Bien d’accord avec cette analyse.
Avec un bémol sur ça : "L’ostracisme n’existant plus comme processus d’action électoral, c’est
le candidat qui semble le plus apte de chasser le président – candidat
du pouvoir qui le remplace."
Je crois que la difficulté à y voir clair, c’est qu’on anticipe deux scrutins comme s’il n’y en avait qu’un.
Notre système à deux tours est un compromis réaliste. En effet, que pourrions nous imaginer à la place ? Une primaire qui verrait s’affronter tous les challengers possible, et la présidentielle à un tour qui opposerait le sortant admis d’office et le gagnant des primaires ? Cela serait envisageable, à la condition d’exclure toute stratégie de vote utile. Ce qui est impossible. Un référendum pour ou contre le maintien en poste du sortant ? On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne.
Puisqu’il faut dans l’urgence faire avec ce qu’on a (les institutions), il nous faut donner un double sens à notre choix du premier tour : celui d’un référendum pour ou contre le président actuel, et une voix qu’on choisi de donner ou non à un représentant ( l’abstention).
Cruel dilemme qui justifie les stratégies de vote utile. Et c’est là dessus qu’a joué le pouvoir en 2002 et que récidive le pouvoir actuel, seul capable de piper les dés puisque disposant de tous les moyens modernes d’ingénierie social dont les sondages font partie.
En tout état de cause, l’abstention au premier tour ne répond pas à la question binaire, oui ou non pour l’éjection du sortant. C’est pourquoi, tous ceux qui veulent son départ doivent voter.
A quoi bon parler du deuxième tour, puisqu’on ne sait pas qui seront les protagonistes.