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3919

Témoignage de la violence qui m’a été faite, afin de dire et dénouer la honte et la complexité des sentiments qui nous hantent...

Fleur 17 ans. Montée à Londres au printemps pour m’inscrire dans une grande école à la rentrée et commencer à chercher un logement. Invitée par des copains à une soirée, je rencontre C., étudiant étranger, en génie civil.
Coup de passion total, immédiat, réciproque. 3 jours après, la question de l’école et du logement étant, de fait, réglée, je rentre en France.

Septembre, installation à Londres : mélange de bohême, de dolce vita, d’émerveillement.
Cet amour total me métamorphose. La chenille devient en quelques semaines papillon.
C. est beau comme un dieu grec, grand, cultivé, engagé, raffiné, bourré d’humour, courtois. Ravageur. Toutes mes copines craquent devant cette apparition. Je ne crois pas ma chance, embrasse l’ombre de ses pas et manque de me rompre le coeur chaque fois que je l’entends approcher...

Un soir de novembre, C. rentre à la maison à une heure tardive inhabituelle et un peu éméché. Il me demande où j’ai passé ma journée. Je lui conte mes cours, mon baby-sitting, mon après-midi au cinéma, mon shopping miam miam à la supérette du coin, sans me douter de rien.

Il se lève en silence, s’avance vers moi et me balance de toutes ses forces contre le radiateur à l’autre bout de la pièce.
Je suis en état de choc, non pas en raison de la brutalité de l’attaque ou la douleur fulgurante, mais d’incrédulité. Il me regarde comme si c’était la première fois qu’il me voyait, mais avec une détresse infinie dans le regard.
Et s’effondre à côté de moi en s’excusant.

Il bafouille que ses copains étudiants, étrangers comme lui, lui ont soufflé, jour après jour, de ne pas me faire confiance "les Françaises sont légères, celle-ci est particulièrement délurée, d’ailleurs elle nous fait des avances chaque fois que nous venons vous voir et dès que tu quittes la pièce...".

Et qu’aujourd’hui, l’un d’entre eux m’aurait vue sortir d’un petit hôtel de Earls Court avec un mec. Eberluée et prête à tout excuser, à tout comprendre, je me justifie, je ri, je le prends dans mes bras, je l’assure de mon amour. Je le console ! Il pleure. Je ne l’ai jamais vu ainsi. Je ne me suis jamais vue ainsi.

Le lendemain, dans la salle de bain, je dénude mes épaules zébrées de noir. Un rien plus haut et je me rompais le cou.
Nous n’en parlons pas.
Un mois plus tard, ça recommence.
Même prétexte. Scénario différent, gifles à tomber par terre, coups de pieds. Puis de nouveau crises de larmes de part et d’autre.

Cette fois-ci, je réalise que quelque chose de très grave s’est mis en route. Je n’ai personne à qui parler. Seule et perdue dans Londres, je viens de perdre mon seul confident devenu mon bourreau. Mais je l’aime passionnément et ne peut me résoudre à le quitter.

Entre-temps, je prends l’habitude de noter heure par heure mon emploi du temps, avec les numéros de téléphone des personnes rencontrées, si jamais C. voulait contrôler mes journées.

Je ne sors plus, je ne vais plus au cinéma, j’ai peur d’aller prendre un café avec une copine, peur qu’elle se transforme sous mes yeux en homme et que C. apparaisse juste à ce moment-là.

Je sombre dans la panique, dans la paranoïa.
C. est désespéré de son côté. Un soir, nous nous promenons le long de la Tamise, et je cherche à reparler avec lui de ce qui s’est passé. Il se tape la tête contre un mur jusqu’à s’éclater le front. Je suis malade, me dit-il. Je suis jaloux à crever. Je ne peux plus te faire confiance. Ma tête est en miettes. Au propre et au figuré. Il se casse en deux, en sanglots. Je le console de nouveau, je ne sais plus quels mots prononcer pour la millionième fois.

Mais il est déjà loin, enfermé dans ses ténébres.
Trois semaines plus tard (dieu, que mes souvenirs sont aigus), il disparait trois jours et trois nuits sans donner de nouvelles. Je ne sais pas si je dois espérer son retour de toutes mes forces ou profiter de son absence pour prendre la fuite.
Je l’aime et je suis morte de peur.

Il rentre un soir, un cigare au bec, l’air très content de lui, les poches bourrées de fric "gagné au billard". Et m’offre une semaine de vacances et de sérénité. Je n’ose plus rien demander. Je vis un mauvais scénario dans un film improbable.

C’est le printemps. Les scènes de violence s’enchainent à présent avec une régularité dans le temps, comme un accès de fièvre qui va et qui vient à date fixe. Je vis à côté de mes pompes. Je le protège. J’ai appris à étouffer mes cris afin que personne ne puisse "nous" entendre.

