Que veulent-ils, ces oligarques ? Question que l'exploité de base, ou le marginal, qu'on désigne sous le vocable de« précaire », ne se pose pas ou plus, tant il est plombé par une maladie chronique : l'impuissance.
La Rominisation européenne a commencé. Hormis quelques soubresauts indignés d'une jeunesse sans boulot, à la recherche d'un avenir politique et philosophique, on passe son chemin sans regarder, chacun restant confiné dans son cagibi, la petite fenêtre de la vie offrant un paysage gris à contempler, la grande misère humaine qu'on ne surmonte plus, mais qu'on gère d'officine sociale en officine sociale, la main tendue comme des mendiants. Le tout et le rien se livrant au jeu macabre de la roulette russe.
Grave, docteur ? Non, lamentable d'obscénité, qu'il répond le morticole, sans prendre la peine de regarder la feuille qu'il signe. C'est mécanique, qu'il ajoute en tirant la porte, le doigt glacé de la mort lui oppressant la poitrine.
Même si la masse est « inculte », désintégrée, elle n'est pas stupide. Pas complètement. A défaut de savoir, concrètement, d'où lui vient cette oppression qui l'empêche de respirer normalement, elle sent bien qu'on lui fourgue un rossignol. Il suffit de se regarder vivre pour constater que la vie, non seulement n'est pas un cadeau, mais que quand on cherche à l'améliorer, le pouvoir, sous toutes ses formes, s'arrangera pour nous jeter dans les sables mouvants de l'incertitude et de la culpabilité. L'oligarchie a pouvoir de vie et de mort sur sa matière première : l'humain.
Aujourd'hui, la règle, en or pour certains, avec laquelle on nous bassine les esgourdes, l'ordre des choses, s'apparente plus à la férule des Maîtres qu'à la mesure servant à résoudre l'équation.
Faire du monde la basse-cour dans laquelle on élève de la volaille en batterie pour s'offrir des palaces, le farniente, pour quelques-uns, une nuée de domestiques rétribués à la coréenne pour assurer l'intendance, gavant le tout, électrocutant en série, saignant à la chaîne et te plumant l'ensemble, c'est assurément cool pour qui la vie n'a d'autres perspectives que de mettre les pieds sous la table, mais cela est indigne dans un monde évolué.
Le pire des cancers sur cette terre, finalement, demeure la bêtise. Je me demande quel traitement en viendra à bout. Pour l'instant, le remède s'inscrit dans un projet d'avenir... Nous avons donc le temps de voir... venir.
PS. Alors que la presse nationale s'enthousiasme sur la garde à vue de DSK, sur la décision du Conseil constitutionnel de ne pas rétablir l'anonymat des parrainages dans l'affaire Marine Le Pen ou, encore, sur Borloo et Veolia, rien ou alors pas grand-chose sur le vote des députés à l'assemblée concernant la ratification de création du Mécanisme européen de stabilité (MES). Un bidule monstrueux destiné à installer une dictature financière, contre laquelle personne, ni État national, ni citoyens, n'auront leur mot à dire.
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votre article condense en peu de mots, bcp de choses très justes.
J’émettrai simplement un bémol sur ce regard chaud/froid assez paradoxal que vous portez sur "les autres" : __________________________ "Même si la masse est « inculte », désintégrée, elle n’est pas stupide. Pas complètement. ... Le pire des cancers sur cette terre, finalement, demeure la bêtise". __________________________
A mes yeux, hormis chez les cas sociaux et les déficients génétiques, la bêtise n’est que de l’intelligence laissée en friche ou pervertie par procédés intentionnels.
L’abrutissement des masses résulte d’une entreprise de grande ampleur à laquelle collaborent très largement les médias, par l’envoi de multiples signaux contradictoires brouillant les repères et par la large diffusion de "valeurs inversées" (ex : "être bête, c’est cool !" / "tricher et mentir constituent une bonne stratégie pour gagner" / "être, c’est consommer", ...)
Ainsi, Le pire des cancers sur cette terre, finalement, ne demeure pas la bêtise maisl’emprise de médias alliés du système, dont la principale fonction consiste à maintenir l’intelligence de leur audience à l’état de friches tout en flattant leurs plus bas instincts".
votre article condense en peu de mots, bcp de choses très justes.
J’émettrai simplement un bémol sur ce regard chaud/froid assez paradoxal que vous portez sur "les autres" : __________________________ "Même si la masse est « inculte », désintégrée, elle n’est pas stupide. Pas complètement. ... Le pire des cancers sur cette terre, finalement, demeure la bêtise". __________________________
A mes yeux, hormis chez les cas sociaux et les déficients génétiques, la bêtise n’est que de l’intelligence laissée en friche ou pervertie par procédés intentionnels.
L’abrutissement des masses résulte d’une entreprise de grande ampleur à laquelle collaborent très largement les médias, par l’envoi de multiples signaux contradictoires brouillant les repères et par la large diffusion de "valeurs inversées" (ex : "être bête, c’est cool !" / "tricher et mentir constituent une bonne stratégie pour gagner" / "être, c’est consommer", ...)
Ainsi, Le pire des cancers sur cette terre, finalement, ne demeure pas la bêtise maisl’emprise de médias alliés du système, dont la principale fonction consiste à maintenir l’intelligence de leur audience à l’état de friches tout en flattant leurs plus bas instincts".
"L’intelligence et la bêtise peuvent
habiter dans la même tête sans s’influencer le moins du monde, comme l’eau et l’huile se superposent sans se mêler." Michel Tournier
Un peu en retard, mais... Bien d’accord avec vous sur le comportement des médias dans cette entreprise à décerveler. J’aurais pu développer sur le sujet, mais n’aimant pas les longueurs quand j’écris, j’ai préféré condenser en écrivant "le pouvoir sous toutes ses formes", le médiatique s’y inscrivant de fait dans ce démantelement programmé de la parole démocratique et de la démocratie tout court. Merci à vous pour votre vigilance...
Je partage le pessimisme de l’auteur : l’Europe va à vau-l’eau, les peuples européens sont abasourdis et restent sans réaction. Je recite - quitte à radoter - "La stratégie du choc" de N. Klein. Un exemple : que faire contre le MES ? Il sera adopté. Qui va réagir ? Même les Grecs, qui souffrent pourtant bien plus que nous, sont encore largement favorables à l’Euroland - à 70% !
Certes, je suis un brin pessimiste, bien que cela ne fasse pas partie de ma personnalité. Cela étant, je m’accroche aux branches pour ne pas sombrer... Pas baisser les bras, nom de...