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jps (---.---.2.14) 1er avril 2007 11:25

Le déficit de la sécurité sociale subsiste et s’amplifiera très certainement à l’avenir car Douste-Blazy a cédé à la pression exercée par les syndicats libéraux qui revendiquaient la qualification de spécialiste, et, par la même d’obtenir, un alignement de leurs tarifs. Je rappelle qu’il n’y a jamais eu autant de médecins qu’aujourd’hui : 3,4 médecins par millier d’habitants en France en 2005. Les consultations médicales, entre 2002 et 2007, chez le médecin généraliste sont passées de 15 euros à 22 euros et vont prochainement passer à 23 euros. Cela représente une augmentation de salaire brut de 53 %. Entre 1990 et 2004, le revenu des médecins spécialistes a progressé trois fois plus vite que celui des salariés, ( Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie - Hcaam). L’augmentation est encore plus forte pour les médecins hospitaliers. Mon propos ne consiste pas à dire que « les médecins gagnent trop ». Seulement, force est de constater que les efforts sont portés, presque exclusivement, sur les assurés. (A voir absolument : http://poly-tics.over-blog.com/ )

Parallèlement, la France investit peu dans ses hôpitaux publics qui se détériorent, malgré le plan « hôpital 2007 ». Il y a en France dix fois moins d’appareils d’imagerie par résonance magnétique nucléaire qu’au Japon [...] le gouvernement actuel se glorifie de la maîtrise relative et heureuse des dépenses de santé en 2006 - elle dissimule des horreurs. En effet, l’essentiel de la réforme Douste-Blazy de 2004 a consisté à transférer 50 milliards d’euros aux générations futures. Et cela n’a pas suffi : la Cour des comptes estime avec bienveillance que le déficit cumulé de la Sécurité sociale en 2008 sera d’au moins 37 milliards d’euros. (Jean de Kervasdoué est ancien directeur des hôpitaux, professeur au CNAM - LeMonde). La réforme de l’hôpital, dans son organisation, son fonctionnement et son financement a été délaissée.

Le candidat sortant sarkozy ne dit mots à ce sujet. Je m’enquérais de ses propositions dans ce domaine sur son site et .... Son projet 15 points en 20 lignes sans aucun contenu ! Mais rien sur ce problème. Sarkozy n’a rien à cirer du sida (Association Aides - sur son site) et il en est de même des conditions de vie des personnes âgées (par contre thème que l’on retrouve chez olivier Besancenot) en général, sarkozy n’a rien cirer de la santé des Français. Au sujet des suicides sarkozy a une analyse déconcertante « Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable ». (entretien entre Sarkozy et Michel Onfray paru dans « Philosophie Magazine » en mars. ) Vous avez bien lu : Pour le candidat, et ancien Ministre d’Etat, Nicolas Sarkozy, les jeunes qui se suicident le font parce qu’ils sont dégénérés.

Sarkozy n’a pas une approche humaine mais uniquement comptable des problèmes de santé (alors que Ségolène prend en considération tous les aspects de ce problème comme énoncé ci-dessous). Ainsi sarkozy propose d’instaurer une « franchise » sur les dépenses de soins, une somme qui s’ajouterait au ticket modérateur. Cette mesure, qui s’ajoute aux déremboursements de médicaments, devrait contribuer à accroître la participation des patients. Nicolas Sarkozy se garde bien de porter atteinte aux intérêts des firmes pharmaceutiques : la franchise ne s’appliquera pas au médicament, car, selon Nicolas Sarkozy « ça pénalise celui qui est très malade » (« j’ai une question à vous poser », émission sur TF1 le 05 février 2007). Pas de doute, la France conserverait sous Nicolas Sarkozy sa première place mondiale en terme de consommation pharmaceutique.

Sarkozy veut instaurer une franchise dont le montant varie suivant le moment. Elle n’est plus de 100 euros, mais... représenterait seulement « les 5 ou 10 premiers euros de dépense de santé chaque année » (« j’ai une question à vous poser », émission sur TF1 le 05 février 2007), puis, dans un autre entretien, « quelques centimes à quelques euros pour chaque acte ». (Le Quotidien du Médecin, 9 février 2007). Difficile de le suivre soit il ment, soit il se contredit, soit il change...gageons que s’il est élu ce soit 200€. Ce projet est plus profond car il a pour but de discréditer l’utilité de ce système de mutualisation de la protection sociale et par suite de justifier une délégation au privé. Ce projet de forfait de sarkozy aurait pour effet de ne plus rembourser, par la sécurité sociale, 27% de la population, chaque année (tout en continuant à cotiser). Ceci « pourrait fragiliser l’adhésion à l’assurance-maladie obligatoire » et justifier une gestion dévolue entièrement aux assurances privées. C’est une manière discrète d’atteindre le but poursuivi de longue date par les néolibéraux (y compris pour Bayrou), tandis que dans leur ombre les assurances attendent de relever « les défis des réformes à venir qui transformeront profondément l’intervention des acteurs complémentaires, notamment dans le domaine de la santé, pour jouer un rôle de premier plan dans l’amélioration des services de protection sociale. »( Guillaume Sarkozy, président de Mederic, lors de sa prise de fonction de Délégué Général, le 1 Septembre 2006, www.mederic.com ). Voter lepen aurait les mêmes conséquences.