Un jour, il m’accuse d’avoir tenté de l’empoisonner et décrète que dorénavant, il mangera de son côté et ne touchera plus à rien que j’ai touché avant lui.
Je me révolte. Une effroyable scène s’ensuit. Effroyable, car ce n’est plus un homme enfoncé dans sa folie qui s’attaque à moi, mais un tueur.

Un tueur, c’est quelqu’un qui vous plaque au sol et vous regarde dans les yeux avec la mort plaquée sur le visage. C’est l’absolue certitude que cette fois-ci, c’est la bonne.
C’est mon cerveau qui tourne à mille à l’heure, échafaudant tout à la fois un plan de fuite, un regret hurlant de n’être pas partie plus tôt, un coup bas pour me libérer, une façon de me protéger la tête et le cou à tout prix, des paroles à prononcer de suite pour qu’il ne me tue pas. J’arrive à rouler sur moi-même, et c’est mon dos et l’arrière de ma tête qui prennent coups de poings et coups de pieds puis coups de poings à nouveau. Ceci se passe sur le sol de la cuisine.

Dans sa folie, il ne pense même pas à attraper un couteau ou une chaise. Je me roule en boule, demande pardon, hurle n’importe quoi, gémi comme un petit animal. Il quitte la pièce, claque la porte en partant.Cette fois-ci, je suis en sang, méconnaissable, aveuglée, brisée. Je me traîne jusque dans la chambre, hors de souffle. Remplis mon sac n’importe comment, prends mes papiers, mes clés. Il fait nuit.

Je saute dans le bus 38 vers la Gare Victoria. J’évite le regard des gens, cachée dans mon col. Mais les Londoniens s’en foutent ou en ont vu d’autres et personne ne s’avise de moi. Arrivée à la gare, un train de banlieue direction la banlieue de ma prof de littérature. Tant pis si elle n’est pas là, je l’attendrais toute la nuit devant sa porte s’il le faut. Je ne suis plus à rien près.

Elle ouvre et hurle ne me voyant, je dois faire peur, elle me prend dans ses bras, me conduit sur une chaine et veut appeler la police.

Non, non, surtout pas. Je te demande juste une chose : viens moi en aide. Demande à deux de tes copains hommes de m’accompagner là-bas pour que je prenne mes affaires, et me protéger. Aide moi à trouver un endroit pour dormir et finir mon année scolaire. Mais surtout, ne mets pas la police au-milieu, je t’en supplie sinon je repars immédiatement.

Deux jours plus tard, je suis en état de sortir. Nous allons "là-bas" en milieu de journée. Tout est calme et vide, comme s’il ne s’était jamais rien passé. Mes affaires sont là. Je me demande si je n’ai pas cauchemardé tout ça, ou exagéré.

J’ai honte devant les amis de ma prof et devant elle (elle a tenu à m’accompagner). Je vide mes tiroirs dans un silence de mort, je pleure, j’ai envie d’être seule et d’écrire à C. que je regrette, que je l’aime et que je ne pourrais jamais vivre sans lui...
Ma prof doit sentir mes tourments, elle me presse d’en finir, me prend les clés de la main et les pose près de la porte avant de la refermer.

Je n’ai plus jamais revu C. Je n’ai jamais oublié son visage, le son de sa voix, son accent mélodieux, son rire, son odeur, son regard couleur d’or, la beauté de ses mains si gracieuses qui ont failli me tuer.
J’ai mis des années à me guérir, à apprendre à ne plus claquer des dents en pensant à lui, à apprendre à ne plus l’aimer...

Il y a des siècles de cela. C’est comme si c’était hier.

FleurSi je ne sais pas encore me protéger, j’ai néanmoins appris à me défendre.
Hommes violents en actes et en paroles, vous êtes des dieux de pacotille...

Il est temps de parler, d’agir, de nous aider.


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88 réactions à cet article    


  • Marie Pierre 29 mars 2007 11:42

    Merci Cath pour ce témoignage.


    • Le sudiste (---.---.58.137) 29 mars 2007 18:19

      Article intriguant d’autant plus pour un homme à mon sens. Et certainement d’autant plus pour tout homme un peu comme moi dont le comportement en apprenant une telle chose aurait été d’aller lui faire pire... C’est intrusif, c’est pas mes affaires, c’est pas plus malin... la violence ne résoud rien... Possible. Mais je n’ai pas non plus le sentiment de vivre dans le monde des bisounours.

      Mais ce qui m’ennuie dans votre histoire, c’est que je pense à celles qu’ils croisera après, à celles qu’il a croisées avant. Alors agir ou penser aux femmes battues ? Demander à agir à un autre homme ou à la police, vous le refusez. Quand aux femmes battues elles-même et « pour elles », c’est terrible. Avez-vous pensé à celles qui vont vous suivre ?

      Ah, je sais, c’est pas politiquement correct tout ça.

      Expérience douloureuse pour vous hier. Douloureuse pour une autre aujourd’hui et bien d’autres demain. Moi je pense surtout à celle qui pendant que j’écris ces lignes doit se demander si c’est ce soir, le soir où elle va se faire défigurer.

      Votre article me laisse bien perplexe.


