Pourquoi fait-il toujours commencer par dire non ?
"Penser,
c’est dire non. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui
s’endort ;
au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au
monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n’est que l’apparence. En tous ces
cas-là, c’est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt
l’heureux acquiescement. Elle se sépare d’elle-même. Elle combat
contre elle-même. Il n’y a pas au monde d’autre combat. Ce qui fait que
le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards,
ses chocs détournés, c’est que je consens, c’est que je ne cherche
pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c’est
que je respecte au lieu d’examiner. Même une doctrine
vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C’est par croire que
les hommes sont esclaves. Réfléchir, c’est nier ce que l’on croit. Qui
croit ne sait même plus ce qu’il croit. Qui se contente
de sa pensée ne pense plus rien."
ALAIN, Propos sur les pouvoirs, L’homme devant l’apparence (1924), Gallimard, Folio essais, 1985, p. 351.
Comment faire face ? Le savoir dire non en 7 étapes.