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Accueil du site > RDV de l’Agora > Télé-réalité : ce soir la mort en direct

Télé-réalité : ce soir la mort en direct

La mort s’invite chez nous ce soir. Vous n’avez encore rien vu. La télé vous réserve encore bien des surprises. Humiliation en entrée, torture en plat de résistance, pornographie au dessert ? 
 
Tout est possible, y compris - surtout peut-être - l’abjection.

Le jeu de la mort est un documentaire de Christophe Nick diffusé ce soir, mercredi 17 mars, sur France 2 (Avec Le temps de cerveaux disponible diffusé jeudi 18 mars, Le jeu de la mort est la première partie d’un diptyque intitulé Jusqu’où va la télé ?)
 
Le jeu de la mort est basé sur l’expérience de Milgram. Popularisée par le film d’Henri Verneuil, I comme Icare, cette expérience de psychologie sociale « réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram cherchait à évaluer le degré d’obéissance d’un individu devant une autorité qu’il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet » (source Wikipedia).

Christophe Nick a élaboré le Jeu de la mort avec des psychologues sociaux et des spécialistes en communication (Jean-Léon Beauvois, Dominique Oberlé et Didier Courbet, notamment).
 
Un documentaire qui ressemble à une émission de trash-télé ? Ce n’est pas un hasard, mais cela interroge : jusqu’où doit aller un documentaire pour décrypter le monde dans lequel nous vivons ?

Il s’agit de montrer ici des individus participant au pilote d’une émission de télé-réalité et leur capacité d’obéissance devant une autorité "douce". Car ici ils n’obéissent pas à un flic, à un religieux, à un juge, un scientifique, un prof
 
Peuvent-ils donner la mort en toute connaissance de cause à un candidat enfermé dans un caisson (il s’agit bien sûr d’un acteur qui mime la souffrance) ?
 
Suffit-il de caméras, d’un public et d’une animatrice persuasive - et bien réelle puisqu’il s’agit de Tania Young - pour que 80% des participants aillent jusqu’à envoyer des décharges de 450 volts à un malheureux candidat  ?

Ces participants sont des individus comme vous et moi, répartis en trois tranches d’âge de 25 à 65 ans, autant d’hommes que de femmes et des catégories sociales allant de bac -2 à bac +3, tous sélectionnés par une société spécialisée dans la sélection de tests marketing
 
Les sélectionnés sont de gros consommateurs de télé-réalité. Ils ont accepté de passer une demie-journée dans les studios de Saint-Denis pour effectuer, sans être rémunéré, ce «  numéro zéro  » d’un jeu de divertissement.

Accrochez-vous car désormais l’Île de la Tentation, dénoncée par le journaliste Philippe Bartherotte, fait déjà figure de bluette et Fear factor et Anatomy for beginners ressembleront bientôt à d’aimables divertissements.
 
D’autres jeux, plus cruels, humiliants et obscènes apparaîtront peut-être demain. La surenchère est une composante du marché. Les chaînes privées doivent faire de l’audience. Toujours plus. Bientôt

Zone Xtrême, visible à une heure de grande écoute sur une chaîne de service publique, vous fera dresser les cheveux sur la tête. Est-ce la réalité de la télé ? A vous de juger !
 
Le philosophe et journaliste Michel Eltchaninoff (Philosophie magazine) a co-écrit avec Christopher Nick l’ouvrage L’Expérience extrême (Don Quichotte éditions). Ce livre raconte l’histoire du Jeu de la mort, mais en tire également des analyses avec l’aide chercheurs.
 
Michel Eltchaninoff, invité des RDV de l’Agora, répond aux questions d’Olivier Bailly
 
Olivier Bailly : Quelle différence entre l’expérience de Milgram et Zone Xtrême ?
Michel Eltchaninoff : L’expérience de Milgram a été dupliquée ici dans des circonstances presque similaires. Dans le laboratoire de Milgram l’autorité de la science était testée. Avec Zone Xtrême il s’agit d’une transposition. Nous avons introduit des changements qui nous obligent à reprendre la réflexion sur la soumission à l’autorité, en particulier à celle de la télévision dans le cadre d’un jeu de divertissement. Pour rendre ce cadre crédible deux éléments majeurs se surajoutent : la présence du public, bien sûr absent du laboratoire de Milgram à l’université de Yale, et l’idée que c’est un jeu. Ces candidats croient qu’ils donnent des décharges réelles mais en même temps savent qu’ils sont dans une émission de divertissement qui ne passera pas à la télé et où ils ne sont pas payés. Mais ils sont dans une atmosphère ludique.

Olivier Bailly : Dans le livre un candidat explique qu’il est allé jusqu’au bout de l’expérience parce qu’il avait conscience que c’était un jeu. Est-ce que cela ne brouille pas les cartes ?

