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Afrique : le NEPAD, 7 ans après, reste un coup d’épée dans l’eau ?

Né en Juillet 2001 pendant le sommet de l’Union Africaine tenue à Lusaka en Zambie, le NEPAD,  Nouveau parténariat pour le Développement en Afrique ou The New Partnership for African Development, devrait constituer un cadre stratégique pour la rénaissance de l’Afrique ; un mandat donné par l’Union Africaine pour promouvoir un cadre socio-économique integré du développement pour l’Afrique. A-t-il atteint ses objectifs ? Bilan à l’approche de 8 ans de son existence.

Aperçu

 Conçu à l’échelle continentale avec la région comme espace primaire opératoire, le NEPAD s’était donné la mission  de résorber les disparités fondamentales entre les pays développés et l’Afrique par des initiatives de développement basées sur le partenariat dont la recherche de solutions est avant tout endogène. Les projets sont élaborés au niveau de chacune de cinq régions de l’Afrique : Afrique de l’Ouest, Afrique du Nord, Afrique centrale, Afrique de l’Est et Afrique australe – Madagascar, dans un décor africain où un tiers de l’espace est couvert par le désert de Kalahari, du sahara et le reste couvert par des zones forestières intertropicales et des zones de climat mediterranéen.

 La carte de mines du continent reste aussi riche. Son sous-sol comprend des zones pétrolières, du gaz naturel, de l’uranium, du fer, zinc, cuivre, coltan. Des potentiels immenses pour une population évaluées par les Nations-Unies, à plus de 1 milliard d’habitants dont 390 millions vivent avec moins de 1 dollar par jour.

Sur 52 Etats , 33 sont considerés par les Nations-Unies comme potentiellement pauvres ou moins avancés et les causes de cette pauvreté durable relèvent des raisons historiques liées à l’esclavage, aux conditions climatiques, au sida, à la gouvernance caractérisée par une corruption endémique, aux échanges internationaux inégaux qui excluent le continent dans le processus de la mondialisation.

 Les initiatives entreprises avant le Nepad

 Avant le Nepad, plusieurs initiatives sont entreprises par les dirigeants africains pour sortir le continent de la pauvreté notamment le Plan de Lagos, le Programme pour le Redressement économique de l’Afrique, le Traité d’Abuja au Nigeria, les Assises de l’Unesco, les Objetifs du millénaire des Nations-Unies et l’Initiative des Nations-Unies pour l’Afrique etc.

 En 2001, le Nepad voit le jour, initié par les africains( Abdoulaye Wade du Sénégal, Hosni Moubarak de l’Egypte, Thabo Mbeki ex Président d’Afrique du Sud,  Butelflika de l’Algérie et Olusegun Obassanjo ex Président du Nigeria. Leur idée reste simple : penser le devéloppement non à partir des Etats mais des cinq grandes zones régionales : Afrique du Nord, de l’Ouest, centrale, de l’Est, Ocean Indien en partant de l’idée que l’échelle régionale offre des marchés plus vastes et plus porteurs.

 Objectif du Nepad

 Il s’agit de développer les technologies de l’information, santé, assurer la securité alimentaire, enseignement, inverser la tendance des fuites des cerveau du Nord au Sud et investir dans les infrastructures partagées.

 Sept ans après le lancement du projet, où en est-on ?

 Fin 2008, un gazuoduc d’une longueur de 600 kilomètres de l’Afrique de l’Ouest, est mis en fonction depuis Lagos, Bénin, Lomé au Togo et Efasou au Ghana ; un projet d’interconnexion de réseaux électriques entre le Bénin, le Nigeria et Togo ; entre l’Afrique du Sud, la Mozambique et le Swaziland ; un projet de ligne électrique du Caire en Egypte à Kinshasa en RD Congo en passant par Karthoum au Soudant et Kisangani en Rd Congo ; un réseau routier à haute priorité notamment la transcôtière passant par Tripoli, Tunis, Alger, Rabat, Dakar, Monrovia, Abidjan pour aboutir à Lagos, la Transahélienne passant par Ndjamena à Dakar via Niamey et Bamako.

 Les projets  sur les nouvelles technologies de l’informations(TIC) sont entrepris notamment la

mise en oeuvre d’un câble sous-marin de l’Afrique du Sud au  Soudan soit 10 mille kilomètres. Le  câble est fabriqué à Maputo au Mozambique et sera testé en 2010 pour renforcer l’enseignement à distance dans 16 pays africains.

 Au niveau des programmes alimentaires, pour apporter assez à manger aux africains, un programme est lancé au Nigeria où 30 millions d’élèves nigerians reçoivent une boisson fortifiée à base de maïs et de soja contenant une quinzaine de micro-nutrimants afin de renforcer les apports en vitamines A B E et les minéraux de base. Le test est conclu par le Nepad avec l’aide de la Fondation suisse Gain( Alliance mondiale pour l’amélioration de la nutrition) ; le riz croisé asie-afrique est développé pour la sécurité alimentaire. Le riz denommé  New rice for Africa en sigle Nerica, est plus résistant, demande moins d’eau et offre plus de productivité( 4 tonnes de riz par hectare alors que d’autres riz donnent 2 tonnes par hectare). Ce riz cofinancé par l’Agence de coopération japonaise, l’Association pour le dévelopement de la riziculture en Afrique de l’Ouest ,est  testé d’abord au Mali, Bénin, Nigeria , Gambie, Guinée et sera étendu dans d’autres pays. C’est une bonne nouvelle pour les pays importateurs de riz puisque le prix du riz importé a quadruplé depuis 2004.

Cependant, depuis cinq ans que ces projets ont été mis en route, il existe plusieurs problèmes doublés de la crise finacière qui frappe tous les pays du monde, spéciallement l’Afrique.

 Les problèmes du Nepad

 Les problèmes de la survie du Nepad sont essentiellement liés à la faiblesse des finacement dont la plus grande partie vient des Etats africains, des organisations multilatérales, de la Banque africaine de développement, des banques islamiques, de l’épargne privée, des flux en provenance des émigrés et non assez de financements privés. L’émigration qui ne cesse d’augmenter à savoir 20 mille personnes qualifiées vers les USA et Europe ; trop de catalogues de besoins, trop de voyages et hôtels mais pas un seul dispensaire ni écoles construits, selon l’expression du Président sénégalais Abdoulaye Wade.

 Il est évident que le Nepad sait  plus mobiliser de grandes conférences internationales que les sociétés civiles africaines. Il est aussi difficile pour le Nepad, selon un reporter de la chaîne franco-allemande « Arte », de distinguer ce qui relève du projet et de réalisation. Il existe aussi des difficultés de mettre à jour des rapports annuels et de rassembler les données.

Comme disent certains observateurs de la politique africaine que l’on ne peut pas tout demander ou tout attendre du Nepad pour l’Afrique, mais il est aussi vrai que le Nepad ne représente pas un plan suffisant pour sortir l’Afrique de la pauvrété et risque de devenir un de nombreux plans confinés dans les manuels de l’histoire économique africaine, surtout en cette période de crise économique mondiale où le financement des projets reste inexistant.




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