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sasapame

34 ans. Ingénieur en mécanique. Ancien adhérent d’ATTAC (co-rédacteur, dans ce cadre, d’un projet de constitution pour une Europe fédérale), il a épaulé durant plusieurs années Étienne Chouard dans sa recherche sur les institutions, puis a été membre du Conseil national et Secrétaire aux questions européennes, monétaires et financières du Mouvement Politique d’Éducation Populaire (M’PEP).
 

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  • Par sasapame (---.---.---.249) 4 août 2012 09:40
    sasapame

    Le Politburo de Wikipedia...

    Il n’y a qu’à voir, par exemple, leurs pages si révérencieuses sur les institutions européennes ou — plus proche de ce sujet, scientifique — les âneries qu’ils débitent en récitant la messe du réchauffement climatique... Un merveilleux scientisme, comme on commence à le voir dans d’autres pays, mais en France il ne se passe à peu près rien — un grand merci en passant à l’auteur de ce site pédagogique : http://www.pensee-unique.fr/

    Mais pour avoir déjà beaucoup donné sur ces deux sujets, et sur celui du totalitarisme en général, je crains fort que ce Politburo, comme tous les autres, ne soit composé de personne ou presque qui cherche à manipuler les autres. Ces saletés obscurantistes et tyranniques sont affreusement naturelles...

  • Par sasapame (---.---.---.249) 4 août 2012 09:16
    sasapame

    @ Traroth, Stanh,

    je suis bien d’accord avec Perlseb pour y insister : la résonance peut contenir un potentiel gigantesque.

    Oui, c’est l’énergie cinétique des pas de la troupe qui aura apporté l’énergie de déformation nécessaire pour casser le pont. Il n’y a aucun doute à avoir là-dessus. Mais le drame en question s’est produit précisément parce que l’énergie de déformation s’est concentrée sur une zone très réduite de la structure, raison pour laquelle elle a pu être localement si élevée qu’on y a dépassé les niveaux de contraintes tolérables. Or cette concentration ne dépend pas du nombre de soldats (leur masse reste dérisoire au regard de celle du pont), elle dépend purement de la fréquence.

    Sauf à tomber sur un mode, la troupe ne risquait pas de faire monter la contrainte locale à un niveau un tant soit peu comparable aux limites du matériau. Certes, la contrainte locale (la réponse) sera proportionnelle au nombre de soldats (l’amplitude de l’excitation en effort imposé), mais l’effet de concentration lié à la résonance est bien plus décisif ici. C’est, en un mot, ce qui fournit un potentiel gigantesque, tandis que le nombre de soldats n’est qu’un vulgaire facteur multiplicateur.

    Il faut bien insister, ici, sur la distinction local-global. Car la résonance est toujours un phénomène global, tandis que la déformation critique est localisée. Par ailleurs, si on considère le pont dans son ensemble, on pourrait croire à une contradiction car un mode vibratoire est justement une configuration qui minimise l’énergie de déformation (donc qui maximise l’énergie cinétique). Oui, mais au total, pas au plan local.

    Moi qui ne suis ni physicien ni chimiste, voilà ce que je comprends de l’idée de vouloir mettre en résonance un cristal renfermant certains atomes visés : c’est bien une affaire de concentration des effets : il s’agirait d’obtenir localement — en un ou quelques points — une pression gigantesque. Et à partir du moment ou ce « localement » signifie un volume infime, je ne vois pas de raison de douter a priori que l’apport d’énergie nécessaire soit techniquement infaisable.

    Ensuite, je suppose qu’il s’agit de compter sur une réaction en chaine. Comme dans tous les autres cas évoqués, exemple Chamonix et la dynamite.

    Si votre objection consiste à dire qu’on ne crée pas d’énergie à partir du néant, très bien. Mais d’un autre côté, si on vise la fusion, froide ou chaude, c’est bien pour pouvoir récupérer plus d’énergie qu’on en apporte SOI-MÊME au système. On voit donc bien là, déjà, qu’il faut faire plus de distinctions, sans quoi on ne risque pas de s’entendre sur ce qui est possible ou non. Or je crois que vous n’êtes pas assez clairs (vous non plus).

