J’applaudis des deux mains votre texte, avec lequel je suis en accord total. Reçu cinq sur cinq. Dans la liste des causes il ne faut pas oublier la massmédiatisation de la société, avec l’arrivée des chaînes info continue télé radio, qui a rendu encore plus aigu le phénomène de l’anéantisation du langage (« anéantisation » existe depuis 5 minutes). La comédie politique actuelle, un climax, illustre parfaitement ce que vous décrivez. Les mots n’ont plus de sens et on nous prend pour des cons.
D’autres se sont rendu compte en leur temps de ce genre de mascarade. Après la boucherie de 14-18, Breton et les autres surréalistes ont démonté le langage, instrument de manipulation et de mensonge, ont ouvert la digue au rêve et à l’inconscient, et ont accessoirement lancé des tomates à la tête de Claudel, ce qui allait dans le même sens. Une autre guerre plus tard, Ionesco et bien sûr le grand Samuel Beckett ont continué cette oeuvre de destruction massive et salvatrice. Car si le langage est l’instrument de la manipulation et/ou de l’éradication de la vie, il est aussi son propre antidote pour qui sait l’utiliser comme tel : l’instrument de la libération, de la liberté. Celui qui fait exploser par l’absurde tous les beaux raisonnements, et ici sur AV il y a un ou deux surdoués qui savent faire ça. Et un ou deux autres qui ont fait un mariage d’amour avec le langage. Chacun de leurs mots est une petite voiture qui nous transporte quelque part et loin en général, vers un truc qui s’appelle la vie, à chaque phrase on fait sa valise.
A l’auteur, bravo pour ce texte, revenez plus souvent.