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MoveOn.org, le 5ème pouvoir américain ?

RDV de l’Agora consacré à Qui a peur de MoveOn ? documentaire d’Alexandre Jordanov et de Scott Stevenson diffusé à 22h45, mardi 20 janvier, sur Canal+

Qui a peur de MoveOn  ? Telle est la question que posent Alexandre Jordanov et Scott Stevenson dans leur documentaire diffusé ce soir sur Canal+. Un documentaire factuel, sans aucun commentaire, donnant largement la parole aux membres de l’organisation (et à leurs adversaires).

Organisation citoyenne et participative née en 1998, MoveOn c’est une nouvelle manière de faire de la politique qui n’aurait jamais pu exister sans l’internet. Les partis républicain et démocrate craignent ce mouvement démocratique, extrêmement réactif que son fonctionnement en réseau intrigue.

Le staff de MoveOn ne comprend en tout et pour tout que 17 personnes dont les deux fondateurs, Joan Blades and Wes Boyd, un couple d’entrepreneurs de la Silicon Valley.

La pertinence de chaque action - pétition, clip, pub, etc. - est décidée par vote électronique par plus de cinq millions de membres, tous bénévoles de l’organisation, qui ont par ailleurs largement contribué à la victoire de Barack Obama en incitant les jeunes et les minorités à se rendre aux urnes.

MoveOn.org est le premier cybermouvement politique de l’histoire. Un modèle exportable qui finira bien par arriver chez nous…

Sans l’affaire Lewinski, l’organisation MoveOn.org existerait-elle ? Sans George W. Bush aurait-elle pu se développer, rassembler plus de cinq millions de membres partout aux Etats-Unis, lever des centaines de millions de dollars pour dénoncer la politique répressive qui a suivi le 11 septembre, le patriot act, la guerre d’Irak, pour aider les victimes de Katrina, pour critiquer la politique de santé de Bush à travers des campagnes de pub et des clips et, finalement, contribuer à élire Barack Obama, 44ème président des Etats-Unis ?



MoveOn n’a que dix ans d’existence. Il est né d’une exaspération, en 1998, quand, au moment de l’affaire Lewinski, le congrès s’apprête à voter une mesure d’impeachment contre Bill Clinton. C’est alors que Joan Blades and Wes Boyd, un couple de créateurs de logiciels de la Silicon Valley, décident de faire circuler une pétition sur Internet : « Censuring Clinton and Move On to Pression Issues Facing the Nation » : « blâmer Clinton et passer à des sujets vitaux pour la Nation ».

On pourrait raisonnablement penser que l’élection d’Obama sonne le glas de MoveOn.org. Maintenant que le job est fait, les millions de bénévoles ne vont-ils rentrer chez eux ? Mais non. Selon Alexandre Jordanov, co-réalisateur de Qui a peur de MoveOn ? « l’organisation va continuer à faire la police après l’arrivée d’Obama  ».

Ce dernier sait qu’au moindre faux-pas, ils ne le rateront pas. Pour le réalisateur qui s’est immergé parmi les membres de ce mouvement, notamment lors des élections de 2006, « ce seront toujours des dissidents ».

Qu’est-ce que MoveOn.org ? Un parti politique, un lobby ou simplement la première organisation citoyenne et participative des temps modernes ? « Ce n’est pas un lobby, mais une force politique. C’est un contre pouvoir  », estime Alexandre Jordanov qui connaît bien le sujet pour l’avoir souvent traité dans le Vrai journal, sur Canal+.

Cette fois, il ne s’agit pas d’un simple reportage, mais d’un voyage au long cours, d’autant plus exceptionnel que le staff de MoveOn ne se laisse pas approcher facilement : « C’est une force de l’ombre. Ils n’ont pas de siège avec entrée en marbre… Ils se rassemblent par visio-conférence. On ne voit jamais les fondateurs...  ».

D’autres cinéastes, et pas des moindres, tel Oliver Stone, attendent toujours de pouvoir réaliser un documentaire sur ce mouvement redouté, plus puissant, selon un intervenant du documentaire, que les syndicats ou le lobby des armes. Michael Moore même le craint.


Les principaux médias américains accusent MoveOn d’avoir pris le Parti Démocrate en otage : « vous êtes aux ordres de MoveOn, lui disent-ils, vous êtes à sa merci  ». Alexandre Jordanov rappelle dans son film comment Joseph Liebermann, influent sénateur démocrate, s’est fait ruiner politiquement par MoveOn : « Ils l’ont viré comme ça, en claquant des doigts ! Car il a voté des budgets pour la guerre d’Irak ».

