1980 et 2012. France en état de choc. Après Mitterrand et la lorraine, Hollande face à PSA et Fleurange
Les plans sociaux se multiplient et Arnaud Montebourg de se positionner comme ministre du naufrage industriel avec les dizaines de plans sociaux programmés dont seulement les plus importants en nombre et en symbolique se trouvent médiatisés. En effet, quoi de plus emblématique que ces derniers hauts-fourneaux promis au silence après avoir été le fleuron de la longue révolution industrielle chevauchant les 19ème et 20ème siècles. L’usine PSA d’Aulnay est elle aussi un symbole de l’industrie automobile française qui maintenant, peine à se maintenir dans un marché mondial saturé mais aussi dominé par des constructeurs opportunistes. En fait, c’est une partie du secteur industriel français qui souffre et se trouve malmené. Chaque semaine, un analyste y va de ses recommandations ou de ses constats inquiétants. Si le général de Gaulle moquait ceux qui croyaient résoudre des problèmes en sautant comme des cabris, alors on sera réservé sur ces oiseaux de mauvais augure s’égosillant de quelques formules magiques destinées à exorciser la fatalité. TVA sociale, choc de compétitivité, coût salariaux, réduction des déficits… Pendant ce temps, les entrepreneurs licencient et les autres virent au pessimisme. Quelques nuages planent sur l’industrie française et par voie de conséquence sur l’emploi. Les médias ne parlent pas de toutes ces TPE et PME qui mettent la clé sous la porte alors que leurs employés viennent grossir les statistiques du pole emploi.
La situation n’est pas sans rappeler le sort du bassin houiller lorrain et de la sidérurgie française au début des années 1980, avec les mesures prises sous la mandature de Mitterrand. Des sommes colossales d’argent public ont été dépensées pour la reconversion des régions touchées avec des résultats bien maigres sur l’emploi tandis que d’habiles opportunistes ont su faire des profits conséquents en se plaçant au bon endroit, c’est-à-dire au plus près des tuyaux d’où sortent les fonds publics. Ces années 1980 ont vu aussi se dessiner une crise majeure en Grande-Bretagne, pays encore plus touché que la France par la fin d’un cycle industriel et dont les réformes ont été vécues terriblement par la classe ouvrière qui n’a rien pu faire contre les mesures drastiques de Mme Thatcher qui dû gérer une récession assez sévère. Etrange similitude que cette dispute pour les îles Malouines entre l’Argentine et une Couronne britannique en plein doute alors que trente ans plus tard, on retrouve un Japon en plein doute disputant quelques îles à la Chine. 1980, c’était un an de révolution iranienne et 2012, celles des printemps arabes qui annoncent les automnes dirait avec facétie un Confucius islamique. Nous observons ainsi quelques similitudes de plus. Même aux States il se passe une sorte de décomposition industrielle comme celle vécue à Détroit et ailleurs pendant le tournant reaganien sur fond de villes industrielles désertées et de techno musique émergeante avec les Cybotron et autres Pere Ubu.
Le mandat de Hollande risque bien de prendre un même virage que le mandat de Mitterrand après 1983. Sauf que la transformation de la société dans les années 1980 se manifesta avec les braises de mai 68 encore brûlantes, rayonnantes d’espérances pas encore enterrées avec les rêves de société nouvelle, de grand soir et de fraternité universelle. Et de surcroît avec moins de handicaps financiers et économiques. C’est pour cette raison que Bernard Tapie pouvait s’exclamer « vive la crise » au cours d’une émission de télé en bonne compagnie avec Yves Montand, tandis que la seconde formule d’Actuel avait anticipé la nouvelle culture autour de la valeur entreprise mais avec en toile de fond la montée de l’individualisme, du narcissisme, du culte de soi et le chômage de masse s’installant. Mais à cette époque, on croyait encore aux solutions politiques et les leviers de transformation étaient disponibles. La situation en 2012 est toute autre. Une émission conçue comme le « vive la crise » des années 80 serait proprement impensable. Tout comme les mots rigueur et austérité sont bannis du vocabulaire des dirigeants politiques. Le gouvernement Ayrault propose un budget de combat mais le ministre du naufrage productif a perdu de sa superbe, affichant une morgue contenue synonyme de fatalité économique dans une Europe qui, surtout au Sud, se décompose lentement.
Sans être au fait des discussions ministérielles, on pressent bien que la France se trouve comme d’autres pays dans un tournant difficile. Comme dans les années 1980, un tournant industriel s’est produit depuis une décennie mais avec des effets masqués par les trompe-l’œil financier que furent les subprimes et les déficits budgétaires. En 2012, nombre d’Etats industrialisés sont prisonniers de la dette et impuissants pour gérer les crises sociales s’intensifiant. Après l’an 2000, l’accélération des mutations industrielles a été soutenue. Du coup, le modèle social français a été lentement réformé mais combien de temps va-t-il résister à la puissance des finances sur fond d’impuissance industrielle ? La structure systémique de l’économie en 2012 n’est pas celle de 1982 mais il y a trente ans, le train de transformations mené par les socialistes partait d’une situation à un million de chômeurs avec une dette limitée. En 2012, la société française cumule plusieurs fardeaux. Trois million de chômeurs en première catégorie auxquels s’ajoutent au moins trois millions de mal employés. Puis la dette. Et la vieillesse avec sa dépendance et un coût de santé qui ne cesse de grimper. Enfin, le contexte mondialisé avec des pays émergés qui tirent l’économie mais une concurrence féroce. Bref, quatre fléaux minent les équilibres sociaux en France avec une ségrégation sociale qui ne cesse d’augmenter. A cela s’ajoute la vénalité généralisée dont on peut illustrer les effets avec la chute d’un handballeur de haut niveau repéré par la patrouille pour avoir un peu triché avec la française des jeux. Le reste est classique, fuite des capitaux, paradis fiscaux, combines et corruptions.
