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AgoraVox le média citoyen

La liberté de la presse : ne l’oublions pas

Par VDJ (---.---.46.251) 1er mars 2012 01:44
VDJ

L’UNESCO et le « symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)

http://www.legrandsoir.info/l-unesc...

Extrait : 

RSF cultive un amalgame inacceptable : celle d’une « liberté de la presse » qui constituerait un garant de la démocratie. Comme si « la liberté de la distribution » servait aussi bien l’épicier du coin que l’hypermarché local. Comme si la « liberté de l’industrie alimentaire » servait aussi bien le modeste agriculteur bio que le géant de l’agroalimentaire.

Et où commence et où s’arrête cette fameuse liberté de la presse ? La liberté de la presse inclut-elle les appels au coup d’état, comme au Venezuela ? La liberté de la presse inclut-elle le silence ? La liberté de la presse inclut-elle la censure et l’auto-censure ? La liberté de la presse inclut-elle la monopolisation des médias par une minorité ? La liberté de la presse inclut-elle le foutage de gueule quotidien qu’on nous impose au journal de 20 H sur les chaînes nationales payées avec l’argent des contribuables ? En réalité, la « liberté de la presse » n’est qu’un moyen poli pour parler de la liberté des propriétaires des moyens de communication.

Nous vivons un monde étrange où sont confondues la liberté de la presse et la liberté d’expression. Les deux sont-elles liées ? Absolument pas. Lorsque la presse « en toute liberté » décide de ce qui est raisonnable ou pas, lorsque la presse « en toute liberté » ne donne la parole qu’à certains et toujours les mêmes, cette liberté de la presse n’est ni le moteur ni la garante de ma liberté d’expression, mais son fossoyeur.

Nous vivons un monde étrange où sont confondus aussi la liberté de la presse et le droit à l’information. Les deux sont-ils liés ? Absolument pas. Lorsque la presse « en toute liberté » décide de parler de la neige en hiver en France et pas du coup d’Etat au Honduras, lorsque la presse « en toute liberté » décide de faire silence, ou « oeuvre de non information », là non plus, la presse n’est aucunement la garante de « mon droit à l’information », mais son obstacle principal.

La liberté de la presse est la meilleure garante de la démocratie, disent-ils. Nous vivons un monde étrange où sont confondues liberté de la presse et démocratie. Les deux sont-ils liés ? Absolument pas. Lorsque la presse « en toute liberté » participe aux coups d’état, comme au Venezuela, au Chili, aux Etats-Unis en général, lorsque la presse « en toute liberté » décide qu’il faut voter « oui » au référendum sur la Constitution européenne, cette liberté de la presse n’est absolument pas la garante de la démocratie, mais son principal ennemi. Le problème est le suivant : que se passe-t-il lorsque la censure - ou la non-information - est le fruit de la presse elle-même ? C’est d’autant plus vrai que le contraire de « liberté » n’est pas « censure » (comme certains voudraient nous le faire croire), mais « contrôle ». Contrôle qui par ailleurs existe déjà : celui exercé par les actionnaires des sociétés de presse. C’est pourtant simple : le contrôle de facto de l’information par une minorité n’a rien à voir avec la démocratie.

Alors je vous propose l’idée suivante : « La possibilité de s’informer est la meilleure garante de la démocratie. » Cette idée induit beaucoup de choses. Par exemple, qu’une véritable démocratie ne saurait exister sérieusement sans une démocratisation de la presse. La liberté de la presse ne garantit aucunement la démocratie. La presse ne fait au mieux que refléter l’état de la démocratie. Il arrive même que la presse soit le principal prédateur de la démocratie.

Défendre la liberté de la presse, c’est défendre une industrie. Défendre le droit à l’information, c’est défendre une idée. Idée mise à mal justement par l’industrie de l’information elle-même. Alors ne nous trompons pas de combat, comme certains nous y invitent...

Si s’informer est un droit pour tout citoyen, alors informer est un « devoir » pour la presse, pas une « liberté ». Ce n’est donc pas la liberté de la presse qui garantit de la démocratie, mais la (véritable) démocratie qui garantit la liberté (réelle) de la presse.

Ne leur en déplaise, la « liberté de la presse » a bien des limites. La liberté de la presse s’arrête exactement là où commence mon droit à une véritable information.

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