Mais la cible privilégié de MoveOn restent les Républicains qui ne peuvent prononcer ce nom sans s’étrangler, certains d’entre eux allant jusqu’à la qualifier d’organisation nazie et comparant ses méthodes à celles de Joseph Goebbels, ou les accusant d’être communistes.

Les Républicains ont bien essayé de contrecarrer le mouvement, mais ni Tom Delay, surnommé The Hammer (le marteau), un ponte du Parti Républicain, ni le site StopMoveOn n’y sont vraiment parvenus. Les Républicains, comme les Démocrates d’ailleurs, ont essayé de copier le modèle MoveOn, sans y pervenir.

Tout est sans doute une question de dynamique interne, de structure. « Chez MoveOn les décisions vont du bas vers le haut. Les Républicains, s’amuse Alexandre Jordanov, ne comprennent pas ce fonctionnement. Chez eux tout part du haut pour descendre en bas... ».

La moindre campagne de pub, le moindre clip doit être, ou non, accepté par les membres à qui sont soumis les projets. Si un projet de clip n’est pas approuvé, on s’en apercevra vite car il ne recevra que peu de dons. S’il est apprécié, en revanche, des millions de dollars permettront de le réaliser et surtout d’acheter des espaces publicitaires pour le diffuser.

Le premier coup d’éclat de MoveOn s’est produit en 2004, lorsque CBS a refusé de diffuser un de ces clips militants concernant le déficit sous prétexte que le public aurait été choqué par ce thème. Réponse d’un membre de MoveOn : "c’est vrai que le déficit est choquant".



Mais l’interdiction de ce spot sur une chaîne nationale est la meilleure chose qui pouvait arriver à MoveOn. "Ce fut un coup de pub énorme, prétend l’un des intervenants dans le documentaire. Ce fut la campagne la plus vue et la moins chère de toute l’histoire de la pub".

D’autres campagnes suivront comme cette publicité très polémique à propos du Général Petraeus qui fera vivement réagir la Maison blanche. Son slogan était : "General Petraeus or General Betray us ?" (Le général Petraeus est-il un traître ?"). Il y aura aussi une campagne de clips contre Georges W. Bush, tête de turc de MoveOn.org.


D’innombrables clips (dont on peut en voir certains dans ce papier) baptisés « Bush en trente secondes  » seront tournés à travers le pays et donneront lieu à un vaste challenge organisé par « le chanteur Moby, le comédien Al Franken et le fils du milliardaire George Soros, lequel a d’ailleurs fait un don de 5 millions de dollars au site. Le cinéaste documentariste Michael Moore et le consultant démocrate James Carville, ex-wonderboy de la campagne Clinton, figuraient parmi les membres du jury », comme le rappelait alors l’Humanité.

Plus tard, à d’autres occasions, d’autres artistes ne tarderont pas à s’investir comme R.E.M., Ben Harper, Bruce Springsteen, etc. qui en 2004, lors de la campagne des présidentielles, participeront à la méga tournée Vote for change tour destinée à récupérer des fonds.



Dans le film, on voit Michael Moore, lors d’un meeting, expliquer ceci : « Les mecs qui ont inventé Internet, j’imagine qu’ils s’y sont mis à plusieurs au Pentagone. A mon avis, ils ont du se faire lyncher parce qu’ils ont permis aux gens de communiquer. Le fait de pouvoir contourner les médias privés et partager l’information, ça représente un danger énorme pour le pouvoir ». 

MoveOn est insaisissable parce qu’il fonctionne en réseau. C’est un vrai cyber-mouvement sans chef ni centre. Même ses serveurs, pour des raisons de sécurité ne se trouvent pas aux Etats-Unis, mais au Japon. Et celui qui en est le responsable, au sein de MoveOn, n’est autre qu’un ancien de la CIA. Selon Alexandre Jordanov, "MoveOn a une peur bleue des Républicains et de leurs méthodes d’espionnage  »



MoveOn.org est-il un modèle pour la France, pour l’Europe ? "Oui, répond Alexandre Jordanov : D’ailleurs Tony Blair a fait appel à MoveOn pour la campagne des législatives de 2005. Résultat : les travaillistes ont gagné les élections.Même Ségolène Royal a fait appel à eux. C’est de là qu’est née son idée de démocratie participative. Elle n’en a pas fait grand chose... Les politiques en France s’y intéressent parce qu’ils pensent qu’ils peuvent gagner de l’argent avec..."

