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Accueil du site > RDV de l’Agora > Tchang, l’ami de Hergé : héros de Tintin ou agent double (...)

Tchang, l’ami de Hergé : héros de Tintin ou agent double ?

Note de la rédaction : Attention, fiction de l’été. Suivez toutes les semaines la série fiction "Complots estivaux". Nous vous y présentons un romancier qui a participé au recueil de nouvelles Complots capitaux autour d’une interview vidéo décalée et d’un extrait de sa fiction.

Cette semaine, pour la dernière fois cet été, Benoît Peeters s’est prêté au jeu de cette interview.


« L’affaire du Lotus bleu est l’une des plus étranges parmi celles où figurent les agents du Komintern, les services spéciaux et les réseaux d’influence de Zhou Enlai dans le domaine des arts et de la littérature ». Etrange ? C’est le moins que l’on puisse dire et ces quelques lignes extraites des Services secrets chinois de Mao aux JO, très sérieux ouvrage de Roger Faligot que nous avons reçu récemment dans les RDV de l’Agora, ne font qu’accentuer le trouble. Tchang, légendaire héros du Lotus bleu et de Tintin au Tibet, était-il un agent du Komintern ? Dans Complots capitaux, Benoît Peeters, spécialiste mondial de Tintin, rouvre le dossier. Pour ces ultimes RDV estivaux de l’Agora, il a bien voulu nous faire partager ses doutes dans cette vidéo :

Vidéo réalisée par Olivier Bailly


Extrait de L’Affaire Tchang, par Benoît Peeters :
« Longtemps, j’ai sacrifié à la légende dorée. J’ai même contribué à la propager. Aujourd’hui, je crains qu’il ne soit trop tard pour rétablir la vérité. Elle n’est pas agréable à entendre. Elle ne peut faire plaisir à personne, et en tout cas pas à moi.

L’histoire de Georges Remi, dit Hergé, et de Tchang Tchong-Jen, son ami Chinois, l’inspirateur du Lotus bleu, était belle, trop belle sans doute. Un vrai conte bleu. La première fois qu’Albert Algoud, grand tintinologue devant l’Éternel, m’a fait part de ses soupçons, je me suis employé à le faire taire. C’est à Shanghai, en décembre 2006, qu’une conversation et quelques documents ont fini par me dessiller les yeux.

Certes, tout n’est pas faux dans l’aventure d’Hergé et de Tchang. Si touchante soit-elle, la première partie de l’histoire est vraie et vérifiée. Indiscutable. C’est à peine si Hergé, adepte du style "ligne claire" jusque dans l’autobiographie, l’a simplifiée dans le récit qu’il en fit, la gloire venue.

On me pardonnera de retracer brièvement les faits, même s’ils sont connus des spécialistes. Georges Remi, qui s’est forgé très tôt le pseudonyme Hergé, a 26 ans lorsque commence ce qu’il faut bien nommer « l’affaire Tchang ». Le moment est essentiel. Il marque le vrai début des Aventures de Tintin.

Pour les quatre premiers épisodes de la série, ceux qui précèdent Le Lotus bleu, Hergé travaillait dans l’insouciance et l’improvisation, reprenant sans scrupule les clichés des romans populaires et les préjugés de son milieu. Le pays des Soviets, le Congo, l’Amérique et même l’Orient des Cigares du Pharaon sont des paysages de convention.

Mais en 1934, au moment où il s’apprête à envoyer Tintin à Shanghai, Hergé reçoit une lettre d’un certain abbé Gosset, aumônier des étudiants chinois à l’université de Louvain, qui lui enjoint de faire attention à sa manière de présenter la Chine : ses étudiants, affirme le jeune ecclésiastique, lisent l’hebdomadaire Le Petit Vingtième ; ils seront blessés si le dessinateur tombe dans les stéréotypes habituels. De grâce, que Hergé évite les longues nattes, les supplices chinois et les nids d’hirondelles !

