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 Accueil du site > Tribune Libre > A propos du dernier livre de Jacques Attali

A propos du dernier livre de Jacques Attali

L’initiative de Joël de Rosnay avec son intéressante recension du dernier livre de Jacques Attali m’a conduit à publier ces deux extraits parmi mes textes inédits, qui, je pense, sont de nature à éclairer les familiers de cet ex-conseiller de Mitterrand et les autres qui souhaitent en savoir un peu plus sur la pensée de cet intellectuel classé comme brillant. Le premier texte est extrait de mon livre inédit, le Kantique... (écrit en 1999) et porte sur le sens de la pensée d’Attali forgée à l’époque de la parenthèse enchantée (seventies) et telle que je l’ai comprise dans un contexte anthropo-métaphysique (le matérialisme essentiellement). Le second texte sera de nature à éclairer le schème architectonique structurant l’histoire, un schème universel ayant fasciné Rosnay mais que j’avais déjà dévoilé en 2001 (évoqué ici) en m’inspirant de mes recherches et de la pensée de Dumézil (et de Platon qui ne sera pas évoqué dans cet extrait). Pour un avis lapidaire, Attali a une vision claire du passé (texte 1), une vision pertinente mais discutable de son époque (texte 2) et une vision peu crédible du futur (texte à venir). J’assume les risques, n’ayant pas lu le livre en question.

Texte 1 Les trois pouvoirs

Si on veut concevoir une civilisation à la hauteur des capacités spirituelles de l’homme, il faut prendre en considération la dimension éthique, sinon, on se contente d’une société d’atomes fonctionnels, limités par la loi de l’Etat, travaillant, produisant, s’insérant telle une cellule dans le grand organisme global, sorte de foie social fabricant les composants de l’architecture fonctionnelle technologique, paradis des profiteurs et enfer pour les exploités. Il existe donc un choix entre une société et une civilisation. Celle-ci comprend trois pouvoirs.

Le pouvoir économique, saducéen, c’est en quelque sorte le pouvoir de la monnaie associé à la technique et à une juridiction héritée du droit romain, pour organiser les règles du commerce, des hommes, des biens, des capitaux.

Puis il y a le pouvoir politique, double, pharisien pour ce qui est de la loi négative qui empêche les hommes de se nuire en suivant leur libido désirante et dominatrice (voir Girard pour une lecture laïque et anthropologique des Ecritures) et impérial pour ce qui est de l’usage de la force militaire garantissant la paix (cela dit, la paix romaine ne se soucie que peu des luttes entre hommes). Au moment machiavélien et hobbésien de la politique, la loi pharisienne, reposant sur la contrainte de Dieu, est transférée vers l’Etat qui devient l’exécuteur testamentaire des commandements de Dieu, lesquels se transforment avec la raison humaine, et l’homme commence à acquérir des compétences pour gérer un ordre global autant que local, avec des lois raisonnées pour arbitrer les conflits. Montesquieu parachève la constitution du pouvoir politique moderne fondé sur la force de la loi, et la loi de la force, autrement dit, l’Etat de droit, législatif, judiciaire, exécutif. L’alliance entre les Etats-Unis et Israël symbolise la rencontre de la puissance impériale et de la loi.

Le pouvoir éthique est le pouvoir de la loi accomplie substantiellement, dans l’homme. Il ne peut s’abîmer dans la loi négative. L’édifice hégélien était bancal. Le pouvoir éthique est le pouvoir de l’homme qui progresse spirituellement, entre ombre et lumière, avec les tentations métaphysiques et les points d’arrivée sanctifiés par la grâce. Si le pouvoir économique repose sur des actions techniques et matérielles, le pouvoir politique est par essence lié à des actions mettant l’homme au centre et comme point d’impact. La guerre comme action politique et la loi comme interdit social, avec ses ramifications juridiques. La loi négative et la guerre positive sont les deux faces de la puissance politique, martiale. Enfin, l’éthique et son pouvoir caractérisent ce qui n’est, ni économique, ni politique, ce qui n’a aucune finalité matérielle (rapport entre l’homme et la matière) ou bien humaine (rapports entre hommes). L’éthique est un pouvoir dont la finalité et la réalisation appellent des attributs et des structures propres que l’on connaît en partie, qui se sont déployés au cours de l’histoire, qui se sont métamorphosés et que le monde technique et l’ignorance contemporaine ont mis de côté, ensevelissant ces éléments subtils sous le raz-de-marée permanent du spectacle ! (Notons que l’ignorance ordonnée par les nouveaux programmes participe à cet oubli de l’éthique). Au cours des siècles, il y eut un pouvoir censé se prévaloir de l’éthique : l’ordre religieux, celui-ci assurant les deux fonctions, éthique et politique, en coopération ou en rivalité avec le pouvoir martial des hommes (on consultera l’ouvrage de Quentin Skinner qui fait le point sur la naissance de l’Etat moderne au milieu de ces frictions entre prélats et princes).

