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Accueil du site > Tribune Libre > 5 mai 2002 : le jour où les Français ont été roulés dans la farine (...)

5 mai 2002 : le jour où les Français ont été roulés dans la farine politicienne

Le 5 mai 2002, Chirac était élu "à l’africaine", avec plus de 82% des voix. Pourquoi en était-on arrivé à ce que l’extrême-droite tutoie d’aussi près l’accès à l’Elysée ? A quelques nuances près, quinze ans après, le même scénario est en passe de se reproduire à la présidentielle, avec comme potentiel vainqueur, Fillon, le malhonnête, reproche fait à Chirac à l’époque. Retour sur cette période, aux similitudes troublantes avec l’actuelle apogée de la médiocratie française.

Mai 2002. Soudain, des éclats de voix rompirent le charme de ma balade à Vézelay, la colline inspirée. Ils me tirèrent de mon immersion dans ce lieu hors du temps. La sottise humaine réapparaissait, grossière et insolente, sous les traits d’un personnage au port affecté, sortant d’une grosse voiture de marque allemande. Un énorme macaron tricolore, placé sous le pare-brise, indiquait avec ostentation, qu’on avait affaire à une huile frelatée du système politique français. A l’évidence, un de ces élus, parvenus, comme en a produit et en produit encore en (trop grande) quantité le pays, depuis l’avènement de la médiocratie. De ces Adonis du marigot politicard, qui n’en peuvent mais, à force de s’admirer. Ne manquait que le tapis rouge à Sa Suffisance.

La cohorte des petits hobereaux cumulards, jaloux de leur position sociale

Au fil des années, les valeurs morales s’étaient étiolées, sous les attaques répétées de la classe politicienne avide et cupide. La France, volontiers moralisatrice et donneuse de leçon, était gangrenée, y compris, dans ses provinces. Au fin fond de celles-ci, loin des regards indiscrets, la cohorte des petits hobereaux cumulards, jaloux de leur position sociale et de leur minuscule pouvoir, fichait la nausée. Ces roitelets incarnaient la face la plus sombre de l’être humain. Cette part obscure et malsaine qui habite, à des stades divers, chacun d’entre nous, et que nous tentons, avec plus ou moins d’efficacité, de contenir dans des limites acceptables pour la morale.

Foin de ces nobles scrupules pour cette meute avide de tout, dès lors que ce « tout » leur fait respirer l’oxygène des autres, sans lequel ils ne seraient rien. Sous les traits d’une sympathie feinte, qui leur sert de masque attrape-nigauds, ils dissimulent la laideur de leur âme. Ils séduisent sans mal les fats, les idiots, les coincé(e)s, les insatisfait(e)s chroniques et les hordes de déboussolés, dont l'unique religion est désormais la navrante télé « réalité », dont TF1 et M6 sont les productrices, aux côtés de chaînes publiques tout aussi affligeantes. Même les braves et honnêtes gens, et quelques « intellos » égarés, se laissent distraire par ces bonimenteurs.

Des partis politiques installés, devenus de véritables sociétés commerciales

Désespérant ! La France allait beaucoup plus mal qu’on ne voulait bien l’avouer. Malhonnêteté, voire malveillance de trop nombreux politiciens. Omniprésence du mensonge, dans la conduite de l’action publique. Au milieu de la cacophonie politico-médiatique, il était difficile pour le citoyen lambda de se faire entendre. La France était en pleine dérive des mœurs politiques et les Institutions étaient dévoyées.

La nouvelle religion matérialisme avait causé des dommages, dans la capacité critique des citoyens français, plus soucieux de la balade du samedi à l’hypermarché, que du sort de leurs prochains. Une indifférence quasi générale, y compris de la part des plus modestes. Les tenants de la communication, eux-mêmes propagandistes accrédités par les partis politiques installés, devenus de véritables sociétés commerciales, organisaient le brouillage des messages non conformes à la norme. C’est ainsi que des organes de presse, en quête d’audience, retrouvèrent des couleurs, en devenant les outils de propagande, à la solde de quelques politiciens d’envergure limitée.