    Quand on exploite les énergies fossiles, sauf à être un fanatique vert qui tourne en rond, on ne calcule pas le rendement en comptant, au dénominateur, l’énergie qu’il a fallu fournir, initialement, pour obtenir les nappes de pétrole... Je mets du bois dans mon poêle (après l’avoir fait venir et l’avoir redéplacé, certes), j’apporte une étincelle et... Dans chaque cas, on met à profit un potentiel énorme déjà contenu dans certains systèmes lorsqu’ils sont dans certaines configurations. L’énergie qu’il aura fallu fournir, auparavant, pour obtenir ces systèmes et ces configurations, c’est une autre affaire. Que je sache, l’homme n’a pas eu à créer d’abord le soleil et les planètes pour avoir le droit de faire griller sa bidoche ensuite. Or une étincelle c’est un apport d’énergie dérisoire, ce qui n’empêche pas qu’on puisse, avec, provoquer un incendie sur des millions d’hectares.

    Action-réaction ? Oui, si l’énorme rocher situé au-dessus de ma maison en vient un jour à la rayer de la carte, je suis sûr qu’elle aura appuyé aussi fort sur le rocher que le rocher lui aura appuyé dessus... Mais ça ne signifie en rien qu’il aura fallu commencer par appliquer un effort du même ordre pour faire glisser le rocher (quant à l’énergie cinétique que ce dernier aura acquise avant l’impact, elle viendra entièrement du dénivelé, évidemment).

    L’erreur que vous commettez ici est de raisonner en statique. Du reste, vous oubliez l’idée de réaction en chaîne, de concentration d’effet, de levier, ... Qui vous dit qu’il est interdit d’envisager d’exploiter un potentiel au premier stade du procédé ? En réalité, il ne s’agit évidemment pas de produire directement un effort un tant soit peu comparable à l’effort qui sépare deux atomes chargés positivement. Ensuite, l’approche statique ne convient pas car il ne s’agit pas de comparer la force des pas des soldats à l’effort qu’il faudrait fournir, EN STATIQUE, pour casser le pont. La différence (le ratio) est bien trop élevée. Non, il s’agit de trouver et d’exploiter un système et une configuration qui fournisse l’effet de levier et la concentration des effets.

  • Par sasapame (---.---.---.70) 2 août 2012 16:52
    sasapame

    Je souhaite vous signaler ce récent article de Jacques Sapir, qui démontre de manière toujours plus remarquable (et synthétique) que l’euro est condamné :

    <url>http://postjorion.wordpress.com/201... ;

  • Par sasapame (---.---.---.1) 24 juin 2012 12:18
    sasapame

    Vers le début du message précédent, j’écrivais : « [...] au-delà de l’aspect institutionnel ressort l’idée de justice. Et on peut se demander si cela est nécessairement inclus dans le principe d’une monnaie unique. Je répondrais que oui, [...] » Je voulais parler ici de monnaie commune, bien sûr.

  • Par sasapame (---.---.---.139) 24 juin 2012 10:04
    sasapame

    Merci à vous.

    Cela ne vous étonnera pas si je dis : ce sont deux excellentes questions que vous posez. ;)

    Je commence par la deuxième. Et je crois que ça finira pas mal de répondre à la première.

    Pour le principe d’une monnaie commune, tout d’abord, je conseille vivement de lire la présentation qui en est faite ici : http://www.chomage-et-monnaie.org/2...

    La monnaie commune est véritablement l’instrument adapté à une (bonne) organisation internationale, autrement dit à un système fondé sur la coopération de nations souveraines. Tandis que la monnaie unique, qui n’a rien à voir, ne peut fonctionner qu’au sein d’un État. Pour marquer la différence, je voudrais noter simplement quelques aspects essentiels.