Une question se pose : de quelles institutions, constitutions ou structures a-t-on besoin pour donner un cadre et un moyen pour que se développe l’éthique, définie partiellement comme l’ouverture du champ humain vers l’autre, vers une aspiration au dépassement, à quelque chose qui ne se réduit ni à une réalisation technique (ou une acquisition utilitaire) ni à une action mettent en jeu des rivalités ? On notera que l’homme, dans son orgueil, est un obstacle face à l’éthique, car il craint de ne plus être au centre des regards et que le spectacle ne peut que renforcer ce phénomène. Ce faisant, l’homme orgueilleux empêche les réalisations éthiques de se déployer, dans les domaines où la création est de mise, comme en science (voir le sort de Beljanski) et surtout en art. Les plus importantes réalisations humaines se sont faites sous l’égide de protecteurs, mécènes ou bien structures. Ce n’est pas un hasard si François Ier créa le Collège de France, pour donner une chance au savoir alors qu’il savait que la promiscuité et les luttes intestines dans l’université ne pouvaient qu’être préjudiciables au développement du génie intellectuel. Le chantier contemporain de l’éthique ne se limite pas au savoir. Il est immense, et je laisse quelques sillons pour signifier qu’il va falloir semer et irriguer, conformément à la parabole bien connue...

Texte 2 Critique du matérialisme d’Attali

L’un des ouvrages les plus significatifs fut écrit par Jacques Attali qui, dans Les trois mondes, use subtilement des nouvelles théories systémiques et notamment de la théorie des fluctuations que Prigogine se propose d’élaborer. Si on interprète attentivement les conclusions d’Attali, on comprend qu’il nous propose une nouvelle utopie, et on ne sera pas étonné de voir l’association moderne entre conceptions scientifiques et idéologie. Au siècle des Lumières, Newton était lié au culte de la Raison. Le XXe siècle voit se propager le culte de l’invention des formes, lié à la théorie des structures dissipatives revisitée en théorie des fluctuations, du joyeux chaos qui ravit les âmes et les fascine en leur montrant en ligne de mire l’invention de la vie, des comportements, des utilisations d’objets. C’est la réforme du situationnisme que l’on hybride au mode de production économique.

“La subversion exige la séduction : pouvoir parler de non-violence, de création, de tolérance, de parole, faire l’apologie de la disparate, du complexe, de l’invention de la négation de soi [souligné par moi] [...] jouer au parasite, vider tout de sens, et non dire autre chose : car rien ne peut être entendu avec les langues du temps, qui récupèrent tout en un dérisoire combat pour le contrôle de l’ordre [...] dévoyer la culture jusqu’à son cauchemar, jusqu’à la nausée de la fascination” (Attali, TM-362)

On remarque ici un point commun entre la pensée de la nature et la pensée du social. Si pour Prigogine la physique du devenir doit se substituer en tant que paradigme fédérateur à la physique de l’être, pour Attali, la langue ne peut fixer l’être (pris comme ordre), et donc elle doit épouser les contours du temps, parler plutôt que subir. Le propos d’Attali révèle la hantise de l’immobilité classique, tout comme le physicien est hanté par les équations classiques où le temps devient réversible tandis que tout y est ordonné depuis la nuit jusqu’à la fin des temps. Éviter l’équilibre thermodynamique, éviter la mort de d’individu, dit Attali, la mort de l’homme sans dieu, qui risque de se complaire dans un consumérisme passif. Pour cela, faisons circuler les flux, faisons circuler la parole, ouvrons-nous aux autres, subversion et invention, contre réversion et stabilisation. Fuyons l’immobilité et vénérons le chaos organisateur. Sacrifions le moi au profit du partage social. Il faut séduire l’autre et pour cela montrer qu’on est inventif, qu’on sait danser tel un paon, en brandissant un éventail d’objets, de gadgets, un feu d’artifice de paroles, dans un perpétuel Las Vegas où tout ce qui est acquis doit être rejoué, remisé dans le joyeux chaos socio-économique que le pouvoir tente de manager. Du point de vue idéologique, cela ressemble à une réforme post-moderne du communautarisme socialiste hérité de Saint-Simon et des utopistes du XIXe siècle. Au lieu qu’un pouvoir organise la mise de l’individu dans l’ordre collectif produisant le social, son affectation comme cellule de la société se transformant, son incorporation dans le corps social, un new-deal fut proposé par Attali. Ici, tout le monde produit, tout individu est autonome, et surtout, pas de contrôle centralisé, ni de contrainte physique. Le jeu des fluctuations est un jeu de séduction, et le pouvoir ne doit plus s’imposer mais séduire, et de cet ensemble social naît un corps social ordonné mais non figé, car en perpétuelle invention.