Michel Eltchaninoff : C’est l’atmosphère de jeu qui brouille les cartes et qui à mon avis fait partie de l’explication de cette obéissance massive aujourd’hui. 15% des personnes qui pensaient être candidats à un faux jeu ont déclaré a posteriori ne pas avoir cru à la réalité des décharges électriques. Ce pourcentage existait déjà chez Milgram. Mais, pendant l’émission, certaines de ces personnes manifestaient des signes de croyance : regard angoissé, tricherie volontaire pour que le candidat réponde, sudation, tremblement des mains, etc. 
 
Milgram avait pris une décision scientifique qui a été reprise par Jean-Léon Beauvois et son équipe. Il s’agissait d’intégrer ces 15% de personnes dans les résultats définitifs, c’est-à-dire de valider le fait qu’elles sont allées jusqu’au bout.

Par rapport à celle de Milgram, cette expérience est nouvelle car il y a une atmosphère de déréalisation totale. C’est un jeu. La notion de jeu devant un public et des caméras rend l’obéissance plus facile parce qu’on se sent moins culpabilisé, moins engagé dans la chose.

OB : Est-ce que les téléspectateurs vont comprendre le message ?
ME : C’est un documentaire. La différence avec une émission de divertissement c’est qu’il y a ici tout un travail de mise en scène et d’explication pour mettre de la distance. Ce film explique tout de suite qu’il s’agit d’une expérience de psychologie sociale, ce qui s’est passé chez Milgram et la manière dont on a voulu transposer. Cela tend à éliminer toute forme de complaisance, de jouissance malsaine de ce qui se passe. Ce qui est montré, et qui convaincra rapidement le téléspectateur, c’est que ces personnes se retrouvent prises dans un engrenage et sont tout sauf des sadiques. Ce sont des gens qui n’aiment pas ce qu’ils sont en train de faire, mais qui n’osent pas désobéir parce qu’ils sont pris au piège d’un dispositif très sophistiqué et qui, à travers ce que les psychologues appellent l’amorçage, l’escalade d’engagements, les injonctions de l’animatrice, n’osent pas braver l’autorité ni s’interrompre et s’en aller.

OB : Le film n’a-t-il pas surdramatisé la situation ?
ME : Tout est fait pour comprendre qu’il s’agit d’un échantillon de la société très précis, conforme à celui de Milgram. Cela aurait pu être vous ou moi et l’on n’est pas sûr de savoir comment on aurait réagi. Dans la mise en scène, s’il y a une dramatisation c’est une dramatisation de ce que signifie la possibilité d’une telle expérience aujourd’hui. Beaucoup d’entre nous pensent que nous sommes devenus très autonomes, voire rebelles par rapport aux années cinquante qui était un âge du conformisme. On se rend compte que non et c’est ce qui est dramatique. S’il y a dramatisation, elle va dans le sens d’un constat alarmant sur notre société et n’est pas propre à l’excitation d’un jeu télévisé. Il y a le faux jeu qui est terrible à regarder et il y a des moments d’explication par les psychologues sociaux et par les archives. D’après moi il n’y a pas de confusion et j’espère qu’il n’y en aura pas chez le téléspectateur. Ce souci de ne pas être dans la complaisance a hanté les réalisateurs de ce film.

OB : Y a-t-il des gens qui, une fois qu’ils ont découvert de quoi il s’agissait, ont refusé de participer ?
ME : Non, pas un seul. Une fois qu’ils ont répondu à Internet, puis à un courrier, puis au téléphone, une fois qu’ils se sont retrouvés dans le bureau du directeur, ils sont déjà dans un processus d’engagement. Ils se sentent liés par un contrat. La psychologie sociale explique qu’il est très difficile de se dégager d’un processus qu’on va trouver abject quand on y a mis déjà un petit doigt. Quand on leur dit qu’il y aura des chocs électriques un partie d’entre eux soulignent que c’est dingue, que ce n’est pas possible, mais comme ils se sont engagés ils ne peuvent pas refuser. Dans le film on voit une candidate qui débarque sur le plateau, avec une foule de gens et les caméras, qui se demande dans quoi elle s’est embarquée.

OB : Est-ce que le niveau d’étude des joueurs change quelque chose à l’affaire ?
ME : Dans les résultats non. Si les personnes mieux éduquées, mieux formées obéissaient moins, ça se saurait. Ce n’est pas le cas !

OB : Que pensez des 20% de participants qui ont refusé de jouer le jeu ?
ME : Très peu de gens se rendent compte qu’à un moment il faut dire non, même s’ils passent pour des gâcheurs de jeu, pour des salauds, des traitres, etc. Les historiens étudient actuellement ceux qui ont refusé de devenir des héros, les refusants ordinaires qui, à un certain moment, sans former de réseau de résistance, sans s’appuyer sur les autres, ont juste dit non. Dans le film, ce qui est intéressant, c’est qu’une personne qui n’a pas souhaité être diffusée ensuite a véritablement réussi à monter le public contre l’animatrice. Il s’est adressé au public, a réussi à briser sa solitude et à créer une résistance collective. C’est extraordinaire. Il ne veut pas être un héros. On statufie certaines personnes, mais ce qui est le plus important c’est les désobéissants ou les résistants ordinaires.

