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AgoraVox a rencontré Julian Assange de Wikileaks

Nous avons eu l’opportunité de passer deux heures, samedi, avec Julian Assange le fondateur de Wikileaks qui est aujourd’hui même en train de se défendre face à un tribunal britannique. Nous avons divisé le long entretien en deux parties. Un premier plus général est publié aujourd’hui et demain nous détaillerons ses opinions sur certains médias occidentaux comme le New York Times (et ses liens avec la CIA), The Guardian ou la BBC ainsi que sa vision de la politique internationale, notamment en Israël, en Egypte ou en Afghanistan.

« Bonjour Julian, je suis Francesco, Francesco Piccinini...  »

« Francesco ! Rentre ! »
 
Une phrase "normale", presque "banale" mais si la personne qui est en train de t'inviter chez lui est Julian Assange, l'invitation à tout de suite une saveur particulière...
 
Julian Assange, Fondateur de Wikileaks l'homme qui a ébranlé grâce à ses révélations, des bureaucraties mondiales et qui en ce moment même est en train de se défendre face à un tribunal anglais qui devra décider s'il sera extradé ou pas en Suède, où il est recherché pour une accusation de prétendu viol.
 
On pourrait se demander pourquoi il est jugé par la Belmarsh Magistrates' Court, une sorte de Guantanamo anglaise qui s'occupe de terroristes... Mais ceci est une autre histoire...
 
Quand nous approchons Julian, il est dans sa voiture et dehors il y a beaucoup de vent. Ainsi, pendant que son assistante continue à lui répéter s'il est vraiment sûr de vouloir faire une interview, il nous fait signe de rentrer.
 
Les deux heures passées avec Julian Assange chez lui face à sa cheminée ont démarré de cette manière. Deux heures pendant lesquelles, j'essaie de me concentrer sur ce que je dois lui demander et non pas sur ce que répresente la personne que j'ai en face. Heureusement je suis avec Giorgio Scura, un ami de la revue italienne Leggo et c'est lui qui m'aide parfois à reprendre le fil du discours. Avec Julian nous avons d'abord parcouru les années 90 d'Internet, période à laquelle j'ai eu la chance de le « rencontrer » même si à l'époque pour moi il n'était qu'un simple nickname, un pseudo anonyme.
 
Notre voyage avait commencé le jour avant cette interview. Giorgio passe me prendre à la maison où je logeais à Londres et nous partons en voiture vers Norfolk sur la mer du nord. Une contrée écrasée entre les navires et la chasse. Pendant que nous sommes en voiture, je continue à appeler sur le portable du porte-parole de Wikileaks, Kristin Hrafnsson : «  Francesco je ne sais pas si vous réussirez à vous voir, Julian est très occupé ces jours-ci avec la préparation du procès, vas y essaie de le rencontrer et s'il a un peu de temps, il te rencontrera  »
 
Nous avons traversé des ville immergées dans le vent jusqu'à arriver à Beccles où nous avons rencontré la police locale près de laquelle Assange effectue sa garde à vue dans l'attente d'être jugé aujourd'hui. A peine rentré dans le commissariat, le policier nous regarde et dit « encore des journalistes !  » comme un refrain répété mille fois.
 
Le jour d'après nous sommes là-bas à 14 heures à l'extérieur du commissariat à attendre l'arrivée de Julian. Avec nous la BBC. A 16h45 Assange arrive, son assistante gare la voiture et lui il va signer au commissariat, et ne veut pas parler ni accorder d'interview. Il est grand, très grand, et tout habillé en bleu. Mais revenons à notre interview réalisée chez lui.
 
Avant de nous faire rentrer dans son salon à Ellingham Hall et de démarrer nos deux heures de discussion, Julian nous a fouillé. Après que son assistante nous demande de déposer tout ce que nous avions dans nos poches, c'est Assange qui nous a fouillé de manière méticuleuse. Un geste inattendu mais compréhensible pour quelqu'un qui, comme lui, n'a pas beauccoup de personne à qui faire confiance. Les premières trente minutes démarrent tranquillement avec « Monsieur Wikileaks » qui allume sa cheminée tout en me demandant comment se porte AgoraVox....
 
Ensuite nous rentrons dans le coeur de la discussion en commençant par la situation de l'Italie.
 
