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  Accueil du site > Tribune Libre > 2012 : l’An 1 de la reconstruction de la formation des professeurs (...)
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2012 : l’An 1 de la reconstruction de la formation des professeurs des écoles !?

Au milieu des années 60, la droite au pouvoir décide de liquider les Ecoles Normales d'instituteurs et d'institutrices.

La justification officielle est connue : les écoles normales coûtent cher et notamment les études pré bac...

Une autre raison cachée a motivé les rédacteurs du projet de disparition des EN : c'est la nature de ces écoles, pépinières de hussards de la République, attachés à l'école laïque et futurs militants syndicalistes....

Ces Ecoles Normales faisaient « tâche » dans un paysage qui se bâtissait avec les plans de la bourgeoisie de liquidation des services publics, programmée et organisée !

Les normaliens et normaliennes ont résisté pendant plus de 10 ans mais, lâchés par la direction de la FEN ( Fédération Nationale de l'Education Nationale), ils ont vu progressivement disparaître les classes pré bacs avant qu'un gouvernement de « gauche » assurant le relais remplace les EN par des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, les fameux IUFM.

Lionel Jospin a été l'exécuteur des EN et le fondateur de ces IUFM, censés donner une formation unique à tous les enseignants de la Maternelle à la Terminale. La page des Écoles normales était définitivement tournée.

Beaucoup de commentaires acerbes ont été émis à propos de ces IUFM, les modernes (ICEM) et les anciens (Reconstruire l'Ecole) se sont opposés sur la question, les uns et les autres s'attaquant à la nouvelle formation mais pour des raisons diamétralement opposées.

Pour moi, comme pour beaucoup de praticiens, les IUFM avaient deux défauts majeurs : la pédagogie non suffisamment articulée à la pratique de la classe et la formation disciplinaire, devenue le parent pauvre.

Sarkozy a tout balayé, programmant la suppression des IUFM et la fin de la formation devenue trop coûteuse.

Des jeunes enseignants et les enfants ont payé le coût : les premiers souvent dépassés et démoralisés et les autres, privés d'enseignement de qualité.

La page Sarko est tournée, il faut que le nouveau ministre de l'Education Nationale prenne le taureau par les cornes et les décisions qui s'imposent.

Le Collectif « Année Zéro » interpelle le nouveau président de la République et son ministre :

 

Nous, collectif d’enseignants, lauréats du Concours de Recrutement des Professeurs des Écoles de l’Académie de Paris en juin 2010, de par notre expérience singulière, souhaitons nous positionner sur la formation des enseignants du primaire.

Nous avons pris nos fonctions immédiatement après l’obtention du concours. Nous exerçons dans des conditions souvent très difficiles. Pour offrir un enseignement de qualité à nos élèves, nous avons pour seules ressources nos convictions personnelles et nos initiatives collectives, avec l’appui d’organisations syndicale et pédagogique. Si les premières années de professorat réclament nécessairement un effort personnel considérable, en l’absence d’une formation professionnelle sérieuse, cet engagement s’apparente alors à une véritable course d’obstacles.

Il nous paraît important de vous rappeler que nous avons subi « l’année zéro » d’une réforme

Nous revendiquons le droit à une formation professionnalisante, après concours, qui alterne pratiques de terrain (périodes d’observation, pratiques accompagnées, conduite en responsabilité,...) et temps de réflexion sur ces pratiques, en décharge de classe. Cette entrée progressive dans le métier est essentielle pour construire une identité professionnelle et développer les compétences requises. Aussi, les lauréats des concours 2010 et 2011, négligés par la réforme, doivent bénéficier prioritairement, dès à présent, d’une formation renforcée répondant à leurs attentes (gestion de classe, didactique disciplinaire,...).

Nous avons suivi avec attention la campagne présidentielle durant laquelle vous avez souligné l’importance d’une formation pédagogique, manifestant par la suite votre volonté de la réintégrer à la formation des enseignants. Dans l’intérêt des élèves, il n’est en effet pas acceptable que les prochaines générations d’enseignants soient exposées aux mêmes difficultés. Nous souhaitons donc être force de propositions avec tous les participants au chantier de refondation de la formation des enseignants. Un cadre national pour l’organisation d’un nouveau dispositif, alternant pratique et réflexion didactique, nous apparaît d’ores et déjà essentiel pour mettre fin à toutes les disparités résultant de la réforme.