OB : Quel est donc le pouvoir de la télé sachant que rien n’a changé et qu’on continue de se soumettre à l’autorité ?
ME : C’est la question des autorités qui change. On dit que les autorités traditionnelles - science, médecine, politiques, etc. - peuvent voir aujourd’hui leur étoile pâlir. Ce qui est intéressant c’est de s’interroger sur une forme d’autorité qu’on ne connaissait pas en tant que telle. Je l’appelle autorité virale dans le sens où elle est familière. Ce n’est pas une autorité extérieure comme un chef, un curé, un savant, mais elle correspond à un objet qu’on a tous chez nous, que la moyenne des Français regardent trois heures et demie par jour, qui est douce parce qu’elle accompagne nos existences.

Ce que voulaient démontrer Christophe Nick et Jean-Léon Beauvois c’est que si on mettait en place les conditions réelles d’une mise à mort eh bien ça serait peut-être possible. L’expérience, à la stupéfaction de tous, le montre. La télévision qui était connue comme une instance d’information et de divertissement est aussi une autorité qui peut paraître légitime à beaucoup pour commettre des actes abjectes. Cette autorité est aussi le fruit de trente ans d’évolution des programmes. C’est pour cette raison que nous avons établi le lien entre l’évolution de ces programmes et la possibilité d’une telle expérience aujourd’hui. L’apparition de la télé-trash rend possible l’approche du tabou ultime, celui de la mise à mort.

OB : La télé peut aller jusqu’à tuer ?
ME : Cette expérience démontre qu’il y a des candidats qui, lorsqu’on les manipule de manière suffisamment sophistiquée, sont prêts à participer à une émission où l’on envoie des décharges à quelqu’un. A 380 volts on ne répond plus, on est inconscient ou mort. 80% de ces candidats envoient ensuite jusqu’à 460 volts. Les moments les pires de cette expérience c’est lorsque ils balancent 380 volts et constatent « tiens, il ne répond plus !Il est parti ? ». Lorsque l’animatrice leur demande de continuer, ils atteignent 450 volts alors qu’en face le type ne répond plus.
 
Il y a une émission sur Fox TV aux Etats-Unis qui s’appelle Solitary. Elle consiste à mettre des joueurs dans des cellules octogonales, à les appeler par des numéros, c’est-à-dire à leur faire perdre leur identité ainsi que toute notion du temps en les privant de sommeil. Ce jeu est fondé sur des épreuves émotionnelles psychologiques et critiques destinées à les faire craquer : on leur fait boire des breuvages qui les font vomir, par exemple. Une société de production allemande essaye de vendre ce jeu à des chaînes françaises. Or c’est un émission de torture !
 
Il est évident, Bernard Stiegler le montre bien, que la pulsion de mort est de plus en plus mobilisée à la télévision à travers notamment une émission comme Anatomy for beginners, sur Channel 4, où l’on découpe de vrais cadavres. Insensiblement on s’approche de cette pulsion de mort.
 
Cette expérience, Zone Xtrême, a été menée pour alerter. La logique concurrentielle des chaînes de la TNT fait qu’elles doivent absolument se faire remarquer. Vu la mondialisation des programmes, la relative passivité du CSA et celle, quasi-absolue, des politiques, on peut craindre que que des émissions de plus en plus violentes et atroces débarquent.

OB : Est-ce que la télévision publique a une carte à jouer ?
ME : Cette émission est une émission de combat pour montrer aux politiques que la fameuse télévision publique de qualité a un sens et qu’elle peut offrir autre chose aux téléspectateurs. Par ailleurs l’arme juridique existe. Jérémie Assous est en train de requalifier les contrats de l’Île de la tentation en contrat de travail. Si cette jurisprudence fonctionne la télé-réalité sera obligée de respecter le droit du travail et cette dernière peut se dessécher car tout son piment vient du fait qu’elle outrepasse le droit du travail.
 
Il y a aussi une arme politique et c’est pour cette raison que ce documentaire a été réalisé, pour qu’il y ait un débat, que les milieux politique, et en particulier le ministère de l’éducation, se demandent s’il ne faut pas, au lieu de faire vivre les enfants dans deux mondes séparés - celui de la télé chez eux et celui des profs à l’école - mettre en place une éducation à l’image. Il est évident que la télé est regardée par les plus jeunes, massivement. La question est de prendre soin de ses jeunes générations.
 
Interview de Jean-Louis Missika
 
Interview d’Yves Michaud 
 
Interview de Jean-Claude Kaufmann
 
Interview de Jean-Claude Guillebaud
 
I comme Icare (1/2), film d’Henri Verneuil avec Yves Montand
 
I comme Icare (1/2)
 

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230 réactions à cet article    



    • Gueudin 17 mars 2010 12:37
      Bonjour,

      le programme MK-ULTRA utilisait tout de même des méthodes bien plus lourdes : Drogues, electrochocs, coma artificiel... Ici nous sommes face à des techniques purement psychologiques, applicables par n’importe qui (voir aussi par Jean-Léon Beauvois, un membre de l’équipe de la zone xtreme : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens).