L’auteur de Tintin pourrait se moquer de cette lettre et rétorquer qu’il travaille pour des milliers d’enfants belges, et non pour quelques étudiants exilés. Mais il se montre immédiatement sensible au courrier de Léon Gosset et se rend à Louvain pour le rencontrer. L’abbé le met en relation avec deux de ses étudiants, « Arnold » Tchiao Tch’eng-Tchih et sa femme, Susan Lin. Il lui parle aussi d’un certain Tchang Tchong-Jen, étudiant à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, auquel Hergé s’empresse d’écrire.

C’est le dimanche 1er mai 1934, à 17 heures, que Tchang Tchong-Jen sonne pour la première fois à la porte de l’appartement d’Hergé, rue Knapen, dans la proche banlieue de Bruxelles. À lui seul, le nom du jeune Chinois est un problème. D’abord, parce que le système pinyin, aujourd’hui universel, imposerait de l’écrire Zhang Zhongren.

Ensuite, parce que c’est Tchong-Jen le prénom, et Tchang le patronyme. Hergé simplifiera, comme toujours, quand il reprendra le nom de son ami à l’intérieur de l’histoire.  »

Complots capitaux © Néo/Le Cherche Midi

Crédit image : Tintin et l’actualité


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8 réactions à cet article    


  • Calito 27 août 2008 13:04

    "Complots estivaux"

    Agoravox... sans déconner...


    • Avatar 27 août 2008 13:33

      Tiens, c’est toujours pas fini la campagne de pub pour le bouquin collectif du journaliste du Figaro ???

      C’est au moins le 4 ème publireportage  !!!

      Ca doit pô marcher fort les ventes pour faire un tel matraquage ...


    • Forest Ent Forest Ent 27 août 2008 15:45

      Bof. "Le lotus bleu" est effectivement une BD politique, mais qui dit quoi ? Que les colonisateurs anglais ne sont pas gentils, et que les japonais sont de méchants agresseurs tyranniques et malhonnêtes. Tout chinois de l’époque aurait pu dire ça, pas besoin d’être communiste ... Si le reste du bouquin est de ce tonneau ...


      • Echo Echo 27 août 2008 16:04

        Ils commencent a me les brouter avec leurs conconplots cacapipitaux.

         smiley
         smiley
         smiley



        • Plum’ 27 août 2008 22:05

          J’ai appris ces révélations en début d’année. Elles m’ont tout de suite paru justes. Mais j’ai été frappé par l’étrange retournement que le destin a soufflé. D’accord, on peut considérer que Tchang était manipulé et qu’il a aidé à la manipulation d’Hergé, d’accord cela a eu l’effet escompté en faveur de la Chine contre le Japon, mais...

          Mais Le Lotus Bleu n’est que le premier volet d’une histoire qui se terminera quelques dizaines d’années plus tard. Et ce second volet intitulé « Tintin au Tibet » soutient ce que l’on pourrait appeler la propagande Tibétaine contre la Chine. Je pense que cet ouvrage a beaucoup pesé auprès des Français dans leur soutien au peuple Tibétain.

          L’arroseur - sur des évènements aujourd’hui périmés - fut finalement arrosé - sur des évènements très actuels et chauds - alors que les deux protagonistes Hergé et Tchang restaient un étage plus bas - ou plus haut ? - dans leurs rêves d’amitié et de pureté...


          • Avatar 30 août 2008 19:07

            Hallucinant o-)

            Le papier n’a recueilli que 5 réaction (un bide quoi smiley ) et avait environ 75% d’opinion défavorable au compteur.

            Et bien aujourd’hui, c’est 65% d’opinion alors qu’il n’est plus visible en une depuis qq jours !!!

            c’est maaaaagique smiley


          • Yifu66 31 août 2008 16:49

            Et aujourd’hui dimanche 31 août 2008 à 16h45 (je l’indique car les dates et les heures ne sont plus affichées), c’est 56% d’opinions favorables... De plus en plus fort !... Du vote et de la manipulation à la Sarko ça ! 

            Pas vivement le vote électronique dans la vie réelle !


          • Tarouilan Tarouilan 1er septembre 2008 00:37

            Les parodies de Tintin...sont beaucoup plus drôles...... aujourd’hui...., je trouve, j’en ai une centaine, faciles à trouver (en PDF) ..... en P2P .... en plus...il ne doit pas avoir de copyright ....

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