent, nous allons en manquer, au robinet, dans les fermes irriguées, l’industrie qui en est grande consommatrice…

 

La désalinisation n’est valable qu’auprès des mers et des océans ; de surcroît, elle coûte cher. Des progrès seront accomplis, la modernisation du Tiers-Monde tendra à le rendre autosuffisant et des terres nouvelles seront mises en culture mais l’urbanisation, les infrastructures, la montée du niveau de la mer vont dévorer d’énormes surfaces de terres parmi les plus fertiles du monde. Les agro-carburants vont s’étendre dangereusement.

Tout cela pris en compte, je suis conduit à dire avec certitude que la production baissera alors que les besoins augmenteront inéluctablement ; que nous connaîtrons des hausses de prix, des famines et des tensions sociales extrêmes ».

« … Je vais vous dire pourquoi c’est l’agriculture qui m’a appris la politique et, plus encore, le politique, année après année. L’agriculture, c’est non seulement le compromis à établir entre l’intérêt général et l’intérêt agricole, mais c’est aussi la médiation entre les grandes plaines et le bocage, les petites fermes et les grands domaines, l’élevage et la culture, les grandes productions et la viticulture, l’horticulture, la production de légumes et de fruits… Être le ministre de l’Agriculture exige de trouver un langage qui, par moments, recouvre le tout. Pas nécessairement tout le temps (car il lui faut bien entrer dans les détails), mais aussi souvent que possible.

Il faut se faire entendre un jour des paysans et négocier, le lendemain, avec des diplomates. Nous voilà bien arrivés aux deux faces complémentaires de la politique et du politique. Je laisse de côté l’exercice auquel doit se livrer l’élu comme le candidat. Il m’a pratiquement été épargné.

Stéphane Paoli. – C’est être un généraliste.

Edgard Pisani. – C’est vous élever à un niveau où vous pouvez considérer le problème dans son unité avant de redescendre, car vous redescendez, avant de vous occuper des mille détails en quoi consiste la vie ! Vous vous élevez un jour et puis vous redescendez tous les jours.

Vous constatez que c’est différent en passant de l’un à l’autre. J’ai compris l’essence du binôme "la politique – le Politique" lorsque j’ai compris qu’il faut tenir compte tour à tour de l’un et de l’autre et sans se contredire de chacun et de tous ; cela afin que tous acceptent de travailler ensemble.  »

© Editions de l’aube


Edgard Pisani est entré en politique par l’histoire. Par l’action. Il fut l’un des libérateurs de Paris. Il sera là quand de Gaulle, de retour de Londres, prononcera son fameux discours sur Paris libéré. A ses côtés : Chaban-Delmas et Mitterrand. Il assiste, à la Libération, à l’exécution de Laval.

Gaullien, mais pas gaulliste (il le restera toute sa vie), il entre sur l’insistance de Michel Debré, dans le gouvernement en tant que ministre de l’Agriculture. De Gaulle lui dira : « Vous n’êtes pas le ministre des Agriculteurs, mais le ministre de l’Agriculture ». Européen convaincu, il fonde la politique agricole commune qu’aujourd’hui il dénonce. Car Edgard Pisani n’est un homme de dogme, c’est un homme de conviction.

Préfet, sénateur, député, il a occupé toutes les fonctions, celle d’un grand commis de l’Etat et celles d’un élu. Il connaît tout de l’Etat, de son fonctionnement. Pour ce Français né à Tunis en 1918, d’origine maltaise, issu d’une famille italienne, l’Europe a un sens. La France aussi. Dans son dernier ouvrage, Le Sens de l’Etat (Editions de l’aube), dont nous vous proposons deux extraits, il dit : « Un Français ne peut pas ne pas aimer la France. Il peut ne pas aimer son appareil administratif ». Il sait de quoi il parle.

Pour lui, la France est encore trop centralisée, trop jacobine. Il faut la réformer. Aujourd’hui encore il vitupère contre l’immobilisme. A 90 ans, il signe des chroniques, des prises de positions commentées par les meilleurs analystes, tel Alain Lambert ou Daniel Riot.