      Je reste déçu par le manque de réaction à mon article qui abordait le sujet d’un angle un peu différent.

    • Prêtresse Prêtresse 17 mars 2010 18:50

      vision-réalité

      230


    • Gasty Gasty 17 mars 2010 10:14

      C’est la réflexion que je me suis faites également, des candidats n’ayant jamais entendu parlé de cette expérience, il aura fallu les trouver.


    • foufouille foufouille 17 mars 2010 10:33

      au contraire gasty, la plupart des gens sont ignares et aprennent rien apres les etudes


    • Fergus Fergus 17 mars 2010 10:53

      Bonjour à tous.

      Pas d’accord avec Chantecler et Gasty, il y a énormément de gens qui n’ont jamais entendu parler de cette expérience et qui n’ont pas vu « I comme Icare ».

      Malgré tous ses défauts, cette émission (qui utilise les plus mauvais penchants de la Télé Réalité) peut donc avoir une utilité : faire réfléchir sur l’état de soumission de l’être humain à une autorité dans des conditions extrêmes. A une condition cependant : qu’elle reste un documentaire unique !


    • lemouton lemouton 17 mars 2010 11:19

      Bonjour, idem Fergus.. smiley

      "Pas d’accord avec Chantecler et Gasty, il y a énormément de gens qui n’ont jamais entendu parler de cette expérience et qui n’ont pas vu « I comme Icare ».« 

      pour mon cas, j’ai connu l’existence de cette expérience à travers »I comme Icare", et n’en ai quasiement pas entendu parler ensuite..


    • Gasty Gasty 17 mars 2010 12:21

      Auriez-vous raison, que je n’en serais qu’à moitié surpris !

      Si c’est le cas, cette émission peut en effet servir de réflexion. Mais comme pour les accidents qui n’arrivent qu’aux autres, combien se sentiront capable d’apprécier leurs comportements quotidiens.Puisque ce sont elles les victimes du système, ils se placeront donc d’emblée dans le siège de la victime.

      Mais que l’avenir me parait bien sombre.


    • Gasty Gasty 17 mars 2010 12:53

      Sans s’imaginer une seule seconde qu’ils peuvent être responsable et tortionnaire de ce qu’ils ont laissés s’installer aux commandes.

      Très bien vu d’ailleurs plus bas par Peachy Carnehan et Krust.


    • Gasty Gasty 17 mars 2010 12:56

      ...par ce qu’ils ont....


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 mars 2010 13:39

      @ GAtsy : 


      Dites-moi que vous plaisantez. 9 Francais sur 10 n’ont jamais entendu parler de Milgram. Je trouve cet article de OB extrêmement bien fait. Quant à l’émission elle-même, je veux réfléchir.... Pourquoi a-t-on ressorti cette expérience ? Quel sentiment veut-on susciter dans la population ? Il n’y a plus de hasard ni d’innocence.  

      Demandez-vous quelle décision vous avez prise en voyant ce documentaire. Quelqu’un à qui elle profite a fait ce qu’il fallait pour que ce documentaire soit produit. Je vais faire cette réflexion.

      Pierre JC Allard 

    • Gasty Gasty 17 mars 2010 14:13

      @ Pierre JC Allard

      Redoutable justesse que vos écrits.

      Alliance veut dire loyauté, mais aussi, surtout, intérêt. On peut bâtir des alliances sur la crainte, bien sûr, mais elles sont fragiles ; il suffit de baisser sa garde. Les alliances bâties sur des promesses et des récompenses permettent, au contraire, d’aller dormir tranquille. La promesse veille, vivante dans l’esprit de celui à qui l’on a promis.

      Je laisse à chacun le plaisir de lire la suite.


    • Philou017 Philou017 17 mars 2010 15:04

      Fergus : "Malgré tous ses défauts, cette émission (qui utilise les plus mauvais penchants de la Télé Réalité) peut donc avoir une utilité : faire réfléchir sur l’état de soumission de l’être humain à une autorité dans des conditions extrêmes.« 

      Je pense qu »il faut préciser les choses : il ne s’agit pas principalement d’une autorité, mais bien plutôt d’une autorité morale. D’après ce que j’ai compris, il n’y a personne qui joue le rôle d’une autorité dans ce documentaire. Il s’agit plutôt de la soumission de personnes à un système auquel ils accordent confiance.
      C’est à dire qu’on fait confiance à une entité parce qu’on lui accorde du crédit, de la fiabilité, de la caution morale. Si la télé fait ceci, c’est que c’est non seulement légal, mais aussi dans les limites de ce qui est permis, de ce qui est acceptable.
      Ce que ce docu montre probablement de plus intéressant, c’est la qualité d’autorité morale qu’a réussi à se fabriquer le média télé. Autrement dit, le média télé bénéficie d’un fort à-priori de confiance et de fiabilité, surtout vis-à-vis du public qui l’apprécie et la regarde tous les jours.