Pourquoi n'avez-vous jamais donnée des "câbles" à des journaux Italiens ?
« Nous l'avons fait. Nous les avons donné à un grand journal mais ils ont décidé de ne pas les publier directement mais à travers uniquement des articles. »
 
A quel journal les as-tu donné ?
« Deux journaux, les deux principaux mais à la fin ils n'ont rien fait. La même chose est arrivée au Japon. Nous avons donné les câbles au principal quotidien régional, qui a plus de 2200 journalistes mais eux aussi ont refusé. »
 
Dans quelle ville de l'Australie as-tu grandi ?
« Je viens de plusieurs endroits (il sourit) mes parents travaillaient au théâtre. J'ai donc vécu un peu partout de Darwen jusqu'à Melbourne. Et toi où est-ce que tu habitais en Australie ? »
 
Sydney Paramatta.
« Tu as dû apprendre pas mal de choses là-bas ? »
 
Disons que j'en ai appris davantage à Naples, du quartier d'où je suis issu.
« Lequel ? »
 
Un quartier tout proche où on a tourné le film Gomorra, Secondigliano
« Gomorra je le connais, j'ai échangé des mails avec son auteur, Roberto Savieno. »
 
Es-tu préoccupé par le procès ?
« Non j'ai 40% de possibilité de gagner mais de toute façon en cas de victoire ou de défaite il y aura un appel. Nous avons l'intention de le demander et naturellement si nous perdons ce sera à l'accusation de faire appel. Même si le procès de lundi sera important, l'appel le sera encore plus puisque tout devra recommencer. »
 
Entre temps est-ce qu'ils te laisseront ici ou tu devras partir ?
« Si nous perdons je serais arrêté et je devrai à nous nouveau rester en prison. Nous essaierons de démontrer que ce n'est pas juste que j'aille à nouveau en prison puisque que je ne pense pas être un sujet dangereux. Probablement qu'il faudra que j'y passe quelques jours et ensuite on m'assignera à résidence. Ce serait quand même un grand soulagement de pouvoir revenir ici. Si par contre nous gagnons je serais libre de partir ».
 
Ca a été dur en prison ?
« Ca a été une expérience, une expérience importante. J'ai appris beaucoup de choses, mais une expérience de 10 jours trop longue. 5 jours auraient été suffisants je pense... »
 
Comment tu te trouves ici à Beccles ?
« Un endroit très tranquille... Disons qu'il n'y a pas beaucoup de choses qui se passent. Il s'agit de personnes très accueillantes même si je suis responsable de l'augmentation de la « criminalité » dans ce lieu.... »
 
Est-ce que tu penses que Wikileaks va s'en sortir d'un point de vue économique ?
« Pour nous ça a été un vrai problème. Jusqu'au moment de mon arrestation nous avions réussi à recueillir jusqu'à cent dix mille dollars en trois jours et demi. Mais ceci a duré très peu de temps. Nous avons perdu ce que nous aurions pu gagner avec cette popularité puisqu'on nous a bloqué toutes les donations. Nous aurions pu utiliser cette popularité pour nous financer et nous améliorer. Ceci te montre combien est puissant le système bancaire qui, sans même attendre un jugement de la cour, sans rien attendre du tout, a décidé de tout bloquer mes comptes. Mais grâce à cet argent nous avons réussi à rendre notre site plus sûr et plus accessible : maintenant il est plus facile de trouver les informations. »
 
Une banque peut en arriver jusqu'à un tel point ?
« Oui car elles sont très puissantes. Elles tracent toutes les opérations que nous faisons. Visa, BankAmeriacard, etc, enregistrent tout ce que nous faisons et d'ailleurs c'est la raison pour laquelle en Russie ils ont leur propres cartes de crédit nationales parce qu'il ne veulent pas que les Etats-Unis à travers leurs bases de données puissent surveiller les citoyens. Les banques par ailleurs contrôlent qui fait du commerce avec qui. Les prochains câbles que nous publierons, les plus attendus, concernent l'univers bancaire. » 
 
Qu'est-ce que tu penses de l'Italie et de la situation actuelle de Silvio Berlusconi ?
« Je ne l'aime pas mais les italiens oui.... Le problème de Berlusconi n'est pas son pouvoir politique ou économique mais la manière dont il l'a utilisé uniquement pour ses propres intérêts, en corrompant le système. »
 