La philosophie scientifique de Prigogine joue un rôle éminent en s’accordant avec l’esprit du fluctuationnisme social. Elle se substitue au matérialisme dialectique et prend l’apparence d’un matérialisme auto-organisateur. Le conflit est remplacé par la séduction ; les contradictions de la matière deviennent les fluctuations, et le tour est joué. Au niveau microscopique, l’opérateur entropie symbolise le temps qui invente. On tire de la mécanique quantique ce qui est nécessaire et on oublie l’essentiel (superposition des états). Opérateur, voilà le maître mot, tant dans la physique statistique que dans le nouveau socialisme scientifique. À partir des années 1980, on invoquera les opérateurs boursiers qui gèrent les flux monétaires, les tour operators qui gèrent la circulation planétaire des individus, et les nouveaux opérateurs en tous genres, opérateurs de saisie informatique, nouveaux entrepreneurs et bien sûr le calcul et ses opérations indispensable pour les maîtres du technocosme, etc.

“Vouloir la mort de l’ordre pour attendre librement la destination de l’homme, vouloir vivre la seule vie pour ne pas être un objet mort [...] alors l’homme pourra inventer l’homme [...] et répondre à la seule question qui vaille encore d’être inlassablement posée : qui vive ?” (Attali, TM-364).

Telle est la conclusion des méditations post-modernes d’Attali. On note trois points essentiels. Premièrement, la hantise de l’ordre, qui est interprété classiquement comme structure figée avec son pôle opposé qui, lui aussi, est figé, mais selon les canons de la thermodynamique où la seconde loi montre l’évolution vers l’informe, l’instructuré, l’homogène (qu’un contresens classique interprète comme désordre). Deuxièmement, un humanisme post-bourgeois et post-marxiste, où l’homme s’invente librement en jouant avec les fluctuations, l’échange, admirable homme qui grandit en faisant circuler un peu de lui-même, et donc en se marchandisant, tel un quantum formel humain que l’on distribue au tout-venant, tandis que les objets sont aussi distribués dans les centres commerciaux. Postmodernité et mort de Dieu. L’homme qui fut le singe de Dieu, selon l’expression consacrée de Bakounine, devient le singe de l’homme. Et en s’accrochant à la branche anthropologique qui produit de l’entropie et surtout de l’anthropie, l’homme parcourt l’arbre du collectif et s’auto-invente ; pour aller où ? Nul ne le sait. Une destination indéfinie, qui surfe avec la complexité indéfinie des structures dissipatives. Et à la fin, une question, “qui vive ?”. Un philosophe averti tel que Bakhtine aurait tout de suite détecté le signe de la décadence, du déclin bourgeois (remplacé par le technicien contemporain). Lui qui soulignait à juste titre que lorsque la question du vivre prend l’ascendant, c’est mauvais signe. Qu’il s’agisse du vouloir-vivre de Schopenhauer, ou du vivre freudisant du début du siècle.



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Les réactions les plus appréciées

  • Par T.B. (---.---.---.162) 23 novembre 2006 13:38
    T.B.

    Attali c’est Paul loup Sullitzer qui aurait fait l’ENA. Il représente intelectuellement notre pseudo-démocratie « représentative » dans ce qu’il y a de pire. Des bonnes idées il en a forcément. Simplement parce qu’on ne peut pas toujours se tromper et aussi parce que reproduire les idées des autres (moins médiatisés) en y apportant sa touche de jargon « branché » et tordu fait toujours son effet chez ceux qui se disent avoir lu Kant ou Spinoza (je vous consille Spinoza). C’est du verbiage pour aliborons.

    Et puis, au fait, où est son bracelet électronique ? Pourquoi ne fait-il pas parti des 16 000 détenus en préventive qui attendent d’être enfin jugés ? L’affaire Falcone dans laquelle il a été mis en examen, ça en est où ? L’argent gaspillé de la Berd, gaspi qui creuse encore plus l’écart entre l’Est et l’Ouest européen et qui nous vaut une concurrence des salaires vers le bas accrue, il l’a remboursé ? Et son procès avec les Russes il en est où ?