Quand la CFDT se mit aux ordres du MEDEF

Au cours de cette période, dans une société française réputée riche, instruite, évoluée, développée, en un mot, quasi parfaite, la misère n’avait pourtant cessé de grandir. 

Le double langage des politiciens traduisait leur hypocrisie face au problème de l’immigration. Les acteurs institutionnels s’étaient éloignés de la réalité du quotidien des gens. Y compris les organisations censées défendre la base. L’exemple de la CFDT en était la parfaite illustration, sous le règne de la super-PDG Notat, laquelle donna le sentiment de transformer ce syndicat de salariés, en une annexe du MEDEF. Elle ne fut pas la dernière à culpabiliser les exclus, montrés du doigt parce que, soi-disant, incapables de s’en sortir, dans ce monde de rapaces. Histoire pour elle et ses compères de se donner bonne conscience d’appartenir à la caste des fonctionnaires de son syndicat ? Un comble !

Heureusement, la CGT, elle, maintint son cap. Quant à FO, son secrétaire général, Marc Blondel, sauvait l'honneur d'un syndicalisme moribond. Il n’empêche, le monde marchait sur la tête. La caste des privilégiés et des protégés avait trouvé le moyen d’anesthésier les autres. Inutile de dire que côté organisation patronale on jubilait. Avec de pareils partenaires sociaux, le baron Seillière, super boss des patrons, buvait du petit lait. On pouvait multiplier les licenciements massifs. De toute façon, tout le monde s’en foutait ! A la fin des années 90, la France détenait, avec 40 000 TS, le triste record européen du nombre des tentatives de suicide. Mais il avait été décrété, une fois pour toutes, que tout allait bien dans le meilleur des mondes. Pour les uns comme pour les autres, passer des êtres humains par pertes et profits relevait, ni plus ni moins, de l’exercice comptable.

Les juges les plus tenaces se cassent les dents dans nombre de procédures

La toute puissante religion de l’argent roi faisait des ravages. Mais silence. Il ne fallait surtout pas en parler. La télé (y compris les deux principales chaînes publiques à la solde des pouvoirs), qui avait atteint le niveau 8 sur l’échelle de Richter de la crétinerie (Loft Story, etc.), servait d’opium au peuple. Bref, officiellement, la France se portait comme un charme. Tel était le mot d’ordre des instances dirigeantes du pays, en ces piètres années de démocratie en trompe-l’œil !

Parallèlement, la corruption étendait son emprise tentaculaire. Une corruption « feutrée », à la française, habilement dissimulée, qui gangrenait de nombreux rouages de la société par le biais des groupes de pression et autres réseaux plus ou moins occultes (franc-maçonnerie, presse, etc.), y compris au sein de l’appareil judiciaire. Au point que, même les juges les plus tenaces (Eva Joly, Eric Halphen…) se cassèrent les dents, dans nombre de procédures engagées contre les gros bonnets de la politique et du pouvoir.

Relaxes, non-lieux, loi sur la présomption d’innocence. La classe politique s’auto-immunisait, pour se protéger des importuns. Dans le même temps, un tribunal, du centre de la France, infligeait une peine de 6 mois de prison à une mère dans le besoin, qui avait volé de la nourriture pour son enfant de 3 ans. Une sanction pour l’exemple… à vous foutre la nausée !

Le vote convenable décrété par les bien-pensants de droite et les donneurs de leçon de gauche

Il y eut bien le grondement provoqué par l’extrême-droite, au premier tour de l’élection présidentielle du printemps 2002. Hélas, le soufflé est vite retombé. La France, celle des bien-pensants de droite et des donneurs de leçon de la gauche caviar -paradoxalement revigorée par son cuisant échec-, joua à se faire peur. Elle entretint, pendant les quinze jours précédant le second tour, un climat d’inquiétude totalement irrationnel. Il fallait voter « convenable ». Tel était le slogan, pour cette élection phare des institutions françaises. Du jamais vu, mais dans l’air du temps néanmoins. La gauche, naïve (?), battue à plate couture, l’avait décrété, pour « sauver » la France en danger. Seule Arlette Laguillier (Lutte Ouvrière) eut la lucidité de ne pas se prêter à cette mascarade.

