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« Oh Les Beaux Jours » de Catherine Frot à La Madeleine

Par easy (---.---.42.174) 9 février 2012 15:41
easy

Whahhh, la première pièce que j’ai vue en arrivant en France.
Avé la Madeleine et à la gare d’Orsay

Ca et Equus, quand on est trop jeune, pas le moins du monde préparé à cette forme de spectacle, c’est seulement étrange. Ca produit des émotions certes, mais elles sont brutes de brutes et ne savent pas du tout où s’installer.

Ca m’amène à faire la réflexion qu’en France, peut-être plus qu’ailleurs, les adultes ont tendance à envoyer les enfants voir des pièces très étranges trop jeunes.

Comme je descendais juste de mon arbre (où je savais très bien où ranger les fortes émotions résultant de la guerre et du racisme), le trauma avait été particulièrement fort devant ces émotions que me provoquaient le théâtre français et dont je ne savais que faire.
 
J’ai donc le souci que les jeunes Français, même beaucoup plus avertis que moi à l’époque, soient, même dans une moindre mesure, traumatisés pour rien.

Car ce qu’il y a d’étrange avec le théâtre occidental, c’est qu’on voit des scènes terrifiantes et qu’autour de soi chacun continue de mastiquer sa pizza aux oignons. Gamin, on se retrouve donc avec un flot d’émotions embarrassantes dont on ne peut pas parler puisque les autres ne paraissent pas émus ou semblent émus d’une toute autre manière.

Exemple.
Vers 8 ans, j’ai vu de vraies scènes où des coupables de je ne sais quoi étaient enterrés jusqu’au cou. Puis décapités au bulldozer ou écrasés par un éléphant. Bon, là je vois le public Gloupssser et je range donc cette émotion dans la même case que lui.

Et quand je voyais du théâtre, les acteurs portaient des masques qui faisaient donc faux.

Puis, quelques années après, je me retrouve devant une femme sans masque, comme ma mère, enterrée jusqu’au cou, devant un public ravi, pas Gloupssé du tout, qui sirote un café à l’entracte..Je surveille l’arrivée d’un bulldozer...d’un éléphant... moi pas comprendre...Ouh la la !

M’enfin elle semble encore bien vivante à la fin du spectacle quand tout le monde l’applaudit.
Les gens sont contents
Moi je vomis dans mon ventre.

Et Equus, je te dis pas.

M’enfin même les pièces de Racine, de Corneille, c’est dur dur dur pour le spectateur puceau du théâtre.

Il y a les Petit Poucet et Chaperon rouge qui éduquent l’enfant à des choses très dures et à ranger les émotions qui en surgissent dans les bons tiroirs que lui indiquent ses parents. Mais en dépit de cette préparation, il faut encore une autre préparation pour voir certaines pièces de théâtre.


A vous, archi blasés du théâtre, ce que je vous raconte là doit vous paraître hors propos, surréaliste et martien mais c’était bien mon lot.


Rassurez-vous, ca fait tout de même un moment maintenant que je vis le théâtre comme vous.

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