Cher auteur,
Onfray ne « fait peur » à personne.
Les critiques portées sur son livre n’ont rien à voir avec un quelconque excorcisme, ou un procès en sorcellerie ; faudrait voir à ne pas tout confondre.
Et, par ailleurs, quand vous écrive ceci : (je cite) :
Le premier à avoir “déboulonné” Freud est en effet le psychiatre italien Massimo Fagioli qui, dès les années ‘70, avait prononcé et démontré la fameuse phrase “Freud est un imbécile !”. Celle-ci n’était pas une boutade mais le résultat d’une théorie psychiatrique originale, aux antipodes de la vision freudienne d’un nouveau-né “pervers polymorphe” : pour le psychiatre italien l’homme naît sain. S’il devait développer une maladie mentale, c’est à cause de rapports familiaux et interhumains violents et destructifs. Pour la même raison, il peut en guérir grâce au rapport avec un thérapeute affectif
ça démontre, de votre part, et de celle, probablement du psychiatre que vous évoquez, une grande méconnaissance de l’oeuvre freudienne.
Car si Freud décrit, effectivement, l’enfant comme un « pervers polymorphe » (c’est à dire attiré par toutes les sources de plaisir, indifféremment), il n’a jamais prétendu autre chose que cela vient des rapports familiaux, et n’a jamais décrit l’enfant comme « pervers » à la naissance.
Et qu’il puisse en guérir grâce à un rapport avec un thérapeute est, exactement, ce qu’en dit Freud, et les freudiens à sa suite.
Il faut être sacrément peu au courant des choses de la thérapie pour imaginer que Freud aurait pu prescrire à un enfant de « s’allonger sur un divan » ; comme quoi, à l’instar de votre psychiatre, je dirais, s’il a prétendu celà, que « c’est un imbécile ».
Finalement, votre article présente le même défaut que le livre d’ONfray ; un survol rapide de l’oeuvre de Freud, un attachement aux anecdotes, et une méconnaissance profonde de la théorie et de la pratique freudienne.
Ce n’est pas comme ça que vous pourrez rendre service ni à Onfray, ni à son livre.
Dommage.