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18 Janvier : début de soirée avec C. Bartolone...

18h30. La salle est bondée... 

Au premier rang sont assis quelques conseillers généraux et les maires des localités voisines. 

A l'avant, une tribune improvisée sur laquelle trône un micro... 

Mes amis et moi parvenons à trouver quelques rares sièges inoccupés dans les derniers rangs. 

La députée P.S. de la circonscription, après avoir salué quelques membres dans l'assistance, prend place derrière le micro et entame son discours de bienvenue. 

Elle se dit honorée de la présence du président de l'Assemblée Nationale et est heureuse de constater que, malgré les conditions de circulation difficiles, nombre de sympathisants ont répondu à son invitation. Remerciements aux militants qui se sont dépensés sans compter pendant la campagne électorale, etc.... Classique. 

Une dizaine de minutes plus tard, un homme de taille modeste, à l'allure distinguée dans un costume de belle coupe, la remplace derrière le micro : Claude Bartolone. 

Là encore, discours sans surprise et attendu. Le pays, dirigé par un gouvernement scrupuleux de maintenir les acquis sociaux tout en ne perdant pas de vue la compétitivité, garante des emplois à venir, respect de la devise éternelle : liberté, égalité, fraternité ... 

Ici, nous tiquons un peu. 

Nous attendons que le discours s'achève, espérant pouvoir alors interpeller l'orateur. 

Las, à peine vient-il de prononcer sa dernière phrase que l'assistance se lève immédiatement avec un bel ensemble pour applaudir chaleureusement. 

Léger moment de dépit dans nos rangs... 

L'homme et son égérie locale se dirigent maintenant vers le buffet où trônent petits fours et coupes, suivis par la docile cohorte. 

Nous faisons de même et parvenons à nous frayer un chemin vers l'illustre invité qui porte présentement une coupe à ses lèvres. 

C'est le moment choisi par notre ami David qui se place devant lui pour commencer à lire la missive préparée. Il parle posément d'une voix douce. Bartolone, un moment surpris, l'écoutemaintenant, imperturbable, tout comme les quelques personnes à proximité. 

Les rares journalistes ont déjà levé le camp. Nous sentons l'échec de notre démarche. Notre message devient confidentiel, la foule, derrière, n'entendant rien. 

L'un d'entre nous saisit alors la feuille des mains de notre ami et enchaîne. Point n'est besoin en réalité qu'il se reporte au texte : c'est lui qui l'a rédigé. 

Le nouvel orateur n'a pas besoin de forcer la voix pour que la foule qui se presse derrière nous entende ses paroles, ayant la chance de posséder un organe vocal qui " porte ". 

Après avoir salué respectueusement le quatrième homme de l'Etat, il lui fait part des manquements permanents dans le fonctionnement de notre république quant à l'exercice de la fonction du député. 

Où est le débat politique (qu'il est tenu) d'animer dans sa circonscription avec tous les habitant ? Il est l'acteur principal du débat démocratique quotidien sur le plan local, (Sic) comme précisé sur le site de l'assemblée nationale, la parole du citoyen devant être régulièrement entendue. 

Organiser des meetings tous les ... cinq ans, juste avant les élections législatives ne suffit pas. Le député craindrait-il que l'électeur l'interpelle sur d'éventuels dysfonctionnements ? Sur des promesses non tenues ? Et le mette ainsi en position difficile ? 

Le résident de l'Hôtel de Lassay réagit alors. Il déclare que le député, dans sa circonscription, a toute latitude d'agir comme il l'entend, ce que notre camarade nie énergiquement. 

Se tournant alors vers les dizaines de personnes derrière lui, il les invite à aller vérifier par elles-mêmes les attributions et obligations du député dans sa circonscription sur le site officiel de l'Assemblée Nationale puis il rappelle les célèbres paroles de Danielle Mitterrand : 

En France on élit et les élus font des lois qu'ils n'ont jamais proposées et dont nous n'avons jamais voulu. Est-ce la démocratie quand après avoir voté nous n'ayons pas la possibilité d'avoir de l'influence sur les élus ?"

Un léger mouvement se fait sentir dans l'assistance. 

Un camarade lui fait signe que c'est bon, difficile d'en dire plus...

Il lui apprendra quelques minutes après que deux hommes du service d'ordre s'étaient avancés pour l'encadrer discrétement...

 

Notre orateur se tourne une dernière fois vers Claude Bartolone qui l'observe. Est-ce un léger sourire qu'il a cru percevoir dans l'expression ? 

Monsieur Bartolone, très beau discours que vous avez tenu tout à l'heure ! " lui lance-t-il en lui souriant franchement.

 

Nous nous frayons un chemin vers la sortie...




par Guy BELLOY mardi 22 janvier 2013 - 0 réaction
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