• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


En réponse à :


Fredon 8 février 2010 08:15

@oncle archibald
Le propos de madame Sampéré n’est pas de considérer que tout est blanc dans les écoles publiques et noir dans les écoles privées, catholiques ou pas.
Pas plus que de brocarder une religion en particulier.
Mais d’attirer l’attention sur une réalité qui porte préjudice à la qualité de l’enseignement public et par conséquent aux enfants, en premier lieu des milieux populaires, le sous-financement de l’Education nationale qui se traduit par la suppression de postes donc la surcharge des classes et de mauvaises conditions d’enseignement et la possibilité pour d’autres de bénéficier d’un enseignement privé sous contrat, confessionnel ou non, financé par les deniers publics, indépendamment de toute carte scolaire et pas nécessairement meilleur d’ailleurs !
Cette dualité organisée par la droite se trouve encore renforcée par la volonté de Sarkozy de favoriser l’enseignement privé au détriment de l’école publique, pour des raisons économiques et idéologiques.
Il ne s’agit nullement de remettre en question la liberté de conscience qui implique entre autre, le droit de pratiquer la religion de son choix.
C’est la laïcité qui est bafouée, elle repose sur la séparation des Eglises et de l’Etat, l’Etat ayant l’obligation d’assurer à tous les enfants jusqu’à 16 ans un enseignement gratuit et obligatoire, le même pour tous, sous son seul contrôle. Donc sans qu’il soit soumis à l’influence d’une religion ou d’une quelconque idéologie.
La liberté pour des parents de créer des écoles parallèles ne pouvant se concevoir, pour un laïque, que hors de tout financement public.
Telle n’est pas la situation en France, cinquante ans après la la loi Debré qui légalisait le financement public des écoles privées sous contrat d’association sur les mêmes bases que les écoles publiques.
La loi Carle du 10/12/08 va encore plus loin : elle instaure la parité de financement pour les écoles privées accueillant des élèves hors de leur commune de résidence par le biais d’un chèque éducation imposé aux communes de résidence !
Une semaine plus tard, la République française et le Vatican signaient un accord sur l’enseignement supérieur, entré en vigueur le 1er mars 2009, qui prévoit « la reconnaissance mutuelle des périodes d’études, des grades et des diplômes de l’enseignement supérieur délivrés sous l’autorité compétente de l’une des parties. »
Que devient l’indépendance de l’Etat ? Et l’indépendance des religions par rapport à l’Etat ?
Que devient la laïcité ?
Madame Sampéré a rappelé l’article 1 de la loi de 1905 :« La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » On en est assez loin. En revanche on se rapproche de la loi Falloux de 1850 !
Un recours en Conseil d’Etat a été engagé par de nombreuses associations laïques qui demandent l’abrogation des lois Debré, Carle et de l’accord Vatican-Kouchner.
Faudrait-il laisser faire et ne pas affronter cette réalité ?
René Fredon


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON


Palmarès