      Ce crédit d’autorité morale est sans doute le nec le plus ultra en manière de manipulation des foules. Ayant réussi à acquérir cette autorité morale, le plus souvent par auto-sanctification, la télé peut se permettre de faire gober n’importe quoi aux gens, notamment du point de vue de l’information.
      C’est pour cela que les gens croient que la croissance est nécéssaire, que l’industrie du médicament veut le bien du public, que le libéralisme est inéluctable, que les gouvernements servent encore l’intérêt général, que la coalition en Afghanistan charche Ben Laden, etc

      Les financiers qui téléguident les sociétés ont vite compris l’intérêt qu’ils pouvaient tirer d’un média comme la télé. En instituant une relation de confiance et d’estime avec le public, on peut leur faire avaler n’importe quoi.
      Y compris d’électrocuter des gens.

      Néanmoins, je ne suis pas sur que le résultat serait très différent dans un laboratoire avec une expérience du type « Icare ». Je pense que ca serait mieux qu’en 1960, car les gens sont moins impressionnés par le monde scientifique, qui a moins de stature qu’avant . Mais avec un peu de mise en scène ca marcherait sans doute pas mal.

      Je suis assez d’accord avec Guillebaud qui dit que les gens paraissent plus soumis qu’avant. 68 est bien loin. J’y vois en bonne partie la force des médias qui maintiennent l’opinion dans un état d’abêtissement, de désinformation et d’ignorance, tout en imposant les mots d’ordre des pouvoirs en place.
      Les médias-endormissants ont remplacé la propagande. Il suffit d’expliquer aux gens pourquoi il faut accepter l’ordre des choses, qu’on n’y peut rien, etc

      La télé est devenue un instrument de manipulation sophistiquée.


    • perditadeblanc perditadeblanc 17 mars 2010 16:04

      Trés bonne réflexion Mr Allard,je partage entiérement.
      Mais soyez plus prolixe donnez nous le fond de votre pensée.


    • Gueudin 17 mars 2010 17:09

      Bonjour Phillou,


       68 est bien loin.

      Quand on commence à voir les choses en terme d’autorité et de caution morale, on désespère : Peut être qu’en 68, les étudiants étaient soumis à l’autorité morale des leaders, peut être que les travailleurs étaient soumis à l’autorité des syndicats.

      Je commentais dans un ancien article En soi, l’autorité n’est pas moralement qualifié. Dans l’expérience de Milgram, l’autorité ordonne des actes contraires à la morale, mais quelqu’un étant soumis à une autre autorité, plus forte, est capable d’interrompre la torture. L’autorité de Dieu par exemple.

    • Gueudin 17 mars 2010 19:33

      Bonsoir Pierre,

      Pourquoi a-t-on ressorti cette expérience ? Quel sentiment veut-on susciter dans la population ? Il n’y a plus de hasard ni d’innocence. Demandez-vous quelle décision vous avez prise en voyant ce documentaire. Quelqu’un à qui elle profite a fait ce qu’il fallait pour que ce documentaire soit produit. Je vais faire cette réflexion.

      Merci pour ce recul. Je suis curieux et impatient de lire vos conclusions. Peut être un début de piste ? Christopher Nick a été accusé en 1999 d’accointances avec le parti socialiste lors du manifeste « Stop la violence » lien bon après c’est Thierry Meyssan l’auteur de l’enquête contre Nick, donc à investiguer et vérifier. Mais entre deux tours des régionales, c’est vrai que ça tombe quand même bien la diffusion de ce documentaire.


    • intactsaphir 21 mars 2010 01:42

      Bonjour

      J’attends avec impatience la réflexion de Pierre.

       Merci au rédacteur pour son article ainsi qu’à tous les posteurs de cette file.

      C’est un débat très intéressant. 


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 mars 2010 03:03

      Merci


      Je note ici, cependant qu’on est revenu à cette bêtise des votes négatif. Dans le duel Rue89 -avox, où le premier représente les médias traditionnels envahissant le Web et le second le Web investissant les medias traditionnels, toute ma sympathie va à Avox... mais il faudrait qu’on s’aide un peu. 

      Je déplore donc la fermeture de aragovox, qui mettait un peu les banderilles... Je ne suis pas encore assez exasperé pour lancer ce genre d’initiatives.... mais j’ai hâte que quelqu’un reprenne l’étendard


      Pierre JC Allard



    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 mars 2010 03:15

      @ Perdita blanca. 


      C’est pour donner le fond de ma pensée sans ralentir le fil des commentaires que je mets tous ces liens. Je crois que la manipulation de l’opinion publique est totale et que le discrédit que veut jeter le pouvoir (les médias) sur ceux qu’on appelle les « conspirationnistes » est la riposte du systeme à ceux qui tentent de lever le voile de cette manipulation,

      La démocratie ne renaîtra pas si on ne met pas le contrôle de l’information entre des mains « citoyennes »



      Pierre JC Allard


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 mars 2010 03:29

      @ Gueudin :


      Je ne vois plus à quelle source crédible on peut se fier, ce qui nous ramène bien loin en arriere. Je me méfie en particuiier du billard à trois bandes que nous joue parfois le pouvoir et qui émousse les critiques de bonne foi en y ajoutant des critiques saugrenues. L’affaire de la pseudo pandémie n’est sans doute que la première de ces énormes arnaques de troisième génération. Je réfléchis. Mais je pense déjà à un repli sur le bouche à oreilles



      Pierre JC Allard


    • JL JL 22 mars 2010 08:35

      Bonjour PJCA, vous dites : « Je note ici, cependant qu’on est revenu à cette bêtise des votes négatif. »

      Il y avait trois manières de faire : 

      - n’autoriser que les votes positifs ;
      - n’afficher que le score final plus et moins cumulés ;
      - afficher l’info complète, à savoir le nombre de plus et le nombre de moins (ou le score et le nombre de votes).