De fait, les Français, en réalité la moitié d’entre eux, se comportèrent comme des bœufs (animaux qui ont perdu leurs attributs sexuels) ! Fait peut-être unique dans les annales de la République, oubliant les soupçons judiciaires pesant sur lui, ils gratifièrent le président sortant, candidat à sa propre succession, de plus de 82% des voix. Il n'en demandait pas tant ! Un résultat à l’africaine, digne des républiques bananières. Ainsi, grâce à la gauche, au plus haut niveau des Institutions de la V° République, on se voyait miraculeusement absous d’éventuels actes délictueux, auxquels certains juges s’intéressaient de près. Forts d’un triomphe sans précédent pour eux, les insipides partis de droite et de droite extrême jubilaient sous cape. Tout en affichant une affectation de pure circonstance, face à la pseudo montée de l’extrême-droite.

Le soir du 5 mai, Chirac échappait pour cinq ans aux poursuites judiciaires

La droite venait de jouer son plus beau tour de con à la gauche. Sur le moment, celle-ci, à l’exception de Lutte Ouvrière et du Parti Travailleur, n’a rien compris. Trop sûre d’elle, incapable de défendre un bilan, pourtant pas si mauvais que cela, elle n’a surtout rien vu venir quand Chirac l’a piégée sur le thème de la sécurité. Une peur de l’insécurité, qu’il a commencée à instrumentaliser, dès le 14 juillet 2001, à la télé. De cette façon, le « florentin » évitait de faire du chômage et de la précarité -les deux véritables problèmes français- le thème central de la campagne des présidentielles. Lui-même, incapable de traiter fondamentalement ces questions, le président sortant pressentait que sa vision arrangerait également son adversaire Jospin, pas si à l’aise que cela non plus, en matière d’emploi. Le Premier ministre étant, par ailleurs, convaincu que « ses » fonctionnaires, qui constituaient le gros des troupes de sa base électorale, suffiraient à le porter à l’Elysée. Tacite consensus au plus haut niveau de l’Etat : cachez la souffrance de ce petit peuple, qu’on ne saurait entendre…

Au soir du 5 mai, Chirac échappait pour cinq ans encore à la justice de son pays. Sa réélection sonnait le glas des espoirs de plus de 10 millions de Français. A travers leurs votes, ils avaient pourtant clairement exprimé leur exaspération de vivre dans l’angoisse du lendemain, à cause de l’insuffisance de leurs revenus et de la précarité croissante. Alors que, dans le même temps, ils constataient qu’une autre partie des Français, grâce à la protection de leur statut, jouissait de conditions de vie enviables. Que d’autres encore se remplissaient de plus en plus les poches, affichant sans vergogne des revenus colossaux.

Jouant sur les réflexes de peur d’une partie de la population, le système politicien avait parfaitement fonctionné, en se prémunissant contre toute velléité de réforme profonde (instauration d’un revenu minimum de 800 euros à tout citoyen français, gratuité totale de la justice, etc.).

Le peuple roulé dans la farine avec la pitoyable complicité des socialistes

Les vainqueurs de l’élection présidentielle, bien qu’ils s’en défendissent, n’eurent pas le triomphe modeste. Ils venaient de rouler magistralement dans la farine le « brave » peuple, avec la pitoyable complicité de la gauche. Ils remportèrent, sans aucune difficulté, les élections législatives dans la foulée, face à une gauche, dispersée, qui n’avait manifestement, ni tiré, et encore moins retenu (en dépit des incantations de quelques ténors), les leçons de sa lamentable déroute à la présidentielle. Dans ses rangs, le mini-séisme à peine passé, la troupe des politiciens de salon s'était empressée de reprendre ses gesticulations. Histoire de se rassurer sur sa propre existence ! (Ce qui faisait se tordre de rire les engeances à droite.) Malheureusement, pendant les années qui suivirent, la politique crétine de la droite allait provoquer en France des dégâts considérables, et parfois irréversibles, dans les couches défavorisées, et plus tard, dans les couches moyennes.