Nous publions cette lettre afin de permettre à tous les acteurs concernés (directions d’écoles, maîtres formateurs, enseignants, accompagnants, animateurs, agents, parents d’élèves, mouvements pédagogiques, syndicats, étudiants,...) de soutenir cette initiative, défendre le métier d’enseignant et manifester leur intérêt pour une école publique et laïque, ambitieuse pour tous les enfants de la République.

Veuillez croire, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, en notre profond attachement au service public d’éducation. »

Voici là un appel qui devant être relayé met les choses au point et s'éloigne du dialogue de sourds qui oppose artificiellement les « anciens » et les « modernes »

Jean-François Chalot


 




par CHALOT (son site) lundi 11 juin 2012 - 48 réactions
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  • Par Danièle Dugelay (---.---.---.48) 11 juin 2012 11:58
    Danièle Dugelay

    En tant qu’ancienne institutrice ayant vécu à peu près la même situation après la victoire de la Gauche en 1981, je soutiens cet appel de ces jeunes collègues. Je dois préciser que le nouveau gouvernement de l’époque ne pouvait guère faire autrement : il fallait des enseignants pour reconstruire une école sabotée par la Droite, mais cette dernière en avait formé de moins en moins depuis des années, le vivier était presque vide.

    Je félicite François Chalot d’avoir pris l’initiative de ce texte, par ailleurs très intéressant par son analyse. Ayant maintenant connaissance de cet appel du « Collectif année zéro », je vais pouvoir l’envoyer à tous ceux qui sont attachés à notre école publique et dont je connais l’adresse. Des associations pourraient insister auprès du gouvernement afin qu’il réponde favorablement à cette lettre, car c’est une véritable nécessité et une urgence.

  • Par crazycaze (---.---.---.34) 13 juin 2012 00:44

    J’ai enseigné durant deux ans la psychologie de l’enfant en IUFM et fait partie du premier laboratoire de recherche sur la formation attaché à un IUFM.

    Je suis complètement d’accord avec la plupart des critiques formulées.

    Absence de cours de pédagogie (savoir enseigner ça s’apprend) ; psychologie de l’enfant matière optionnelle suivie par moins de 20% des futurs enseignants ; réussite au concours corrélée avec les notes de français et de maths obtenues au bac (étude réalisée par J. Fine, statisticienne) ; formation identique que l’on soit ensuite affecté à l’école maternelle ou aux classes élémentaires (avec des maîtres-formateurs, nous avions proposé que l’on puisse spécialisé l’enseignant de maternelle : opposition des syndicats parce que qui dit spécialisation, dit revenus différents, et problème par rapport aux voeux d’affectation calculés sur barèmes : un enseignant qui a passé les 2/3 de sa carrière a enseigné en CM1/CM2 peut ainsi devenir prioritaire pour avoir un poste en maternelle qui corr ;espond à son voeu sous prétexte que ça le rapproche de son domicile - le cas est authentique) ; beaucoup de futurs professeurs des écoles réussissant le concours sont enseignants par défaut et non par vocation, quand de bons candidats ayant la fibre enseignante sont écartés (il ne sert à rien d’avoir une tête bien pleine si on ne sait pas transmettre) ; main mise des sciences de l’éducation sur les contenus pédagogiques et qui ont plus nui qu’amélioré la formation des enseignants ; etc.

    Cependant, tous les maîtres-formateurs, come tous les enseignants, ne peuvent être taxés de planqués, de fainéants, jeter le discrédit sur eux ne rime à rien et est une caricature aussi stupide que celle du fonctionnaire qui passe son temps à regarder la pendule...

    Il faut revenir à un enseignement plus proche de celui reçu par les normaliens, changer les critères d’accès à la formation, passer le nombre d’années de formation à 3 ans, avec peut-être un an de tronc commun, un an de spécialisation, et un an de formation en alternance.