Est-ce qu'il y a quelque chose sur l'Italie qui ressort ?
« Il y a beaucoup de câbles qui parlent de la corruption en Italie surtout dans les grandes sociétés. Il y a beaucoup d'informations qui vont ressortir, surtout concernant l'Eni, la société nationale du pétrole qui est le moyen que l'Italie utilise pour entrer dans certains pays corrompus comme par exemple le Kyrgyzstan. L'Eni est la vraie grande entreprise corrompue... »
 
Pourquoi ces histoires ne sortent pas dans les journaux italiens ?
« Le vrai problème est qu'en Italie les grands journaux ne parlent pas de corruption quand il s'agit de grandes entreprises. Les journaux italiens s'occupent des personnes déjà en prison ou sous procès, mais ne s'occupent jamais de personnes qui ne sont pas poursuivies, même si nous les citons dans des câbles. »
 
Est-ce qu'il y a autres choses d'intéressant dans les câbles ?
« Oui il y a des éléments intéressants en ce qui concerne les rapports entre les compagnies pétrolières et les Etats. Par exemple BP fait beaucoup d'affaires avec l'Iran... Voici la grande hypocrisie : les Etats se plaignent de l'Iran et ensuite ils font du business avec sans soucis »
 
Je regarde ma montre et je vois que ça fait déjà une heure que nous sommes là. Je demande à Julian s'il veut que nous partions et lui nous répond qu'il n'y a pas de problème. Nous continuons donc.
 
Est-ce que vous avez déjà demandé le financement à des fondations ou des organisations ?
« Oui nous avons frappé à plusieurs portes. Mais les fondations ne veulent pas financer des projets qui puissent engendrer des problèmes. Ils ont uniquement deux règles : ne pas financer des organisations qui puissent prendre l'argent et s'enfuir et ne pas financer des projets qui pourraient les mettre face à des situations compliquées par rapport à l'establishment. Elles se trouvent donc à financer des projets qui n'ont aucune valeur ajoutée. En réalité, elles agissent dans un environnement très fermé dans lequel elles s'échangent des conseillers au sein de leurs conseils d'administration et à travers les financements à octroyer ils essaient de rentrer dans d'autres sphères d'influence. Toutes les structures fonctionnent ainsi. Les conseils d'administration de toutes les fondations sont constitués par des personnes qui essaient uniquement de maintenir le statu quo et l'inaction. C'est l'antithèse de ce que devrait être le travail d'une fondation. Un exemple pourrait être par exemple la fondation Ford. Un de leurs objectifs est de recruter des personnes potentiellement dangereuses afin de les "neutraliser". Mais leur plus grande erreur est de prétendre ne pas faire de politique : mais comment on peut affirmer ne pas faire de politique quand on participe à la vie publique ? Quand on finance la vie publique, qu'est-ce que cela veut dire ne pas faire de politique ? »
 
A part les fondations quels sont à ton avis les problèmes que créent les lobbies en général ?
« Un autre problème c'est le financement de la recherche scientifique. Prenons l'exemple de la malaria avec environ quinze mille morts par jour. Ceci pourrait se résoudre facilement puisqu'il y a une possibilité de modifier génétiquement les moustiques qui véhiculent la malaria de manière à ne plus porter le virus. Ceci n'est pas fait puisqu'on prétend que le risque est trop élevé et qu'on ne connaît pas les conséquences. Personnellement je pense qu'on pourrait au moins faire des essais qui permettraient de sauver des milliers de personnes par jour. »
 
Pourquoi avez-vous commencé le projet Wikileaks ?
« Mon histoire vient de loin. Je ne me suis pas réveillé un jour et j'ai lancé Wikileaks. J'avais commencé en Australie avec d'autres personnes, ensuite j'ai eu un peu de notoriété avec des documents publiés contre la scientologie et en 94 en Australie, j'ai mené des opérations de hacking sous un autre nom... J'ai écrit plusieurs programmes d'élaboration d'images et j'ai commencé à m'intéresser aux mathématiques, à la physique et à la mécanique car pour comprendre les technologies il faut être capable de regarder dans plusieurs directions. »
 
Qu'est-ce qui t'a poussé à t'orienter dans le domaine de l'information ?
« J'ai commencé car trop souvent les journalistes ont renoncé à leur rôle de conduire le débat public en devenant simplement des spectateurs. Ce que nous avons fait avec wikileaks c'est probablement quelque chose que personne n'aurait fait. Les journalistes ne comprennent pas qu'ils ont un pouvoir quasiment unique : pouvoir contribuer aux débats et pas uniquement les subir. »
 
Quelques exemples ?
 