    Au moins, Descartes, lui, en dehors de ses vrais et magnifiques spéculations de l’esprit, était un vrai mercenaire et ne se planquait pas derrière les puissants.

  • Par Marsupilami (---.---.---.37) 23 novembre 2006 13:50
    Marsupilami

    @ T.B.

    C’est très méchant et très bien vu. N’empêche qu’on gagne à lire ce qu’écrit ce genre de mec pour évaluer dans quelles conneries postmodernes et branchouillées on va se barrer. C’est en quelque sorte de la mithridatisation spirituelle...

  • Par sweetsmoke (---.---.---.131) 24 novembre 2006 18:45

    ATTALI, JACQUES

    Vous savez à quoi on reconnaît que Jacques Attali est en train d’écrire un nouveau livre ? On entend les ciseaux et la photocopieuse ! Quand on pense qu’un type qui s’est fait déja prendre la main dans le sac à plagier Ernst Jünger (c’est ce qui arrive quant on paie mal ses nègres, ils ne réécrivent pas, ils copient) ; un type que les Anglais voulaient envoyer en prison pour sa gestion plus que douteuse de la BERD ; un type impliqué récemment dans une histoire de commissions ocultes sur des trafics d’armes...est encore traité d’intellectuel par les médias. Remarquez, une émission culturelle, n’est-ce pas de plus en plus un type qui n’a pas lu un livre, qui en parle avec celui qui ne l’a pas écrit ?

    Alain Soral Socrate à St-Tropez

    texticules Éditions Blanche - 2003

Réactions à cet article

  • Par Marsupilami (---.---.---.37) 23 novembre 2006 11:39
    Marsupilami

    Très bonne analyse. A propos des trois pouvoirs, lire aussi l’excellent Qu’est-ce que la politique de Julien Freund :

    Julien Freund distingue, dans la finalité de la chose politique, trois niveaux différents :

    "1. Le niveau proprement téléologique qui détermine le but spécifique du politique ;

    2. Le niveau qu’on pourrait appeler technologique, caractérisé par la réalisation d’objectifs concrets, limités et à reprendre sans arrêt ;

    3. Le niveau eschatologique du règne des fins (...) Il s’agit de notions absolument transcendantes qui dépassent les possibilités et les limites de l’expérience et de l’action humaine".

    Dans cette perspective, on pourrait dire que le « nomadisme » individualiste et matérialiste revendiqué par Attali est son horizon eschatologique. C’est vraiment pas terrible... ceci d’autant plus que tout en se disant le promoteur du désordre entropique, il reste toujours du bon côté du manche, c’est-à-dire de celui de l’ordre. C’est toute l’ambiguité du personnage.

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.232) 23 novembre 2006 13:27
      Bernard Dugué

      Effectivement Marsu, les trois ruses mais pas du politique, de l’Histoire

      ruse de la technique, tendance (dans l’acception aristotélicienne)

      ruse de la Raison (extrapolation hégélienne,

      ruse de Dieu (la part de Jérusalem) complètement étrangère à Athènes, sécularisé par la philosophie modernes et ses tentatives d’Ecriture (Hegel et son faux testament, Nietzsche et son testament avorté, Heidegger et son testament perdu, etc... principe espérance)

      et puis des cas spéciaux, marxisme, chi’îsme...

      Attali me paraît pas être un humanisme mais un post-humaniste, d’où la comparaison avec Fukuyama dont il est assez proche. Le post-humanisme, c’est une sorte de dévoiement de l’humain par la technologie. Ce que j’ai essayé de montrer ici avec le texte 2 que j’utilise à dessein, c’est que ce post-humanisme était déjà présent chez Attali dans les années fin 70 début 80

    • Par Marsupilami (---.---.---.37) 23 novembre 2006 13:45
      Marsupilami

      @ Bernard

      Je suis d’accord avec toi sur les ruses de cette autre ternaire. Et Attali, en dépit de sa brillante intelligence, est complètement englué dedans. Du côté du ternaire politique freundien (qui n’est pas exclusif du précédent), je maintiens quand même qu’il zappe la dimension eschatologique du politique : c’est son côté politicien fasciné par la technologie. Le post-humanisme est-il encore un humanisme ? Pas sûr, même s’il faudra bien un jour nous affranchir collectivement du pôle obscur des Lumières : ce technicisme matérialiste perclus de rationalisme étroit - pour ne pas dire cette religion scientiste. Wait and see...