Le 5 mai, pensant faire acte de salubrité contre Le Pen, lequel n’avait, en réalité, aucune chance de l’emporter, une « certaine » France a consolidé la caste politicienne. Aveuglée par le déferlement de la propagande de médias complices, craignant pour leurs privilèges, cette France-là a tué, dans l’œuf, l’espoir de millions de Français de sortir, enfin, de la galère. Il fallait être bien crédule, pour offrir 82% des voix, sur un plateau, à un homme comme Chirac, en pensant que celui-ci s’en sentirait redevable…

La nature humaine est paradoxale, ce qui la rend versatile. Les Français se souviennent-ils de mai 2002 ? Rééditeront-ils l’exploit d’élire un candidat par défaut, quitte à envoyer un malhonnête à l’Elysée pour cinq ans, sous prétexte qu’il faut éliminer le diable ou censé l’être ?

Le soir du 7 mai, Fillon échappera-t-il aussi, pour cinq ans, aux poursuites judiciaires ? Est-ce ce que veulent vraiment les Français, alors qu’ils ont chassé Sarkozy pour cette raison ?

 

Verdi

Lundi 20 février 2017

 


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42 réactions à cet article    


  • Robert Lavigue Robert Lavigue 20 février 19:14

    Un grand jour !

    J’ai encore en mémoire les jérémiades de tous ces crétins qui défilaient les jours précédents en braillant « Le fascisme ne passera pas ! »


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 20 février 20:44

      @Robert Lavigue

      Pas loin, il y avait un square Salvador Allende.
      Ils allaient en procession funèbre y déposer des fleurs !


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 21 février 00:20
      @Robert Lavigue

      C’est vrai que le 5 Mai 2002 j’ai fait péter une roteuse et j’étais tordu de rire devant la bonne blague qu’avait joué Chirac à tous ces cons ...

      Mais le meilleur, c’était quinze jours avant, à l’annonce des résultats du premier tour...
      Quand à la télé j’ai vu la gueule de Jack Lang au siège du PS, là j’ai sorti le Dom Pérignon smiley smiley

    • non667 21 février 15:43

      @Sharpshooter - Snoopy86

      Quand à la télé j’ai vu la gueule de Jack Lang au siège du PS, là j’ai sorti le Dom Pérignon  

      et les vraies larmes de mélanchon ?
      il me tarde de les revoir  ! smiley smiley smiley


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 février 19:16

      Le soir du 7 mai, Fillon échappera-t-il aussi, pour cinq ans, aux poursuites judiciaires ?

      Il n’y aura pas de poursuite judiciaire, car il n’y a pas d’affaire judiciaire ;

      c’est une affaire politique, où le candidat de « la rigueur budgétaire », et de « la France en faillite » n’a pas précisément eu le comportement qu’un tel discours appelle.

      Rien de plus, et rien de moins.


      • kako 21 février 13:00

        @Olivier Perriet
        Il n’y a guère que les partisans de Fillon pour voir une affaire politique, là où il n’y a que de la malhonnêteté. Pour mémoire Juppé a été condamné pour des faits similaires et pourtant il n’y avait pas eu enrichissement personnel, comme c’est le cas ici. Comme le dit très bien Verdi, les politiques se sont auto immunisés contre les poursuites judiciaires. Il y aura surement un non lieu comme d’habitude. Mais çà n’en fera jamais de Fillon quelqu’un honnête. Oui, nous risquons fort d’avoir demain un voleur et un escroc à l’Elysée ! La France continue son déclin, mais l’aveuglement vous empêche de réagir.