.....
 
Demain sur AgoraVox la deuxième partie avec l'opinion de Julian Assange sur les médias occidentaux ainsi que sa vision de la politique internationale. Voir également, la version italienne de cet entretien sur AgoraVox Italie.
 


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50 réactions à cet article


  • Yvance77 7 février 2011 13:37

    Merci et bravo pour cette belle exclue de journalisme (du vrai) car ce n’est pas TF1 ou Pujadas qui ferait une pareille hérésie.


    • Bélial Bélial 7 février 2011 15:11

      Harry Roselmack a déjà peur de venir en banlieue, l’ORTF1 va pas l’envoyer chez Julian Assange !


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 7 février 2011 17:31

      « Merci et bravo pour cette belle exclue de journalisme (du vrai) car ce n’est pas TF1 ou Pujadas qui ferait une pareille hérésie. »

      +1
      Ca, c’est certain. Ils auraient bien trop peur de déplaire à leurs maîtres.


    • kemilein kemilein 8 février 2011 05:52

      y’a rien d’intéressant dedans...
      jveux dire, le personnage n’est pas intéressant en lui-même, c’est un homme, point. Sa fonction est intéressante par contre.

      je ne critique pas l’article, ou son auteur, je m’attendais a mieux, un entretien avec qqun qui est « dedans » (inside) aurait pu être bien meilleur.


    • ricoxy 8 février 2011 10:47

      Ah ? article assez superficiel, qui n’apprend rien. Même Pujadas aurait fait aussi bien.


    • Francesco Piccinini 8 février 2011 17:59

      ok... je comprends que vous aurait fait mieux


    • nomadius 7 février 2011 13:59

      El djazira a interviéwé J.Assange à sa sortie de prison. L’émission est passé en direct.
      Bravo pour vous aussi Agoravox d’oser faire parler quelqu’un que beaucoup de gouvernements voudraient voir mort et enterré.

      La liberté pour vivre, se doit de posséder ses combattants
      .AGORAVOX est l’un de ses bataillons.


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 7 février 2011 14:12

        Bonjour,

        " Les conseils d’administration de toutes les fondations sont constitués par des personnes qui essaient uniquement de maintenir le statu quo et l’inaction. C’est l’antithèse de ce que devrait être le travail d’une fondation. « La politique ne consiste-t-elle pas, chez certains, qu’en l’art d’ajourner les difficultés et notamment, actuellement, les procès à venir...Mais, »fondation" ne désigne-t-il pas cette sous couche immuable sur laquelle viennent s’appuyer toutes les autres visibles ? A ca propos, qu’en est il de la fondation Agoravox ?


        • littlewalter littlewalter 7 février 2011 14:26

          Bof bof .... décevante cette interview, un journaliste très complaisant : Plusieurs questions n’ont pas été posées : 

          - quelle est la stratégie de la diffusion des documents ? ( y en a til une ? ) 
          - Assange pense t il que me monde va devenir meilleur après les diffusions ? ( est il le zorro des temps modernes ? )
          - Agit il seul ?



          • Traroth Traroth 7 février 2011 14:48

            « - Agit il seul ? » : Quelle drôle de question. Vous pensez vraiment que Wikileaks, ce n’est qu’une seule personne ???


          • Francesco Piccinini 7 février 2011 15:10

            Au moins attendez la deuxieme partie :)


          • littlewalter littlewalter 7 février 2011 17:01

            Evidemment je voulais dire « au nom de qui agit il »


          • xbrossard 7 février 2011 17:32

            @littlewater


            tu t’imagine peut-être qu’il va te répondre ? à Satan par exemple smiley

          • Emmanuel Aguéra LeManu 7 février 2011 14:28

            Vous avez dû apprendre que Wikileaks est proposé pour le prix Nobel de la paix... On se souvient la façon dont notre bienséante et politiquement correcte classe dirigeante a soutenu (pas assez il est vrai) la nomination l’année dernière du militant des droits de l’homme Liu Xiaobo face au gouvernement chinois , voyons un peu voir comment ils vont aujourd’hui commenter la nomination de celui qu’ils tentent d’emprisonner pour avoir révélé leurs mensonges et confidences occultes...


