• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > RDV de l’Agora > Jérôme Kerviel, l’homme qui valait cinq milliards

Jérôme Kerviel, l’homme qui valait cinq milliards

Exclusivité Agoravox.
Emmanuel Lévy et Mélanie Delattre nous aident à décrypter l’un des plus grands scandales financiers du 21ème siècle !
« L’Homme qui valait cinq milliards. Quand le capitalisme financier devient fou » (éditions First) est sorti hier, jeudi 19 juin. Nous avons rencontré Emmanuel Lévy juste avant sa parution. Il s’agissait de sa première interview concernant ce livre que nous vous présentons dans le cadre des
Rendez-vous de l’Agora. Un de plus sur l’affaire Kerviel ? Peut-être, mais c’est le seul où le principal protagoniste de cette affaire, Jérôme Kerviel lui-même, donne son témoignage aux auteurs...

Les auteurs seront en ligne pour répondre à vos questions.


« J’ai le devoir de vous informer que la direction de la Société générale a découvert une fraude interne d’une ampleur considérable, commise par un collaborateur de sa division de banque de financement et d’investissement. Ce dernier a été immédiatement mis à pied. Une plainte sera déposée à son encontre ». Le jeudi 24 janvier, Daniel Bouton, dirigeant de la Société générale sort d’un mutisme de quatre jours pour annoncer à ses clients et actionnaires que la banque qu’il dirige est victime d’une fraude d’un montant de 5 milliards d’euros environ. Le coupable : Jérôme Kerviel.

Vidéo d’Emmanuel Lévy, interviewé par Olivier Bailly

 


Une fraude ? Rien n’est moins sûr… Mais c’est ainsi que commence, pour le public, l’affaire Kerviel, du nom du jeune trader qui a réussi à déjouer la surveillance de sa hiérarchie et a ainsi gagné ses galons de meilleur « rogue trader » (trader pourri) de la place financière, loin devant Nick Leeson ou John Meriwether. En quelques jours, de trader fou, Jérôme Kerviel est devenu un héros, au moins sur le web...

L’affaire Kerviel a déjà fait couler beaucoup d’encre, tant dans la presse qu’en librairie, et même sur Agoravox. Deux livres ont déjà été consacrés au « casse du siècle ». Les journalistes Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy en publient un troisième (Airy Routier, du Nouvel Obs, l’homme du SMS « si tu reviens… », en préparerait même un de son côté…).

L’Homme qui valait cinq milliards, le livre de Delattre et Lévy, ne se contente pas de réagir à chaud en compilant des coupures de presse, c’est une enquête exclusive pour laquelle ils ont rencontré les premiers rôles de cette affaire.

Pour comprendre comment opérait Jérôme Kerviel, il suffit de lire « Comment perdre 5 milliards d’euros en 15 jours ? Les marchés dérivés  », l’excellent article que lui a consacré Gebroulaz sur Agoravox. Il est en revanche moins facile de comprendre comment le jeune trader incriminé, au profil aussi basique, a pu arriver aussi haut dans la hiérarchie. Son employeur, Daniel Bouton, lui reconnaît un talent extraordinaire de dissimulation. Ce qui ne suffit pas pour être embauché à la SocGén…

Libéré en mars, après avoir passé plus d’un mois en prison, Jérôme Kerviel a retrouvé un travail en avril. Une plainte est en cours contre lui. Mais que lui reproche-t-on au juste ? Pour le public, c’est un Robin des bois, l’homme qui a défié la finance honnie, celle qui gouverne le monde et spécule sur la misère des pauvres gens.

Alors, à qui profite le crime ?

Extraits de L’Homme qui valait cinq milliards. Quand le capitalisme financier devient fou, par Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy
«  Le 26 novembre, une lettre de la société de Bourse Eurex arrive sur le bureau du responsable de la compliance, la déontologie de la Générale. Malgré ses nerfs d’acier, JK n’en mène pas large. Si la banque mène l’enquête, elle découvrira qu’il a explosé ses limites.

Adieu promotion, job en or et reconnaissance de ses pairs : il redeviendra "Mister nobody". Kerviel, qui ne peut envisager une telle déchéance, choisit l’attaque. Il s’appuie sur la rédaction imprécise de la lettre, qui peut laisser penser que les Allemands s’interrogent sur la stratégie menée par le trader SS181, pour balayer d’un revers de costard les demandes d’Eurex.