Certes, MoveOn est le champion des levées de fonds : "Pour Kerry en 2004, ils ont levé 46 millions de dollars, le double de la campagne de Sarkozy". De quoi en effet faire rêver l’omniprésident...

"Barack Obama, son argent vient de petits donneurs, des gens qui donnent 5, 10 dollars...MoveOn peut dire qu’aucun grand groupe financier, aucun lobby puissant ne lui donne de l’argent. Leur argent vient des citoyens. La politique a changé. On n’a plus besoin de demander à tel ou tel lobby, on n’a plus besoin d’être menotté".
 
"Aujourd’hui, selon Alexandre Jordanov qui avec son compère Scott Stevenson a réalisé un documentaire aussi passionnant qu’excitant sur cette autre manière de faire de la politique, aujourd’hui MoveOn, c’est par rapport au Parti démocrate, comme l’IRA avec le Sinn féin, sauf qu’au lieu de bombes, c’est à coups de dollars qu’ils font de l’activisme".




A lire aussi sur Agoravox :
Comment les démocrates sont en train de perdre les présidentielles

 


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15 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 20 janvier 2009 09:54

    il manque vraiment à la france une organisation " remuez vous" indépendante des grands partis politiques dont les dirigeants sont tous inféodés aux bildeberger et au siècle pour nous laver le cerveau avec la pensée unique . Le web est bien sûr le seul moyen moderne pour toucher les gens qui sont encore assez lucides pour ne pas se contenter de la soupe servie par les médias du système .


    • Antoine Diederick 21 janvier 2009 00:21

      Chat...en France mais tout en Europe aussi...en réalité seul des mouvements fédérateurs et citoyens sont capables de faire pression et d’influencer mais à la seule condition qu’ils ne soient pas inféodés aux partis et que les hommes politiques y cherchent le moyen d’un tremplin....sinon autant militer dans un parti traditionnel.

      Mais c’est sûr, la gauche tentera de s’approprier ce type de mouvement, par tradition et habitude tandis que la droite sera toujours plus frileuse sur ce type d’organisation...

      l’intérêt est de cultiver comme dans la laïcite le pluralisme et de jouer la carte "société civile" pour ce type de mouvement....

      La culture informatique est déjà plus largement en marche chez les anglos saxons que par chez nous.

      Je crois bien lire l’article en constatant que Blair y a eu recours....curieux tout de même.


    • myph 20 janvier 2009 10:54

      et si les internautes d’agoravox s’en inspirent pour contrer la pensée unique et l’ère de sarko ?
      à bon entendeur salut !


      • worf worf 20 janvier 2009 11:55

        pourrait-on monter en Europe un tel réseau ?


        • Philou017 Philou017 20 janvier 2009 13:10

          La démocratie par Internet ? Bonne idée.


          • médy... médy... 20 janvier 2009 13:51

            Pour Kerry le Skull & bones, à l’instard de Georges W , 46 Millions , et pour Obama cousin de dick cheney , encore plus sans doute. Une vraie oeuvre de bienfaisance !

            Avec ses fondateurs de la Silicon Valley (nanotechs) , ce mouvement dépeint dans le jeu de société les Illuminatis avec "le Réseau" qui peut tirer une carte supplémentaire à chaque tour (capacité d’anticipation, peut être le Web Bot), à l’air bien parti pour atteindre son Objectif, a New World Order !

            Le créateur, Steve Jackson Games, le logo étant bien sur une pyramide, a également édité un jeu de cartes boosters, dont certaines datant de 1995 prédisaient déjà le 9/11, les attentats de Londres, et diverses stratégies pour réduire la population http://www.propagandamatrix.com/221202illuminaticards.jpg
            commentez


            • snowballing snowballing 20 janvier 2009 14:05

              Si vous l’avez lu sur propagandamatrix, ça doit forcément être vrai !!!


            • médy... médy... 20 janvier 2009 16:21

              Vous êtes bête, ce n’est qu’un exemple et ce sont les images de cartes qui sont intéressantes : cartes qui sont indubitablement vraies et réellement sorties en 1995, banane

              Après, il faut être nanti d’un certain esprit critique pour décoder les messages que nous envoient nos "Maîtres" en pleine figure !