Verdict, nous allons peut-être dans le mur. Il n’y a qu’une alternative. Ou bien le modèle reste en l’état et son effritement aux marges risque d’induire un Etat policier. Ou bien un nouveau modèle social et économique se met en place, pour une société plus équilibrée. La France n’a pas encore choisi son destin. Elle suit une fatalité morbide et les intellectuels sont ineptes et existants dans les rares débats publics servis sur les chaînes.
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Pour qu’Ayrault se fasse remercier d’une façon comparable à celle de Maurois, encore-aurait-il fallu qu’il nationalisât au moins un petit peu ça et là... la taxation à 75% au-dessus du million, c’est quand-même pas l’instauration de l’ISF... Non, les similitudes et ressemblances entre les 80’s et le présent me semblent non seulement... décalées, mais plus encore, la continuité me semble respectée (mettons de côté les archipels... la situation entre Japon, même en doute« et Chine »réveillée", c’est tout-de-même autre chose qu’entre Grande-Bretagne vexée et Argentinepost-péroniste), et la crise d’aujourd’hui m’apparaît plus comme le paroxysme d’une lente décadence occidentale qu’une répétition cyclique de l’histoire contemporaine. Ceci-dit, c’est lyrique comme du ArianeWalter, l’idéologie en moins, mais avec en plus le réalisme d’un Koutousis. Toujours un régal de vous lire, même si lier le père Ubu aux déboires du Détroit de l’époque... fallait oser.... ! Encore que... on pourrait chercher dans l’aube de la techno le crépuscule du Motown... ! (je suis plus blues que soul, mais ça m’étonnerais qu’on le trouve....)
La grande erreur de Montebourg c’est d’avoir manquer de courage (tout comme Ségo et d’autres). Il aurait dû quitter le parti socialiste de droite, pour aller grossir les rangs du FDG. Là il aurait été plus utile.
Là son rôle va être d’avaler des boas du mondialisme financier qu’imposera Normal 1er, qui est à la botte US.
En 40 années, 1981 & 1982 représentent les seuls vrais ans de gauche et Dieu sait que de bonnes choses ont eu lieu en cette période bénite !
Pour qu’Ayrault se fasse remercier d’une façon comparable à celle de Maurois, encore-aurait-il fallu qu’il nationalisât au moins un petit peu ça et là... la taxation à 75% au-dessus du million, c’est quand-même pas l’instauration de l’ISF... Non, les similitudes et ressemblances entre les 80’s et le présent me semblent non seulement... décalées, mais plus encore, la continuité me semble respectée (mettons de côté les archipels... la situation entre Japon, même en doute« et Chine »réveillée", c’est tout-de-même autre chose qu’entre Grande-Bretagne vexée et Argentinepost-péroniste), et la crise d’aujourd’hui m’apparaît plus comme le paroxysme d’une lente décadence occidentale qu’une répétition cyclique de l’histoire contemporaine. Ceci-dit, c’est lyrique comme du ArianeWalter, l’idéologie en moins, mais avec en plus le réalisme d’un Koutousis. Toujours un régal de vous lire, même si lier le père Ubu aux déboires du Détroit de l’époque... fallait oser.... ! Encore que... on pourrait chercher dans l’aube de la techno le crépuscule du Motown... ! (je suis plus blues que soul, mais ça m’étonnerais qu’on le trouve....)
Dans les années 60 on a liquidé le textile tissage et filature (il parait que c’était la faute à la décolonisation) Dans les années 70 ce fut le tour de la confection (on s’habille moins ?) NON ! c"était la délocalisation .... Dans les années 80 ce fut le tour du charbon et de l’acier ... En fait depuis plus de 50 ans à une échelle croissante, notre industrie continue à sombrer !
POURQUOI ????
Pas de réponse officielle c’est tabou ! Mais l’état de droite et de gauche est complice...... 1) on donne tout à la grosse finance 2) on verrouille la capacité de progrès avec des âneries de type ISO9000 3) on a remplacé l’efficacité par des diplômes.....
Par ROBERT GIL(---.---.---.46)2 octobre 2012 17:46
Dans l’industrie,
on a supprimé la plupart des grandes entreprises sans ne tenir compte
des emplois directs et surtout induits, et la perte des technologies et
des savoir faire. Cela a fait pression sur les salaires et a favorisé
l’exode rural et la fermeture des services publics dans les campagnes.
On n’a pas filé un rond à la recherche, pire on a démotivés certains
chercheurs avec des tracasseries administratives qui les ont contraints à
l’exil.......