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  • Par Arthur Keller (---.---.---.147) 11 août 2012 00:14

    Bonsoir Yoann,

    Je m’en charge.
    Cordialement,
    Arthur
  • Par Arthur Keller (---.---.---.147) 10 août 2012 18:20

    Merci. J’ai beaucoup apprécié vos commentaires sur le blog mentionné.

  • Par Arthur Keller (---.---.---.147) 9 août 2012 17:04

    Bonjour,

     

    Attention ! Il serait bon de ne pas faire circuler d’informations erronées pouvant avoir de forts impacts sur la santé humaine, merci.

     

    Je n’ai pas lu le livre que vous citez et ne peux en jauger le sérieux scientifique. Toutefois je note qu’il date de 1991, or il se trouve que de nombreuses études scientifiques ont été menées depuis, qu’il me semble irresponsable d’ignorer.

     

    Voici un florilège à prendre en considération…

     

    De nombreuses études ont montré que les requins sont contaminés partout dans le monde [Davenport, 1995 ; Storelli et al., 2001 ; Adams and McMichael, 1999 ; Pinho et al., 2002 ; Branco et al., 2004].

     

    Les concentrations d’éléments toxiques dépendent de la taille de l’animal, de la localisation, du sexe, de l’espèce, etc. mais la plupart sont au-dessus des normes de sûreté fixées pour la santé humaine [Aizpurua et al., 1997].

     

    Les éléments toxiques concernés sont nombreux. Beaucoup se retrouvent dans le milieu marin, par rejet direct (hydrocarbures, déchets en bord de mer et en mer, etc.) ou indirect (lessivage des sols, apport des rivières, pollution atmosphérique, etc.). Une fois dans le milieu marin, ces éléments vont contaminer les espèces de deux manières :

    - dissous dans l’eau, les éléments contaminent les poissons lors de leur respiration en s’infiltrant par les branchies ;

    - non dissous, ils sont ingérés lors de la nutrition et se retrouvent stockés dans l’organisme durant la digestion (bioaccumulation).

     

    Nombreux sont les organismes impactés par ces éléments toxiques : les cétacés, les poissons osseux, les mollusques et les poissons cartilagineux – qui incluent les requins.

     

    L’un des éléments que l’on retrouve le plus souvent est le méthylmercure (CH3Hg+), un dérivé du mercure. Les requins accumulent de fortes concentrations de cet élément du fait de leur rôle de prédateurs supérieurs [Hueter et al., 1995 ; Branco et al., 2004]. Cette neurotoxine est la forme la plus dangereuse pour l’Homme. L’état de Floride a décrété que les poissons contenant plus de 1,5 ppm de mercure présentent un danger et ne sont pas consommables. Cependant, dans ses eaux côtières, 12% des requins dépassent ce niveau et le reste se trouve au dessus de 0,5 ppm, ce qui est encore dangereux si il y a consommation fréquente [Meaburn, 1978 ; NMFS, 1993 ; Adams & McMichael, 1999].

     

    On peut supposer que la Floride n’est pas un cas isolé.

     

    On trouve également des hydrocarbones toxiques issus des rejets d’hydrocarbures – qui génèrent de gros problèmes chez le requin allant jusqu’à entraîner des mutations de l’ADN –, des PAHs (hydrocarbones aromatiques polycycliques) tels que le naphtalène, le fluoranthène et le pyrène. Ces éléments peuvent s’accumuler jusqu’à des taux impressionnants de 73 μg par gramme de chair de requin [Al-Hassan et al. 2000]. On a aussi mesuré d’importantes concentrations d’une neurotoxine, la BMAA, avec des concentrations de 144 à 1 836 ng/mg de poids humide [Mondo et al., 2012] dans les ailerons de nombreuses espèces de requins.

     

    En outre, plus le requin est grand (donc âgé), plus les concentrations de métaux lourds et autres polluants sont importantes [Branco et al., 2004]. L’industrie de la soupe d’aileron de requin, qui recherche les ailerons les plus beaux et les plus volumineux, recherche donc également sans le savoir les ailerons les plus contaminés. Même les requins les plus jeunes sont déjà contaminés : jusqu’à 60 μg/g dans le cas du requin à museau pointu [Al-Hassan et al., 2000].

     

    Les contaminations au mercure ont déjà posé des problèmes de santé dans de nombreuses régions du monde [Lacerda and Solomons, 1998 ; Branco et al., 2004]. Un des cas les plus célèbres est celui de Minamata Bay au Japon, où une décharge industrielle a généré une augmentation de la concentration de métaux dans les poissons. Les conséquences ont été de multiples et très sérieuses intoxications et décès suite à l’ingestion des poissons [Aizpurua et al., 1997].

     

    L’émergence de maladies neuro-dégénératives, par ailleurs, a un lien démontré avec la présence de BMAA. Cette substance neurotoxique, ingérées par l’homme lors de la consommation de requin sous forme de viande ou de soupe d’aileron, peut entraîner des maladies du cerveau telles la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique (aussi appelée maladie de Charcot), qui aboutit dans 50% des cas à la mort de la personne dans les trois ans suivant le début de la maladie [Pablo et al., 2009 ; Murch et al., 2004 ; Mondo et al., 2012].

     

    Plus grave et inquiétant encore, la mère transmettrait ces toxines à sa progéniture. Une étude a démontré que chez le requin bordé (Carcharhinus limbatus), la mère transmet les éléments toxiques aux bébés avant la mise bas. Ainsi on retrouve une concentration de 2,19 μg/g chez les bébés pour une concentration de 2,07 μg/g chez la mère. La transmission des éléments toxiques est donc totale. Bien qu’ils soient respectivement des mammifères et des chondrichtyens, les hommes et la plupart des requins partagent le même mode de reproduction (vivipare) ; il est par conséquent possible qu’une mère humaine transmette les substances toxiques à son foetus. (On sait que des mères, en Guyane, ayant été exposées à des concentrations de mercure élevées en raison de pratiques d’orpaillage illégales, ont transmis le mercure à leurs bébés.) Pour éviter tout risque, il est important que les femmes enceintes ne consomment aucun produit à base de requin [Al-Hassal et al., 2004].

     

    Voici quelques éléments scientifiques publiés dans des revues à comité de lecture. Rien de farfelu ou d’approximatif.

     

    Le faisceau des connaissances pointe très clairement sur une toxicité très forte de tous les produits à base de requin. La prudence est donc de mise. Merci.


    À voir :


    Adams D.H.. McMichael R.H.Jr.. 1999. Mercury levels in four species of sharks from the Atlantic coast of Florida. Fish. Bull. 97:371-379

     

    Al-Hassan J.M., Afzal M., Rao C.V.N, Fayad S. 2000. Petroleum Hydrocarbon Pollution in Sharks in the Arabian Gulf. Bull. Environ. Contam. Toxicol, 65:391–398 p.

     

    Branco V., Canario J., Vale C., Raimundo J., Reis C. 2004. Total and organic mercury concentrations in muscle tissue of the blue shark (Prionace glauca L.1758) from the Northeast Atlantic. Marine Pollution Bulletin 49 : 854-874 p.

     

    Mondo K., Hammerschlag N., Basile M., Pablo J., Banack S.A, Mash D.C, 2012. Cyanobacterial Neurotoxin β-N-Methylamino-L-alanine (BMAA) in Shark Fins. Mar. Drugs, 10, 509-520 p.

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