  • Par T.B. (---.---.---.162) 23 novembre 2006 13:38
    T.B.

    Attali c’est Paul loup Sullitzer qui aurait fait l’ENA. Il représente intelectuellement notre pseudo-démocratie « représentative » dans ce qu’il y a de pire. Des bonnes idées il en a forcément. Simplement parce qu’on ne peut pas toujours se tromper et aussi parce que reproduire les idées des autres (moins médiatisés) en y apportant sa touche de jargon « branché » et tordu fait toujours son effet chez ceux qui se disent avoir lu Kant ou Spinoza (je vous consille Spinoza). C’est du verbiage pour aliborons.

    Et puis, au fait, où est son bracelet électronique ? Pourquoi ne fait-il pas parti des 16 000 détenus en préventive qui attendent d’être enfin jugés ? L’affaire Falcone dans laquelle il a été mis en examen, ça en est où ? L’argent gaspillé de la Berd, gaspi qui creuse encore plus l’écart entre l’Est et l’Ouest européen et qui nous vaut une concurrence des salaires vers le bas accrue, il l’a remboursé ? Et son procès avec les Russes il en est où ?

    Au moins, Descartes, lui, en dehors de ses vrais et magnifiques spéculations de l’esprit, était un vrai mercenaire et ne se planquait pas derrière les puissants.

    • Par Marsupilami (---.---.---.37) 23 novembre 2006 13:50
      Marsupilami

      @ T.B.

      C’est très méchant et très bien vu. N’empêche qu’on gagne à lire ce qu’écrit ce genre de mec pour évaluer dans quelles conneries postmodernes et branchouillées on va se barrer. C’est en quelque sorte de la mithridatisation spirituelle...

    • Par alberto (---.---.---.204) 24 novembre 2006 09:32

      Mithridatisation oui, mais tout est dans le dosage...ou la résistance du patient !

      Une sorte de vaccination en somme : c’est à la mode, les vaccins...

      Reste à commercialiser celui contre l’imposture, et là, l’éditeur de Jacques Attali pourra fermer boutique !

    • Par fouadraiden (---.---.---.70) 24 novembre 2006 16:01
      fouadraiden

      A tb,

      je pense que sulitzer à l’avantage d’avoir une jolie fille importée de l’est . j’ai des doutes sur notre enarque et l’imagine comme un pretre ascetique ,avec le talent en moins,évidemment. je conseille à tous de jeter un coup d’oeil ,ce que j’ai fait à la fnac,propagande oblige,sur son livre . je suis tombé sur un titre assez grotesque ’la destruction des etats" ,je me suis retrouvé à rigoler pendant le reste de la journée.

      à ceux qui veulent en savoir plus pour rigoler un mois entier se reporter sans délais à son « livre » sur marx.

      je pense que depuis cette ouvrage il pense etre capable des memes analyses que notre ami marx.

      à ceux qui veulent rigoler une année entière, se reporter à son « livre » sur le moyen age.

      j’imagine le reste de son « oeuvre » du meme calibre. enfin ,j’espère pour notre humour.

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.206) 24 novembre 2006 17:48
      Bernard Dugué

      Je ne m’associe pas à ceux qui ricanent d’un intellectuel, cela n’est jamais très bon signe. Ce qu’il écrit ne mérite pas d’être brûlé.

      Attali prend des thèmes trop ambitieux. Il est un peu polygraphe, écrivant trop de livre au lieu de travailler plus en profondeur sur un sujet, il est surmédiatisé c’est sûr mais à qui la faute. Quant à son parti-pris post-humaniste, ça se discute et ça permet d’éclairer un peu où on va. Je préfère Attali à Onfray

    • Par fouadraiden (---.---.---.70) 24 novembre 2006 18:35
      fouadraiden

      cher bernard,

      tu as tort de t’en priver.

      je pense que c’est levis strauss qui disait que souvent les mediocres se reconnaisent aux themes pharaoniques qu’ils utilisent.

      on devrait conseiller à attli de nous expliquer les regles de mariage chez les papous,rire assuré.

      le probleme n’est pas la mediatisation,pourquoi pas.le probelme c’est que l’auteur pretend rendre compte des « lois ».ok.

      terme impropre pour un historien qui se respecte,une fois encore ,les historiens ne sont pas en mesure de nous expliquer pourquoi le capitalisme plutot qu’autres choses au moyen age,parcontre notre ami attali non seulment il en est capable mais il nous explique meme le capitalisme futur.

      devinez ce que pensent les intellectuels qui se laissent juger par leurs pairs de ce genre d’ouvrage:0 pointé ?

      et si la mediatisation n’etait que le revelateur de son imposture.

      il ne faut jamais miser sur l’ignorance des gens ,on a aucune raison de miser sur son intelligence.