      • Doume65 20 février 19:32

        « il n’y a pas d’affaire judiciaire »

        Je t’ai déjà demandé si, pour affirmer ça, tu étais plus fort en droit que le parquet et Éliane Houlette qui savent quand-même ce qui relève de leur compétence. Mais tu t’en fous, tu sembles en roue libre, en descente, après avoir perdu le guidon.


        • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 février 22:01

          @Doume65

          On voit ça quand même relativement souvent ; les décisions de justice sont souvent obscures. On reconnaît que vous êtes dans votre droit, et la partie perdante est condamnée à vous verser 30 € (super).

          Il y a combien d’affaires avec un juge d’instruction nommé, qui cherche vigoureusement pendant 2 ans, et qui se concluent par des non lieux ?

          DSK poursuivi dans l’affaire du Carlton de Lille pour « proxénétisme aggravé » (je ne sais pas ce que c’est « aggravé ») puis un procès où les débats portent sur « saviez-vous qu’il y avait des prostituées dans ces soirées ? » (ce n’est pas ça du proxénétisme), et qui se termine par un non lieu. Voilà, une instruction qui débouche sur rien. Mais ça a vachement fait parler en attendant.

          Dans la mesure où on donne (beaucoup) de sous aux députés et qu’ils en font grosso modo ce qu’ils veulent, oui Fillon n’a très probablement rien fait d’illégal.


        • kako 21 février 13:10

          @Olivier Perriet
          C’est bien la preuve qu’il ne faut pas discuter des choses qu’on ne maitrise pas. Aggravé signifie que l’action est mené sur des personnes vulnérables (mineurs par exemple) sur lesquelles ont exerce des pressions physiques ou morales. Si DSK a été relaxé pour çà c’est qu’il n’était visiblement que consommateur. D’ailleurs il n’y avait aucune raison de le trainer en justice sous ce chef d’accusation. 


        • Olivier Perriet Olivier Perriet 21 février 16:52

          @kako
          « D’ailleurs il n’y avait aucune raison de le trainer en justice sous ce chef d’accusation. »

          Je pense qu’il en sera de même avec Fillon ; mais comme l’instruction prend généralement son temps, on aboutira à cette conclusion dans un an.


        • Tall Tall 20 février 19:34

          C’est complètement différent de 2002 ...

          Aujourd’hui la vraie gauche a un truc à gagner avec Marine > le Frexit.

          • Gavroche Gavroche 20 février 19:45

            Il peut se faire aussi que les cinq ans escomptés se réduiront peut être à zéro jours simplement et uniquement à cause du tribunal implacable qui est le corps électoral. Juste à la lecture du programme.


            • cétacose2 20 février 20:28

              Rien de va changer ,les crapules vont à nouveau s’unir pour abattre le seul parti qui pourrait nous sortir du naufrage annoncé . La masse votante Française est majoritairement dégénérée et incapable de discerner ce qui pourrait ètre positif pour elle .Et puis il sont tellement manipulés par des médias ignobles.....Et les persécutions vont s’amplifier dès que ces crapules seront en place....


              • Fergus Fergus 20 février 20:44

                Bonsoir, Verdi

                Un lucide regard sur cette élection de 2002 qui a permis à Chirac de retourner triomphalement à l’Elysée malgré un score de 1er tour inférieur à 20 % !

                D’aucuns ont théorisé que Chirac - prétendument homme foncièrement de gauche - avait raté le coche en ne saisissant pas l’occasion que lui donnait ce score pléthorique pour mettre sur pied un gouvernement d’union nationale. Une illusion de plus : la gauche a mis des années à se remettre de sa gueule de bois et Chirac s’est tranquillement glissé dans le costume d’un « roi fainéant » n’émergeant que de loin en loin pour rappeler qui était le monarque.

                Ce premier quinquennat de la Ve république a initié la série des mandats indignes.