            • Aleth Aleth 7 février 2011 14:33

              Assange avait laissé entendre qu’une publication prochaine aurait lieu concernant des câbles liés aux ’OVNI’. J’ose espérer qu’il en sera question dans la deuxième partie de l’interview... smiley


              • littlewalter littlewalter 7 février 2011 14:43

                @ Le Manu 


                Je suis stupéfais de votre naiveté : « leurs mensonges et leurs confidences occultes » ....... 

                MDR : croyez vous qu’en diplomatie on puisse agir au grand jour ? Il y a toujours eu des accords secrets, des echanges clandestins, Ainsi vont les relations internationnales .... 

                Cela n’a absolument rien d’occulte....Pensez vous sincèrement que la politique puisse etre sous certains aspects connue et livrée au grand jour ? Nous élisons des gouvernements pour cela !!!

                En revanche, ce qui est grave, c’est la falsification de l’histoire par un état dans l’état, un lobby.

                C’est en cela que le 11/9 constitue l’évènement le plus important et unique d’une nouvelle ère. 

                Il ne faut pas loger tout le monde à la mème enseigne. Le but des « révélations » de WIKILEAKS reste douteux, dangereux, et malsain selon moi. 

                • Nometon Nometon 7 février 2011 15:12

                  @ Littlewalter

                  Parce qu’il est « douteux, dangereux et malsain » d’en savoir un peu plus sur ce dont parlent les diplomates et nos gouvernements dans leurs salons feutrés ?

                  La diplomatie et ses émissaires existaient bien avant que n’existent des régimes démocratiques. Les diplomates servaient les rois et les puissants, excellant dans l’art de négocier des accords qui satisfassent beaucoup leurs intérêts et, un peu, parfois, les intérêts des populations. Bien des mauvaises habitudes ont été prises alors et persistent, aujourd’hui encore, derrière cette culture séculaire de conseillers du Prince.

                  Il est grand temps que la diplomatie se mette à l’heure d’une démocratie ambitieuse, cette diplomatie de palais qui n’a absolument pas su prévoir la révolution tunisienne et la révolte égyptienne, et qui se satisfait si bien de couvrir les intérêts des grands groupes multinationaux. Il y a de grands hommes parmi les diplomates, mais il n’est tout simplement plus acceptable que d’autres, beaucoup moins admirables, conduisent la politique extérieure de nos pays sans en rendre de compte, hormis à nos gouvernements, lesquels ne rendent plus compte eux-mêmes de leurs décisions. Faut-il rappeler que les peuples européens étaient très majoritairement contre la guerre en Irak et que plusieurs gouvernements soit disant démocratiques (le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie..) se sont engagés dans cette guerre par décision de ces gouvernements ?

                  Ce qui est « douteux, dangereux et malsain », c’est la peur, la vôtre selon toute évidence, d’affronter un monde complexe, aux intrications multiples, un monde dur où la démocratie est bafouée régulièrement par des officines, des carriéristes politiques et des conseils d’administration.

                  Le discours du secret est empreint de ce paternalisme puant, qui désigne les peuples comme de grands enfants incapables de comprendre les visées du monde, incapable de faire des choix de gouvernement, incapables, en clair, de s’administrer. Et auquel il vaut mieux cacher les décisions les plus sensibles. Ce discours est une négation pure et simple de la responsabilité citoyenne d’un individu et tout homme humaniste, tout homme progressiste, qu’il soit de philosophie socialiste, libérale ou anarchiste, devrait le fustiger pour ce qu’il est : le discours de l’obscurantisme.

                  Bravo à Julian Assange, à Wikileaks. Honte aux hommes qui veulent détruire ou salir son combat.


                • littlewalter littlewalter 7 février 2011 16:52

                  @Nometon


                  Je ne pense pas que WIKILEAKS serve la démocratie dont vous revez.

                  Il y a toujours eu une part de « sale boulot » dans les compromis des gouvernances. Je ne suis pas un réveur idolatre du totalitarisme démocratique. On sait jusqu’ou les utopies de gouvernance du peuple par le peuple ont mené. 

                  Je ne dis pas que le système est parfait, loin de la. Ne me faites pas dire que MAM et bien d’autres ne sont pas corrompus, d’une certaine maniere. Je le sais. Ce qui se passe actuellement c’est que ces petits arrangements se font avec une arrogance toute nouvelle.

                  Je pense juste qu’il ne faut pas rever d’un monde rose impossible. Il faut travailler à le rendre meilleur, et ce n’est pas en divulgant des cables diplomatiques que l’on va y parvenir. 