    Sur le plan opérationnel, je vois deux points absolument décisifs. D’abord, dans le cas d’une monnaie commune, le problème ne se pose pas de savoir comment (par quel miracle) contrôler une agence supranationale qui aura le pouvoir de créer de la monnaie ex nihilo, pour la bonne raison que ce pouvoir n’existe pas. En effet, la monnaie commune n’est créée qu’en contrepartie de la mobilisation de monnaies nationales qui son bloquées en vis-à-vis. Autrement dit, aucune agence supranationale souveraine ne peut augmenter la masse monétaire de son propre chef ; la monnaie commune n’est qu’un instrument d’échange, et la masse monétaire en monnaie commune n’est que le reflet d’une somme de monnaies créées par les États.

    Ensuite, la question est de savoir comment assurer à la fois une bonne orientation du crédit et un équilibre juste entre la création des monnaies par chacun des États. Autrement dit, comment combiner la souveraineté de chacune des nations et un ordre international équitable ?

    Avant de parler du procédé, je fais une remarque sur le fond. Parler de la finalité sociale d’une institution, c’est sans doute, bien sûr, le meilleur moyen d’inciter les gens intéressants à se mêler d’institutions... Vous ne manquerez pas de remarquer, dans la présentation citée, qu’au-delà de l’aspect institutionnel ressort l’idée de justice. Et on peut se demander si cela est nécessairement inclus dans le principe d’une monnaie unique. Je répondrais que oui, et je voudrais au moins esquisser une bonne base d’explication à cela. Au premier degré, il ne peut s’agir que de viser une forme d’équité entre les États mais au-delà, naturellement, il devrait s’agir de poursuivre un but de justice sociale. Entre les deux, comment poser le problème ? Ça peut paraître un peu bourrin, peut-être... mais disons qu’il s’agira d’orienter la monnaie vers les activités productives. Mais avant même de passer à cette échelon, quel principe d’orientation au plan international ?

    L’un des plus célèbres projets de monnaie unique est probablement celui du Bankor de Keynes. Et on doit faire remarquer que l’un de ses fondements essentiels est également celui de ce qui devait être l’Organisation Internationale du Commerce (projet conçu à la même époque, et qui fut également saboté) : l’équilibre de la balance des paiements.

    On redécouvre assez bien ce problème actuellement, en particulier avec la zone euro, quand on voit la politique « non coopérative » de l’Allemagne, qui consiste, pour un pays, à exporter beaucoup plus qu’il n’importe. Or, sur quoi reposent ces comportements « non coopératifs » sinon sur la tendance à moins rémunérer le travail pour mieux rémunérer les rentiers ? Voilà, en somme, pour ce qui est d’appréhender le mécanisme du côté de sa finalité.

    Comme il est expliqué dans le lien cité, donc, l’idée est d’édicter une « règle d’or » qui consiste à faire en sorte que, si un pays exporte trop, l’avantage financier qu’il en retirera sera automatiquement annulé et le produit redistribué aux autres. Ce qui permet à la fois un rééquilibrage et une dissuasion des comportements « non coopératifs ».

    Revenons-en au mécanisme, pour pointer un deuxième aspect fondamental. J’ai conscience qu’il faut du temps et de la patience pour se mêler sérieusement d’institutions, aussi je souhaite marquer un repère en soulignant que nous en revenons là à un aspect central de l’analyse que j’ai faite dans mon texte. Souvenez-vous du passage allant de la Lozère à l’Allemagne et à la Grèce.

    Il est essentiel de noter que, dans ce schéma d’une monnaie commune, il ne s’agit surtout pas de réunir chaque année autour d’une table les gouvernements des différents États pour décider si on va procéder à des compensations, combien, pour qui, et par quel mécanisme. Non ! Comme j’ai tâché de le démontrer dans mon texte, on aurait forcément là une situation tyrannique, qui implique que la règle sera celle de l’arbitraire, que les gros États l’imposeront aux petits et, surtout, qu’elle sera décidée par les puissances privées du moment, au bénéfice d’aucun des peuples ainsi « représentés ».