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.206) 24 novembre 2006 20:37
      Bernard Dugué

      Attali a le droit de prétendre trouver des lois, comme Auguste Compte, son auguste prédécesseur, le fit pour les lois sociales. Quant aux médias, il manque la dimension critique, soulignée par je ne sais plus qui qu’en plus, j’ai cité dans un de mes articles !

      Il n’y a pas de lois parce que l’Histoire n’est faite ni pas un législateur suprême si un grand architecte.

      Celui qui participe d’en haut n’est ni ceci ni cela (principe de la théologie négatives) mais plus que ceci plus que cela et plus qu’un entrelacs

      Ce qui n’empêche pas d’expliquer et comprendre comment se font les sociétés et l’Histoire. Il existe une sociologie compréhensive disait Weber, il y a aussi une Histoire compréhensive

      Attali me semble ancré dans l’Ancien testament marxiste, le Nouveau testament est à venir

    • Par fouadraiden (---.---.---.70) 25 novembre 2006 11:34
      fouadraiden

      A bernard,

      les pères de la sociologie « occidentale » ont eu recours à la notion de loi,certes, mais l’époque et la relative nouveauté de leur discipline les en excusent.

      c’est d’ailleurs une dérive qu’emprunte souvent les sciences humaines par miméstisme scientifique.les freudiens parlent de lois,les marxistes ont parlé de lois .Freud a t il decouvert la moindre loi ou Marx ?evidemment que non.

      il eut été plus modeste de parler de règles ou de régularités.ceux qui utilisent la notion de loi tentent de cacher leur médiocrité sous le drap blanc de la sicence.mais soit.

      les économistes aussi parlent de lois pour masquer leur parti pris idéologique.

      l’absence de loi n’est pas un obstacle à la compréhension car il ne s’agit pas de tomber dans la situation inverse où le chaos serait seul maitre de notre histoire.

      il faut simplement élaborer des théories qui puissent rendre compte d’un maximum de faits tout en soumettant cette théorie à la critique des pairs

      attali déroge à toutes ces regles.je vous laisse en deviner les raisons.

      sinon,je ne comprends pas votre référence testamentaire.je ne vois vraiment pas ?

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.94) 25 novembre 2006 12:17
      Bernard Dugué

      Attali n’est pas un universitaire, comme BHL d’ailleurs

      Leur travaux ne passent pas par les règles institutionnelles mais rien n’empêche les universitaires de démonter les thèses, de BHL, Minc, ou Attali qui est le plus ambitieux dans ses oeuvres.

      N’oubliez pas que Descartes, Spinoza, Locke et plein d’autres ont jadis écrit des oeuvres en dehors du système. A ce titre, je ne dénie pas à Attali le droit d’être ambitieux mais je me donne la liberté de dire que je ne suis pas convaincu

      L’ancien testament fait allusion aux prophètes de la Modernité, la lignée depuis Descartes jusqu’à Heidegger en passant par Hegel, Nietzsche, Marx inclus et Attali aussi au titre d’épigone et de commentateur des Ecritures modernes (Marx)

      La Modernité n’a pas encore son Nouveau testament

    • Par fouadraiden (---.---.---.70) 25 novembre 2006 14:05
      fouadraiden

      à bernard,

      vous soulevez un problème qui était implicte dans mon propos.

      mais alors, selon vous ,Sartre était il universitaire ?je pense meme qu’il s’est fait contre le circuit universitaire.et entre l’un et l’autre ya pas photo.

      autrement dit ,ce n’est peut-etre pas la portée du propos(sa vérité) qui fait la différence mais le style de l’oeuvre. Sarte à tout faux,mais qu’est ce qui fait qu’il gravite dans une autre dimension que notre polytechnicien

      beaucoup sortent du circuit universaitaire par incapacité à convaincre les leurs.pas toujours, mais souvent.

      je pense qu’il n’est pas nécessaire d’appartenir à un coprs de métier .mais c’est une des rares garanties dont on dispose pour juger les uns et les autres.

      sinon, comment faites vous pour démarquer les charlatans des autres ?

      je vous le redis ,le livre sur marx écrit par attali n’a scuscité aucun commentaires dans les revues dites specialisées,c’est aussi un très bon critère pour juger la pertinence d’un ouvrage,n’est ce pas ?

      sinon ,je ne vois toujours pas le propos qui fait du NT une preuve de quelque chose ? que voulait t il encore nous faire comprendre ?