                  Ces soit disant « révélations » n’en sont pas. Comme Sibel Edmonds, je doute des intentions de WIKILEAKS.



                • Emmanuel Aguéra LeManu 8 février 2011 11:05

                  @ Littlewater

                  Pas d’accord, désolé : Car il me semble que l’indéniable réalité que vous décrivez, les « accords secrets », les « échanges clandestins », etc... devraient plutôt vous apparaître comme autant de sources conflictuelles larvées que comme d’indispensables rouages... Ou alors prônez-vous l’institutionnalisation du mensonge d’état comme ?

                  Tout en affirmant qu’en matière de relations internationales, le secret serait indispensable, vous vous contredisez aussitôt en ajoutant que « cela n’a rien d’occulte »... Ne sacrifiez-vous pas votre bon sens au profit de vos convictions ?

                  Vous faites allusion au 11/09. Soit : Une « nouvelle ère » selon vous... C’est révélateur d’un recours à ces convictions/contradictions. C’est justement ce système de « secrets et d’échanges occultes » qui a permis à cette supercherie de servir de base à une opération policière internationale. C’est ce système qu’inexorablement l’internet en général, et Wikileaks en particulier, sont en train de mettre à bas, aussi logiquement que l’imprimerie a fait disparaître les séculaires moines copistes...

                  Hier la charrette, aujourd’hui le TGV. Hier les mensonges politiques, aujourd’hui la transparence. Lorsque que Gorbatchev institua la « Glasnosk » fin 80s, le monde occidental d’alors a applaudi. Aujourd’hui, Wikileaks « impose la transparence », mais ce qui fut bon pour l’URSS de l’époque ne l’est plus pour l’Occident d’aujourd’hui... Belle hypocrisie en vérité.

                  Vous préférez peut-être qu’on reparte pour X années de guerre froide ? Vous ne croyez donc pas (plus ?) en l’harmonie ? Con pour vous, mais aussi et par extension pour les autres, car vous en devenez l’obstacle.

                  Merci à Wikileaks, et que stoppe cette néo « real politik » qui cherche à gouverner le monde et réussit, apparemment, à pervertir les esprits. De toutes façon, après ça... je pense que les adversaires de la transparence ont du boulot... (lol !)

                  PS : Littlewater... est-ce d’après le surnom de ce voyou que fut M. W. Jacobs ? Car si c’est le cas, je vous pardonne, vous avez de bonnes références ! Même si vous les trahissez..., ce sont les mensonges clandestins et la magouille occulte qui ont tué ce génial souffleur...


                • Deneb Deneb 7 février 2011 15:04

                  Littlewater : Il y a toujours eu des accords secrets, des echanges clandestins, Ainsi vont les relations internationnales .... 

                  Déjà, internationales c’est mal écrit : pourquoi tant de N ?

                  Et puis, je suis d’accord avec ce que vous dites. Je rajouterai qu’il y a toujours eu des guerres, de l’enfumage, des enrichissements sur le dos du contribuable, des connivences, de la corruption, du copinage. Ainsi vont les relations internationales !

                  Bien sûr, il ne faut surtout pas que ça change. Elle ferait quoi, MAM, si vous lui enlevez le plaisir de nous prendre pour des imbéciles ?


                  • littlewalter littlewalter 7 février 2011 16:58

                    @Deneb,


                    Merci pour l’orthographe, interessant, je note. Vous n’avez rien d’autre a faire ?

                    Il n’y a aucun lien entre WIKILEAKS et les agissements de nos politiques au niveau interieur....comme MAM.

                    Pensez vous honnetement que ces pseudos-revelations vont changer la donne ? 

                    Vous revez du grand soir ? 

                  • Emmanuel Aguéra LeManu 8 février 2011 11:08

                    Tiens, salut Deneb... j’avais pas vu... je viens de répondre à Littlewater... Merci de ce complément !


