Notons d’abord que Sydne93 n’est pas de ceux qui sont
capables de défendre leurs idées. Ils assènent ce qu’ils tiennent pour la
Vérité et des vérités, puis vont se cacher dans leur trou comme des rongeurs
peureux. Il fallait que cela fût dit.
Cela posé, on constate, une fois de plus, que ceux qui pontifient sur le
racisme au plus haut niveau (Memmi, Fanon, Ben Jelloun, etc.) appartiennent
pratiquement tous à des minorités peu appréciées au sein des communautés où
elles s’efforcent de survivre et de prospérer.
Cette position ne les rend pas, a priori, inaptes à aborder le sujet avec
sérénité et honnêteté, mais chez les auteurs que j’ai mentionnés, je n’ai pas
trouvé le commencement du début d’une solide et loyale autocritique, comparable
à celle que Bernard Lazare, a placé tout au début de "L’antisémitisme -
Son histoire et ses causes" (1894), paragraphes 3 et 4 du premier chapitre
:
« Si cette hostilité, cette répugnance même, ne s’étaient exercées vis-à-vis
des juifs qu’en un temps et en un pays, il serait facile de démêler les causes
restreintes de ces colères ; mais cette race a été, au contraire, en butte à la
haine de tous les peuples au milieu desquels elle s’est établie. Il faut donc,
puisque les ennemis des Juifs appartenaient aux races les plus diverses, qu’ils
vivaient dans des contrées fort éloignées les unes des autres, qu’ils étaient
régis par des lois différentes, gouvernés par des principes opposés, qu’ils
n’avaient ni les mêmes mœurs, ni les mêmes coutumes, qu’ils étaient animés
d’esprits dissemblables ne leur permettant pas de juger également de toutes
choses, il faut donc que les causes générales de l’antisémitisme aient toujours
résidé en Israël même et non chez ceux qui le combattirent.
« Ceci n’est pas pour affirmer que les persécuteurs des Israélites eurent
toujours le droit de leur côté, ni qu’ils ne se livrèrent pas à tous les excès
que comportent les haines vives, mais pour poser en principe que les Juifs
causèrent — en partie du moins — leurs maux. »
Memmi, lui, invente (a l’intuition de ?) l’hétérophobie et à partir de là, il
évacue l’hétérophobe pour ne plus considérer que sa « victime ». Qui,
cela va sans dire, n’est strictement pour rien dans le rejet qui lui est
opposé. Il définit sa « créature » comme « Le refus d’autrui au nom de
n’importe quelle différence », ce qui induit que la non-hétérophobie, c’est
l’acceptation d’autrui en dépit de toutes les différences.
Et naturellement,
c’est celui qui refuse certaines différences, ou les conteste, ou les dénonce,
qui fait figure de méchant. C’est évidemment inacceptable et Zemmour, entre
nous tous qui rejetons ce terrorisme intellectuel, a drôlement raison de ne pas
l’accepter avec toute l’audience qui est la sienne.