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La dette publique

Par Vincent Perrier-Trudov (---.---.---.8) 4 juillet 2008 17:00
Vincent Perrier-Trudov

Bonjour,

Ce qui est étonnant - ou alors est-ce voulu - c’est que vous passez complètement à côté d’un élément majeur dans votre analyse.

La dette est la somme des montants empruntés chaque année pour couvrir les déficits publics successifs, qui sont ininterrompus depuis 30 ans.

L’Etat, contrairement aux particuliers ou aux entreprises n’a pas pu ou n’a pas voulu "réduire la voilure" lorsque les recettes sont devenues plus faibles que les dépenses.

L’Etat, depuis 30 ans, s’est refusé à adapter les dépenses au niveau des recettes qu’il encaissait. D’où les déficits sucessifs, et la dette qui s’est accumulée.

Cela est d’autant plus grave que ces dépenses maintenues l’ont été sur des dépenses de fonctionnement (frais de personnels pour contenir artificellement la progression du chômage), et de soutien à la consommation - au lieu de le faire dans l’investissement matériel et immatériel (recherche).

Le fait que l’Etat se doive de payer des intérêts sur la dette qu’il contracte n’est en rien la source de la dette elle-même. C’est un facteur du rechérissement de celle-ci.

La création de la monnaie sans intérêt par les Etats eux-mêmes ne peut pas empêcher l’inflation. L’exemple de l’Allemagne des années 1930 en est un formidable exemple. En créant lui-même sa monnaie sans restriction, le Gouvernement sera de toutes façons tenté d’émettre du papier plutôt que de prendre des mesures structurelles courageuses.

Même avec une dette énorme, avec une charge des intérêts colossale, on a du mal à prendre les décisions de modernisation du fonctionnement de l’Etat. Les rapports s’entassent depuis des années, on les enterre aussi sec. Et lorsqu’on se décide enfin à les mettre en oeuvre dans le cadre de la RGPP, on entend "ammoncellement de mesurettes", "casser le service public", etc. La plupart du temps provenant de personnes n’ayant pas cherché à comprendre ce qu’il y avait dedans.

Le fait de dire que le problème de la dette est de la faute des banques privées, des taux d’intérêt et de l’Union Européenne n’est qu’une manifestation supplémentaire du besoin irrépressible de certains de garder la tête dans le sable.

http://vincentperriertrudov.wordpress.com


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