    • Vilain petit canard Vilain petit canard 29 mars 2007 11:48

      Il vous fallu certainement beaucoup de courage pour vous ouvrir en public de cette horrible histoire. Il faut espérer qu’elle permettra à d’autres de rendre publiques leurs propres histoires. Bravo.


      • jak (---.---.248.248) 29 mars 2007 11:53

        pourquoi C uniquement, son prénom vous gêne au point de ne pouvoir l’écrire ?


        • Aurélien (---.---.212.42) 29 mars 2007 12:35

          Vous êtes vous déjà demandé, chacun d’entre vous, pourquoi l’homme est si violent (l’homme ou la femme) ? Vous êtes-vous déjà posé sérieusement cette question ? Le monde est empli de violence, que ce soit au niveau des états, des nations, des entreprises, mais aussi des individus, dans leur vie amoureuse, dans leur quotidienneté. La jalousie, la colère, la brutalité, l’envie, l’ambition, la compétition, la haine, l’arrogance, la réussite, mais aussi la compassion, le pardon, la réconciliation, le plaisir... tout cela ne fait-il pas parti du même mouvement ? Pourquoi somme-nous si violents ? La violence n’est pas quelque chose d’éloigné, d’étranger, se déroulant dans je ne sais quel pays lointain, mais dans notre société même, notre mode de vie, dans nos relations quotidiennes, que celles-ci soient anonymes ou dans notre cadre professionnel, ou familial. Sommes-nous réellement concernés par ce phénomène de la violence ? Ou regardons-nous cela avec des yeux extérieurs, comme l’on regarde quelque chose qui ne nous appartient pas ? La violence du monde est notre violence, à chacun d’entre nous, cette violence se manifeste de façons particulières, mais il s’agit de la même violence qui habite chacun d’entre nous et donc nous ne sommes pas séparés de cette violence, elle fait partie intégrante de notre vécu : la domination, la soumission, la division, la propagande, tout cela est violence...Le politicien défendant ses idées est violent, l’enseignant comparant un enfant à un autre est violent, les amants à la poursuite de plaisirs individuels sont violents... Où est la poursuite du plaisir, où est l’ambition, où est la quête sans fin d’une continuité au « moi », il y a violence ; Alors on se demande : « comment sortir de cette violence ? », « comment en finir avec cette violence ? », et l’on se tourne alors vers des psychologues ou psychanalystes, qui cherche des causes à cette violence, où vers des gourous qui vendent leurs méthodes, leurs techniques particulières pour en finir avec la violence, ou encore l’on devient un adepte de la « non-violence », qui n’est qu’un concept, et jamais un concept n’a réussi à changer la disposition psychologique de l’homme et sa constitution violente. Analyser les causes de la violence peut-il résoudre le problème de la violence ? Mettre des mots sur des processus psychologiques, disséquer, analyser, a-t-il jamais permis d’éradiquer réellement, profondément, ce phénomène de la violence ? Décrire un paysage et voir un paysage sont-ils deux processus identiques ? Comment considérer ce problème de la violence, afin de le comprendre globalement, instantanément, et non succintement et en reporter la compréhension à un autre jour, quand j’aurais plus de temps, ou quand je serais plus disposé à cela... ? Est-ce que le temps, la durée est une aide à la compréhension de quelque chose quelle qu’elle soit ? Ou bien la compréhension se fait-elle de manière instantanée, immédiate, et toujours de manière irréversible ? Est-il possible d’aborder ce problème complexe et global qu’est celui de la violence sans se perdre dans les détails particuliers, sans reporter au lendemain la compréhension, et résoudre en soi-même le problème de la violence ? Si tel était le cas, nul doute que cette compréhension personnelle aurait un impact non plus seulement au niveau de l’individu, mais au niveau même de la société, car la violence n’est pas ma violence ou votre violence, mais la violence de tous, notre violence, celle qui perdure depuis des millers d’années, tant au niveau psychologique que physique (et le physique est fortement conditionné par le psychologique et vice et versa) au niveau de l’humanité entière.

          PS : que signifie « 3919 » ?


          • Décibel (---.---.55.41) 29 mars 2007 12:48

            Que de point d’interrogations Aurélien alors que les choses sont bien plus simples. Il s’agit uniquement qu’une question de respect et de culture. Il faut de la lucidité et n’admettre aucun compromis. Souvent, ce qui arrive était cousu de fil blanc.Mes amitiées Cath.