      Je crois qu’a été retenue la plus mauvaise solution : en effet, n’afficher que le score final est aussi mauvais que celui qui consistaerait n’afficher que le nombre de votants, sans indication de répartition des plus et des moins.

      Selon moi, la bonne alternative est d’afficher l’info complète ou rien du tout.


    • JL JL 22 mars 2010 08:41

      Sur un autre fil, cjpkicherche écrit au sujet de cette émission si controversée : «  »Cela se passe très très vite comme au bonneteau

      C’est exactement ça : le bonneteau. La télé bonneteau sous le règne du roi du bonneteau qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Est-ce parce que le roi lui-même, ne fait pas la différence ?


    • Diane Saint-Réquier Diane Saint-Réquier 17 mars 2010 10:08

      Ne connaissant pas l’expérience d’origine, j’attends de voir comment ce programme a été fait, mais je trouve la réflexion sur la désobéissance intéressante.
      Cela rejoint aussi de nombreux témoignages de la seconde guerre mondiale, et soulève ces questions : quelles sont les limites de ce qui est acceptable ? combien d’entre nous seraient prêts à défier l’autorité si elle est dans une voie intolérable ?


      • appoline appoline 17 mars 2010 13:36

        C’est comme un micro lavage de cerveau, l’ambiance du groupe peut amené l’être humain à s’enfoncer dans l’horreur, l’histoire est là pour le prouver. L’ambiance, l’ambiance regardez les réactions des gens dans un stade, des hommes dans une boite de strip, analysez les réactions. Bien mené, un programme peut faire faire aux autres à peu près n’importe quoi, c’est terrible mais c’est ainsi.


      • Bélial Bélial 17 mars 2010 10:23

        Je n’ai pas de putain de télé, mais je veux voir ce truc pour l’expérience de Milgram.

        A l’époque 60%, aujourd’hui 80% de monstres, soit parce qu’il y a le public qui pousse, soit pour le fric qu’il y a au bout.

        Je veux voir l’être humain tuer mes derniers espoirs (moi qui répète tout le temps que le monde est gerbant à cause des pseudo-élites et des bilderbergers..., finalement je crois que le plus grand défaut de l’humain n’est pas sa violence ni même son égoisme, mais sa naiveté et sa docilité, son obéissance, sa propension à se laisser dominer, utiliser, sa soumission à l’autorité quoi) et une petite minorité m’en redonner un peu.


        • Gueudin 17 mars 2010 12:26

          Bonjour Belial,


          tu peux le voir ici

        • DESPERADO 17 mars 2010 12:41

          salut BELIAL
          quoi de neuf
          des news de roro ?
          envoie moi ton contact.


        • Bélial Bélial 17 mars 2010 14:33

          Merci Gueudin (et j’ai lu ton article sur le sujet).

          DESPERADO, si tu me laisses un mail c’est moi qui te contacterai.


        • Leviathan Leviathan 17 mars 2010 10:25

          Extrait du film « Network » sur la manipulation par la télévision :
          http://www.dailymotion.com/video/x8v0n0_main-basse-sur-ma-tv_fun


          • La Parole Argentée La Parole Argentée 17 mars 2010 10:25

            Comme Chantecler, je suis un tantinet étonnée que les « cobayes » n’aient pas compris la supercherie et l’étude menée à travers cette pseudo expérience. Quand j’ai entendu parler de ce truc, j’ai immédiatement repensé au film I Comme Icare et à l’expérience de Milgram. Etrange que les candidats n’aient pas percuté... du moins pour les plus vieux.
            Cela dit... il faudra voir comment la chose a été traîtée dans cette émission (faut pas critiquer avant smiley ). Je suis juste pour le moment un peu gênée aux entournures par le buzz du jour... et l’utilisation de cette expérience pour faire de l’audimat. Hum... n’y aurait il pas là une contradiction : en dénonçant un comportement, le réalisateur jouerait finalement le même jeu.
            J’attends demain pour me prononcer définitivement.


            • foufouille foufouille 17 mars 2010 10:35

              ce sont des habitues des jeux tele, donc lobotomises


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 17 mars 2010 10:29

              Bonjour,

              « hommes et femmes de catégories sociales allant de bac -2 à bac +3, tous sélectionnés par une société spécialisée dans la sélection de tests marketing. » Le marketing est ce un choix innocent dans ce jeu de la mort ?