Il incarne une forme non pas de sagesse, mais, dans ce monde perpétuellement en mouvement un repère intangible. En 1968, au moment des « événements », Edgard Pisani vote la censure de son propre gouvernement. Il démissionne sur le coup (et en toute logique) de son mandat. Ses amis ne le lui pardonneront pas.

Il peut dire alors adieu à son rêve, à son ambition, devenir ministre de l’Education. Cela sera sa traversée du désert. La fin de sa carrière politique sera encore une fois marquée d’un coup d’éclat. Chargé de mission auprès de François Mitterrand, il réussira à débloquer la situation calédonienne, à pacifier les relations entre pro et anti-indépendantistes.

Mais Edgard Pisani, ce nouveau livre et cet entretien exclusif avec Agoravox le montrent, est toujours un fin observateur de la vie politique française et internationale. Observateur et commentateur lucide, critique quand il s’agit d’évoquer internet, les enjeux internationaux ou la politique de Nicolas Sarkozy, il est également une libre force de proposition. Ce n’est pas la première fois qu’Agoravox rencontre Edgard Pisani. Ce dernier, avec son fils Francis, s’était déjà exprimé devant Carlo Revelli à propos des technologies de l’information et leur rapport avec la politique.

Crédit photos : ian Oz

Documents joints à cet article

Edgard Pisani :« Sommes-nous capables de penser le monde ? » Edgard Pisani :« Sommes-nous capables de penser le monde ? »

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32 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 4 juillet 2008 10:30

    Un peu perturbant cet article. A hésiter en le Je et le IL, on ne sait plus bien qui rédige ou qui interviewe


    • Prêtresse Prêtresse 4 juillet 2008 22:10

      Mon ordinateur n’affiche plus la barre d’adresse.


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 juillet 2008 22:13

      Prêtresse vous avez parlé là ...

      j’ en ai plein des adresses ...


    • Olga Olga 4 juillet 2008 23:04

      Alors Grande Prêtresse, on a un Petit Problème ?


    • Sahtellil Sahtellil 5 juillet 2008 08:51

      Prêtresse,

      Si vous êtes sous Firefox, essayez-ça.

      BMD


    • Prêtresse Prêtresse 5 juillet 2008 12:08

      C’est réparé, merci beaucoup.


    • JL JL 4 juillet 2008 11:43

      Edgar Pisani dit : " Je crois que nous ne sortirons pas de la situation où nous sommes si nous ne parvenons pas à clairement distinguer le "marché-mécanisme" et le "marché-loi".

      Est-ce que ce n’est pas la même chose que de dire  : "oui à l’économie de marché, non à une société de marché" ?

      Et quand il distingue "la politique" et "le Politique", ne distingue-t-il pas la capacité à acquérir le pouvoir et la capacité à l’exercer ? Il en est de même de toute notre organisation sociale : la capacité à réussir un examen, un concours n’est pas forcément la capacité à mettre en oeuvre les connaissances acquises.

      Notre actuel président est un bête de scène, et son inconséquence lui a valu les suffrages de ceux qui ont cru en lui. Mais cette inconséquence est une tare pour un président de la République, qui fait de lui un irresponsable.

      "Les Français savent maintenant que Nicolas Sarkozy est capable de dire beaucoup de choses pour plaire à un auditoire. C’est ce que nous appelons ici le syndrome Gandrange. En tournée dans cette petite ville mosellane, le président de la République avait, on s’en souvient, tenu devant les ouvriers sidérurgistes menacés de licenciement un discours de syndicaliste accompli. L’inconséquence semble être sa méthode". (Denis Sieffert)


      • vivelecentre 4 juillet 2008 20:33

        1997 les socialistes annoncent que s’ils ont la majorité aux élections qui suive, Renault Vilvorde ne fermera pas....

        Jospin s’en sortira en disant après avoir promis l’inverse : l’état ne peut pas tout"...