En ce qui concerne Bayrou, c’est toujours nébuleux. Il est toujours difficile de déceler du contenu dans ses propos. J’ai effectué la même démarche, à savoir déceler dans des propositions sur son site qui ne recèle aucun projet. Si ce n’est que, comme à l’accoutumée, Bayrou reprend les idées des uns et des autres, notamment les mesures à prendre contre la désertification médicale dans de nombreuses régions de Ségolène. Alors ma prospection s’est faite auprès des représentants de son parti. Jean-Marie Vanlerenberghe (UDF), estime qu’« il y a des marges de productivité à l’hôpital », autour de "5 milliards d’euros d’économies possibles (lesechos.fr 15 mars 2007). Cela promet ! Déjà que les services hospitaliers sont dans une situation financière tendue.

S’agissant de Ségolène, c’est limpide, empreint d’humanisme et cohérent, et ce, tout en préservant l’équilibre financier. Elle analyse toujours la situation avant de proposer des solutions issues de sa réflexion ou qu’elle a pu entendre, entre autres, lors des débats participatifs. « Pourquoi les familles modestes viennent-elles aux urgences des hôpitaux ? Parce que c’est gratuit et parce qu’elles sont reçues tout de suite. Il faut réinventer de nouvelles structures de santé, dans les quartiers. Elles sont à imaginer avec des médecins salariés. Il y a des médecins qui seraient favorables à un statut de salarié pour offrir la médecine au long cours, gratuite, pour les actes les plus élémentaires de la vie, et notamment pour la médecine des enfants. Il faut une médecine gratuite de proximité dans ce qu’on appelait autrefois des dispensaires, qu’il faudrait sans doute moderniser, dans des maisons de santé, avec des personnels médicaux diversifiés, un service de secrétariat commun. » (Premier débat télévisé pour l’investiture du Parti socialiste, LCP AN-Public Sénat, 17 octobre 2006) « Enfin, je souhaite soutenir les initiatives permettant d’améliorer la santé au travail. Je veillerais à encourager la prévention des maladies professionnelles et à accélérer les mesures d’indemnisation, notamment pour les malades de l’amiante » ". (Lettre à Nicolas Hulot, 5 janvier 2007).Ségolène veut la santé pour tous. Volonté qui a été décliné dans son pacte présidentiel de la manière suivante : - Mettre en œuvre un grand plan de prévention et de recherche des maladies graves (cancer, SIDA, Alzheimer, maladies orphelines) - Assurer de façon pérenne le financement de l’hôpital public, de manière à lui permettre de faire face à toutes ses missions en veillant à l’égalité territoriale d’accès aux soins- Créer des dispensaires, notamment dans les zones rurales- Mettre en œuvre une carte santé jeune 16/25 ans ouvrant droit à la gratuité d’une consultation par semestre. Contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans- Renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire, et de la médecine du travail- Réaffirmer le droit à la CMU et sanctionner les refus de soins- Adapter les conditions d’attribution de l’allocation adultes handicapés (AAH) aux maladies évolutives à diagnostic incertain- Mettre en œuvre une politique de lutte contre l’obésité, fondée sur une détection précoce et des actions sur la qualité de l’alimentation- Rétablir les moyens supprimés par la droite pour les soins aux étrangers en situation irrégulière, pour des raisons de dignité et de santé publique- Négocier avec les partenaires sociaux le renforcement de l’indépendance de la médecine du travail- Développer le maintien à domicile des personnes âgées.

Pour financer tout ceci Ségolène préconise une hausse de la CSG sur tous les revenus, alors que Sarkozy et Bayrou penchent plutôt en faveur d’une augmentation de la TVA. (lemonde.fr 12 mars 07)

A voir absolument : http://poly-tics.over-blog.com/


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