          • Aurélien (---.---.212.42) 29 mars 2007 13:04

            Bonjour,

            Si les choses étaient si simples, ne vivrions-nous pas sur une planète autre, ou les injustices et barbaries actuelles n’existeraient plus ? Si cela était si simple, ne virvions-nous pas dans des sociétés autres sans ces éternels conflits et toute cette misère actuelle ? La violence est-elle seulement associée à quelques manifestations bien précises, quelques images du passé ? Et dans ce cas, nous manquons assurément de comprendre ce qu’est la violence et son omniprésence et sa continuité dans la société et dans le monde. Lorsque l’on défend les valeurs d’un drapeau particulier, d’idéologies particulières, de dogmes particuliers ou de chapelles particulières, pouvons-nous réellement parler de respect ou de tolérance ? Et c’est ce que font tous les intellectuels bien-pensants, tous les politiciens avec leurs bannières respectives... Là où il y a division, y a-t-il réellement respect et tolérance ? On respecte d’un côté les membres de son groupe ou de sa caste et de l’autre, on favorise les guerres et la tuerie aux noms d’intérêts particuliers. Ou bien l’on prône l’amour et l’on se rend à la messe, et de l’autre, l’on accrédite la violence économique, où bien l’on insulte son voisin. Ne sommes-nous pas en train de nous bercer de mots en parlant de tolérance et de respect ? Souhaitons-nous réellement savoir ce qu’il en est de la violence et sommes-nous réellement concernés profondément par cette thématique ?


          • Marie Pierre 29 mars 2007 13:51

            3919 est le numéro de téléphone femmes battues.


          • aurelien (---.---.212.42) 29 mars 2007 13:59

            Merci pour cette précision, Marie-Pierre


          • parkway (---.---.18.161) 29 mars 2007 14:50

            heureusement qu’on a marie-pierre sur agoravox !

            merci pour le 3919 !


          • surfeur (---.---.76.179) 29 mars 2007 17:32

            même méthode et même credo que Krishnamurti.

            Peut être le blog politique est il le lieu d’un tel message, après tout.


          • aurelien (---.---.170.132) 30 mars 2007 10:59

            Qu’il est facile d’éluder la question de la violence, de s’attacher à la superficialité extérieure mais de refuser de regarder profondément, en soi, l’origine de la violence. Jean-Paul Sartre remarquait : « L’enfer, c’est les autres ». Ici même, la violence c’est les autres. Nous nous positionnons en victime, nous, en tant que pensée, meurtrie, dépendante, orgueilleuse et auto-centrée. Tout cela est violence aussi. Il n’y a pas de victime sans bourreau, ni de bourreau sans victime. La pensée aime se complaire dans ces jeux de rôle où la respectabilité prend une place importante. Y a-t-il quelque chose réellement que nous puissions appeler « respectabilité » ? Qui est « respectable » ? L’homme ou la femme carriériste qui a réussi à se positionner dans la société, qui possède une maison, une voiture, une famille, des biens, des richesses ? Un emploi qui nous satisfasse et dans lequel nous nous sentons utile ? Peut-être faisons-nous quelque bénévolat pour aider les personnes en difficulté ? Et nous avons bonne conscience, nous sommes sans doute du bon côté, celle des personnes qui comptent et sur lesquels les amis peuvent compter, la famille... Au fonds, nous ne voulons pas changer, nous ne voulons pas découvrir réellement ce qu’il en est de cette condition humaine, non pas en tant qu’élément séparé de nous-même, non pas en tant que théorie, ou en tant quedivertissement intellectuel ou émotionnel, mais en tant que fait : le fait de la violence dans le monde, ma violence, votre violence, notre violence - en chacun de nous. Il y a une grande peur à s’affranchir des autorités et de se regarder pour la première fois, sans filtre, tel que nous sommes, car en se regardant nous regardons le monde, la société, telle que nous l’avons crééé et telle que nous la perpétuons. Découvrir si l’on peut mettre fin à la violence en soi et dans le monde est une question hautement importante que toute personne sérieuse doit s’être posé au moins une fois dans sa vie, et en la posant, avoir trouvé l’énergie de comprendre tout ce processus de la violence et d’y mettre fin, non pas graduellement, mais par l’acte même de compréhension né de l’observation du problème. Car tout problème contient sa propre solution et ainsi en est de tout problème humain.


          • Kelsaltan Kelsaltan 29 mars 2007 12:44

            Cath, je vous trouve très courageuse !

            Je crois que ce type de comportement ne se pardonne pas, pas même une seule fois.

            Vous aller peut-être aider une personne, qui se reconnaitra dans votre histoire, à prendre la bonne décision.


            • (---.---.53.2) 29 mars 2007 12:58

              Très touchant. Surtout pour ceux ou celles qui l’ont vécu dans leur chair cette violence insidieusement progressive qui s’installe dans une relation qui bascule d’un grand amour à une haine profonde. Comment la combattre quand on est à ce point affaibli ? Sans l’aide d’un bon ou d’une bonne samaritaine, c’est la descente aux enfers.

              Amitiés


              • maxim maxim 29 mars 2007 12:59

                votre histoire me rappelle de loin le drame de Marie Trintignant ,malheureusement pour elle ,ça lui a ete fatal...

                ceci dit ,lors des premiers comportements brutaux de ce type ,vous auriez peut ete mieux avisée de prendre des distances ....

                mais les histoire d’amour etant toutes très personnelles ,on ne peut pas se mettre à la place de ceux ou celles qui en ont subis ou en subissent encore les aléas...


