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Le cas Ségolène Royal

Par voxagora (---.---.---.10) 19 juin 2012 12:44
voxagora

Je suis très intéressée par cette question, et la raison pour laquelle quelqu’un,

en politique, puisse à ce point déchaîner des passions qui débordent le cadre même
de l’affrontement politique, qui en soi, même s’il est rude, me paraît sain.

Le commentaire de Labrune, dans sa forme tranchante comme un couperet et dans le choix des termes 
d’une agressivité extrême, et extrêmement jouissive,
est du coté de cette piste que je suis à ce moment de ma réflexion :
pourquoi des citoyens se trouvent-ils légitimés à exécuter S.R. dans les faits,
et dans des termes qu’aucun autre personnage public non coupable ne subit ?

Cela a à voir avec la fonction, bien sûr, avec le sexe, bien sûr, mais aussi,
et ce qui m’a mise sur cette piste de réflexion ce sont les réactions masculines sur le DROIT qu’aurait V. Trierweiler de dire et faire ce qu’elle veut, en tant que femme, alors que strictement personne ne jouit de ce droit ..
J’espère que vous me suivez, Gabriel, ce n’est pas facile, même pour moi.
.. Et donc, l’acte politique de V.T. nous a tous déchaînés, soi-disant autour de la liberté d’expression des femmes .. Mais si nous gardons les termes : femme, liberté, PLACE,
et que nous effectuions un petit déplacement, comme on dit en psychanalyse : un petit bougé,
le projecteur éclaire alors une autre scène et un autre personnage :
il éclaire justement Ségolène Royal : une femme qui, restant femme, à la différence de celles qui affectent d’être les hommes qu’elles ne sont pas (Morano, M.A.M..), ou de celles qui accentuent artificiellement leur féminité ,
S.R. assume d’être une femme : éclatante dans sa maternité et sa vie de femme, ferme dans sa vie sociétale, (ce qu’elle n’a pû faire qu’avec le compagnon qu’elle avait, entre parenthèses), la moins langue de bois de tous les personnages publics et qui ni n’essaie de ressembler à un homme ni d’accentuer sa féminité. Dans notre société où les gens sont censés s’étiqueter pour être à ranger ds une seule case, même fausse mais juste pour que les censeurs et les partisans de l’ordre les reconnaissent, celui/celle qui refuse l’assignation réductrice, non seulement est banni(e), mais ses exécuteurs situent en lui/elle l’origine de leur haine : la haine s’en trouvant légitimée, elle peut s’exprimer soit proprement habillée, soit avec la dernière agressivité et la plus complète jouissance.

Ségolène Royal, et sans le faire exprès parce que c’est ainsi qu’elle est, choisit sa place : hors case.
Ce que j’ai entendu dans les cris d’orfraie de ceux qui défendent Valérie T. d’être une potiche (ce qu’elle est à cette place, et qu’elle doit assumer parce qu’il n’y a pas de honte à « suivre » son conjoint, et si elle n’en est pas capable pendant 5 ans, qu’elle fasse autre chose).

Trop angoissant pour ceux qui veulent qui veulent séparer les bons (à suivre) et les mauvais (à tuer) : 
"links ! rechts ! links ! rechts ! Pas de pitié pour les hérétiques ! 
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