• mardi 18 juin 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox

DSK : pour une Europe « de l’Arctique au Sahara » contre une Europe « de l’Atlantique à l’Oural »

Par vigie (---.---.---.91) 27 octobre 2006 23:50

@ Patrick ADAM

Bon même s’il ne faut pas s’acharner derrière les politiques, et même si je te soupçonne d’avoir un petit faible pour Fabius, l’affaire du sang contaminée, on ne peut quand même pas s’empêcher de l’évoquer, se fut une belle saloperie dans ses effets et surtout dans son traitement. Que les politiques commettent des erreurs sur des sujets, bon personne n’est parfait, mais ne pas les reconnaître par ce que c’est du suicide politique, et laisser des gens dans la détresse morale la plus complète, je ne te suis pas tout à fait.

Et puis face à une politique vénale, d’argents et de détournements en tout genre j’aurais souhaité que dans l’avenir on aille vers une plus grande éthique. ( Ne me fais pas le coup du poujadisme Patrick, chaque fois que je brandis une critique, pas toi...) Ceci étant dit sur ségolaine, je ne sais si cela tiens de son éducation rigide, mais force et de constater qu’elle est très directoriale, et cache sous une certaine forme de sévérité, son manque de compétence sur quelques sujets, et une absence totale d’humour face à une forme de contestation, je veux bien te l’accorder.

Quand a la Turquie je ne suis pas pour, pour des raisons de capacité démographique, mais aussi économique. Autre inconvénient et non des moindres, l’épreuve budgétaire. Le coût de l’élargissement n’a été évalué que jusqu’en 2006. Ce coût est encore relativement modeste : 59 milliards d’euros en sept ans, soit 13,8 milliards au titre des aides de pré adhésion entre 2000 et 2003 et 45,3 milliards les trois premières années de l’adhésion (entre 2004 et 2006. 45 milliards d’euros, représentent un an de crédits de la politique agricole commune dans l’actuel budget annuel de l’Union. Le problème, c’est après. Aucune administration, nationale ou communautaire, ne se risque à chiffrer ce coût. Deux paramètres sont à peu près connu. Les futures dépenses agricoles, fixées au Conseil européen de Bruxelles en octobre 2002 jusqu’en 2013, se montent à 25 milliards d’euros en sept ans. Les aides régionales n’ont pas été définies, mais seront proches de la limite qui a été fixée, soit 4 % du Produit intérieur brut des nouveaux entrants, soit de 150 à 160 milliards d’euros. Ainsi, les seuls éléments chiffrés permettent d’évaluer les dépenses autour de 180 milliards d’euros en sept ans, trois fois plus qu’aujourd’hui. La Turquie serait le pays le plus pauvre de l’UE. Son niveau de vie par habitant est égal au quart du niveau des actuels États membres, alors que celui des 10 nouveaux entrants est équivalent à 45% de celui des Quinze. La Turquie a donc vocation à bénéficier massivement des aides de cohésion. Combien ? L’estimation peut être faite à partir de deux données. Les aides de cohésion, expression de la solidarité entre les États membres, sont aujourd’hui plafonnées à 4% du PNB de l’Etat membre. Compte-tenu du PNB de la Turquie (190 milliards d’euros en 2003), les aides de cohésion seraient donc au maximum de 7,6 milliards d’euros. Mais le montant réel sera très dépendant de la croissance. Sur la base d’un taux moyen de 7 % constaté dans les années 90, le PNB doublerait pratiquement d’ici à dix ans, de telle sorte que les aides structurelles, aux conditions actuelles, atteindraient 14 milliards d’euros. On peut aussi estimer le montant des aides dont pourrait bénéficier la Turquie par comparaison avec les aides reçues par les pays comparables de la dernière vague d’adhésion, notamment la Pologne. Sur cette base, les fonds structurels atteindraient 9,1 milliards par an. La Turquie deviendrait alors le premier bénéficiaire des fonds de cohésion européens. Le même raisonnement peut être appliqué aux dépenses agricoles. Selon des universitaires allemands, la Turquie aurait reçu 6,5 milliards d’euros d’aides agricoles si elle avait été membre de l’UE en 2001. Cette somme paraît cependant discutable tant les caractéristiques de l’agriculture turque sont éloignées de celle de l’agriculture européenne actuelle (les productions méditerranéennes - fruits et légumes- sont peu subventionnées par le budget communautaire. On peut aussi évaluer ce coût par comparaison avec la Pologne qui bénéficiera de 2,9 milliards de crédits agricoles en 2013. Les deux agricultures sont en effet comparables par la structure de la population et des exploitations, ce qui permet d’estimer l’importance des dépenses agricoles autour de 5 milliards d’euros. Il y a également tellement d’incertitudes sur ce poste que les estimations ne peuvent être que très larges. L’enveloppe pourrait être comprise entre 3 et 6,5 milliards d’euros. Les autres dépenses peuvent être estimées entre 1,9 et 2,8 milliards d’euros. Les contributions de la Turquie au budget communautaire ont été évaluées par les universitaires allemands à 2 milliards d’euros en 2002. Compte tenu de la progression prévue du PNB, cette contribution pourrait atteindre entre 2,5 et 3,4 milliards en 2013, voire davantage si l’économie souterraine sortait de la clandestinité. Compte tenu de tous ces éléments, le coût net de l’adhésion de la Turquie serait compris entre 10 et 20 milliards d’euros par an. Des dépenses qui surviendraient après les chocs budgétaires des élargissements de 2004 et de 2007. Ainsi, coup sur coup, coût sur coût, l’Europe s’engagerait dans des dépenses très importantes. Elles ne pourraient être financées sans un changement profond de toutes les politiques communautaires et aucun État ne s’en sortirait indemne. Les fonds structurels de la Grèce et l’Espagne, la correction britannique, la contribution allemande, la position française qui assurerait 20 % du coût total, soit 2 milliards par an... tout serait radicalement transformé.(si mes chiffres sont bons).