                • Joe (---.---.147.172) 29 mars 2007 13:47

                  Ce témoignage est bouleversant. Merci.


                  • PPDA (---.---.197.144) 29 mars 2007 14:10

                    ...de cette violence gratuite que rien ne justifie.Espérons que son comportement le honte assez pour ne pas recommencer.


                    • PPDA (---.---.197.144) 29 mars 2007 14:10

                      ...de cette violence gratuite que rien ne justifie.Espérons que son comportement le honte assez pour ne pas recommencer.


                      • clairette (---.---.14.11) 29 mars 2007 14:20

                        Bonjour Catherine,

                        Il était temps de quitter votre « amoureux »... J’ai l’âge d’être votre grand-mère et j’ai reçu bien des confidences et connu bien des drames parmi mes collègues et mes amies ou relations.

                        Ma modeste conclusion est que l’homme qui bat une fois, deux fois sera toujours violent, et ne s’arrêtera jamais (sauf si c’est le fait d’un alcoolique agissant en cas d’ivresse, et qu’il se fasse soigner et désintoxiquer).

                        Autrement le prétexte de la jalousie n’est effectivement qu’un prétexte pour assouvir cette violence dévastatrice et irraisonnée qui ne va qu’en s’accroissant.

                        Inutile de donner une deuxième chance, voire une troisième, ce sera en vain !

                        Et bien sûr me direz-vous, il y a l’amour qui vous retient... Mais là il est difficile d’imaginer que l’on continue d’aimer un individu qui vous couvre de bleus, d’hématomes ou autres menues fractures... Ce n’est plus de l’amour, mais peut être un sentiment tout autre, voire de dépendance, que je me garde de juger, puisque n’ayant pas subi ces mauvais traitements.

                        Catherine, je souhaite que votre expérience si courageusement décrite aide les toutes jeunes femmes dans ce triste cas à réfléchir et à prendre rapidement la bonne décision.


                        • (---.---.144.235) 29 mars 2007 19:07

                          @ Clairette : Oui , il est temps ! mais, pour moi, il y a autre chose , quelque chose que j’ai connu dans mon quartier de ville = La proximité des gens ! au lieu d’un num. de tel , une raclée froide donnée par des personnes qui ne sont que des connaissances des voisins (pas les voisins eux-mêmes / à la passion qu’ils auraient pu avoir) afin d’apprendre à l’autre , de lui permettre de se reprendre, une raclée guidée par l’amour de son prochain que les voisins pensent(avec toutes leurs erreurs possibles mais pas plus et certainement moins que notre petite justice avec leur petit , très petit juge qui ne connaissent que peu les lois de notre pays) en toute conscience pouvoir demander le service à des habitants d’autres quartiers.Tout le monde y gagne , ou du moins y a gagné (sauf une fois où la dame a fait battre et s’est donc séparé de son « ami » pour pouvoir aller avec un autre, mais, cela arrive aussi avec les jugements de divorce). Le pb est que dans certaines régions , cela a amené des gens à trop suivre tous les voisins .L’idéal n’est pas de ce monde, mais, il y a des solutions « ’ moins pires ’ ». Cette solution était de plus la moins couteuse et aucun des deux n’avait sa vie foutue et surtout l’homme ne recommençait pas !


                        • Forest Ent Forest Ent 29 mars 2007 14:48

                          Témoignage courageux et utile.


                          • mcm (---.---.121.100) 29 mars 2007 14:48

                            @Cath,

                            Dites, il était pas un peu mahométan votre bourreau ? Parce que votre récit cadre à merveille avec le profil type du mahométan que ses confrères confortent dans sa haine de la blanche occidentale nécessairement « délurée ».

                            Vous avez eu de la chance dans votre malheur, parce qu’un barjot pareil aurait fort bien pu vous tuer.

                            Pardon pour la brutalité de mon post, mais j’ai pensé que vous aider à trouver une explication à cette horreur vous aiderai à l’assumer.

                            Parcequ’il est impossible d’oublier un amour de jeunesse et que le mieux est donc d’assumer son souvenir avec le plus de rationalité possible.

                            Courage, l’odeur de la terre et l’arôme d’un bon vin seront toujours là pour éclairer votre gentil minois, et votre sourire est si vif qu’aucun malheur ne pourra jamais l’éteindre.


                            • claude (---.---.218.199) 29 mars 2007 16:13

                              mon « mari-bourreau » était blanc, vosgien, diplomé d’université, à la tête d’une PME qu’il avait lui-même créée et qui tournait du feu de dieu...

                              après chaque raclée (les prétextes étaient aussi nombreux que variés, mais souvent parce que j’avais trop parlé, dansé, ri ... avec d’autres « hommes » que « je trouvais »mieux« que lui »...) je recevais avec ses larmes, ses regrets et ses serments « de ne plus jamais recommencer force cadeaux » : gros bouquets de fleurs, bijoux, voyages « en amoureux » dans des endroits magnifiques...