              Dès le départ, l’on ne nous demande pas notre accord pour entrer en vie, ensuite, l’on nous éduque jusqu’à l’heure de la majorité, dès qu’on l’atteint, c’est l’heure du service militaire, et ensuite, on entre en vie active le plus souvent dans un domaine ouvert qui ne correspond rarement à un choix personnel, mais plutôt aux créneaux disponibles...Comment voulez vous qu’à un seul moment, l’humain prenne conscience de sa propre condition ? Il est formaté dès le début à obéir au système afin de l’auto-réguler de l’intérieur. Et gare àcelui qui décide de ne pas suivre le chemin de Panurge, il sera vivement repoussé par les autres qui se constitueront en ligue contre lui, le renégat.

              dans la première semaine de mon armée, le caporal nous a emmené en territoire découvert et nous a demandé de viser avec notre arme, l’un de nous qu’il avait pris soin de mettre à l’écart. Par bonheur, j’étais entouré de sursitaires de vingt sept ans qui se sont rebellé devant cette demande que je me préparais à accepter. C’est la première fois que je me suis rendu compte de l’état de ma soumission passive. Ce n’est pas tout de se plaindre devant les spectacles navrant qui peuplent nos ondes, on peut aussi signaler tous les jours : http://www.csa.fr/infos/controle/television_signaletique_accueil.php

              Cordialement ; L.S.


              • ddacoudre ddacoudre 17 mars 2010 12:32

                bonjour lisa

                tu as vécu des événements qui ton conduit à cela « ’Comment voulez vous qu’à un seul moment, l’humain prenne conscience de sa propre condition ? »
                en une phrase tu résumes notre dilem et par cette interrogation tu donnes la solution (comprendre), mais se sont nos sens qui nous en donnent les éléments que notre cerveau traduira dans ses rétroactions culturelles environnementale, il n’y a pas de solutions en dehors de comprendre, (ou pour en faire une traduction émotionnelle aimer les autres, même si cela dépasse cette seule formulation trés réductrice)

                cordialement


              • JacquesLaMauragne JacquesLaMauragne 18 mars 2010 00:17

                Heureusement, le service militaire n’existe plus......

                jf.
                www.lamauragne.blog.lemonde.fr



                • ddacoudre ddacoudre 17 mars 2010 10:41

                  bonjour olivier.

                  excellent article ; je pense que je regarderai ce reportage avec attention. dans bien de mes article je me plains de la manipulation et du conditionnement, auquel nous sommes soumis et je dis souvent qu’il n’y a que notre ignorance qui nous fait croire que c’est la raison qui commande.
                  pour ravoir étudié cette étude, et l’avoir rapproché d’autre comme de celle de Calhoum, dont j’ai fait une tentative de diffusion par un article. les deux joint montre le mécanisme qui est en vigueur pour nous permettre la création et l’évolution de toute chose.
                  nous vivons dans un déterminisme aléatoire. j’ai un jour surpris un scientifique en associant ces deux termes qui sont le reflet de cette étude de Milgram ou ce qu’avait compris Girard avec les 1/3 2/3.
                  environ 70% des Humains (et plus chez d’autres espèces qui développent de micro sociétés) sont obéissants, sans cette obéissance nous ne pourrions rien construire de collectif, nous serions incapable de construire une voiture en suivant un plan.
                  mais aussi par cela nous sommes incapable de nous retirer d’un acte barbare qui nous est demandé.
                  il faut relire Durkheim pour retrouver cela dans les différentes formes de suicide qu’il développe, ainsi que le danger d’anomie que représente les autres 30% ou 1/3.

                  ces 30% ou 1/3 sont ceux capables de s’opposer à un ordre de toutes natures qui assurent que la construction de toutes choses ne durera qu’un certains temps, car ils assurent par leur opposition leur renouvellement.
                  il y a donc une difficulté essentielle à comprendre, c’est que ce ne sont pas les mêmes qui suivant les circonstances obéissants sont tour à tour obéïssants ou opposants.
                  aussi j’ai bien peur que ce reportage conduise à des clichés stéréotypés faux.

                  enfin, ces mécanismes organiques qui élaborent nos réponses comportementales, sont traduits par le verbe de manière culturelle, au point que le sens du mot qui traduit une émotion verbalisé peu en induire une autre et tromper nos sens (c’est objets de la manipulation dont nous vivons une réalité jamais atteinte) et la capacité technologique qui est la notre va amener par la douceur (le jeu dans ton article) à faire accepter aux populations des asservissements et des barbaries plus grave que celles qu’ont puent réaliser l’inquisition ou Hitler en utilisant la persécution, parce que la science vas nous donner les moyens de pratiquer un eugénisme qui en l’état de nos peurs échappera au contrôle scientifique pour alimenter nos fantasmes. cela a déjà commencé par la recherche d’une forme d’épuration de nos maux (la castration chimique légiféré et imposé en est une)
                  si les organisateurs n’ont pas pris la précaution d’interroger des neuroscientifiques, leur émission risque fort d’être douteuse. mais je regarderais cela.

                  cordialement.