                • Verdi Verdi 20 février 21:22

                  @Fergus


                  Bonsoir Fergus,

                  « Ce premier quinquennat de la Ve république a initié la série des mandats indignes. »

                  Un premier quinquennat inauguré en fanfare avec ce score « invraisemblable », alors que Chirac, comme vous le rappelez, a été qualifié de justesse. Fillon s’imagine, à l’instar de Chirac, avoir la capacité de forcer le passage -en dépit de ses casseroles-, grâce à la présence (annoncée) de MLP au second tour. J’espère que, contrairement à Chirac, il se prendra une claque mémorable, car ce type n’a vraiment aucune vergogne à prendre les gens pour des cons.

                • ZenZoe ZenZoe 21 février 10:08

                  @Verdi
                  ...car ce type n’a vraiment aucune vergogne à prendre les gens pour des cons...

                  Faut dire, il n’a peut-être pas tort non plus, on le donne gagnant dans le sprint final...


                • Verdi Verdi 21 février 10:23

                  @ZenZoe

                  Effectivement, vous n’avez pas tort non plus !

                • non667 21 février 16:41

                  @Verdi
                  vous n’avez rien compris a mai 68
                  ni a la dissolution par chirac
                  ni a 2002
                  ni a 2017
                   et je ne parle pas de 39/45 ,ni d’avant !
                   pourtant vous la ramenez fort et souvent ! smiley smiley smiley


                • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 20 février 20:44

                  Une piqûre de rappel est parfois nécessaire, et c’est bien de le faire dans l’état actuel de confusion générale.

                  Rien à redire sur les faits qui sont les faits, ni sur l’analyse dont je partage les grandes lignes.
                  Mais comme j’aime pinailler, je situerais le PS non pas comme « complice », mais comme « compère » : la prochaine fois, ça sera mon tour. Le complice, c’était le FN qui a toujours accepté le rôle ingrat mais sans doute juteux (puisqu’il en a fait son fond de commerce) de repoussoir : pour que le le vote utile fonctionne, il faut bien un épouvantail, et la famille Le Pen a hérité de la charge d’une manière héréditaire, comme sous l’ancien régime.
                  Maintenant, la ficelle est un peu usée, e tle stratagème ne fonctionnera pas une énième fois. Il est urgent que les manipulateurs trouvent autre chose, parce que ça pourrait bientôt chauffer pour leurs fesses, et pas dans les urnes !



                  • Verdi Verdi 20 février 21:31

                    @Jeussey de Sourcesûre

                    J’accepte votre pinaillerie ! On peut en effet considérer le PS et le RPR comme des compères (UMPS). Je pense comme vous, que la ficelle est usée et que les urnes risquent de ne pas être les seules à s’exprimer, si le résultat n’est pas ou mal accepté par les Français.

                  • PiXels PiXels 21 février 11:09

                    @Jeussey de Sourcesûre
                    .
                    Une nouvelle fois, je partage pour l’essentiel votre commentaire.
                    .
                    Par contre, je suis intimement convaincu que votre objection n’est pas du domaine du simple « pinaillage »..
                    Cette notion me semble CAPITALE.
                    .
                    Pour espérer résoudre un PROBLÈME, encore faut-il le poser correctement.
                    .
                    La « caste » qui l’a bien compris « nous » a volé le vocabulaire.

                    .
                    L’arnaque originelle a consisté a retourner le mot « démocratie ».
                    Faire croire au peuple qu’il maîtrise son destin en lui proposant de « choisir » (? !)
                    .
                    2ème étape de l’escroquerie : les partis (je ne développerai pas) et le FAUX clivage droite/gauche..
                    .
                    Tout le monde (ou presque) l’a compris :
                    Depuis plus de deux siècles « la gauche » (de « gouvernement ») n’est que l’autre face d’une même pièce.
                    Des très riches au service des ultra riches !.
                    .
                    Le cœur du problème réside dans les « habitus » imposés par les « dominants ».
                    Tant que nous accolerons au P« S » (à la SFIO,etc.) le mot « gauche » le PROBLÈME sera « mal posé ».
                    .
                    Quand on n’emploie pas les BONS mots pour exprimer les choses il devient impossible d’entrevoir les BONNES solutions !.
                    .
                    Il me semble urgent de se débarrasser de ce réflexe conditionné !
                    .
                    Le P« S » n’a JAMAIS été « de gauche ».
                    Persister à proposer des « analyses » ayant pour postulat l’inverse fait perdurer « l’ambiguïté » !
                    .
                    Se réapproprier le vocabulaire est à mon avis un préalable nécessaire au combat pour la naissance d’une VRAIE démocratie, juste et égalitaire !
                    .
                    Système actuel = Oligarchie (ou ploutocratie ou « corporatocratie »)
                    P« S » = Parti de Droite (gauche de ?)
                    Réforme « structurelle »
                    = Casse sociale
                    Charges patronales = Salaire différé (cotisation)