  • Par DEALBATA (---.---.---.140) 23 novembre 2006 14:42

    @B.Dugué

    Les 3 parties sont-elles volontairement inversées par rapport à l’ordre chronologique ? Je ne comprends pas bien la « ruse de Dieu (la part de Jérusalem) » ? Merci de vos éclaircissements.

    Cordialement.

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.232) 23 novembre 2006 15:04
      Bernard Dugué

      J’appelle la ruse de Dieu le volet eschatologique, l’Avènement (qu’on peu éventuellement associer à la kénose)

      Pourquoi Jérusalem ? Parce que dans les Ecritures (Qoran inclus), il y a une conception linéaire du temps historique alors qu’elle est cyclique dans le monde grec où de plus, l’eschatologie est absente (ce n’est pas une cause finale)

      à quelles 3 parties faites-vous allusion ?

      Si c’est les trois histoires, elles sont dans le bon ordre

      la technique vient pendant l’évolution, station droite, usage de la main, invention du langage (qui répondait à une intention technique chez l’homme)

      l’Histoire arrive plus tard, Chine, période védique, Empires d’Orient

      Et l’eschaologie seulement au moment de la période axiale et dans une région précise, se confirmant avec le Nouveau Testament

  • Par candidat 007 (---.---.---.128) 23 novembre 2006 15:20
    bernard29

    Ah non. Attali n’est pas seulement ce penseur technocratique élégant et distant, qui apprécie les travaux somptuaires dans les banques, c’est aussi cet humain trés humain qui a monté une super ONG pour développer le microcrédit auprès des petits, pauvres gens et autres miséreux. La banque sera toujours son métier ou plutôt les finances.Il fait d’ailleurs des livres comme un banquier. Mais, il a donc fait pénitence. Je n’ai pas cherché a savoir si la majeure partie des financements de cette ONG n’est pas engloutie dans les frais de fonctionnement, comme c’est souvent le cas. Mais ça ne nous regarde pas !! n’est ce pas « jean Mimi ». En tout cas les intentions sont bonnes, il semblerait. Il a profité d’ailleurs de l’attribution du Prix Nobel au « Pape du micro crédit » pour se faire sa petite publicité.

    Seulement on subit déjà Attali, dans tous les médias qu’ils soient audiovisuels, ou de papier. Pourquoi encore ici, sur Agoravox, sur le net ?. Monsieur Dugué. ?.

  • Par erdal (---.---.---.88) 23 novembre 2006 17:27

    @l’auteur,

    Je n’ai pas compris cette phrase :

    « Fuyons l’immobilité et vénérons le chaos organisateur. » La physique demontre que l’immobilisme entropique est impossible, à moins que le systeme soit du domaine du néant. Et pour le chaos organisateur, depuis quand on sait que le chaos est organisé ?

    Cette phrase est absurde...

    Sinon, ce que j’ai compris c’est que le cadre (politique, economique et ethique) est à géométrie variable dans le temps. A cela, vous oubliez de mentionner l’hyperentreprise (conglomérat de 1 milliard d’individu minimum) qui va regrouper les trois cadres et ainsi bouleverser les règles sociales de notre temps.

    erdal

    PS : Je ne sais pas si vous connaissez la théorie de John Nash sur « la dynamique de l’univers ». Cette thérorie va plus loin que l’idée de l’hyperentreprise.

    Il explique que pour un systeme existe il ne doit pas se focaliser vers un groupe car il le conduirait à sa perte, mais en sous groupe afin de tendre vers l’harmonie. Je vous dis cela car nous pouvons extrapoler cette théorie avec les entreprises de ce globe, c’est à dire que si l’un prendrait le pas sur toute les autres, alors cela le conduirais inexorablement à l’implosion.

