Il faut dire que la propagande à propos du danger nucléaire iranien n’est
qu’un faux-semblant qui cache autre chose, d’autant plus que celui qui
s’en dit le plus préoccupé-menacé est justement le seul qui ait utilisé
l’arme atomique deux fois plutôt qu’une (Hiroshima et Nagasaki) et
qu’il menace encore une fois de l’utiliser contre l’Iran.
Qui plus est, les États-Unis possèdent 2 200 têtes
nucléaires et 800 vecteurs, de quoi détruire la planète toute entière ). Que feront les deux ou trois bombes nucléaires iraniennes – à
supposer qu’elles existent – montées sur des missiles Shihab-3 – 2
200 km de portée maximum – alors que les États-Unis se situent à 11 000
kilomètres du Golfe persique ? Moins d’une heure après une prétendue
attaque iranienne, mille bombes nucléaires américaines pulvériseraient
l’Iran ne laissant plus une âme qui vive (77 millions d’habitants).
Espérons que nous en avons terminé avec cette fadaise de la menace
nucléaire iranienne tout juste bonne à effrayer les retraités des salons
de thé.
Mais alors
qu’est-ce qui justifie l’acrimonie états-unienne à l’encontre de la
destinée iranienne ?
L’Iran a
commis le crime de lèse-majesté de ne pas trembler quand Georges W. Bush
l’a désigné à la vindicte de sa ‘communauté internationale’. L’Iran a
l’outrecuidance de développer sa propre politique nationale
plénipotentiaire.
L’Iran a le culot de vendre son pétrole à la Chine en
devises souveraines iraniennes. L’Iran s’approvisionne en armement
auprès de la Russie honnie. L’Iran a choisi le camp de l’impérialisme
chinois – l’ennemi irrédentiste de l’impérialisme américain.
Enfin,
l’Iran a le mauvais goût de posséder une frontière sur le détroit
d’Ormuz par où transite près de 35 à 40 % du pétrole mondial, point de
passage pétrolier que les États-Unis entendent bien entraver ou faire
entraver ! Pour que ce plan machiavélique fonctionne, les États-Unis
doivent cependant colmater au moins deux brèches dans le dispositif de
verrouillage pétrolier de la région du Golfe persique :
- Le projet
Nabucco, un oléoduc irano-irako-syrien destiné à acheminer le pétrole
iranien et irakien jusqu’en Méditerranée via le territoire syrien.
- Le
projet d’oléoduc des Émirats Arabes Unis destiné à contourner le
détroit d’Ormuz pour l’acheminer directement jusqu’au port de Foujeirah ( Emirat Arabes Unis).
Pour ce dernier oléoduc ce ne sera pas compliqué ; les Émirats
Arabes Unis sont sous protectorat américain et leur pétrole sera
acheminé aux clients que Washington aura accrédités .Mais pour le premier rien n’est assuré et la subversion récemment entreprise
contre la Syrie vise justement le contrôle de cet oléoduc.
Notons que si le détroit d’Ormuz est interdit à la
navigation, c’est la Chine et l’Europe qui seront privées de carburant
et non les États-Unis qui s’approvisionnent en Arabie Saoudie sans avoir à passer par le détroit d’Ormuz .
L’agression
américaine contre la Syrie et l’Iran s’inscrit comme une étape de la
guerre que se livrent les trois grands camps de l’impérialisme mondial –
le camp états-unien – le camp de l’Euroland allié au camp américain
jusqu’au 8 décembre dernier et dont il tente dorénavant de s’éloigner
pour ne pas couler avec le dollar plombé – et le camp chinois, la
superpuissance industrielle montante à laquelle sont associées l’Iran,
la Syrie et la Russie.
Dans leur contrôle du monde les
Américains souhaitent simplement détruire les infrastructures urbaines,
les infrastructures portuaires et les raffineries iraniennes de façon à
punir ce pays pour sa dissidence ; faire un exemple auprès de tous les
autres pays en voie de développement qui caressent des rêves
d’indépendance nationale.
Les
États-Unis ne cherchent pas à s’emparer du pétrole iranien, ils en
seraient bien incapables puisqu’ils ne songent nullement à débarquer
des détachements de Marines et à s’installer à Téhéran. Quand on est
impuissant à mater les talibans afghans, on ne songe même pas à occuper
l’Iran.
Les
États-Unis cherchent à provoquer une crise économique,
financière, monétaire mondiale qui frappera toutes les puissances
impérialistes, dépréciera leurs monnaies (le Yuan et l’Euro – le
Dollar, lui s’en va déjà à vau-l’eau) et les rendront dépendantes des
marchés boursiers et des ressources énergétiques du monde anglo-saxon
(États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada) où la valeur des
entreprises pétrolières s’élèvera de façon vertigineuse en même temps
que la valeur de l’or noir (Golfe du Mexique, Alaska, Sables bitumineux
de l’Alberta et Mer du Nord).
Ce coup de
« poker » démentiel et meurtrier ne provoquera pas la ‘troisième guerre
mondiale’ – les deux autres blocs impérialistes concurrents ne sont pas
encore prêts à engager un affrontement militaire contre la
superpuissance nucléaire américaine représentant la moitié des dépenses
militaires de la planète.
Les
peuples du monde souffriront énormément de cette crise économique
profonde accompagnée d’une inflation importante, d’une hausse du
chômage déjà catastrophique, d’une déprime boursière, de l’effondrement
des hedge funds et des caisses de retraite des travailleurs ; cette
crise enclenchera des soulèvements ouvriers, des grèves et des
occupations d’usines jalonneront la guerre de classe – travail contre
capital – sur le front économique que les opportunistes petits-bourgeois
auront mission de liquider en proposant divers slogans réformistes
pour sauver le système capitaliste.
L’attaque
américano-israélienne contre l’Iran n’aura pas lieu en 2012 – année
d’élection américaine. Le sort de la Syrie doit d’abord être tranché ;
pour Méphisto Obama et pour le Minotaure Netanyahu rien ne presse.
Après l’élection il sera temps d’ouvrir les portes de l’enfer et de
libérer les Cerbères des Guerres puniques contemporaines.
Un indice
pour ceux qu’il presse de savoir quand cela surviendra : il suffit de
compter les grands navires de guerre américains qui mouillent dans le
Golfe persique ; quand il n’en restera plus aucun, l’agression États-unienne sioniste tonnera dans la fournaise persane.