    Non, justement, la « règle d’or » en question est fixée une bonne fois pour toutes et n’est surtout pas révisable chaque année. Sinon, on se doute bien que les gros États, sous la pression de grosses puissances privées, quelles qu’elles soient, vont tout remettre en cause quand ces dernières le voudront. Mais pardonnez-moi d’insister, une fois de plus : c’est très exactement ce schéma qui caractérise un État, par opposition à un foutoir soi-disant « régulé » par un machin supranational : le fait que les « représentants » de la Lozère et ceux du département du Rhône ne peuvent pas eux-mêmes décider de remodeler quand ils veulent la constitution française...

    Une fois que vous avez compris ça (enfin, si je me trompe, qu’on me le démontre...), pensez-vous franchement qu’il me faille revenir sur la première de vos deux questions ? Arrivé à ce stade, il me semble évident qu’on peut déjà conclure : une monnaie unique ne peut tout bonnement pas tenir dans le cadre d’une confédération. Je m’appliquerais volontiers à reprendre quelques aspects car, même si la démonstration me paraît rigoureuse, les « non économistes » auront peut-être manqué un ou deux jalons, de sorte qu’ils penseront ne pas pouvoir boucler eux-mêmes l’équation. Mais d’une part, si l’on veut des démonstrations économiques, elles abondent et, même si je pense les avoir plutôt bien assimilées, je ne suis pas le mieux placé, bien sûr, pour les exposer en repartant d’une feuille blanche ; d’autre part, faut-il être économiste pour comprendre que la monnaie est une institution dans toute sa splendeur et qu’elle est donc entièrement déterminée par des conditions politiques ?

    C’est pourquoi j’ai préféré me restreindre, s’agissant d’aspects économiques, à un seul aspect et à un exemple simple, en partant de l’idée de la balance extérieure de la Lozère vis-à-vis du département du Rhône. Car n’importe qui peut comprendre ça. Vous parler ensuite de « chocs asymétrique », pourquoi pas, mais mieux vaut partir de l’idée qu’il y aura toujours, nécessairement, déséquilibre comptable (sauf à vouloir une uniformisation et une organisation terrifiante des comportements humains), puisque une monnaie unique signifie référentiel comptable commun, ce qui n’est pas du tout le problème, et d’en conclure qu’il doit nécessairement y avoir des transferts financiers entre « régions » pour que ce système tienne. Des transferts qui doivent être des dons / compensations et non pas, bien sûr, des prêts, et qui doivent se faire de manière automatique vu des « régions » concernées.

    Je voudrais quand même évoquer deux ensembles de chiffres pour que le lecteur, au besoin, puisse s’assurer de l’importance et du caractère chronique des transferts financiers eu jeu.

    D’abord, si vous prenez n’importe lequel des État fédéraux de la planète, vous pouvez constater que la part du budget public qui se situe au plan fédéral, comparée à celle qui est gérée par les États fédérés, Provinces, Cantons, Länders, etc. varie de 2/3 - 1/3 à 55% - 45%. Bref, le budget commun est énorme. Or il n’est pas besoin d’être économiste ni matheux pour en conclure que les transferts financiers entre « régions » sont proportionnels à la part commune du budget.

    Ensuite, et il semble que ces graphiques vous montrent instantanément que le problème de l’euro n’est pas du tout dû à un trop grand écart des niveaux de vie (moyens) entre les pays concernés (étendre l’euro à l’UE dans son ensemble accroitrait certes fortement le besoin de redistribution, mais ne nous égarons pas), je vous invite à visionner cette petite série de graphiques de mon cru : http://www.hostingpics.net/viewer.p...

    Au premier degré, on pourra évidemment conclure qu’il faudrait accroître considérablement le budget européen. Avec un tel raisonnement « apolitique », on en arrive à prescrire des « euro-bonds »... ou même à vouloir confier une planche à billet soi-disant « publique » à la BCE. Mais toute la question est bien sûr de savoir comment contrôler les pouvoirs qui vont « gérer » ce budget et cette arme monétaire considérables. Bref, elle est purement politique et institutionnelle, et pour cela la technique économique ne nous est d’aucun secours.

    Voilà, je m’arrête là pour le moment, disposé à revenir sur cette question si vous aviez des interrogations sur tel ou tel aspect.

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