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 18 mars 2010 00:22

                    Slu DD,

                    80 / 20 le quota suffisant pour que le mélange explose. 20 résistants à l’autorité ne suffisent plus à repousser les 80 soumis et serviles prêts à tomber sur le paletot des terroristes qui foutent le jeu en l’air. Bien des choses intéressantes ont été dites dans le débat et notamment à propos des chaines tnt et du câble qui, contraintes par la pub, se doivent d’aborder les domaines les plus graves pour audience. 9 ans nous passons dans notre lit à dormir dans la vie, 14 ans devant la télé...ça craint à mort !

                    mal de tête ai lit.a+


                  • ddacoudre ddacoudre 18 mars 2010 09:57

                    bonjour lisa

                     dans mon premier essaie de1999 j’écrivais ceci

                    … plutôt qu’être spectateur…

                     

                    C’est dans ces groupes que la télévision ne totalise plus de 3 h d’audience quotidienne, à l’exception des 9% de foyers qui n’en possèdent pas.

                    En effet, les postes de télévision restent allumés en moyenne 5 h15 par jour, les inactifs y consacrent 3 h50 en moyenne, et les personnes âgées de plus de 50 ans, 4 h. Ainsi, en moyenne, un inactif occupe environ 1300 h annuelle « d’audition télévisuelle », soit presque autant de temps que celui que consacre un actif au travail (1355 heures en 2000).

                     

                    Et il n’y a que ceux qui ont un intérêt à le dire, pour affirmer que la télévision n’a pas d’incidence sociologique sur les individus.

                    Et la télévision ?

                    Elle nous renvoie son temps, et elle nous trompe en exigeant de nous, que nous fassions notre le sien, au nom de l’impartialité télévisuelle, alors que ce n’est que celui du cadreur ; à qui, il est tout aussi impossible de saisir l’instant réel qui va trancher le litige. Ensuite nous ferons appel à la technique pour résoudre le litige. Cette même télévision ne nous explique-t-elle pas qu’elle nous fait vivre en direct instantané des événements qui se produisent à l’autre bout du monde. Naturellement c’est faux. Nous n’avons ni l’odeur ni la sensation ni une vue personnelle car il s’agit d’un langage commercial sélectif, d’une réalité partielle, dont chacun tire l’émotion qui l’arrange. Ceci parce que l’information nous arrive dans un temps que nous ne pouvons pas mesurer consciemment.

                    Cette réalité ne nous est pas perceptible du fait de nos limites, mais l’intelligence peut la connaître et tenir en compte, au-delà des luttes d’images émotionnelles.

                    Je m’explique, je veux dire que l’image télévisée, n’est qu’une suite de photos. Autant nous avons conscience qu’une photographie fixe un événement passé, et suscite l’imaginaire, autant nous perdons cette réserve de vue, à cause du mouvement qui est donné à la succession de photographies qui défilent, parce qu’elles ressemblent à un instant de vie proche. Un événement retransmis n’est qu’un fragment de vie, il est partiel et partial, il n’a toute sa valeur de réalité qu’à partir du moment où vous l’avez vécu, ou que vous connaissez l’histoire des événements qui l’ont emmené.

                    Sinon le film d’un événement reste des photos qui nous parlent, comme nous disons improprement, car le dialogue c’est nous qui le faisons avec notre imaginaire. Nous en oublions trop souvent, que les médias et la télévision en particulier sont un commerce d’audience. Ils sont une loupe grossissante, tant ils sont le reflet de la notoriété qui est sous-jacent en nous.


                    je vais essayer de faire un article concis sur la porté fantastique de l’étude de milgram

                    cordialement.

                     


                  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 17 mars 2010 10:41

                    Ainsi 81% des « temps de cerveaux disponibles » acceptent de torturer sur la simple injonction d’une animatrice télé.
                    Dès lors comment s’étonner que 53% d’entre eux ait pu voter Sarkozy sur recommandation de TF1...


                    • Krusty Krusty 17 mars 2010 11:30

                      Mince j’ai eu la même reflexion, vous m’avez devancé...

                      Le dernier vote pourrait d’ailleurs paraitre comme la résultante d’un experience de Milgram à l’echelle nationale. La droite Républicaine se réveillant d’un long cauchemar et refusant de continuer le jeu de l’animateur sarkozy en s’abstenant (enfin d’aprés la chaine d’état TF1)...
                      D’ailleurs les médias (pas que TF1) s’empressent maintenant de le remplacer par l’animateur Fillon (ou l’animateur DSK) en prévision de 2012, histoire de replonger tout ce beau monde dans le coma...

                      Attention ! Il ne faut pas oublier qu’aprés chaque expérience de Milgram, il est conseillé de suivre psychologiquement les gens qui ont participé pour leur expliquer que leur comportement était normal, qu’ils avaient le droit de voter sans lire le programme etc...
                      Est-ce que quelque chose a été prévu pour nos 53% de cobayes (ou de cochons et de dindes) ???

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