• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


soi même 23 février 12:49

@MAIBORODA : Sans aller jusqu’à parler de « sordide financement »,Pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit en réalité : pour information je vous joins un extrait du premier Chapitre de Wall Street et la Révolution bolchevique .

« 

Alors que le contrôle monopoliste des industries fut au départ l’objectif de JP Morgan et de John D. Rockefeller, vers la fin du XIXe siècle le cœur de Wall Street avait compris que la manière la plus sûre de gagner un monopole sans conteste était « d’entrer en politique » et de faire travailler la société pour les monopolistes et ce sous couvert du bien et de l’intérêt public. Cette stratégie fut détaillée en 1906 par Frederick C. Howe dans son ouvrage Confessions d’un monopoliste 1. Howe qui soit dit en passant, est aussi un personnage dans l’histoire de la révolution bolchevique.


Ainsi un emballage conceptuel alternatif des idées politiques et des systèmes politico-économiques serait de classifier le degré de liberté individuelle contre le degré de contrôle politique centralisé. Sous une telle classification, l’état providence industriel et le socialisme sont du même côté du spectre politique. C’est ainsi que l’on peut constater que les tentatives du contrôle monopoliste de la société peuvent être étiquetées différemment tout en ayant des traits de caractère très similaires.


En conséquence, une des barrières sur le chemin d’une compréhension naturel de l’histoire récente est la notion que tous les capitalistes sont les ennemis jurés et mortels de tous les marxistes et socialistes. Cette idée erronée trouve son origine avec Karl Marx et fut sans aucun doute très utile pour ses objectifs. En fait, cette idée est un non-sens total. Il y a eu une alliance continue, même si savamment dissimulée, entre les capitalistes politiques internationaux et les socialistes révolutionnaires internationaux et ce pour leur bénéfice mutuel. Cette alliance n’a pas été pour ainsi dire observée, parce que les historiens, mis à part quelques exceptions notoires, ont une conception marxiste inconsciente biaisée et sont ainsi enfermés dans le moule de l’impossibilité qu’une telle alliance existe.


Le lecteur large d’esprit doit garder deux choses à l’esprit : les capitalistes monopolistes sont les ennemis mortels de la libre-entreprise et de ses entrepreneurs et aussi, au vu de la faiblesse de la planification centrale du socialiste, l’état socialiste totalitaire est le marché captif parfait pour les capitalistes monopolistes si une alliance peut-être établie avec les tenants du pouvoir socialiste.


Supposons, car cela n’est qu’une hypothèse à ce stade, que les capitalistes monopolistes américains aient été capables de réduire une Russie sous planification socialiste au statut d’une colonie technique captive ? Ceci ne serait-il pas l’extension logique internationaliste du XXe siècle des monopoles sur les chemins de fer des Morgan et du trust pétrolier des Rockefeller de la fin du XIXe siècle aux États-Unis ?


Mis à part Gabriel Kolko, Murray Rothbard et les révisionnistes, les historiens n’ont pas du tout été alertes quant à une telle combinaison d’évènements. L’historiographie, à de rares exceptions près, a été forcée dans la dichotomie du capitaliste contre les socialistes. L’étude monumentale et lisible de George Kennan sur la révolution russe maintient de manière consistante cette fiction de la dualité entre Wall Street et le bolchevisme. 2 « La Russie quitte la guerre » n’a qu’une seule référence incidentelle à la firme J.P Morgan et aucune référence du tout concernant la Guaranty Trust Compagny ; et pourtant, ces deux organisations sont abondements mentionnées dans les dossiers du Département d’État (NdT : le ministère des affaires étrangères américain), auxquels de fréquentes références sont faites dans ce livre, toutes deux étant partie des preuves principales présentées ici. Aucun « banquier bolchevique » auto-incriminé, Olof Aschberg ni la banque Nya Banken de Stockholm ne sont mentionnés dans la recherche de Kennan et pourtant tous deux furent essentiels au financement du bolchevique. De plus, dans de circonstances mineures mais néanmoins cruciales, du moins cruciales pour notre développement, Kennan a commis des erreurs factuelles. Par exemple, Kennan cite le directeur de la banque de la réserve fédérale William Boyce Thompson comme quittant la Russie le 27 novembre 1917. Cette date de départ rendrait physiquement impossible la présence de Thompson à Petrograd le 2 décembre 1917 d’où il transmît un télégramme de demande d’un million de dollars à Morgan à New York. Thompson en fait quitta Petrograd le 4 décembre 1917, deux jours après avoir envoyé le télégramme à New York. Là encore, Kennan fait état du fait que le 30 novembre 1917, Trotsky fît un discours devant le soviet de Petrograd dans lequel il observa :

« Aujourd’hui, j’ai avec moi ici à l’institut Smolny, deux Américains en relation étroites avec les éléments capitalistes américains ». D’après Kennan, il est “difficile d’imaginer qui d’autre « auraient pu être » ces deux Américains, « sinon Robins et Grumberg ». En fait, Grumberg n’était pas américain mais russe. De plus, comme Thompson était toujours en Russie le 30 novembre 1917, alors les deux Américains qui visitèrent Trotsky étaient plus certainement Raymond Robins, un promoteur minier devenu bon samaritain et… Thompson de la réserve fédérale de New York. »




 





Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès