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Arunah Arunah 3 janvier 2010 01:39

Madame Taubira a le regard et le venin de la vipère et devrait être traitée comme telle. Encore que ce soit désobligeant pour les vipères qui ne font qu’obéir à leur instinct animal...
Le rôle du Parlement en démocratie n’est pas de légiférer sur l’Histoire. Oui, ces lois mémorielles sont liberticides et n’honorent pas les parlementaires qui les ont votées.

Avons-nous oublié que les esclaves africains de la traite transatlantique étaient achetés aux roitelets et chefs de tribus locaux qui vendaient donc leurs frères de tribu ( le trafic d’êtres humains était pratiqué et accepté par tous, sans états d’âme ), achetés, donc mais non pas payés en argent sonnant et trébuchant mais en verroterie... Verroterie qui sert à faire de si beaux colliers... A cette époque, les ateliers de Murano tournaient à plein régime pour fournir une monnaie d’échange qui équivalait à « peanuts »... D’où le peu de valeur attaché à la vie d’un esclave... une poignée de perles de verre... Ces chefs de tribus n’hésitaient pas à capturer leurs voisins pour s’offrir des colliers de perles de couleur... Circonstance atténuante : certaines perles étaient utilisées pour orner des objets de culte ( certains fétiches anciens datant du temps de la traite, ceux ornés de perles de verre valent donc la liberté ou même la vie d’un ou plusieurs hommes... ).

Par ailleurs, il est inexact de dire que l’esclavage est un crime contre l’humanité, c’est une contrainte économique dans les sociétés où le numéraire est encore rare. Sur tous les continents, les vaincus à la guerre sont tués ou deviennent captifs et doivent travailler pour leurs vainqueurs. Sous toutes les latitudes. Trop heureux de ne pas finir dans la marmite... 
Ce qui a libéré les esclaves, c’est le progrès technique ( machines à récolter le coton, culture de la betterave sucrière pour remplacer la canne ) ou une évolution de l’économie ( afflux de numéraire ). La productivité des esclaves étant très basse, il est arrivé un moment où il revenait moins cher de payer en argent des saisonniers efficaces et productifs pour effectuer des travaux agricoles que de nourrir à vie un esclave et sa famille. D’où un revirement dans l’opinion. Les scrupules moraux ne sont apparus que lorsqu’on a été en mesure de trouver d’autres solutions techniques et économiques au problème de la main-d’oeuvre, d’ailleurs, ceux qui maîtrisaient ces solutions techniques sont subitement devenus abolitionnistes pour mettre des bâtons dans les roues à ceux qui n’avaient pas atteint le même niveau de développement ( en clair, Anglo-saxons contre Français, Portugais, etc... ). Il s’agit donc avant tout d’un problème économique.
 
Depuis les années soixante, le Niger a aboli l’esclavage plusieurs fois avec un succès des plus limités... Madame Taubira devrait plutôt consacrer ses efforts à améliorer la condition de ces pauvres bougres encore esclaves de nos jours plutôt que de réclamer des compensations pour des personnes mortes il y a plusieurs siècles...

Quant aux descendants d’esclaves, leur meilleure compensation n’est-elle pas la possession d’un passeport français, américain, britannique ou autre, pays où ils disposent d’un accès à l’éducation et d’un niveau de vie bien supérieur à celui du pays de leurs ancêtres ? Pour autant que je sache, peu nombreux sont ceux qui ont souhaité retourner dans le village ou la jungle de leurs ancêtres... Les rares exemples de retour au Libéria se sont soldés par des échecs cuisants... 

Ne mentionnons même pas l’esclavage moderne. Des enfants naissent avec les dettes de leur grand-pères, dettes à taux usuraires qui courent sur trois générations et sont donc impossibles à rembourser. Ils travailleront donc toute leur vie gratuitement pour payer leur propriétaire... 
Ne parlons pas non plus de tous les accessoires que nous utilisons couramment, ballons de football, chaussures de sport, textiles, etc... qui sont fabriqués dans des conditions qui devraient donner des cauchemars à Madame Taubira... 

Pour remettre les choses en perspective, le servage a été aboli en Russie au début des années 1860, soit bien après l’abolition de l’esclavage... et les conditions de vie des serfs russes étaient en tous points comparables à celles des esclaves noirs ( châtiments corporels, achats et ventes qui séparaient les membres d’une même famille... ). Voir à ce sujet « L’Impératrice et l’Abbé » d’Hélène Carrère d’Encausse. 

Voir aussi « Le Génocide voilé » Enquête historique - par Tidiane N’Dyaye - Gallimard 2008, sur la traite arabe et inter-africaine.

Mais il est clair que ce qu’on reproche à l’homme blanc, c’est son indéniable supériorité technique, technologique et économique. 


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