                              je me suis enfuie un jour qu’il était en voyage d’affaires, avec mon fils sous le bras. aidée par 3 amies, nous avons emballé mes vêtements et ceux de mon fils, ce qui m’appartenait en propre dans le ménage et tout fourré en 4° vitesse dans 3 voitures et une camionette pour que je puisse reconstruire ma vie et celle de mon fils, sous des cieux plus cléments.

                              j’avais la chance d’avoir une profession qui me permettait de vivre confortablement et j’avais donc pu préparer ma fuite et m’assumer. ce n’est malheureusement pas le cas de toutes les personnes victimes de violences conjugales.

                              les maris ou compagnons violents n’ont pas de « race », de religion, de catégorie socio-professionnelle, d’âge déterminé... ce sont tout simplement des hommes lâches et manipulateurs, qui se servent de leurs muscles pour asseoir leur domination sur leurs compagnes, tout simplement parce qu’ils n’ont aucun respect pour la personne avec qui ils vivent : il n’y a qu’eux qui comptent, ce sont de parfaits égoïstes égocentriques. il y a « eux » et... le monde. leur femme est un signe exterieur de richesse et de pouvoir.


                            • mcm (---.---.121.100) 29 mars 2007 17:52

                              @Claude,

                              Madame je n’ai jamais prétendu que tous les hommes violents correspondent à un seul profil type, mais que le cas précis de C cité par Cath correspond à un profil type que je connais bien, celui de mon père qui dévastait ses enfants et leur mère.

                              Croyez madame que je n’excuse aucun violent d’aucune sorte que ce soit, mais que la sorte de violence de C je l’ai reconnue comme celle de mon père biologique.

                              Le très clair discours de la femme occidentale française automatiquement délurée, c’est l’argument type qu’assénait mon père pour appuyer ses coups !

                              Ma mère pourtant n’était qu’une marocaine qui refusait de vivre bachée et le regard au sol. Moi la dedans ? Je me faisait rosser comme les femmes dont je prenais la défense, signant ainsi mon statut de « zamel » c.à.d de faible efféminé.

                              La douleur d’être le puching ball d’un être que vous aimez « à mourir », je l’ai vécue tout comme l’auteur de cet article, aussi ma solidarité avec l’auteur est authentique.


                            • claude (---.---.200.251) 29 mars 2007 18:33

                              bonsoir mom,

                              je comprends mieux votre premier commentaire. mais votre père était violent par nature, pas parce qu’il était croyant dans une religion. il eut été chrétien, cela aurait été la même chose...

                              votre Maman doit être fière de vous.

                              bonne soirée,


                            • (---.---.117.34) 30 mars 2007 10:22

                              certaines cultures et certaines sociétés sont « amplificatrices » de certaine pulsions violentes.

                              indeniablement.


                            • Oliv’ (---.---.1.42) 30 mars 2007 11:37

                              @mcm,

                              non mais vous etes grave vous, il ne serait pas un peut « mahometan », qu’est ce que c’est que cette question ? J’hallucine.

                              Tout les sujets sont bon pour vomir votre haine, vos sous entendus, votre intolerance. Vous devriez suivre une bonne psychotherapie, peut etre qu’il y aura moyen de nettoyer l’egout qui vous sert de conscience.

                              Nauseabondement,

                              Oliv’


                            • El_Che (---.---.120.8) 29 mars 2007 15:02

                              Bonjour Catherine,

                              Sans avoir la prétention d’être un expert, j’ai l’impression que votre C. n’est pas « juste » un homme violent qui bat sa femme, comme il en existe des tas. Ces gens-là font de l’humiliation et des coups une routine quotidienne, ne s’effondrent JAMAIS en pleurs en demandant pardon, et peuvent faire durer le supplice des années car la femme n’a jamais la sensation que sa vie est réellement menacée par les coups, du moins pas pendant une longue période.

                              Alors, soit ce « type » (je n’emploie pas de termes plus durs, si vous l’avez aimé c’est qu’il avait de bons côtés) était une espèce de psychopathe à bouffées paranoïdes, soit il a occasionnellement touché à des drogues TRES dangeureuses (l’alcool en est une !), capables d’altérer profondément la personnalité. A la façon dont les « crises » ont suivi des épisodes de « départ à l’aventure », je pencherai pour la deuxième hypothèse...

                              Quoi qu’il en soit, VOUS N’ETES PAS FAUTIVE. Vous êtes quelqu’un de bien, qui est mal tombée. C’est tout. Et si en parler peut vous aider à vous reconstruire, continuez !

                              Je vous envois tout l’amour que j’ai en réserve, puissiez-vous en faire bon usage !


                              • Rocla (---.---.239.254) 29 mars 2007 20:49

                                Système de copié-collé sorti de son contexte , chechant à nuire , manipulation et truquage . Se méfier .

                                Rocla


                              • nephilim (---.---.143.239) 29 mars 2007 15:05

                                Voila un bien jolie temoignage^^ :) dommage qu’il est ete commenté par une personne amputé des neurones non seulement sa reponse est d’une betise absolue mais il demontre qu’apres etre facho il est aussi macho et ne comprend rien a l’amour sic........... j’espere que cette personne vie seule.