Cet art du dénigrement, il en a été la victime suffisamment longtemps au middle-office pour le maîtriser à présent. La réponse de la SG à Eurex sera tout aussi laconique. JK peut souffler. A-t-il retenu la leçon ? En tout cas, durant tout le mois de décembre, il se contente de "petits paris". Des allers-retours sur la journée, peu risqués, sur des faibles volumes… juste histoire de ne pas perdre la main.

L’année à venir s’annonce radieuse. Il rêve de sa future promotion. Prop’ trader, enfin. Plus besoin de se cacher pour effectuer des paris directionnels : jouer sera désormais son métier ! Ça tombe bien, JK a déjà son prochain coup en tête. La crise des subprimes est derrière nous, les marchés vont se reprendre, c’est certain…

Incapable d’attendre, l’incorrigible trader se lance dès son retour des Fêtes dans un nouveau pari. En moins de treize jours ouvrés, il monte une énorme position, la plus grosse qu’il ait jamais prise. Il engage 50 milliards d’euros, presque la valeur de la Générale. Dommage, il se fait prendre et la banque, obéissant aux usages en vigueur sur les marchés, liquide ses positions sans attendre.

Elle doit constater une perte de 6,3 milliards d’euros. Maigre consolation, avec les 1,4 gagnés en 2007, le trou "se limite" à 4,9 milliards d’euros. »

2e extrait
« Mais, c’est réellement dans les années 80, à la faveur de la déréglementation et la dérégulation réalisées à marche forcée sur l’ensemble des places financières mondiales que le mouvement prend réellement son ampleur.

Les innovations dans les techniques, avec notamment la généralisation de la formule magique de Black and Scholes permettant la valorisation de tous les produits dérivés, comme les innovations technologiques, avec la démultiplication des capacités de calculs disponibles, feront le reste. Les produits dérivés envahissent le monde et peuplent les bilans des banques. La profondeur des marchés financiers impressionne. Démesurée.

Sur la planète finance, de New York à Shanghai, où le soleil ne se couche jamais, des centaines de milliers d’opérations sont réalisées quotidiennement. Aujourd’hui, une rotation de la terre suffit pour que 9 000 milliards de dollars changent de mains. Chaque jour : huit mois de la production des Etats-Unis.

Un tel volume n’est évidemment rendu possible que par l’accumulation immense du nombre de promesses, la finance mondiale a dans ses livres de comptes pour près de 650 000 milliards de dollars de ces serments en tout genre, actions, obligations et autres dérivés. Onze années de PIB de la planète.

Autrement dit, les marchés financiers ont gagé l’équivalent de onze ans de la richesse mondiale, contre trois ans en 1998. D’où provient cette immense progression ? Encore une fois, une seule réponse : les dérivés.

Et notamment les dérivés de crédit. En à peine dix ans, leur développement exponentiel – de 70 000 milliards de dollars en 1998, ils passent à près de 550 000 milliards en 2007 – explique presque à lui seul l’explosion du compteur général.  »
© éditions First

 


Moyenne des avis sur cet article :  4.68/5   (50 votes)




Réagissez à l'article

70 réactions à cet article    


  • Manuel Atreide Manuel Atreide 20 juin 2008 10:21

    Aux auteurs ...

    Que dire des défaillances des systèmes de contrôle de la Société Générale ? Toutes les activités des banquiers, et notamment des traders se passent depuis un ordinateur. Les banques investissent-elles suffisament dans leurs systèmes informatiques et surtout dans les outils de surveillance, d’alerte et de limitations informatiques ?

     



    • delicemetis 20 juin 2008 15:36

      Il y a des outils...outils sur lesquels JK a travaillé (le middle)...



    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 20 juin 2008 20:44

      Je me souviens de la cassette de Mission Impossible qui s’autodétruisait : "Si vous etiez pris, le Service nierait toute connaissance de cette affaire..." Circulez, y a rien a voir.

       

      Pierre JC Allard


    • arroc 20 juin 2008 10:24

      hmmm. Détrompez-moi... Vous semblez vouloir nous faire croire au père Noël, là. ?