                  • PiXels PiXels 21 février 11:11

                    « Système actuel = Oligarchie (ou ploutocratie ou « corporatocratie »)
                    P« S » = Parti de Droite (gauche de ?)
                    Réforme « structurelle »
                    = Casse sociale
                    Charges patronales = Salaire différé (cotisation)
                     »
                    .
                    Liste NON EXHAUSTIVE, à compléter bien évidemment....


                  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 21 février 11:23

                    @PiXels

                    on a sans doute fréquenté la même copine sans se connaitre...
                     smiley

                  • non667 21 février 16:59

                    @Jeussey de Sourcesûre

                    ui a toujours accepté le rôle ingrat mais sans doute juteux (puisqu’il en a fait son fond de commerce) de repoussoir

                    l’argument que l’on utilise contre les femmes violées  ?
                    transformer la victime en coupable  !Jeussey de Sourcesûre que vous êtes un fieffé c..

                    p.s.wiki : 2° plus jeune député de france il a laissé ce poste pour aller combattre en algérie


                  • julius 1ER 21 février 08:40

                    Quand je vois les commentaire débiles et cyniques de certains, je me demande si l’on vit dans le même pays ???


                    Car il n’y a rien de réjouissant dans ce lent processus de décomposition de cette pseudo -Démocratie que l’on élise des gens dont la seule volonté est d’exister pendant 5 ans et de ne pas transformer cette société sans projet collectif car le mot collectif est connoté ....

                    et juste permettre à ceux qui sont en haut de la pyramide de continuer à se gaver comme jamais dans l’histoire de ce pays .... pourvu que çà dure !!!!!!!!!!!!!

                    • ZenZoe ZenZoe 21 février 10:10

                      @julius 1ER
                      Réjouissant ?
                      Non, démoralisant.


                    • Verdi Verdi 21 février 08:50
                      Comme dans les années 1990- 2000...

                      Les députés votent une loi qui protège les corrompus

                      « Les députés votent une loi qui protège les corrompus. Les délits occultes ne pourront plus être poursuivis après 12 ans. La nouvelle règle pour ceux d’en haut : quand le passé gêne, oublions le ! »

                      • ZenZoe ZenZoe 21 février 10:15

                        @Verdi
                        La réponse des Roumains à ce genre de loi : des manifestations monstres et un retrait de la loi. Continuation des manifestations pour obtenir la démission de tout le gouvernement... Affaire à suivre...
                        La réponse des Français : des posts râleurs sur un ou deux forums, pas de manifestation, la loi passe... Et on élit un corrompu dans la foulée...

                        Bananana, bananana banana split comme chantait l’autre...


                      • Verdi Verdi 21 février 10:25

                        @ZenZoe

                        Votre constat est accablant, mais juste !

                      • fred fred 21 février 09:25

                        Toutes les élections, sonnent l’hallali" des peuples décérébrés...Les charognards se succèdent pour se goinfrer de la bêtise des gens !


                        • flourens flourens 21 février 10:17

                          m’en fou, en mai 2002 je suis resté chez moi, accusé par tous d’être le fossoyeur de la République, et en mai 2017, si la situation se représente, ce qui est bien parti, je ne serai jamais aussi bien qu’à la maison, sans moi la mascarade


                          • Verdi Verdi 21 février 10:28

                            @flourens

                            Idem !