      • Dr Rached Trimèche Dr Rached Trimèche 5 juillet 2008 14:18

        tout à fait !


      • Traroth Traroth 4 juillet 2008 14:07

        "Sommes-nous capables de penser le monde ?" : Rien que le titre est agaçant. Penser le monde, ça veut dire quoi ?


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 4 juillet 2008 14:17

          penser le monde ça veut dire un peu comme pour dire penser le monde , genre reufleuchir à comment organiser la suite de l’ avenir , genre demain et les jours suivants....


          • Traroth Traroth 4 juillet 2008 15:51

            Un peu comme penser à l’avenir, quoi ? Ca ne ressort pas du tout de l’utilisation de cette expression. Et pourquoi ne pas dire "penser à l’avenir", dans ce cas ? Pas assez pédant ?


          • MagicBuster 4 juillet 2008 14:56

            "Sommes-nous capables de penser le monde ?"

            Le monde court à saperte, inexorablement et de plus en plus vite . . .

            Voulons-nous seulement sauver le monde ?

            Je le pensais un moment , mais désormais, je veux que tout s’écroule vite

            1 pour savoir s’il y une suite à cela
            2 pour savoir si l’homme survivra à l’ultra libéralisme.
            3 pour savoir comment cela sera après.

            Bonne chance à tous, à bientôt j’espère.


            • fafou0 6 juillet 2008 21:43

              Politiquement incorrect :

              Le monde s’en sortirait si nous avions 4 ou 5 planètes habitables, pas demain... mais hier...

               &&&


            • Sav 4 juillet 2008 17:52

              J’avais adressé un commentaire extrêmement négatif sur Pisani en soulignant son extrême suffisance dont témoignent par exemple le titre de son "ouvrage" et la rédaction qu’il assure lui même de sa propre hagiographie... Ce commentaire a été supprimé !
              Agoravox ne supporte donc pas la critique et utilise des procédés dont il pourrait faire mention... C’est ainsi que va la vie...


              • impots-utiles.com 4 juillet 2008 19:13

                Le gouvernement fait preuve d’ inexperience dans pas mal de domaines...
                Rachida Dati, n’a meme pas l’air de connaitre ses propres projets de loi ...
                Sur le site du ministère de la justice on peut y trouver le projet de RMI penitentiaire à 15% pour les détenus... mais madame Dati n’as pas eu l’air au courant lors d’une récente interview radiophonique, elle s’est meme farouchement opposé a ce projet... qui est toujours telechargeable sur le site du ministère a l’heure actuelle...
                quel professionalisme !

                http://www.impots-utiles.com/le-nouveau-couac-de-rachida-dati.php


                • ZEN ZEN 4 juillet 2008 19:35

                  J’avais demandé innocemment ce matin quel était l’auteur de cet article étrange , comme le remarque Yohann
                   Il fut un temps où j’admirais Pisani pour sa clairevoyance

                  Pourquoi mon commentaire a-t-il été supprimé ?
                  Mystère et boulle de gomme...


                  • Olga Olga 4 juillet 2008 20:00

                    Un petit florilège de ce qui est dit dans les vidéos :

                    Regard sur Nicolas Sarkozy :
                    Il irrite beaucoup par son manque de retenue et par ses prévisions illusoires.
                    La venue du président Syrien Bachar El-Assad en France le 14 juillet, n’a pas de sens et contribue à la déstabilisation du Moyen-Orient.
                    Celui qui est à l’Elysée et qui n’est pas le président de tous les français, ne fait pas son mêtier.
                    Celui qui gouverne la France n’est pas responsable.
                    Réforme des institutions : Le président devrait élu pour 7 ans et non rééligible.

                    l’Europe :
                    L’Europe ne sait pas si elle est un espace économique préfigurant la mondialisation, ou une puissance politique en développement, en devenir, parmi les grandes nations du monde.
                    Faire attention à toutes les agricultures et en faire naître de nouvelles (aide au développement de l’agriculture africaine).