      Les banques ont mis en place des solution logicielles automatisées qui leur permettent d’investir ou de vendre à la minute/seconde près dès que les cours fluctuent, ce qui leur permet de fausser complètement la donne vis à vis des petits porteurs dont le fantasme est de faire des ’coups’ grâce aux logiciels ’temps réel à 15 minutes près’ que sont boursorama et autres sites de boursicotage, et de grapiller le moindre centime potentiellement généré par le marché.

      Et l’on voudrait nous faire croire qu’une structure fortement hierarchisée comme une société du CAC40 laisse des grouillots jongler avec des milliards, sans que personne n’en sache rien ?

      Dormez en paix, braves et candides gens ! Tout va bien ! Les responsables veillent !

      Il est des limites à la désinformation.

      Pour avoir fait le tour des banques à la période du scandale, je puis vous dire que personne, dans les agences, ne croyait à ce pipeau de trader fou. Et d’ailleurs, les explications de Bouton sont pathétiques.

      Etonnant que ce Mr Kerviel, dont le silence ou l’endossement de responsabilité a probablement été négocié, car mieux vaut avoir un élément incontrôlable dans l’équipe que de discréditer une banque de façon complète et irrémédiable, ait réussi à cacher des trucs pareils, dans un environnement où la moindre opération doit recevoir l’aval de toute une chaîne de responsabilités. Non ? N’y-a-t’il que moi pour penser que l’on nous prend pour des imbéciles ?

      La cerise sur le gâteau, c’est l’embauche dudit Kerviel en tant qu’expert sécurité, dans une société de sécurité informatique (entendu à la radio, corrigez-moi si cela n’est plus le cas). On se demande bien ce qu’il est capable de faire, à part cliquer à droite à gauche sur un écran, comme n’importe quel utilisateur d’ordinateur.

      Cette propagande serait risible, si les sommes en jeu ne montraient pas l’absence totale de bon sens des gestionnaires de nos économies.


      • delicemetis 20 juin 2008 15:38

        Etonnant à quel point les gens comme vous ont confiance dans leur banque, c’est beau ...

        Je suis sur que vous faites partie de ceux qui ne vérifient jamais leur relevé de compte, c’est de l’informatique, ca marche toujours


      • Manuel Atreide Manuel Atreide 20 juin 2008 10:25

        Jérôme Kerviel sort des soutes de la machine Société Générale. Son ambition démesurée est-elle née là bas ? Les différences de traitement entre les gens du front-office, stars du système à l’hubris démesuré, et ceux du back-office qui bossent dans l’ombre mais sans qui rien ne fonctionne n’ont-elles pas contribué à un moment à la perte de valeurs de cet homme qui pensait avoir atteint le nirvana ?


        • delicemetis 20 juin 2008 15:40

          merci enfin qqun qui comprend.

          Et je rajouterais que le fait de ne pas venir d’X ou polytechnique a du lui donner envie de prouver sa valeur...

          Malheureusement maintenant il a définitivement fermé les portes à tout ceux comme lui qui ont de la valeur mais qui n’ont pas fait les bonnes écoles.


        • Olga Olga 20 juin 2008 11:07

           

          De toute façon, les banques et autres sociétés à but uniquement spéculatif, n’ont qu’un seul but : Faire du fric avec du fric (souvent même avec du fric qu’ils n’ont pas). Se voler entre eux est une activité tout à fait légal. Les banques et la finance mondiale ont également un droit légal de voler tous ceux qui dépendent d’eux. C’est à dire, tout le monde (les Etats, vous et moi..), dans une économie de marché mondialisée.

          Une société employant des traders pourris, a été dépouillé de 5 milliards d’euros, par d’autres sociétés employant des traders pourris, dans un monde de la finance totalement pourri. Et on s’aperçoit une fois de plus, que la perte d’une telle somme, ne met même pas en danger, une banque relativement modeste comme la SG. C’est un peu comme les saisies de drogue. Quand un cartel mafieux se fait saisir une grosse cargaison, il en fait passer une autre aussitôt, pendant que la police est occupée à se gargariser de sa prise.

          Au final c’est toujours le consommateur dépendant qui souffre...