                  • Arthur 7 février 2011 15:29

                    Quel est le véritable but de WIKILEAKS ?, et dans cette interview je n’es pas trouvé de réponse. La masse d’information WIKILEAKS est en phase avec notre époque, plus y a d’information plus on est sur d’être détourner de ce qui est essentielle.
                     C’est masse d’information ne rend pas service à ceux qui cherche la vérité dans les faits.
                    Il faut vraiment être naïf, que les jugements de valeur sur tel ou tel sont capitales pour comprendre les véritables enjeux qui sont en cours dans le monde. Les actes et les décisions les plus importantes on été souvent prise sans qu’il est traces dans les archives.
                    En récoltant des faits qui viennent de différentes sources, il est tout a fait possible de découvrir la vérité. Cette vérité doit cependant être relativiser car elle s’inscrit que dans une vérité relative et en rien elle a le caractère d’une vérité supérieure.
                     Car seul une vérité supérieur peut éclairée les véritables enjeux qui sont contenue dans les faits.tous le reste sert à nous détournez de cette quette.


                    • patroc 7 février 2011 16:26

                      Le but de wikileaks est la transparence complète..

                      Merci pour cette interview.. J’attends la suite !..


                      • Martin D 7 février 2011 16:27

                        vivement la 2ème partie...


                        • Diogene 7 février 2011 17:17

                          Trop fort !


                          Wikileaks publie les messages dans lesquels les USA donnent la position des sous marins nucléaires anglais a leurs correspondants Russes !!!



                          • Arthur 7 février 2011 17:36

                            Wikileaks publie les messages dans lesquels les USA donnent la position des sous marins nucléaires anglais a leurs correspondants Russes

                            il est pas évident d’en déduire que recouvre cette information.
                            Raisonnons par hypothèse ; c’est canular, donc c’est une manipulation, si c’est une manipulation, c’est qui y a un fait ex conté.
                             L’autre hypothèse : c’est un fait réel, pour quel service rendue, à qui profite cela ?
                             En tenant à cette logique il apparait qu’il est évident de prendre ses informations avec discernement, et de pas prendre aux premiers degré ses informations divilgues surtout si nous avons pas les moyens de les vérifier.


                          • denunciatorseye denunciatorseye 7 février 2011 18:27

                            Pas terrible comme interview !

                            J’éspère que demain ça sera plus interessant. 
                            Par exemple, on aimerait savoir combien d’argent Assange a touché en vendant l’exclusivité de certains cables au New York Times, au Daily Telegraph, et au Monde. On aimerait savoir si la CIA est derrière la diffusion des cables, dont l’infomation qu’ils révèlent fait penser à une campagne de désinformation et de propagande. 

                            • Francesco Piccinini 8 février 2011 18:01

                              j’éspere vous avoir repondu


                            • Chris du Fier Chris du Fier 7 février 2011 19:26

                              Les deux questions principales que Francesco n’ a pas posé à Aussange, comme d’ ailleurs tous les nombreux journalistes qui se sont précipités sur la bête depuis est la suivant :

                              Aussange :

                              COMMENT avez-vous pu obtenir toutes ces ’vraies’ informations ?...

                              De QUELLE ORIGINE vos ’vrais-faux’ informateurs sont- ils ?..

                              Car enfin !!! Tout laisse entendre que ce type a été manipulé depuis l’ origine.

                              Il n’ est qu’ un JOUET ou un PION dans le grand jeu de la stratégie géo-politique que mènent les grandes puissances .. et surtout la grande finance mondialiste..

                               

                               

                               

                               


                              • J-J-R 7 février 2011 20:48

                                Et pourquoi pas donner le nom des informateurs pendant que vous y êtes ? Un peu de jugeote voyons ! 


                              • Sachant Sachant 7 février 2011 23:06

                                1) « Il n’ est qu’ un JOUET ou un PION »

                                Peut-être...
                                Cela lui permet-il d’atteindre son but ?

                                N’est-ce pas là, tout le jeu de la vie en société, de la politique ?
                                Objectifs, alliances, lâchages, volontés, objectifs...

                                2) « Tout laisse entendre que ce type a été manipulé depuis l’ origine »

                                Tout ?
                                Oui, quoi ?
                                Par qui, on verra plus tard mais avec quel objectif ?

                                Suffit-il de faire remarquer les défauts de nos maîtres pour être manipulés ?
                                Ne devrait-on déceler la rouerie du pouvoir que chez les maîtres d’autrui
                                Est-il impossible que tous, nous balayions devant notre porte ?

                                Et pour flatter nos racines chrétiennes, cette histoire de paille dans l’œil...


                              • Philou017 Philou017 8 février 2011 09:00

                                « Car enfin !!! Tout laisse entendre que ce type a été manipulé depuis l’ origine. »

                                Est-ce que Chris de Fer ne serait pas lui un agent du gouvernement mondial ? Ses accusations à l’emporte pièce sans aucun élément solide sont suspectes. Pourquoi ces attaques gratuites ....