                    La Méditerranée et le Moyen-Orient :
                    4 régions Europe de l’Ouest, Europe de L’Est, Moyen-Orient, Afrique, "déséquilibrées".
                    Avenir de l’Egypte incertain.
                    En finir avec des stratégies politiques axées entièrement sur le pétrole.
                    Israël devrait reconnaître un Etat Palestinien.
                    Peut-être qu’un jour, les USA devront choisir entre le pétrole et Israël. Un risque pour Israël, car tout le monde a besoin du pétrole...

                    Enjeux internationaux :
                    Les agro-carburants sont une menace pour l’équilibre alimentaire mondial.
                    Le climat de l’Amérique du Sud ( et du monde) risque d’en être bouleversé.
                    Pas un véritable organisme qui régule, qui pense la marche du monde. L’évolution du monde n’est pas pensée à un niveau international.
                    Problème de surfaces agricoles fertiles : Les villes grignotent les terres fertiles, l’eau des océeans va monter, la gestion de l’eau devrait se faire à un niveau global et non local.
                    Des OGM à condition qu’ils ne soient pas nocifs pour l’environnement.
                    Un Civisme mondial doit voir le jour (grâce à l’internet) mais pas une citoyenneté mondiale. Chaque région doit garder sa langue, sa culture...


                    • Dr Rached Trimèche Dr Rached Trimèche 5 juillet 2008 14:22

                      merci du partage
                      et....je partage cette approche !

                      Keep going !!


                    • Jordan Jordan 4 juillet 2008 20:03
                      Très étonné aussi de certains commentaires. E.Pisani fut pour l’agriculture Française dans les années 60 ce que fut Sully sous Henri IV, c’est a dire les révolutions de l’agriculture dans votre pays. Pisani prétentieux, oui, dans le sens de pouvoir prétendre a avoir réussi en politique ce qu’aujourd’hui vos politiciens détruisent.
                      Pour certains détracteurs je vous souhaite D’avoir les idées aussi clairs a son âge, si toute fois vous puissiez y arriver. J’ai connu autrefois ce Monsieur personnellement et peu vous dire que ces idées n’ont jamais de sa vie été, et de loin, de droite, ou de votre gauche (bla bla bla) et de votre gouvernement actuel.

                      • Bof 5 juillet 2008 15:50

                        @ Jordan : je voudrais vous croire...mais il se fait que l’on trouve à ce jour environ : 30% de zupiens enfermés et exclus de notre société, 22% d’illétrés ...je sais , il n’y en avait pas à son époque de gouvernement ...il y avait l’entraide ! Mais, vers 1978, on pensait donner à manger aux bébés jusque ’UN AN ’...qu’il est bien loin ce temps....mais, les causes de tout cela, les causes de la mise à néant de notre société ...où sont-elles ? Nos entreprises nationalisées en 1981 ont bien été pillées par nos technocrates et énarques qui ont été mis sur le trône dans ces années là....il fallait des administratifs pour lui et ils se sont crus des êtres géniaux...la France s’en relévera-t-elle de leur présence indéboulonable à notre tête ?


                      • moebius 4 juillet 2008 20:20

                        "le marché mécanisme" ça c’est une trouvaille...le marché comme un logiciel qui tourne a vide en opposition au marché loi...et surtout savoir distinguer les deux


                        • moebius 4 juillet 2008 20:20

                          ..et bla bla bla...


                        • Marsupilami Marsupilami 4 juillet 2008 21:41

                           @ L’auteur

                          Dommage, les vidéos, j’aime pas ça alors je ne les regarderai pas. Mais Pisani est un grand bonhomme, un grand politique, l’inverse exact de Sarkozy. Merci quand même pour l’article, je lirai probablement son livre.


                          • E-fred E-fred 4 juillet 2008 22:09

                            Beaucoup de chose bien dites et clairement énoncées.
                            merci Olga pour le best of.
                            Dommage que bcp de lien dans l’article donnent sur des vidéos "à acheter".


                            • Olga Olga 4 juillet 2008 23:06

                              Si je peux rendre service...