          • Jimd Jimd 20 juin 2008 11:11

            Olga

            <de toute façon, les banques et autres sociétés à but uniquement spéculatif, n’ont qu’un seul but : Faire du fric avec du fric (souvent même avec du fric qu’ils n’ont pas). Se voler entre eux est une activité tout à fait légal. Les banques et la finance mondiale ont également un droit légal de voler tous ceux qui dépendent d’eux. C’est à dire, tout le monde (les Etats, vous et moi..), dans une économie de marché mondialisée.>

            les banques ne sont pas des societes a but uniquement speculatif !!!

            la speculation existe oui, mais il faut arreter les cliches.

            essayons d’etre quand meme un peu plus construit dans nos critiques.


          • Olga Olga 20 juin 2008 12:05

             

            Pardon, je devrais dire : les banques et autres sociétés de bienfaisance...


          • Jimd Jimd 20 juin 2008 13:54

            ... plutot drole... !

            mais serieusement, une critique non mesuree et non fondee perd beaucoup de son impact.

            les produits derives ont une utilite... et aussi peuvent amener des phenomene de bulles ou de destabilisation.

            la finance est tres mal comprise, elle nous permet beaucoup de chose dans notre qutiodien, comme d’emprunter pour acheter un bien, d’epargner si on le peut, de financer ses etudes, d’avoir un comnplement retraite.

            elle permet la construction du viaduc de millau qui sans montage financier complexe incluant des produits derive ne serait pas possible

             


          • Olga Olga 20 juin 2008 13:57

             

            @Jimd

            Vous avez tout à fait raison de critiquer mon commentaire. La premières phrase est navrante (j’ai honte) et le reste est à l’avenant...

            Par contre, me dire que je ne suis pas bien construite, relève de la diffamation. J’ai été construite avec amour. Une pièce rare, unique même, prisée des plus grands collectionneurs. Et modeste en plus...


          • Jimd Jimd 20 juin 2008 14:05

             !! j’apprecie votre ton, meme si nous ne sommes pas d’accord smiley

            a defaut de ne pouvoir se convaincre autant echanger avec humour et finesse.

            merci


          • Dr Rached Trimèche Dr Rached Trimèche 20 juin 2008 20:30

            Olga t’as tt à fait raison !

            Mais je pense que ce monsieur a quand même un certain Génie....

            Keep going=))

             

            http://rachedelgreco.blogspirit.com

             


          • Olga Olga 20 juin 2008 20:59

             

            @Dr

            Si vous dites que j’ai raison, c’est certainement vrai alors...

            Est-ce que Kerviel est un génie ? Je pense qu’ils se prennent tous pour des petits génies, dans ce milieu des traders fous...


          • Jimd Jimd 20 juin 2008 11:09

            <<Les innovations dans les techniques, avec notamment la généralisation de la formule magique de Black and Scholes permettant la valorisation de tous les produits dérivés, comme les innovations technologiques, avec la démultiplication des capacités de calculs disponibles, feront le reste. Les produits dérivés envahissent le monde et peuplent les bilans des banques. La profondeur des marchés financiers impressionne. Démesurée>>

            c’est un peu simpliste, la fameuse formule (nobelisee) ne sert qu’a valoriser les options type ’europennes’ standards.

            ce qui me gene c’est le passage du constat < Les produits dérivés envahissent le monde et peuplent les bilans des banques> au jugement <Démesurée>.

            tres rapide, sans explications...

            difficile de juger ou plutot d’etayer le jugement sans aucunes analyse du role des produits derives.

            il faudrait beaucoup plus de fond dans cette analyse pour nous dire en quoi ces produits ont une utilite, en quoi ils sont utilises avec exces.

            oui il y a des derives, et les nouvelles normes comptables developpees ces dernieres annees visent a contrer ces derievs, mais tout rejetter en bloc est extremement reducteur et demagogique.

             


            • Jimd Jimd 20 juin 2008 13:57

              <ce sont les résultats qui comptent et ils sont déplorables, honteux.>

              pouvez vous developper ?

              sans nier les exces, il serait interessant de se pencher sur les aspects positifs.

              la finance permet d’avoir des projet europeen d’investissment d’envergure pour developper des routes, des barrages, des hopitaux...voir ce que fait la banque d’investissement Europeen qui par ses montages finnaciers permet un investissement des etats pour le deveopement des pays europeens.