              Pour voir d’autres cartes (et je me fiche du blog où du site qui les héberge, hormi les racistes et les pornographes) http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.cephas-library.com/nwo/Combined_disasters.jpg&imgrefurl=http://www.cephas-library.com/nwo/nwo_smoking_gun_1.html&usg=__UJtSzrqby51fQjspkD4resOc-98=&h=448&w=289&sz=23&hl=fr&start=36&um=1&tbnid=TowCuRpTa-w8iM :&tbnh=127&tbnw=82&prev=/images%3Fq%3Dgame%2Billuminati%2Bcard%2BNWO%26start%3D20%26ndsp%3D20%26um%3D1%26hl%3Dfr%26safe%3Doff%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26sa%3DN

              En bas de la page dans Part 2 part 3 etc ça continue, dites moi ce que vous en pensez


            • Antoine Diederick 20 janvier 2009 16:06

              de mémoire, je ne connais aucun contre-pouvoir qui n’ait été récupéré et infiltré. Une grande partie de l’histoire politique européenne en est l’illustration.

              Excellent article.


              • morice morice 20 janvier 2009 16:58

                 Autant je pense que MoveOn est un organisme capable de faire évoluer les mentalités, autant je pense que Michael Moore n’a rien à y faire : sa vision des choses est loin d’être la bonne. L’homme n’est pas assez clair. Ici, sur Agoravox, on peut déjà faire un embryon de MoveOn : mais il faudrait pour ça deux choses :


                - être plus rigoureux avec les pollutions de l’extrême droite, qui trolle à mort.

                - ne pas se laisser envahir par la pub ; l’indépendance étant à ce prix

                autrement dit, ce n’est pas encore MoveOn.


                • ASINUS 20 janvier 2009 18:05

                  "il faudrait l interdireect..


                  le plus simple serait de faire interdire ceux qui ne pense pas que vous etes un genie , un puit de science omniscient detenteur du savoir et seul habilité a decerner un certificat en démocratie, bref votre ego boursouflé dut il en souffrir il vous faudra encore supporter des contradicteurs " pour l instant" sur
                  agoravox ,


                • plancherDesVaches 20 janvier 2009 20:28

                  Ainsi, chacun peut comprendre la peur qu’inspire le net et le désir de contrôle de chaque gouvernement.


                  • Bertrand Bertrand 4 février 2009 15:24

                    ANOMALIE ! Il est dit dans l’article, et apparemment dans le documentaire (je ne l’ai pas encore vu), que Move on est indépendant car il ne rçoit que de petites contributions de particuliers. En même temps, on nous dit que Jonathan Soros a versé 5 millions de $ !

                    Qui est Jonathan Soros ? c’est le président du Soros Fund Management fondé par son père, le milliardaire spéculateur George Soros, qui mène depuis son siège dans la pardis fiscal de Curaçao (connu pour être le paradis du blanchiment de l’argent de la cocaïne sud-américaine) des raids spéculatifs, notamment sur les monnaies (Thaïlande, Indonésie, Italie,etc.) ! George Soros à lui même contribué 2,5 millions $ en 2003 et 2004, après que Wes Blade lui ai rendu visite à New York. Soros a aussi arrangé d’autres grosses contributions, notamment celle de Peter Lewis, le milliardaire qui possède les assurance PIC de Cleveland. On dépasse les 5 ou 10$ là ?!
                    Et ce jeu là a continué au moins jusqu’en 2006, pour une somme avoisinant les 30 millions de dollars cumulés à eux quatre.

                    Soros a aussi organisé des levées de fond auprès de ses amis milliardaires pour la campagne d’Obama, et ceux dés 2006. Là aussi, Obama n’a pas eu que des petites contributions.

                    Il faut arrêter d’être naïf, Moveon a été coopté avec l’accord de ses dirigeants. Si beaucoup craignent en effet sa puissance, elle est désormais instrumentalisée.


                    • Bertrand Bertrand 4 février 2009 15:38

                      Deux choses encore : l’article dit que Blair a fait appel à Move on pour faire campagne ! C’est une blague j’éspère...Blair est quand même l’architecte de la guerre en Irak !

                      Sinon j’ai trouvé cette excellente vidéo (en anglais) contre l’influence de Soros dans la parti démocrate et la campagne présidentielle de 2008, où move on est cité : http://youtube.com/watch?v=98fUyrzDyek.


                      • monbula 19 juillet 2009 10:50

                        Il faudrait se réveiller ... Cette organisation est faschisante et endort les gogos Elle n’est ni de droite, ni de gauche . Soros est un faciste finançant les mouvements d’extrême droite dans les Pays de l’Est.
                        Relisez le chaperon rouge.

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