                          • Verdi Verdi 21 février 10:31

                            @flourens

                            Je n’ai pas voté au second tour, en 2002. Je ne voterai pas le 7 mai si la configuration est la même qu’en mai 2002.

                          • microf 21 février 11:40

                            Très bon article qui pose certaines questions qui ne seront jamais répondues, j´ai beaucoup rigolé á la lecture de la phrase « élu á l´Africaine » de Jacques Chirac, ce qui n´est que normal, car la Francafrique, Chirac connait, et il a été l´un de ces pilliers, alors pas étonnant son élection á l´Africaine en 2002, il n´a fait qu´imiter ces compères Africains.

                            La France a aujourd´hui besoin d´une Revolution pour s´en sortir, sinon, on prendra les mêmes et on recommencera, et la France ne fera que s´enfoncer de plus en plus, peut être c´est le destin de la France de s´enfoncer de plus en plus vu le mal que la France fait á travers le monde ( Francafrique, Lybie, Syrie, Côte d ´Ivoire, Tchad, Centrafrique... ).

                            J´avais demandé á certains amis Francais de voter le candidat du FN en 2002, pas parceque ce candidat du FN pourra mieux faire, mais parceque cela allait plonger la France dans une Revolution balayant cette classe politique y compris le FN qui en fait partie, et qu´après, surgissent de nouvelles forces politiques qui vont remettre la France sur la bonne voie.
                            Il n´est pas trop tard, les Francais ont encore trois mois pour bien y refléchir, et l´élection du Président Trump devrait les permettre de s´engager dans cette voie.
                            L´élection du Président Trump est une Revolution aux Usa, car après son mandat et quelqu´en soit sa durée..., les Usa ne seront jamais comme avant, le Président Trump est entrain de mettre les Usa et le monde entier sens dessus sens dessous, et cela qu´a besoin la France.


                            • LE CHAT LE CHAT 21 février 11:41

                              Chirac élu comme Mugabe après une campagne d’entre deux tours indigne d’une démocratie , même l’amicale de ramasseurs de bigorneaux de la falaise d’Etretat avait droit au micro pour cracher sur le FN qui n’avait pas de droit de réponse !

                              j’ai vraiment eu honte pour la France !

                              ça ne marcherait plus aussi bien de nos jours ...


                              • Fergus Fergus 21 février 11:58

                                Bonjour, LE CHAT

                                En même temps, le résultat n’a fait que refléter le sentiment profond de rejet des Français à l’égard du FN.

                                La preuve : 3 ans plus tard, il y a eu le même hallucinant matraquage politique et médiatique en faveur du OUI au référendum sur le projet de traité constitutionnel européen, et c’est pourtant le NON qui l’a nettement emporté.

                                « ça ne marcherait plus aussi bien de nos jours »

                                Sans doute. Pour autant, le FN n’a que d’infimes chances de gagner la présidentielle.


                              • LE CHAT LE CHAT 21 février 13:10

                                @Fergus

                                si le Chirac avait au moins eu les couilles pour le débat d’entre deux tours , le score eût été différent déjà !

                                JMLP ne pouvait guère espérer plus avec l’ensemble des autres partis , les syndicats et tous les médias contre lui , sans droit de réponse


                              • Fergus Fergus 21 février 14:13

                                @ LE CHAT

                                « JMLP ne pouvait guère espérer plus avec l’ensemble des autres partis , les syndicats et tous les médias contre lui , sans droit de réponse »

                                Pas trop d’accord avec cette affirmation : cette unanimité contre le FN servait en réalité les intérêts du parti car cela lui permettait de centrer sa communication sur la « diabolisation » et l’« ostracisme » dont il était l’objet.


                              • DACH 21 février 14:47

                                «  »«  »«  avec comme potentiel vainqueur, Fillon, le malhonnête, »«  »«  »

                                Comment vous croire, puisque vous condamnez sans rien démontrer ! Aucune crédibilité convaincante dans vos propos, Vous servez parfaitement le camp que vous combattez. 

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