                            • Gracian Gracian 5 juillet 2008 08:04

                              @ Olga

                              Oui, merci Olga pour cette récapitulation honnete et précise. Quand on a peu de temps, un tel digest est vraiment utile.


                            • Sav 5 juillet 2008 00:11

                              Zen,

                              Il n’existe aucun mystère ni boule de gomme à la délétion de votre commentaire... Ce grand homme de Pisani que même un commentateur a connu grand ministre (mais si, mais si) de l’agriculture (un désastre pour bcp, mais c’est le lot des grands hommes, n’est ce pas... d’être incompris...), grand résistant, et autres granderies a tj des idées. Sa grandeur condescent à nous éclairer de sa magnificence intellectuelle... C’est comme tj avec lui du pet de sansonnet, et cela ne fait qu’un peu plus de 60 ans que la plaisanterie dure... Ainsi va la vie.. 


                              • Tintin Tintin 5 juillet 2008 12:30

                                Beau tissu d’inepties que de parler de concurrence et de loi du marché à propos de l’agriculture, marché ou la concurrence des pays émergents a été vivement combattu à coup de subventions et de barrières douanières tant aux US qu’en Europe.

                                Ce que réclament les pays émergents aujourd’hui, c’est précisément que l’occident cesse cette politique interventionniste désastreuse, dont Mr Pisani, ancien ministre de l’agriculture, est un des défenseurs.

                                http://www.20minutes.fr/article/234843/Subventions-droits-de-douane-les-pays-riches-faussent-le-commerce-agricole.php


                                • barbouse, KECK Mickaël barbouse 6 juillet 2008 08:46

                                  merci pour cet article, pour qui estime monsieur pisani comme je le fais, avoir son opinion compte dans la mienne,

                                  amicalement, barbouse.


                                  • Di Girolamo 6 juillet 2008 10:50

                                    Ce qui m’apparaît essentiel dans cette vidéo c’est le constat (que je partage totalement ) de l’absence d’un outil politique de réflexion (et donc d’action ) global pour "penser " et transformer le monde.

                                    J’irai plus loin que Pisani en insistant sur le fait qu’au niveau national c’est idem ; et je ferai le lien avec le statut du chef de l’état (dont il a aussi parlé ) ; le fait d’avoir un Président engagé dans l’éxécutif , un président partisan et non pas une président au dessus des partis , animateur du débat public , ce fait empêche l’émergence d’un outil politique national de réflexion globale.
                                    Il n’y a donc pas de lieu public d’appréhension global de la réalité nationale et de construction collective de son avenir ; il y a seulement une gestion des intérêt divergents des acteurs sociaux .

                                    Ce manque fondamental explique la dérive nationale , européene , mondiale .

                                    Cet absence d’outil politique global fait que nous subissons le système mondialisé , que nous ne le maîtrisons pas .

                                    Mais c’est au niveau local et national qu’il faut mettre en place ce type d’outil public et participatif de réflexion global ; c’est l’essaimage de ces outils locaux qui seul pourra structurer une collaboration mondiale des états pour maîtriser les problèmes mondiaux . Une démocratie mondiale ne se construira que sur la base de ces reconquêtes démocratiques locales, régionales , nationales ; la démocratie mondiale c’est l’ensemble des démocraties locales .


                                    • dom y loulou dom 17 juillet 2008 12:10

                                      "penser le monde"... en voilà une expression étonante.

                                      Nous pouvons penser le monde dans le sens que ce monde n’existerait sans doute pas de la même manière si nous ne le pensions pas...

                                      mais au vu de nos déboires sociétaux il semble évident que...
                                       
                                      nous ne savons aligner notre pensée avec le monde et c’est probablement l’erreur majeure que nous faisons ... de vouloir décider le monde avec nos pensées, ce qui est non-seulement une absurdité mais une vraie folie quand elle s’adresse à d’autres cultures que nous ne connaissons pas suffisamment pour les juger à l’emporte-pièce comme c’est souvent la règle. Ces jugements agravent tout, ils sont de viles projections dans lesquelles nous décidons ce qu’est l’autre, ne voyant pas la plupart du temps que nous nous contentons de coller sur l’autre tout ce qui nous déplait de nous-mêmes, c’est une loi de la perception.