               


            • arroc 20 juin 2008 14:29

              Que je sache, la finance ne permet rien de plus que ce qui se faisait avant, lorsque les états étaient maîtres de leur émission de monnaie.

              Par contre, grâce au scandale des subprimes, qui aurait dû rester américano-américain, et par lequel le sieur Trichet et ses complices ont fait réinjecter quelques centaines de milliards d’Euros dans l’économie, du fait de l’amateurisme de nos banquiers, on peut remarquer que l’on est juste moins au courant du niveau auquel on participe au train de vie de nos amis américains en absorbant leur dette.

              Alors vos ponts, routes et châteaux en Espagne, laissez-moi rire... Avec ce que toutes ces gabegies nous coûtent (car finalement, nous, pauvres hères, payons pour tous ces gourous imbéciles), nous pourrions paver nos routes d’or, de Paris à Vladivostok.

              L’internationalisation de la finance est le pire fléau que la terre ait engendré, cher Monsieur.

               


            • Jimd Jimd 20 juin 2008 14:37

              Pour ce qui est du cas present de la SG, non nous ne payons pas.

              Pour les subprimes, oui quand l’etat intervient pour sauver une banque.

              <Que je sache, la finance ne permet rien de plus que ce qui se faisait avant, lorsque les états étaient maîtres de leur émission de monnaie.>

              Mais cette idee que les etats ont contole leur emission de monnaie est fausse.... meme au moyen age, la lettre de change etait en fait une creation monetaire, quelque chose de virtuel... deja !

               


            • arroc 20 juin 2008 15:51

              Etes-vous sûr de connaître le dossier ?


            • Jimd Jimd 20 juin 2008 16:08

              ... tout depend ! et je peux me tromper.

              mais ce serait interessant d’echanger sur le sujet si vous n’etes pas d’accord avec moi.

              la virtualisation des moyens de paiement est quelque chose de tres ancien et je ne crois pas du tout a cette idee de controle de la creation monetaire par l’etat pour cette raison....

               


            • arroc 20 juin 2008 16:37

              La virtualisation cesse au moment où les pertes ou gains sont réalisés. Un peu comme au casino. On a des morceaux de plastique en main, mais en sortant, soit l’on fait un chèque, soit l’on encaisse. Et là, plus rien n’est virtuel. Mais on en revient toujours à la même fin : la spéculation est l’ennemi mortel du travail. Et ce n’est jamais que cela, les subprimes. De la spéculation sur des plus-values potentielles (et c’est là que le système bancaire a menti : pas besoin d’études approfondies en finance), émiettées (titrisées) et vendue un produit comme un autre. Retournez les mensonges autant que vous voulez, il ne s’agit que d’un éclatement de la perte. Pour résumer, les produits dérivés, c’est du pipeau, de la spoliation.

              Car ces emprunts pourris ont servi à faire de la consommation "instantanée" outre-atlantique. Des gens se sont payé des maisons et des produits manufacturés, pour faire de belles statistiques instantanées. Là où c’est fort, c’est que des banques de tous les continents ont acheté ces titres, les ont revendus des dizaines de fois. Et comme dans toutes les bulles, personne ne perd vraiment tant que l’éclatement n’a pas eu lieu.

              Donc ces titres, qui en fait ne correspondaient qu’à des emprunts dont le premier épicier de quartier aurait compris qu’ils étaient doublement aléatoires (croyance que le marché immobilier allait croître éternellement, et qu’en cas de coup dur, les ménages déjà très lourdement endettés, ou à qui l’on avait fait miroiter des promesses intenables, du fait de leur solvabilité insuffisante, pourraient couvrir le risque), on se retrouve à assumer une partie du risque. Les pertes de nos banques (et de celles des autres pays qui ont investi dans cette gabegie) correspondent donc bien à la réduction de la dette de consommation des ménages américains vis à vis de leurs banques par les ménages européens et d’ailleurs.