D’après Barroso dire non à la Turquie aurait, je crois, un coût énorme. Ce serait décourager tous ceux et toutes celles qui, en Turquie, veulent une Turquie moderne, européenne et pleinement démocratique. Un peu léger comme argument. Il est évident que Bruxelles est préoccupée par ce grand marché qu’elle s’est rêvé, mais ne nous y trompons pas le chemin de l’adhésion de la Turquie s’il se fait se fera dans la douleur. Avec l’intégration de la Turquie, Dans l’Union changerait radicalement de nature dès lors que le plus vaste et le plus peuplé (dans 20 ans) de ses membres, la Turquie, ne serait ni un pays riche, comme les Quinze, ni un pays en transition, comme certains des pays de l’Est admis en mai 2004 avec l’élargissement à 25, mais un pays en voie de développement dans lequel le pourcentage de pauvres (69%) serait le plus élevé, au-dessous du seuil des 50% du revenu national médian, sachant que la moitié des Turcs vivent avec un revenu annuel inférieur à 221 euros par famille, soit 4 personnes c’est-à-dire beaucoup moins que le seuil maximal de pauvreté tolérable pour une société, fixé par le FMI à 525 dollars.

Pour rattraper tout ce retard et remettre à niveau les régions turques les plus sinistrées de l’Est, l’Union européenne devrait consacrer dans l’hypothèse la plus basse, 26 milliards d’euros annuels au titre des fonds structurels et de la Politique Agricole Commune.

D’autres part et la je ne parle pas de régime démocratique, mais on est quand même plus proche culturellement, géographiquement et de part l’histoire, d’un habitant de l’empire russe que d’un turc, faut pas déconner !

Et je suis entièrement d’accord avec toi avec ce boulet dans les pieds les Américains vont se gausser pendant un moment de la grande Europe, ils vont pouvoir en faire des caricatures. Les blocs économiques ne peuvent marcher que pour certains intérêts communs, au-delà je n’y crois pas chaque politique nationale reprendra ses billes, mais devant l’omc ca a plus de poids, même si l’omc reste quand même inféodé. Quand on voit les problèmes de l’aléna avec les Etats-Unis qui ont essayé de faire un grand marché avec eux, mais avec des avantages au profit de l’oncle Sam comme des échanges avec le Canada d’ailleurs, il sont très libéro-protectionniste nos alliés d’outre atlantique.

C’est vrai que des fois je me laisse allé, que veux tu c’est ma petite récréation. smiley

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération