Il m’en vient à la pelle... des noms de domaines qui ne coûtent guère plus que quelques centimes de dollars à ceux qui les vendent à certaines SSII (Société de service en informatique) qui survendent des prestations informatiques de faible qualité à des prix défiants toute intelligence... Je ne parle pas des emballages marketing puant le faux open source, histoire de vendre de la prestation avariée de maintenance ensuite.
Pour les noms de domaines, le prix est avant tout la pour reguler... Si le prix était zéro tous les noms de domaines seraient squattés par des escrocs et l’internet aurait au final moins de valeur... Déja on peut malheureusement voir que nombre de noms de domaines sont squattés. On sait pourtant que si le prix était de 30 € par an, les noms de domaines seraient moins squattés et donc la ressource plus profitable pour tout le monde. Et de mémoire les boites qui vous revendent les noms de domaines les achétent pour environ 8$ par an.
Concernant les SSII nombre d’intervenant ont expliqués ici que les marges réelles sont plus proche de 10% quand on paie les locaux, le commercial, la secrétaire, la RH, les charges. Dans le cadre des marchés publics les frais d’avant vente sont délirants (pour répondre à l’appel d’offre) et il ne faut pas oublier que souvent les commerciaux ne gagnent pas (c’est la concurrence) et ont donc bossés pour rien. J’ai également eu le cas d’une grosse boite qui vendait ses consultants super cher mais le jour ou il y a eu une grosse panne chez un client ils ont affrétés un jet pour ramener un expert de son lieu de vacances puis le renvoyer en vacances après résolution du problème. Bien sur ca n’arrive que très rarement (sinon ils feraient faillite) mais le client paie aussi cette assurance. Celle de savoir que le jour ou ca merde vraiment son fournisseur saura faire le nécéssaire même si il doit y perdre de l’argent. Et ca avait beau être le jet privé du patron vu le prix de l’heure de vol je n’ose pas imaginer ce que ca a couté.
Si vous estimez que seule votre salaire rentre dans les couts de la SSII, je vous laisse vous mettre à votre compte comme indépendent. Vous allez comprendre rapidement que chercher les missions n’est pas une mince affaire. Et que pour un jour facturé 700 € vous passerez plusieurs jours à passer des coups de fil pour trouver vos clients.
Quand aux emballages marketing sur l’open source comme vous dites cela correspond la encore à un besoin. La plupart du temps la boite en face se branle comme de sa derniére chaussette que le soft soit open source ou non. Elle veut une solution à un problème particulier. Dans cette boite personne n’ira télécharger de lui-même le soft open source et encore moins se battre pour l’installer. La boite de service fait donc juste ca : Elle sert de filtre pour sélectionner les produits open-source qui marchent, fournit support et garantie.
La première bulle "internet" avait déjà éclaté, il y a quelques années... La seconde explosion n’est plus très loin. A force de prendre les clients pour des idiots congénitaux qui se refilent les contrats en héritage, certains apprentis-sorciers du commerce virtuel vont finir par tuer les batteries de poules aux œufs plaqués or.
Cela n’a rien à voir. En 2000 il y a eu une bulle essentiellement parce que les promesses des business plan de toutes les boites internet ont tardées à se matérialiser. Quand on regarde le monde en 2008 et les promesses de l’époque on se rend par contre compte que la plupart de ce qui avait été en 2000 s’est réalisé au final. Cela a juste pris du temps. Même la banque en ligne est en train de renaitre après l’échec fracassant de ZeBank.
Il y a une bulle classique au niveau du "user generated content" et du WEB 2.0 par contre. Mais cela concerne uniquement les acteurs du marché technologique et cela ne se propagera pas bien loin. En termes d’emplois c’est une goutte d’eau dans le marché. La bulle éclatera probablement lorsque les sources de financement vont se contracter.
Pour ce qui est du service tout tourne "normalement". Les boites utilisatrices ont des besoins et paient pour avoir des solutions. Souvent le prix d’une solution informatique est négligeable par rapport aux économies qu’elle fait réaliser.
Les compétences
Ca c’est un problème et il ne vient pas des SSII mais des formations. En France, tout le monde veut être chef dès la sortie d’école. Résultat vous avez sur le marché :
- Des écoles d’ingénieurs généraliste avec un verni informatique la derniére année. Notoirement insuffisant pour être convenablement formé. Par convenablement formé j’entends avoir un certain sentiment de de
- Il y a peu d’écoles spécialisées (à ma connaissance EPITA, ENSIMAG, et l’INSA de Lyon option informatique) et même dans celles ci une portion non négligeable des étudiants veut être chef de projet tout de suite et néglige l’apprentissage de la technique de peur de finir "pisseur de code". Or être un bon chef de projet c’est avant tout des qualités humaines, cela ne s’apprends pas si ce n’est sur le tas. Enfin je veux dire savoir faire un diagramme de Gantt, et appliquer une méthodologie ne fait pas de vous un bon chef de projet. Avoir le charisme naturel pour que vos équipes se donnent à 100% et tout faire pour qu’elles aient toujours tout ce qui faut pour bosser dans de bonnes conditions fait par contre de vous un bon chef de projet. Et le fait que votre équipe sache que si vous deviez "coder" à leur place vous le feriez vite et bien contribue (mais ne suffit pas) à imposer un certain respect.
- Et un chef de projet qui ne maitrise pas la technique est souvent réduit à faire un boulot de super-secrétaire. A l’inverse quelqu’un qui a les qualités humaines d’un chef de projet et qui maitrise la technique sera redoutable.
Bref on manque en France de vrais ingénieurs qui maitrisent la technique dans ses moindres détails. D’ou souvent du grand n’importe quoi dans la gestion des projets. Car on est loin d’être dans l’informatique à l’ére du taylorisme ou les employés sont interchangeable et un employé en vaut un autre (à moins bien sur de ne rien attendre de ses employés ce que font beaucoup de grosses SSII). A formation égale, il y a des gens qui font en deux heures ce que d’autres font en une journée. Ca c’est si on considére seulement le temps. Si on considére la maintenabilité, la propreté et la qualité du code produit le rapport est plus délirant encore.
La solution serait de mettre des cours d’algorithmique dés le lycée (au moins pour les filliéres scientifiques) avec des TP de programmation et une épreuve de programmation / algorithmique au bac. Cela permettrait aux formations de techniciens supérieur de ne pas partir de zéro et de même en école d’ingénieur. Et puis le bac étant un examen de "culture générale", l’algo parait assez nécéssaire dans la culture G d’un scientifique aujourd’hui.
L’entreprise cliente est elle composée de cons
Pourquoi paie t’elle une SSII à votre avis ? Parce que des services informatiques en interne il y en a eu des pléthoriques. Et que leur productivité était souvent lamentable. Plusieurs raisons à cela :
- Les technologies évoluent vite. L’employé de SSII passe de boite en boite et même si il n’est pas expert mais a juste suivi une formation c’est toujours moins pire que de devoir payer des formations en interne !
- La grosse boite évite un service de veille sur les technologies. Est ce que Java est un bon choix pour mon projet ? La SSII de par son expérience peut y répondre. Parce qu’elle s’est probablement déja plantée sur des projets J2EE avant et qu’elle connait les éceuils à éviter. Si je le fais en interne soit je bosse toujours avec le même technologie soit lorsque je teste une nouvelle techno je repars avec une expérience zéro.
- Moins de sclérose interne à l’organization. Le consultant qui arrive de l’extérieur pour 6 Mois a bossé ailleurs et arrive avec son expérience et ses idées qui peuvent être à l’opposé de la culture locale. Au final c’est bénéfique.
Ca c’était pour le coté positif des choses. Bien sur il y a certains pseudo managers qui se disent j’ai vendu un beau projet au patron avec un beau powerpoint, je paie une SSII très cher pour me l’implémenter. Il faut que la SSII soit prestigieuse et chère pour qu’on ne puisse lui reprocher ce choix. Le projet se doit alors d’être long et couteux. On fait de belles présentations à mi-parcours (le projet n’est pas encore en production donc personne ne s’appercevra que c’est un échec. Tant que l’interface est belle le surchef va applaudir) et on se débrouille pour bénéficier de la mobilité interne à mi-projet. Et après on dira du successeur (parfois savamment choisi) que c’est un gros boulet et qu’il a pas réussi à transformer l’éssai. Des parasites comme cela il y en a beaucoup dans les grosses boites. Si le "boulet" était en fait bon et qu’il a réussi à nettoyer pas mal des conneries du chef précédent celui-ci essaiera même parfois de négocier un comeback avec la direction pour dire : "vous avez vu je suis beau j’ai sauvé le projet". Cela fait partie du type de gens qu’il faut absolument repérer avant qu’ils ne fassent trop de dégats.
Intérim, Free-Lance
Une SSII est en quelque sorte une agence d’interim qui peut se permettre de payer vos inter-contrats parce que les compétences des informaticiens sont rares. Si il y avait réelement trop d’informaticiens effectivement on passerait par l’interim. Ca c’est pour la régie.
Mais la SSII via le mécanisme du forfait offre également des garanties contractuelles à ses clients. A l’échelle d’un grand compte et de gros projets c’est très important.
Free-Lance c’est un boulot très valorisant mais difficile. Le plus dur étant de devoir se former perpétuellement (ce que vous devez intégrer dans les couts de vos prestations). Sinon vous avez vite faits de vous retrouver inemployable car ne maitrisant pas la derniére technologie.
Et puis sur pas mal de projets on ne recrute pas 1 personne mais toute une équipe.
NB : Je n’ai jamais bossé directement en SSII, j’ai eu une expérience uniquement chez des éditeurs de logiciels et des boites de télécoms (mais certaines des boites de télécoms ou j’ai bossé vendaient du jour/homme). Aujourd’hui je suis à mon compte dans l’édition de logiciels mais nous vendons du service pour l’intégration du logiciel. Ce service est vendu a peu près de la même façon que celui d’une SSII classique. Et je peux vous assurer que ce n’est pas sur cette partie du boulot qu’on fait le gros de la marge.