                                A moins qu’il ne fasse partie de ces conspirationnistes compulsifs qui voient dans tout ce qui a un caractère vaguement officiel un signe de complot. Mon pauv vieux....


                              • dom y loulou dom y loulou 7 février 2011 20:59

                                l’ange du cul pourchassé par la cia devant toutes les caméras

                                lololol

                                quel cirque ces sionistes avec leurs parodies débiles


                                • dom y loulou dom y loulou 7 février 2011 21:11

                                  nono l’interview ne s’est pas fait entre gens de même famille, pas du tout

                                  « allez rentre ! »

                                  ben voons lololol mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr

                                  grotesque

                                  comme tout ce que nous servent les médias désormais

                                  nous notons aussi que désormais il y a des officiels en titre d’agoravox

                                  lololol

                                  de plus en plus nimp de chez nimp


                                  • Canine Canine 7 février 2011 22:24

                                    Bon article, agoravox sur le terrain, le journalisme citoyen progresse.


                                    • Sachant Sachant 7 février 2011 22:51

                                      Si d’aventure vous deviez rencontrer à nouveau M. ASSANGE...
                                      Il y a une question que je me pose à son sujet

                                      N’étant pas appelé à le rencontrer
                                      Si vous pouviez la lui poser...

                                      Cette question me vient au départ de la trilogie Generation Clash de G. MORRIS
                                      Et à l’arrivée de ce qu’est devenu M. Guy CARLIER près qu’il met fin à ses lettres matinales
                                      En 2002

                                      Voilà, globalement, il y a deux façons de s’intégrer
                                      Se soumettre, dès le départ, usiner et grimper les échelons
                                      Foutre la merde pour, par la suite monnayer son rentrer dans le rang, en intégration
                                      (les engagements intermédiaires ne payent pas, semble-t-il)

                                      Dans le cas de M. Julian ASSANGE, s’agit-il de ce genre de stratégie ?
                                      Ou... D’autre chose ?


                                      • sonearlia sonearlia 8 février 2011 01:01

                                        Content de voir dans les commentaires que je ne suis pas le seul a ne pas faire confiance a wikileaks.


                                        Assange nous avait promis de mettre en ligne le contenu des deux cd-rom que lui a remis Rudolf Elmer, depuis rien.

                                        Dans la prochaine partie de l’interview demander lui de tout mettre en ligne.


                                        • Png persona-nongrata 8 février 2011 01:34

                                          Lol mais quelle bande de naifs ces agoravoxiens... J’attendais le scoop du 11/09 et tout ce qu’il nous sort comme info c’est 3 Quataris qui auraient quitté le sol américain la veille des attentats !!

                                          Super le scoop..

                                          Rien sur Isra-heil qui a violé à lui seul toutes les résolutions de l’ONU ...Sinon Merkel fait prout prout en off et Sarko est un nerveux et vous êtes content les veaux 

                                          Bref un bel agent de propagande en carton ce Assange ...Quelle triste monde quand l’idiot dirige les aveugles.

                                          • SamAgora95 SAMAGORA95 8 février 2011 09:24

                                            c’est exactement ce que je pense !


                                            C’est bizarre Wikileaks ne révèle rien de sérieux qui pourrait inquiéter les Etats Unis ou Israël !
                                            Pourquoi le gouvernement US semble impuissant pour l’arrêter ou fermer sont site, il y a de quoi pourtant, il révèle des documents secret défense non ?

                                            Il ont compris la puissance d’internet et l’utilise pour infiltrer le réseau et tout le monde se fait prendre y compris reopen911.

                                            Que nous dit M. Assange à travers ses révélations ? Il nous présente le monde tel que TF1 souhaite qu’on le voit, tout en faisant quelques révélation sur des maladresses de l’Armée US et autre amuses gueule pour que la mayonnaise prenne, chaque individu sur cette planète sais que le monde politique et plus au moins mafieux et corrompu, mais pas au point de commettre des attentat type 11 septembre ou de truquer des élection type Bush, voilà l’idée que veux nous mettre dans la tête le gouvernement US et d’autre, à travers Wikileaks.

                                            M. Assange est un agent double ça me paraît évident,son existant nous montre l’intelligence et la perversité de l’organisation qui l’a mis en place.


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