Hollande
élu avec 52%, Sarkozy le rejet ! Et maintenant ?
Nous
avons chasser Sarkozy, mais nous voulons aussi chasser sa politique.
Indiscutablement,
il y a, ce 6 mai, un vaincu. Mais pour que le peuple travailleur soit
vainqueur, il ne suffit pas d’avoir chasser Sarkozy, il faudra que la
rupture avec la politique menée par Sarkozy s’inscrive dans les
actes.
Ce
6 mai, l’immense majorité de la population laborieuse –
ouvriers, paysans, employés, jeunes, chômeurs – a dit : nous
n’en pouvons plus de la misère et du chômage, nous ne voulons pas
que l‘on puisse continuer à imposer à ce pays des mesures qui
conduisent tout droit au sort que la troïka impose à la Grèce.
Le
rejet qui vient de se manifester ce 6 mai confirme ce qui s’est
manifesté lors du premier tour où près de 80 % des électeurs
inscrits ont refusé d’apporter leur voix à Sarkozy (fait sans
précédent aggravant la crise des institutions de la Ve République).
Rejet
de ce gouvernement, de sa politique, de ses pratiques et de ses
« affaires ».
Un
rejet qui vient de loin et qui approfondit ce qui s’est exprimé
lors de la victoire du vote « non au traité constitutionnel »,
le 29 mai 2005.
Un
rejet de toutes les politiques imposées depuis vingt ans en
application du traité de Maastricht par les gouvernements de toutes
couleurs politiques.
Il
s’agit d’un avertissement, relié aux mouvements qui se
développent aujourd’hui avec force de la Grèce à l’Espagne,
dans toute l’Europe.
L’immense
majorité de la population laborieuse a parlé : elle aspire à
se rassembler dans l’unité la plus large pour faire reculer
l’offensive du capital financier, l’offensive des fonds
financiers et des spéculateurs de toutes sortes qui prétendent
dicter leurs exigences à tous les peuples d’Europe.
Nous
ne voulons pas de ce « Super-Maastricht ».
François
Hollande avait affirmé son intention de « renégocier »
le traité TSCG, signé le 2mars à Bruxelles par Sarkozy et Merkel.
Mais
il est un fait que tout le monde doit connaître : ce traité
TSCG, comme tout traité européen, une fois signé par vingt-cinq
chefs d’Etat et de gouvernement, ne peut faire l’objet d’aucun
amendement, d’aucune renégociation.
D’autres
documents peuvent être adoptés, annexés.
Mais
ce traité par lui-même est intouchable : l’obligation
d’inscrire l’austérité permanente dans la loi (« règle
d’or »), de couper 80 milliards d’euros de dépenses
publiques dès 2013 (en premier lieu dans les budgets de la Sécurité
sociale et des collectivités territoriales), le système de sanction
automatique, l’envoi d’émissaires européens chargés de dicter
l’exécution des plans meurtriers dans notre pays, etc., rien de
cela ne peut être modifié ou renégocié.
La
démocratie exige qu’il soit répondu à la volonté majoritaire,
Hollande doit renoncer à engager le processus de ratification :
et, alors, le traité ne sera pas ratifié et il ne s’appliquera
pas à la France et, de ce fait, il sera difficile de l’imposer aux
autres peuples d’Europe.
Cette
exigence vient de loin, toutes les forces qui se réclament de la
classe ouvrière et de la démocratie doivent la porter et l’imposer.
Que
décidera le président Hollande sur cette question cruciale ?
Qu’il
réponde clairement à cette question qui lui est posée et qui
commande dans tous les domaines, la politique qui sera mise en œuvre
par le nouveau gouvernement !
Le
fera-t-il ?
La
question centrale est bien celle de la rupture avec l’Union
européenne, et, comme premier pas, la non-ratification du traité.
Ce
qui s’est exprimé ce 6 mai est un encouragement au rassemblement
dans l’unité, des travailleurs, jeunes, organisations, tous ceux
qui veulent en finir avec la politique de misère, de chômage et de
déchéance menée par l’Union européenne, comme le veulent tous
les travailleurs et les peuples d’Europe, de la Grèce à
l’Espagne, de l’Allemagne à l’Italie.
C’est
bien une exigence qui vient de s’exprimer ce 6 mai : il faut
inverser le cours des choses, en finir avec la dictature de la
troïka FMI-Union européenne-Banque centrale européenne qui veut
imposer les politiques de privatisation, de misère et de chômage.
En
finir avec cette dictature et ses directives qui interdisent
d’interdire les licenciements, renflouent les banques à coups de
milliers de milliards et disloquent les droits et garanties des
travailleurs et de la jeunesse ! Il y a urgence à décréter
nuls et non avenus les plans dictés par des institutions
supranationales et à rétablir la souveraineté des peuples sur les
décisions qui les engagent.
Cela
s’appelle la démocratie.
La
démocratie exige que ce rejet se traduise en actes. Cette exigence
s’adresse à tous les partis qui se réclament de la classe
ouvrière et de la démocratie. Elle s’adresse en premier lieu à
François Hollande. L’ancien président de la République portugais
Mario Soares, dirigeant du Parti socialiste, vient de déclarer à
propos du traité : « Aucun député socialiste, aucun socialiste ne
peut ratifier cela. » Il a raison ! N’est-ce pas ce que devrait
dire tout socialiste digne de ce nom ?
Comment
peut-on promettre aux travailleurs « un changement politique » —
par exemple, lutter contre le chômage, arrêter l’hémorragie de
la destruction des services publics, préserver les régimes de
Sécurité sociale et de retraite ― si on ne s’engage pas
clairement à ce que le traité TSCG ne soit pas ratifié ?
Ne
pas tenir compte des exigences de ce vote majoritaire en se
soumettant à la politique décidée par la Troïka , c’est prendre
le risque d’un soulèvement populaire.