                                En tout cas ce texte est courageux, car ecrire un morceau de sa vie si personnel et douloureux est loin d’etre un exercice facile


                                • (---.---.211.93) 29 mars 2007 15:10

                                  La violence n’est-elle pas en nous tous, à divers degrés ? Certains savent parfaitement la maîtriser, d’autres en sont incapables. Ce n’est à mon avis pas le privilège des hommes que de faire preuve de violence, seulement en règle générale, la violence d’un homme a des conséquences bien plus graves, surtout lorsqu’elle est exercée à l’égard d’une femme. Je ne parle que des conséquences physiques...

                                  Pour ma part il m’est arrivé, une seule fois, lors d’une dispute particulièrement violente avec ma compagne, de sentir cette force me submerger et tenter de prendre le contrôle de mes paroles, puis de mes gestes, de mon cerveau même. C’est au prix d’un effort de volonté extrême que mon poing s’est abattu sur le mur et non sur elle. Cette violence m’est apparue progressivement, au fil de ses injures et coups de poings, ce qui indique bien qu’elle était dans le même état que moi. Ce n’est que lorsqu’elle m’a mordu violemment que ma colère s’est transformée en fureur presque incontrôlable. Je ne cherche pas à me disculper, je tente simplement de restituer l’escalade qui a mené à cet instant effroyable où j’ai failli me transformer en monstre de violence.

                                  Après avoir frappé le mur, je me suis immédiatement calmé, à la fois effaré et honteux de ce qui venait de se passer. J’ai instantanément réalisé que j’étais passé à deux doigts d’une catastrophe que j’aurais passé le reste de ma vie à regretter.

                                  Nous en avons discuté ensuite, à froid, ma compagne et moi. Nous avons mis en place des barrières pour éviter d’en arriver là à nouveau. Mais ce que j’ai vu ce jour là m’a beaucoup fait réfléchir car j’étais persuadé que jamais je ne serais capable d’envisager de frapper une autre personne, à plus forte raison la femme que j’aime.

                                  Tou cela pour dire qu’il ne suffit pas de condamner, sans compréhension et sans pardon. L’enfer vécu par cet homme est peut-être pire que celui vécu par Cath, si l’on prend en compte la honte, la culpabilité, la peur de recommencer, ou plutôt la certitude que cela recommencera. On dit souvent qu’un chien qui a goûté à la viande ne pourra plus s’empêcher de tuer. Je pense qu’il en va de même pour l’homme violent. Car il faut bien aussi reconnaître que sur l’instant, il y a un certain plaisir bestial, une certaine jubilation à être en situation de totale domination. c’est diffus mais ça ressemble à cela.

                                  Bien sûr, cette expérience est différente de celle de Cath. Son récit est poignant et ce que C. a fait est révoltant et intolérable. Il fallait le quitter, c’est évident, mais n’est-il pas lui-même une victime qui mérite aussi qu’on cherche à comprendre ? Ce n’est en rien une excuse, surtout dans ce contexte où il n’avait rien de concret à lui reprocher. Simplement il me semble qu’un homme dans cette situation est au bord d’un précipice et qu’il est inutile de l’y pousser.

                                  Je trouve d’ailleurs que Cath est admirable, car malgré ce qu’elle a vécu (ou parce c’est elle qui l’a vécu), elle ne condamne pas vraiment C. Donc merci à toi Cath pour cette leçon, et pardon à ceux que mon discours fera bondir.


                                  • lambertine (---.---.15.222) 29 mars 2007 19:05

                                    Votre témoignage me fait bondir, effectivement. Il me fait bondir parce que vous avez honte d’un accès de violence qui n’était que normal. Que due à une violence de l’autre. Dans l’histoire que vous racontez, celle qui se comportait comme un bourreau (car c’est bien le mot utilisé quand c’est l’homme qui bat - certainement parce qu’il a plus de force), c’était votre épouse.


                                  • (---.---.211.93) 30 mars 2007 10:50

                                    Bravo à Cassandre, Tezcatlipoca, et tous les autres intervenants courageux qui viennent nous abreuver de leur connaissance infinie de la nature humaine, de la société, et apparemment des cultures et religions venues d’ailleurs, bien planqués derrière leur clavier et l’anonymat (tout relatif) que leur procure ce forum. Votre ignorance n’a d’égale que votre médiocrité, et la violence de vos phrases malingres a du mal à masquer votre frustration. Allez, une petite ratonade pour se défouler ? Pardon pour cette digression mais il y a des jours où je me dis que le siècle des lumières est bien loin...


                                  • faxtronic (---.---.127.45) 29 mars 2007 15:46

                                    Pourquoi est tu resté avec cet homme une minute de plus apres la premiere crise ? je ne comprend pas du tout, mais alors pas du tout. Et honnetement je trouve cela irrationnelle, ce qui pour moi la pire des insultes.


