Au milieu des années 60, la droite au pouvoir décide de liquider les Ecoles Normales d'instituteurs et d'institutrices.
La justification officielle est connue : les écoles normales coûtent cher et notamment les études pré bac...
Une autre raison cachée a motivé les rédacteurs du projet de disparition des EN : c'est la nature de ces écoles, pépinières de hussards de la République, attachés à l'école laïque et futurs militants syndicalistes....
Ces Ecoles Normales faisaient « tâche » dans un paysage qui se bâtissait avec les plans de la bourgeoisie de liquidation des services publics, programmée et organisée !
Les normaliens et normaliennes ont résisté pendant plus de 10 ans mais, lâchés par la direction de la FEN ( Fédération Nationale de l'Education Nationale), ils ont vu progressivement disparaître les classes pré bacs avant qu'un gouvernement de « gauche » assurant le relais remplace les EN par des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, les fameux IUFM.
Lionel Jospin a été l'exécuteur des EN et le fondateur de ces IUFM, censés donner une formation unique à tous les enseignants de la Maternelle à la Terminale. La page des Écoles normales était définitivement tournée.
Beaucoup de commentaires acerbes ont été émis à propos de ces IUFM, les modernes (ICEM) et les anciens (Reconstruire l'Ecole) se sont opposés sur la question, les uns et les autres s'attaquant à la nouvelle formation mais pour des raisons diamétralement opposées.
Pour moi, comme pour beaucoup de praticiens, les IUFM avaient deux défauts majeurs : la pédagogie non suffisamment articulée à la pratique de la classe et la formation disciplinaire, devenue le parent pauvre.
Sarkozy a tout balayé, programmant la suppression des IUFM et la fin de la formation devenue trop coûteuse.
Des jeunes enseignants et les enfants ont payé le coût : les premiers souvent dépassés et démoralisés et les autres, privés d'enseignement de qualité.
La page Sarko est tournée, il faut que le nouveau ministre de l'Education Nationale prenne le taureau par les cornes et les décisions qui s'imposent.
Le Collectif « Année Zéro » interpelle le nouveau président de la République et son ministre :
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" Nous, collectif d’enseignants, lauréats du Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles de l’Académie de Paris en juin 2010, de par notre expérience singulière, souhaitons nous positionner sur la formation des enseignants du primaire. Nous avons pris nos fonctions immédiatement après l’obtention du concours. Nous exerçons dans des conditions souvent très difficiles. Pour offrir un enseignement de qualité à nos élèves, nous avons pour seules ressources nos convictions personnelles et nos initiatives collectives, avec l’appui d’organisations syndicale et pédagogique. Si les premières années de professorat réclament nécessairement un effort personnel considérable, en l’absence d’une formation professionnelle sérieuse, cet engagement s’apparente alors à une véritable course d’obstacles. Il nous paraît important de vous rappeler que nous avons subi « l’année zéro » d’une réforme Nous revendiquons le droit à une formation professionnalisante, après concours, qui alterne pratiques de terrain (périodes d’observation, pratiques accompagnées, conduite en responsabilité,...) et temps de réflexion sur ces pratiques, en décharge de classe. Cette entrée progressive dans le métier est essentielle pour construire une identité professionnelle et développer les compétences requises. Aussi, les lauréats des concours 2010 et 2011, négligés par la réforme, doivent bénéficier prioritairement, dès à présent, d’une formation renforcée répondant à leurs attentes (gestion de classe, didactique disciplinaire,...). Nous avons suivi avec attention la campagne présidentielle durant laquelle vous avez souligné l’importance d’une formation pédagogique, manifestant par la suite votre volonté de la réintégrer à la formation des enseignants. Dans l’intérêt des élèves, il n’est en effet pas acceptable que les prochaines générations d’enseignants soient exposées aux mêmes difficultés. Nous souhaitons donc être force de propositions avec tous les participants au chantier de refondation de la formation des enseignants. Un cadre national pour l’organisation d’un nouveau dispositif, alternant pratique et réflexion didactique, nous apparaît d’ores et déjà essentiel pour mettre fin à toutes les disparités résultant de la réforme. Nous publions cette lettre afin de permettre à tous les acteurs concernés (directions d’écoles, maîtres formateurs, enseignants, accompagnants, animateurs, agents, parents d’élèves, mouvements pédagogiques, syndicats, étudiants,...) de soutenir cette initiative, défendre le métier d’enseignant et manifester leur intérêt pour une école publique et laïque, ambitieuse pour tous les enfants de la République. Veuillez croire, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation. » |
Voici là un appel qui devant être relayé met les choses au point et s'éloigne du dialogue de sourds qui oppose artificiellement les « anciens » et les « modernes »
Jean-François Chalot


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Je peux être d’accord avec vous sur cette exigence de formation. L’autre volet (...)
17/06 09:47 - jeanclaudeSauf que la « psychologie de l’enfant » était une « option » en IUFM !! c’est quand (...)
13/06 13:12 - tf1GoupieEt en véritable laîcs « nous » avions le respect de la liberté des opinions, croyances et (...)
13/06 11:19 - BOBWJ’ai enseigné durant deux ans la psychologie de l’enfant en IUFM et fait partie du (...)
13/06 00:44 - crazycazeEtrange qu’il faille penser revenir au passé pour que les choses changent en mieux. (...)
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