Burqa : Du parallèle avec le nudisme à celui sur certains artifices vestimentaires ou autres.
Certaines féministes proches des Indigènes de la
République défendent le droit de s’habiller librement, y compris en
burka. Soit ! La question n’est pas pour elles burka ou nudisme. Point
de question sur le relativisme culturel ou sur l’ordre symbolique
minimal à toute société.
A quoi on peut rétorquer : n’y a-t-il pas un
« totalitarisme textile » simple ou total (burqa) qui interdit de se
ballader nu ou en string, homme et femmes ? Si mais on va trouver cela
normal . Pourtant, logiquement autoriser la burka c’est à dire le
voilage complet devrait alors mutatis mutandis autoriser le dévoilage
total autrement dit le nudisme. Or la chose n’est pas pensée et encore
moins envisagée. C’est toute la question posée il y a peu sur ce site
avec : Relativisme culturel : Voile religieux intégral et nudisme ;
en somme, se voiler et se dévoiler totalement en public . Ou alors on
pose démocratiquement des règles restrictives minimales, celles
compatibles avec le libéralisme des mœurs des sociétés occidentales.
Changement de question !
Pour éviter de poser cette question, on en trouve une
autre. Laquelle ? "Et pourquoi pas interdire la cravate et les talons
aiguilles ?" Elles ont ajouté le rouge à lèvre. En somme les artifices
de séduction ou de position sociale. Comme s’il y avait équivalence !
La question est posée mais il n’y a pas la réponse que l’on devine.
Pour les cadres ces accessoires seraient des obligations contraignantes.
Pesons les contraintes ! Match « cravate et rouge à lèvre » contre « voile partiel ou intégral ».
Pas au point de se faire baffer pour défaut de "rouge à
lèvre" par le mari ou le patron alors qu’un soulèvement de voile peut
plus facilement susciter une telle réaction. C’est un fait avéré.
Dernier exemple connu : sur un parking ensoleillé à Marseille !
Certes la violence intra-familliale et dans
l’entreprise est généralisée mais il ne s’agit pas de cela ici. Encore
que la dite généralisation de cette violence masque sa forte présence
dans certaines couches sociales et sa faible présence dans d’autres.
Mais passons. Il s’agit ici de répondre à une défense spécifique et
paradoxale de féministes qui, en principe, ignorent moins que les
autres les pesanteurs lourdes des appareils religieux masculins dans
l’histoire.
Autre différence : Les cadres se baladent « décontracté »
après le travail mais pas les musulmanes voilées ou hyper voilées
(intégral et en noir) . Idem pour les femmes cadres. Par ailleurs,
certains mettent des cravates sans y être obligé, pour le plaisir. Mais
ce n’est jamais constant. Idem pour les femmes.
Un bon indice de liberté n’est-il pas alors de mettre
une cravate « si je veux », des chaussures à talons et du rouge à lèvre
un jour mais pas un autre. Autrement dit pour qui est relativement
libre l’usage de ces artifices est variable selon le désir de bonne
présentation de soi de chacun en fonction du contexte. Ce n’est pas
comme le voile religieux partiel ou intégral une tenue obligatoire .
Car dès que la musulmane pro-voile sort de chez elle, elle doit être
voilée. Ce n’est pas un jour oui et un jour non. Ou alors c’est une
affaire de pure provocation.
Dernier mot sur le sujet : les musulmanes se sont pas
toutes adeptes du voile islamique qu’il soit simple ou intégral. Le
problème est alors la pression, celle des pères et des jeunes hommes.
Après la stigmatisation des musulmanes occidentalisées (traitées de
« putes ») vient les agressions et les viols. Ceux-là ne sont pas plus
tolérables que les autres. Il y a sans doute accord là-dessus. Mais la
question n’est pas là . L’idéologie sexiste simpliste de la
respectabilité mise par l’islam - et pas que l’islamisme radical même
si ce n’est pas tout l’islam - sur les musulmanes voilées et
corrélativement de la dépravation supposée des femmes occidentales ou
occidentalisées pousse à ces viols qui viennent se rajouter à tous les
autres.
Un combat féministe se redéploie avec un mélange de
particularisme et d’universalité. Il va nécessairement toucher les
autres questions de l’inégalité entre hommes et femmes partout dans le
monde en crise.
Christian DELARUE