    Mais tout ça ne rimera à rien si dans un même temps on continue à déteriorer les conditions d’exercice de la profession dans l’enseignement public. La surcharge du nombre d’enfants par classe, la ghettoïsation des établissements et de leurs quartiers, le manque de personnel, de psychologues scolaires et d’infirmières, etc. Tout ça participe du même problème de lamination des services publics au bénéfice du privé. Il est quand même remaarquable d’entendre un ministre de l’éducation dire que le nombre d’élèves n’est pas un problème quand en même temps on peut constater que les écoles privées mettent en avant cet aspect pour attirer les parents, en particulier en maternelle.

  • Par chantecler (---.---.---.222) 11 juin 2012 13:52
    chantecler

    J’ai vécu les dernières années de l’école normale...

    J’ai déploré une formation très théorique , qui volait haut ,mais qui ne préparait pas à la fonction d’instituteur .

    J’ai vécu l’offensive des professeurs « des sciences de l’éducation » qui détrônaient les profs à culture traditionnelle .

    J’ai rencontré le sectarisme de certains pédagogos qui refusaient d’admettre que la pédagogie se décline sous plusieurs portes d’entrée .

    Mais il y avait un avantage : après avoir passé le concours de recrutement et contre un engagement à servir de 10 ans , on pouvait bénéficier d’une formation et d’un revenu de base ce qui permettait à des gens modestes d’avoir accès à la profession .

  • Par Micka FRENCH (---.---.---.115) 11 juin 2012 15:38
    Micka FRENCH

    Des nouvelles de l’Ecossaise..

    J’ai écrit à maintes reprises depuis mes premières exactions sur le Web en 1995, de nombreux articles sur le bon métier d’enseignant.

    A 18 ans, élève à l’Ecole Normale, élève-nstitutrice avec un engagement de 10 ans, suppléante, puis remplaçante, puis titulaire, puis spécialissée, puis Professeur de Collège, puis PEGC, puis Certifiée et enfin Agrégée, en quelque 35 ans....

    Il me semble, en relisant ce texte que j’aurais pu l’écrire moi-même, tellement la réalité y est palpable.

    Jospin fut en effet le pire du pire en tant que ministre et la fin du SNI et de la FAN une catastriophe.

    La trouvaille fut également « le professeur des écoles », la plus belle fumisterie du genre « diviser pour mieux........ » et leur imposer un statut pourri.

    La gloire de la République est l’instituteur (trice) à la Pagnol. Il a fallu que tous ces tripatouiileurs, jusqu’aux abominables UMPistes de sinistre mémoire, viennent finir le travail de démolition du système..

    Le recrutement actuel est une FOUTAISE.

    Recruter à Bac+5 ???
    Pourquoi pas à Bac+15 ???

    Trop TARD.
    On n’attrape pas la VOCATION à 27 ans. A 27 ans on cherche à bouffer.

    Depuis les années 90, je n’ai jamais rencontré autant de profs ou d’instits qui se demandaient ce qu’ils feraient quand ils seraient grands....

    Mes Instits, les miens, losque j’étais gamine, avaient passé leur BEPC à l’Ecole Normale.

    Il fumaient, ils buvaient, ils baisaient les collègues en douce pendant les récrés ou la cantoche,..... mais c’étaient les meilleurs maîtres que j’ai connus.

    Aucun autre enseignant par la suite, n’a jamais assuré aussi bien qu’eux..
    Pourtant, j’ai essayé...

    Le public a changé ? Que nenni. J’ai eu tout au long de ma carrière, le même nombre de voyous, de racailles, de futurs bandits, de futirs FN (si si, j’en ai eu)...

    Afin de faire court, vous trouverez par vous-même, mes articles sur le sujet.

    Désolée de vous avoir réveillés pendant votre sieste....

    LE PIRE DES TERMES : « LE MINISTERE DE L’EDUCATION ».
    C’est AUX PARENTS, ces nouveaux fainéants, d’éduquer. leurs lardons.

    Notre job est (était pour ma part) d’ENSEIGNER, de faire passer un savoir, et pas en suivant UNE PEDAGOGIE, mais comme la blueswoman que je suis, en suivant un instinct...

    Micka FRENCH en colère sur le Web...

    http://mickafrench.unblog.fr

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