              Enfin, pour ce qui est de la capacité à faire de plus grands projets grâce à l’échelon européen, mon argument est simple : les dizaines de milliards de cadeaux fiscaux faits par l’état aux entreprises du CAC40, dont près de la moitié est détenue par des investisseurs étrangers pourraient être utilisés différemment. Si nos éminences grises servaient l’intérêt général, elles pourraient fort bien convertir ces cadeaux en prêts à taux indexés sur le coût de l’argent, afin de corréler le développement des pays à l’activité de ces mêmes entreprises. Hélas, ce scenario semble trop aléatoire à ceux qui veulent de l’argent facile, car il implique de rembourser les cadeaux indus mais qui font du bien au portemonnaie de l’actionnaire. Et il s’en trouve toujours pour dire que le "travailleur français" coûte bonbon, alors que c’est l’ensemble des contribuables qu’on tond comme des moutons à tous les stades de la chaîne.



            • arroc 20 juin 2008 17:16

              Et j’oubliais, pourquoi nos états devraient être responsables de la création de la monnaie :

              http://www.fauxmonnayeurs.org/

              Ou n’importe quel livre de Maurice Allais


            • Jimd Jimd 20 juin 2008 17:19

              Merci.

              La monnaie est virtuelle.

              la lettre de change est consommee a un moment donnee. cela reste un produit utile mais virtuel

              J’etais interesse par l’edee de remettre a l’etat la creation monetaire...

              <Pour résumer, les produits dérivés, c’est du pipeau, de la spoliation.>

              non. ils ont une utilite. un example. vous prenez un credit a taux variable avec un cap. c’est un produit incluant un produit derive, une option. il est beaucoup plus sur pur un menage qu’un emprunt non cape... dans ce cas le produit derive protege l’emprunteur.

              Dans la crise des subprime, le probleme de la solvabilite est un premier echellon. ensuite la titrisation a etendu le risque. le risque etait mal evalue : bulle et crack s’en sont suivi. Ce n’est pas a proprement parle de la speculation, c’est une faillite de la modelisation et prise en copmpte du risque sur les produits titrises.

               


            • Jimd Jimd 20 juin 2008 17:20

              je n’avais pas vu le lien pour la creation monetaire. pardon.


            • Jimd Jimd 20 juin 2008 18:07

              C’est interessant.

              et courageux car peu d’economistes s’accordent sur cela.

              ... je pense qu’il y a des erruers de raisonnement. mais peut etre suis je pretentieux de dire ca.

              notamment pour cette disction entre deux monaies et pour le raisonnement sur les prises en pensions...

              mais bon il me faut peu plus de recul et de reflexion pour pour argumenter.

              merci d’avoir pris le temps de repondre et de donner ces liens.


            • arroc 20 juin 2008 19:49

              Je comprends et vous remercie de la précision. Permettez-moi cependant de faire la distinction entre création de monnaie pour financer un bien qui va correspondre directement à un travail (et le crédit à taux variable contracté par un particulier en fait partie), et un emprunt qui va financer des options ou des titres ne correspondant pas à un travail, directement, ce qui nous amène directement dans le coeur des subprimes, côté banques.


            • dèshnormordisvraix dèshnormordisvraix 20 juin 2008 11:10

              question rps merci du dialogue encore possible sur agora sacher mon impréssion, l’avenir serra cert difficile pour commenter... .

              alors voila l’affaire que personne ne connais ds les détail pourquoi l’on a médiatiser "pourquoi pas"

              bref 5 4 milliard oui et au meme moment en Almagne combien 10 2000 M€ l’on en parle plus

              pauvre garcon qui f a y leur faire gagner combien le double et les plus valu ? médiatique sert programer sur... .

              leçon que je tire : de prévoir l’impacte de programer une reponse à une question de savoir que le président sur d’autre sujet "s’exprime sur agora" qu’il sache que chaque personne réagi différament en voici une preuve par cette réflction toute chose fête ou dite serra su et par ce biai il est sertain que le petite gens que je suis et de plus pas si fique a des devise la forme d’honnete thé de l’oie et de principe chacun la et ce n’es pas en contournent des loi en médiatisant des chose avc tel ou tel poid comme faire avcer le monde en ce momoment avc la carote € sacher que je "site" si comme il est dit que le sms dit les français je m’en fou qu’il sache que c frs il a la chance que des génération "ne peuve si vrai" y croire telle ment c honteu moi meme j du mal

              voici ma reflec conclu

              temps qu’on vie on réagi si ppda avez su qu’il bougais n’orez til pas posez ces question pré par rée ou a savoir quant jouen avc le feu ... .

