on nous enjoint désormais de bien nous mettre dans la tête que nous
vivons dans un monde de « gagnants » et de « perdants » où il n’y a
désormais plus aucune place pour la faiblesse, la pudeur, la maladresse...
Mais ce « on » et ses injonctions, je suis libre et entièrement libre de ne pas l’écouter, de l’ignorer et de regarder ailleurs, là où mon vent et mon vent seul me pousse.
L’individu a une énorme force de résistance, un gigantesque espace de liberté intérieure dans lequel la société même la plus oppressive ne pourra jamais mettre les pieds, jamais le faire plier à autre chose qu’à lui-même, jamais l’atteindre. Je crois à cette puissance inaliénable et cette liberté fondamentale qui fait que l’individu est inatteignable dans ce qu’il a d’unique et que, toute sa vie, il sera, quelque part, toujours ailleurs.
La pornographie prétend réduire et posséder autrui, réduire l’autre à un objet du monde
Dans la pornographie c’est d’abord soi-même qu’on nie avant de nier l’autre :
"Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
A quoi bon puisque c’est encor
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m’éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j’ai cru trouver un pays«
Aragon, »Est-ce ainsi que les hommes vivent«
c’est encor Moi qui moi-même me trahis
Léo Ferré, »Ton style« :
»Ton style c´est ton cul c´est ton cul c´est ton cul
Ton style c´est ma loi quand tu t´y plies salope !
C´est mon sang à ta plaie c´est ton feu à mes clopes
Quand la nuit a jeté ses feux et qu’elle meurt
Ton style c’est ton cœur c’est ton cœur c’est ton cœur"
Tout est dit.