                                    • Rocla (---.---.239.254) 29 mars 2007 20:51

                                      Faxtronic ton commentaire est nul , comment pourrais-tu penser comme une femme ?

                                      Rocla


                                    • claude (---.---.200.251) 29 mars 2007 21:53

                                      @ faxtronic,

                                      j’ai été mariée de 77 à 85, à un homme brillant, intelligent, cultivé, doté d’un humour solide, charmeur, raffiné, qui 3 semaines après le mariage m’a envoyé sa première baffe... j’avais 23 ans à l’époque... que devais-je faire ? divorcer au premier obstacle ou tenir bon et croire que c’était un geste malheureux qui lui avait échappé ? le bouquet de fleurs que j’ai reçu le lendemain m’a fait pencher pour la seconde solution. j’ai pensé que si je faisais des efforts, cela ne se reproduirait plus...

                                      à chaque fois, je croyais en ses remords, à ses larmes, ses regrets, ses escuses. « plus jamais je ne le ferai... » et les semaines qui suivaient étaient douces, je retrouvais le jeune homme attentif qui m’avait séduite. je voulais que mon mariage perdure, que les obstacles pouvaient être vaincus, alors je redoublais mes efforts : je me faisais plus discrète, « moins visible », plus terne, presque éteinte...

                                      un jour la famille l’a su : la mienne et la sienne, il a encore juré de ne plus me toucher...j’ai encore tenu 2 ans...

                                      l’ami médecin qui « couvrait » mes cocards avec un arrêt maladie, m’a obligée d’accepter les certificats médicaux décrivant mes blessures, et moi, je croyais être déloyale envers mon époux.

                                      voilà l’engrenage qui fait que l’on ne part pas dès la première gifle...

                                      j’ai décidé de fuir, qd j’ai vu la terreur dans les yeux de mon petit garçon de 5 ans. ce jour là, son père avait explosé car il croyait que j’avais une « aventure » avec son meilleur ami !

                                      grâce à 3 amies,je me suis enfuie pendant une de ses abcences pour affaires, et les certificats médicaux m’ont permis de porter plainte et de changer légalement de domicile.


                                    • Reinette (---.---.222.205) 29 mars 2007 15:46

                                      Les adresses et les numéros qu’il faut connaître :

                                      SOS Femme Violence Conjugale 39.19 : des écoutantes qualifiées soutiennent sans jugement, renseignent, conseillent ... Tarif : appel local.

                                      CIDF : Les Centres d’Informations aux Droits des Femmes : des juristes accueillent, renseignent, conseillent et orientent. Spécialisés dans le domaine juridique, certains CIDF ont parfois développé d’autres compétences (aide à l’emploi, groupes de paroles). Classés par département.

                                      Le numéro d’urgence 115, gratuit, peut être appelé en cas de besoin d’hébergement urgent : le correspondant indiquera où se rendre en fonction du département où la demande est faite.

                                      Le Mouvement du Planning Familial est bien connu du grand public pour ses actions en faveur de la maîtrise de la fécondité ... mais c’est aussi un formidable réseau de militantes des droits des femmes prêtes à se mobiliser pour venir en aide aux femmes en difficulté. A ne pas négliger, donc. Classées par départements.

                                      Les associations et services d’aide aux victimes peuvent renseigner, conseiller et orienter. Classées par département. Numéro d’appel national : 0.810.09.86.09.


                                      • claude (---.---.218.199) 29 mars 2007 15:47

                                        merci Cath, pour ce témoignage boulversant, et qui explique trop bien l’engrenage infernal dans lequel on s’enferme quand notre compagnon devient violent.

                                        pour Clairette, on s’enferme dans une sorte de « syndrome de stockholm » et jusqu’au bout, on espère que l’être aimé, va guérir de sa paranoïa, de sa jalousie morbide, de son sentiment d’insécurité... on en arrive à penser qu’on est responsable de son attitude, parce que l’on est « trop ceci », « pas assez cela », on se surveille, et on s’éteint pour ne plus attirer l’attention des autres... jusqu’au jour où l’on comprend que l’on est manipulée (souvent parce que des amis veillent sur nous) et que la violence est l’arme des faibles et des lâches : ils frappent quand ils n’ont plus d’autres moyens de s’exprimer.

                                        ce jour là on s’enfuit avec ce que l’on a sur soi, en espérant laisser le passé derrière soi. la pente est longue à remonter, et il reste toujours au fond de son être une petite lueur de méfiance face à la gente masculine, même si le nouvel homme de votre vie est quelqu’un d’adorable et de solide.


                                        • PierreMF 29 mars 2007 16:35

                                          Je crois que ce beau témoignage aidera d’autres personnes ayant vécu ou vivant une situation similaire.


                                          • (---.---.176.189) 29 mars 2007 17:27

                                            Merci pour ton témoignage, pour en être sortie, pour nous rappeler la réalité de ce que vivent beaucoup de femmes. Trop. Le tout avec une plume simple et aiguïsée. Avec toute ma sympathie, Franz

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