                                      Ceci constaté l’évidence est la suivante : le jugement est une manière de "penser le monde" dérisoire et destructrice. Elle impose et exige de l’autre qu’il soit conforme à nos attentes, à nos fictions, à nos mythes, qu’il corresponde à ce que nous rêvons de lui ou pour lui ou pour nous-mêmes sans jamais aller demander au concerné ce qu’il en pense, sans jamais lui accorder le droit d’être tout simplement avec ses penchants, ses pensées, ses propres mythes et ses attentes. Il n’y a donc pas de compromis possible dans le jugement et chacun se retrouve à devoir défendre des projections mentales au lieu de construire ensemble sur la base de vérités partagées qui sont autant de nécessités.

                                      Car le monde nous précède infiniment et c’est la folie majeure de notre temps de vouloir décider de ce qu’il est, de vouloir être plus, des sur-hommes, des dieux, au lieu de découvrir le potentiel qui habite réellement l’être humain, c’est ce qui immanquablement réduit la société à une prison pleine de militaires dont les uniformes sont sensés rassurer bêtement des gens incapables de mesurer le degré maladif de leur peur du monde et de cette course aux champions et aux experts (de vrais super-héros hein les experts en Irak et en afghanistan !)

                                      Alors que l’amour créateur leur tend les bras... et plus que celà... les porte en permanence et qu’il leur suffit de demander quand ils ont un besoin.

                                      N’en déplaise aux athées le monde ne nous appartient pas, il nous est prêté pour le partager et nous ne l’avons pas créé, donc il nous faut d’abord apprendre le monde avant de prétendre le penser. Rien ne peut changer cela. Sinon il n’y a là que l’expression de la démesure absolue. Le monde est plus abondant que nos croyances envers la misère commune nous laisse entrevoir et faire agripper les ressoures par peur d’en manquer et donc d’en priver autrui. Ainsi se forgent les misères, pas autrement, elles ne sont pas une fatalité.

                                      N’en déplaise aux croyants fanatiques qui confondent fatalisme et foi, le monde est plus abondant et plus généreux et le seigneur amour plus large et miséricordieux que tous les dogmes obscurs de la peur qui réduisent sa multiplicité à des expresions bigottes qui s’avèrent parfois être de vrais cultes au royaume des morts plutôt qu’au vivant miraculeux. Mais nos enfants sont vivants et ne demandent pas à aller vivre dans le royaume des morts et donc de subir les violences dogmatiques que tous les fanatiques de ce monde semblent trouver très divines.

                                      Car oui, quels que soient les vicissitudes, le simple fait que l’univers soit est prodigieux et nous oublions trop souvent, dans nos rages de ne pas trouver dans la réalité ce que nous en attendons (comment le pourrions-nous si nous ne demandons pas et que nous fabulons sur d’autres paradis à faire ! C’est l’en-faire !).qu’il pourrait aussi n’y avoir rien, rien du tout. C’est un miracle et une pure merveille que TOUT soit car il pourrait n’y avoir rien, le néant à la place, il ne faut jamais l’oublier.

                                      Si nous devons penser le monde il faudrait commencer par cette constatation pour ne pas continuer à chercher à s’élever mais à nous approfondir, au lieu de juger de partager les conceptions pour trouver que l’autre, même s’il a des apparences et des aproches différentes de la réalité, partage l’essentiel de nos attentes de la vie : Amour, paix, bonheur, prospérité et que ceux-ci ne peuvent exister en-dehors du partage, voilà tout.

                                      Je suis bien placé pour le savoir, merci.

                                      et pour un bout de partage donc, voici ces fameuses lois harmoniques qui nous régissent et que nous aurions vraiment tort d’oublier dans nos gesticulations.

                                      http://www.membres.lycos.fr/lusor/

                                      à bon entendeur tcho bonne.

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