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5 sur 5, la maladie du pouvoir

Textes d'Octave Mirbeau (cinq textes courts) collectif VdP, Michaël Cohen, Loïc renard, Ronan Rivière, Jérôme Rodriguez, Christelle Saez Théâtre Notre Dame, à Avignon 16h15. Tournée ensuite.

Il s'agit là de quasi-inédits de Mirbeau. On connait "les affaires sont les affaires" sur la cupidité de son temps et "le journal d'une femme de chambre"...

Un peu construits comme un certain théâtre assez mécanique du XIXème siècle (Labiche, et ici plutôt Courteline). On peut penser aussi aux portraits que le théâtre porte bien et que Molière a souvent pratiqué (l'avare, le Tartufe, Don Juan...). On pourrait voir aussi quelque chose comme les Caractères de La Bruyère : des portraits réels de qui sont les gens, non seulement vitrine (quelle beauté !) mais aussi magasin et arrière-boutique (Hum... Vous êtes sûr que c'est le même ?).

Dans le premier texte, un gentleman cambrioleur, se retrouve à philosopher avec le bourgeois qu'il vole dans de grandes envolées... ils se reconnaissent finalement du même « monde  » l'un ayant l'autorisation sociale du type de vol qu'il commet, l'autre non... et le bourgeois lui permet de partir par une porte dérobée avant l'arrivée de la police qu'il a lui-même fait appeler. Ainsi, l'ordre règne : la loi a figure d'être respectée, tandis qu'une autre loi s'applique, de solidarité tacite et secrète entre voleurs... On pourrait se croire chez Brecht (l'Opéra de quat'sous, dans lequel le chef de la police est ami avec Mackie le surineur, chef des brigands... sans doute les seuls vrais amis de Londres ! nous dit Brecht...) Mirbeau écrit dans une langue pointue et souple comme un fleuret d'escrime, sans gras, toute en muscle... une grande virtuosité d’écriture qui exige une virtuosité du jeu similaire.

Bravo et merci d'avoir découvert ces textes !

Le décor est volontairement de tendance noir et blanc... une table tournante est aussi une boussole, une flèche qui désigne le coupable... Il y a des transpositions amusantes : les verres sont des tubes à essai. Une ambiance générale de laboratoire ?

Le jeu des comédiens est essentiel. C'est par eux que tout passe : ce double langage, cette double pratique qu'ont toutes les sociétés, et les renversements qui en naissent au cours de ces pièces courtes. Car c'est un des charmes de ces petits scénarios de voir les « sociétés  » avec leurs degrés de « montrabilités »… plus ou moins officielles... se substituer rapidement l'une à l'autre et renverser absolument le sens de ce qui vient de se passer. Les comédiens portent admirablement ces renversements, qui sur des temps si courts ne sont pas si commodes.

Cinq petites tranches d'une société finement analysée, bien conduites, bien rythmées, drôles et acides, surprenantes, agréables...


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1 réactions à cet article    


  • Nuccia Nuccia 3 août 2013 23:14

     Coup de coeur également pour cet événement : bravo à des jeunes de redécouvrir Mirbeau ! j’ai adoré la scène de l’epidémie où l’actrice rend hommage à Joseph le bourgeois ... !

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