              la marmite du chef Mr le politicien honnet et intègre reveil toi car les carote von bruler

              algor dit la grenouille il di je regarde si les chose chge !?

              sahez que le monde ds bas commence partout a avoir fin meme si c bruler il viendra

              si l’umain en arrivé ici a Millar d’Année c la fain temps que ce serra pas la fin réagisser la popoluation les enfant les inocent vont en patir arretter Mrs les hautes étudiant les moi jeux n’en nest plus un le risque je le prend moi je

              si je nes pas le droit de comme c "la rédaction" par moi je je la fini par je fée quoi

              si l’on di tu est une racail si on dit tu provoque si ouhaiche yoyo quil sache définir que je suis ondboy quil sache c key fly gril mc biboy quil regarde l’impacte et les possiblilité de l’évolution actuel que sachez ds un boucoeur il ny enaurra pas l’héritage donner au génération aurons trpo de poig a suporter la viloence passer ne ferra pas oublier aucun moyen au monde et ds linfini ne pourra le faire oublier la seule chose est réparer et de "faire sont travail avec concience" car il est possible de sauver ce qui reste ecore. ......


              • IMAM ATHEE 20 juin 2008 11:31

                Très bon, merci papy 



              • Medkorp Medkorp 20 juin 2008 13:26

                Salut !

                Bravo pour ce magnigique compte rendu de réunion-au-sommet / brainstorming...

                Le pire étant que l’ami Kerviel n’a pas perdu 5 milliards d’€uro, car son solde était positif au moment de la pseudo découverte.

                Le problème est le la SG a brader ses actions au pire moment de l’année, d’ou les pertes colossale..

                Pour finir, je travail dans le monde bancaire depuis quelques années déjà au niveau de l’informatique et croyez moi, les exactions du Kerviel ont été repérer dès le lendemain de sa première tentative...


              • arroc 20 juin 2008 14:37

                @ Papy :

                Ce ne sont pas mes sources. Les liens que je cite sont juste donnés pour prouver l’antériorité et la similitude, à la virgule près, du texte que vous vous êtes approprié.

                Par ailleurs, dans le premier lien que je cite, la source première ’blog’ aurait été la publication d’un mail reçu par un certain Tristan, sur standblog.org, fin janvier.

                Voilà.


              • Marsupilami Marsupilami 20 juin 2008 11:12

                 En tout cas Kerviel est devenu une superstar !


                • arroc 20 juin 2008 11:29

                  Cela faisait partie du marché, j’imagine. "Parlez de moi en bien ou en mal, l’essentiel est que vous parliez de moi."


                • tvargentine.com lerma 20 juin 2008 11:31

                  Vous écrivez "l’un des plus grands scandales financiers du 21ème siècle ! "
                   

                  FAUX,les plus grands scandales financiers ont eux lieu durant les années 80 aux USA

                  Vous écrivez "L’Homme qui valait cinq milliards, le livre de Delattre et Lévy, ne se contente pas de réagir à chaud en compilant des coupures de presse, c’est une enquête exclusive pour laquelle ils ont rencontré les premiers rôles de cette affaire"

                  OUI CELA RESSEMBLE SURTOUT A UN PLAN MEDIA ET DONT VOUS INSTRUMENTALISEZ ICI LES LECTEURS EN VUE DE FAIRE DE L’ARGENT avec la vente de ce "bouquin"

                  Encore une fois,il est scandaleux de chercher à vendre des produits plutot que d’apporter des informations

                   

                   


                  • Leekid 20 juin 2008 12:45

                    par lerma

                     
                    Vous écrivez "l’un des plus grands scandales financiers du 21ème siècle ! "

                    FAUX,les plus grands scandales financiers ont eux lieu durant les années 80 aux USA

                     

                    Lerma, c’est pour quand l’achat d’un cerveau ?! Depuis quand les années 1980 font-elles partie du 21ème siècle ?! Vous feriez mieux d’aller bosser au lieu de débiter des conneries à longueur de journée sur ce site. Stupide animal.


                  • K K 20 juin 2008 13:13

                    sur son AS400, il n’y a qu’un siècle

                     

                     

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès