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Par lloyd henreid (---.---.---.240) 18 février 2012 02:36
lloyd henreid

Lol okay, c’est beau de s’ériger en gardiens de la paix dans le monde (un peu comme les States ?). On va faire de jolies banderoles et défiler et paf, ’y aura plus de guerres ! Nos soldats mais également ceux de nos ennemis, émus, déposeront les armes et se feront tout plein de bisous. Et voilà, facile : il suffisait d’y penser !

Blague à part, c’est effectivement un bel idéal. D’ailleurs il doit avoir des adeptes depuis quelque chose comme 2000 ans. Sauf que la guerre de nos jours est (comme l’économie et tout le reste) un phénomène global qui se branle pas mal (comme le reste) de ce qu’on pense et de ce que sont supposés exprimer nos suffrages lors de l’élection qui se profile (et qui, sauf si je n’ai rien compris, reste le thème de cet article). Il n’y a qu’à voir la façon qu’ont les « analystes » de définir le vote « extrême » (de gauche ou de droite) : un vote « sanction », « rejet », rien de plus. Allons, c’est inconcevable qu’on puisse adhérer pour de vrai aux idées d’un candidat autre qu’UMPS ! TINA. CQFD.

M’est avis que si l’on veut changer les choses en Iran, en Israël et sur Mars, faudrait d’abord voir à balayer devant notre porte. Mélenchon dit peut-être une connerie de temps à autre (il faut bien trouver ou créer des coquilles pour l’embarrasser), mais je n’en vois guère d’autres qui aient le « courage » (comme dirait le nain) de dire que « les États-Unis sont une puissance paranoïaque qui menace la liberté du monde » et que ce qui se passe chez les autres, en gros, c’est pas nos oignons. Commençons par bouter l’élite politico-économique corrompue qui se goinfre tel un ogre des vies perdues par « nos » soldats et par « leurs » civils, et ensuite on verra ce qu’on peut faire (par le dialogue, pas par les armes) pour aider les peuples en souffrance à travers le monde.

M’étonnerait qu’on y arrive, mais si vous aspirez à cet idéal de paix, commencez par respecter la conviction d’un homme qui prêche avec vigueur, contre vents et marée, pour les valeurs d’égalité et de fraternité que tous ses rivaux, citoyens compris, semblent avoir oubliées. Et ce, malgré des « errances », des « fautes » que vous faites mine de nous révéler, mais que lui-même admet sans détour contrairement à d’autres.

Au passage et à méditer, sa réponse aux journalistes qui le disaient « impatient d’entrer en campagne ». Tellement drôle, ce discours quant à l’opportunisme d’un homme qui quitte l’un des partis les plus puissants (en clair, l’un des deux seuls que les médias jugent éligibles) pour se terrer dans un mouvement de gauche « extrême » sans avenir et (probablement) sans possibilité de retour. L’image du Christ en croix peut prêter à sourire, mais ça veut dire quelque chose : le chemin qu’il fait là pour porter les valeurs qu’il défend n’est pas de ceux qu’on rebrousse facilement. Extrême à vie, c’est le genre d’odeur qui vous colle à la peau. Et quand bien même ces valeurs ne seraient pas les siennes, et « seulement » celles de quoi... 10% d’électeurs ? — pour moi son « sacrifice » n’en serait que plus noble et profondément démocratique. Et ça fait du bien quand tous les autres s’en branlent.

Je serai peut-être déçu, seul l’avenir le dira — mais pour le coup cet homme me redonne foi en la politique.

Merci de parler pour ceux que l’Europe et l’UMPS réduisent au silence.



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