Sur RTL, le ministre de l’Industrie Éric Besson a reconnu
qu’en cas de canicule cet été, la France pourrait avoir des
problèmes de fourniture d’électricité.
« Les 58 réacteurs nucléaires français ne sont adaptés ni à
la consommation réelle d’électricité, ni aux évènements
climatiques extrêmes, sécheresse, canicule, pics de froid, que
favorisent les changements climatiques, déclare Sophia
Majnoni, chargée de campagne Nucléaire pour Greenpeace. Le
nucléaire est une énergie du passé, en ne remettant pas en
question ce choix, la France devient le pays has been de
l’énergie. »
Canicule, sécheresse : le nucléaire totalement inadapté
Afin de refroidir les réacteurs nucléaires, les besoins en eau
sont énormes. Dans des conditions estivales et en cas de
grosse chaleur, ces importants besoins en eau posent des
problèmes. La température élevée des rejets des centrales dans
les cours d’eau entraîne des dérèglements de l’écosystème. Et
si le débit du cours d’eau sur lequel se trouve la centrale
devient trop faible, le réacteur ne peut plus être refroidi
correctement et cela oblige l’électricien à arrêter la
production.
« Le discours d’Éric Besson est tout à fait alarmant,
commente Sophia Majnoni. Sans importer de l’électricité
produite en Allemagne, la France ne peut pas faire face à une
canicule et un épisode de sécheresse. Et l’hiver, lors des
pics de froid, c’est la même chose : on importe de
l’électricité pour satisfaire un pic de consommation
correspondant à nos besoins de chauffage. Il est temps que la
France ouvre les yeux et abandonne cette énergie inefficace,
dangereuse et ingérable. »
Prix, CO2, indépendance : la France du nucléaire est perdante
Au-delà de la question du risque liée au nucléaire,
l’utilisation de cette énergie est un vrai casse-tête pour la
France. Les centrales françaises produisent trop d’électricité
dans les périodes de consommation normales et pas assez dans
les périodes de pointe. Cela donne lieu à un jeu
d’import-export dans lequel la France est perdante depuis des
années. Ainsi, pour l’année 2010, la balance commerciale
française sur ces échanges est déficitaire de 477 millions
d’euros. Cette même année la France a exporté en Allemagne 9,4
TWh d’électricité, pour des importations se montant à 16,1 TWh
(source : Bilan électrique français 2010 de RTE).
« Ces chiffres cassent plusieurs mythes associés au nucléaire
: le faible coût supposé de l’électricité française,
l’indépendance énergétique et la solution aux dérèglements
climatiques, analyse Sophia Majnoni. La France a besoin de
l’électricité de ses voisins pour faire face aux pics de
consommation et cela lui coûte très cher. Qui plus est,
l’électricité que nous importons est la plupart du temps très
carbonée (principalement issue de centrales à charbon). La
vraie hypocrisie est là : la France se targue ne pas émettre
de CO2 pour produire de l’électricité, mais elle en importe de
pays qui émettent énormément de gaz à effet de serre ! »
À Fukushima, l’accident est en cours depuis trois mois
A Fukushima, la contamination continue et les populations
restent mal protégées. Les mesures prises ne suffisent pas, il
y a encore des enfants exposés à des niveaux de radioactivité
élevés. Hier Greenpeace dévoilait que des échantillons pris
dans des aires de jeux pour enfants présentaient un taux de
radioactivité 40 fois supérieur à la normale. Greenpeace
demande au gouvernement japonais d’évacuer d’urgence les
populations concernées.
En soutien aux Japonais, Greenpeace appelle à un
rassemblement pour demander l’abandon de l’énergie nucléaire
demain à Paris à 14h30 place de la République et entre 16h et
20h place de l’hôtel de ville pour des prises de paroles et
des concerts.