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.212) 23 novembre 2006 20:50
      Bernard Dugué

      «  »« La physique demontre que l’immobilisme entropique est impossible, à moins que le systeme soit du domaine du néant. Et pour le chaos organisateur, depuis quand on sait que le chaos est organisé ? »«  »

      Pas du néant mais fermé. Un système fermé voit son entropie croître

      Un système ouvert peut s’auto-organiser (thermodynamique du non équilibre, Onsager-Prigogine)

      Un système chaotique peut avoir une structure (attracteur étrange, fractales, Mandelbrot et consorts)

      Ensuite, c’est la transposition au domaine sociale. Certain l’ont fait avec Newton (grand architecte) et Attali l’a fait avec Prigogine. Le chaos organisateur joue le rôle du créateur d’ordre par fluctuation

      John Nash, je ne connais pas mais je veux connaître. Si vous avez un lien, ce sera avec plaisir

  • Par candidat 007 (---.---.---.128) 23 novembre 2006 18:01
    bernard29

    L’histoire de l’évolution excatho-logique a commencé lorsque les gens se sont rendus compte qu’au lieu de remplacer une roue carrée par une neuve , il était plus facile de rouler avec une roue carrée usée.

    C’était le point de départ et le philosophe a pu dire « et en plus elle tourne ».

    De là découle la question des questions ; où vais-je ?

     je ne sais pas, mais il ne faut pas arriver en retard.

  • Par herbe (---.---.---.149) 23 novembre 2006 21:11
    herbe

    Article très intéressant ! Anormal je trouve le vote sur l’article au moment où je poste.

    Sinon en science comme en économie, il y a la dimension « émotion » qui n’est toujours pas assez prise en compte.

    Pourtant des experts ont travaillé dessus (même un prix Nobel à la clef !) :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel...

    • Par Bernard Dugué (---.---.---.74) 24 novembre 2006 10:03
      Bernard Dugué

      au moment où j’écrit, 9 oui et 10 non, exactement comme sur le texte portant sur les ressorts et paru ce même jour, 9 et 10, à se demander si ce n’est pas l’auteur qui est noté et non pas l’article. Etrange.

      L’émotion, oui, mais elle joue à tous les niveaux, technique, politique (passions de l’Histoire), spiritualité.

  • Par Antoine Diederick (---.---.---.235) 24 novembre 2006 00:53

    Merci à Bernard Dugué pour ce texte et aussi à Marsu avec ses ajouts et compléments.

    J’aime assez bien ce que dit Marsu platement, qu’il vaut mieux lire ce que propose un « branché » pour l’avenir. Un côté gadget communiquant chez Attali. C’est tout de mme un curieux personnage, Attali. Je me demande quelle est sa quête, sa conviction....il échappe en tout cas et ne se laisse pas « cadrer ». J’ai l’impression d’un homme à la surface des choses malgré son intelligence. Un cas à part... smiley) un ovni en quelque sorte.

  • Par sweetsmoke (---.---.---.131) 24 novembre 2006 18:45

    ATTALI, JACQUES

    Vous savez à quoi on reconnaît que Jacques Attali est en train d’écrire un nouveau livre ? On entend les ciseaux et la photocopieuse ! Quand on pense qu’un type qui s’est fait déja prendre la main dans le sac à plagier Ernst Jünger (c’est ce qui arrive quant on paie mal ses nègres, ils ne réécrivent pas, ils copient) ; un type que les Anglais voulaient envoyer en prison pour sa gestion plus que douteuse de la BERD ; un type impliqué récemment dans une histoire de commissions ocultes sur des trafics d’armes...est encore traité d’intellectuel par les médias. Remarquez, une émission culturelle, n’est-ce pas de plus en plus un type qui n’a pas lu un livre, qui en parle avec celui qui ne l’a pas écrit ?

    Alain Soral Socrate à St-Tropez

    texticules Éditions Blanche - 2003

  • Par www.jean-brice.fr (---.---.---.119) 30 novembre 2006 08:44

    Les glosers de l’avenir que sont minc et attali n’ont qu’un intérêt relatif, car leurs bases sont FAUSSES, alignés comme ils sont sur l’EMPIRE FINANCIER AMERICAIN !!!

  • Par Gilbert Spagnolo dit P@py (---.---.---.182) 17 décembre 2006 11:30
    Gilbert Spagnolo dit P@py

    Attali sur Wikipédia :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacque...

    Je me pose toujours des questions comment une personne qui aime le luxe qui est mouillé dans le scandale de l’ « Affaire Falcone » ( vente d’armes en Angola ) s’implique bénévolement ( c’est-à-dire sans en retirer d’avantages financiers ) , et diriger une OMG de micro crédit ( Planet -Finances )

    http://www.planetfinance.org/

    L’affaire Falcone :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...

    Le micro-crédit :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Microc...

    Le prix Nobel de la Paix 2006 Muhammad Yunus et la banque Grameen Bank pour leur participation au développement important du principe du micro-crédit.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Muhamm...

    @+ P@py

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