• samedi 18 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Agriculteurs en danger
22%
D'accord avec l'article ?
 
78%
(19 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Agriculteurs en danger

Yannick chêné, Agriculteur, Jean-Denis Bibeyran, Viticulteur, morts dans l'indifférence et des dizaines d'autres malades anonymes.

Permettez-moi de me demander si ces Agriculteurs avaient été patrons du cac 40 s'ils seraient morts dans la même indifférence , et si la même inertie aurait succédé à leur décès.Ou est-ce que si les destinataires du sang contaminé avaient été des politiques, ou si les grands patrons avaient travaillé dans des bureaux pollués d'amiante , aurait-on attendu que la liste des victimes soit aussi longue pour intervenir ?

Aujourd'hui pour les pesticides comme hier pour le sang contaminé et l'amiante , nos élites savent . Ils savent que les laboratoires phytopharmaceutiques fabriquent des bombes à retardement pour nos Agriculteurs.

Pourquoi ne remplacent-ils pas ces produits par d'autres moins nocifs pour l'Homme mais tout aussi efficaces ?

Pourquoi ne favorisent-ils pas l'agriculture biologique ?

REN-TA-BI-LI-TE

Quand on sait que les laboratoires qui vendent les produits phytosanitaires sont également ceux qui vendent des chimiothérapies aux services d'oncologie, on comprend tout l'intérêt qu'ils ont à fabriquer ces poisons et les pressions qu'ils peuvent exercer sur le pouvoir .

Au risque de provoquer à terme la mort de l'Agriculture.

Parce qu'un Agriculteur qui meurt c'est une exploitation en péril, et un père ou un mari sacrifié sur l'autel de la rentabilité, ce n'est pas un encouragement à la pérennisation de l'exploitation, du métier.

Comme diminuer le crédit d'impôt accordé aux Agriculteurs qui passent au bio ( des mesures fiscales prévoient sa diminution de 50 %), ce n'est pas les aider.

On entend parfois ici ou là , que les Agriculteurs connaissent la dangerosité des pesticides et n'ont qu'à pas les employer.

Il faut savoir que passer en Agriculture biologique coûte cher, très cher. Un Agriculteur souhaitant convertir son exploitation en mode biologique doit cultiver ses terres durant 2 ou 3 années en respectant les règles de l'Agriculture biologique avant de pouvoir vendre sa récolte comme telle.

Or, ce n'est pas avec les bénéfices que la grande distribution fait sur leur dos qu'ils peuvent financer leur passage au bio.

Mais c'est parce que nous voulons trouver tomates, fraises, toute l'année sur les étals qu'on est passés en France à une Agriculture intensive, 3ème pays consommateur au monde des pesticides.

Alors oui nos Agriculteurs sont peut-être responsables, responsables d'avoir choisi une profession à risques (et elle est où la prime de risques ?), responsables d'avoir adapté l'offre à la demande, responsables de vouloir vivre dignement en travaillant 90 h hebdomadaires, mais pas coupables.

Aujourd'hui à cause des pesticides, c'est au passé que je parle à ma fille de son tonton Denis, combien il aimait sa vigne.

Demain , je ne voudrais pas raconter à mes petits-enfants ce qu'était un Agriculteur.




par bibeyran marie-lys jeudi 4 octobre 2012 - 27 réactions
yahoo
22%
D'accord avec l'article ?
 
78%
(19 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par zadig (---.---.---.15) 4 octobre 2012 09:47

    Bonjour,

    D’accord, beaucoup d’agriculteurs sont victimes ... mais !
    Beaucoup d’agriculteurs aussi sont coupables :
    Par exemple dans mon « coin » région de grande culture, j’ai vu :

    1) des arbres fruitiers traités en pleine période de floraison
    2) un champ en bord de route traité de façon massive par vaporisation
     (quelques mois après ce traitement plus de la moitié des arbres (grands)
     qui bordaient ce champ était morts)
    3) des traitements pratiqués avec du gros matériel sans aucune protection
     pour le personnel (gare au promeneurs)
    4) un jour en me promenant au bord de la rivière, j’ai vu des séries de poissons
     descendant le ventre en l’air.
     Très vite j’ai eu des soupçons, je suis allé porter plainte à la gendarmerie.
    En remontant la rivière les gendarmes ont trouvés le coupable :
    un cultivateur qui vidait ses fonds de cuve dans la rivière.
    Pas de suite, en l’absence d’avocat ma plainte est restée sans suite.

    etc ...
    Résultat : mon « coin » est devenu un désert biologique .

    Salutations

  • Par Yohan (---.---.---.58) 4 octobre 2012 09:48
    Yohan

    Pas trop envie de les plaindre ces agriculteurs. J’ai loué un gite à la ferme en Bretagne il y a quelques années, un éleveur de porcs. Tandis qu’il me faisait visiter son exploitation (lugubre), j’ai demandé s’il mangeait lui-même sa production. Texto et sans aucune gêne, il me répond. « bien sûr que non, pas fou. j’ai mon petit élevage personnel, nourri avec des céréales bio, de la qualité ». Evidemment, la merde, c’est pour ses couillons de clients.....

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.190) 4 octobre 2012 09:43

    Les crises sanitaires révèlent l’impasse dans laquelle nous plonge le productivisme agricole intégré dans la puissante industrie agroalimentaire  : non seulement les risques sanitaires ne sont pas maîtrisés mais les problèmes engendrés sont démultipliés........

    voir : http://2ccr.unblog.fr/2011/10/31/le...

  • Par bibeyran marie-lys (---.---.---.71) 4 octobre 2012 15:29
    bibeyran marie-lys

    Bonjour à tous, je suis l’auteur de cet article.
    Je l’ai écrit en hommage à mon frère Jean-Denis Bibeyran décédé le 12 octobre 2009 après avoir dédié sa vie à son métier adoré : la viticulture.
    Alors oui comme des milliers d’autres il pulvérisait ses vignobles (2 hectares) avec des produits aux noms aussi barbares que les pathologies qu’ils provoquent des décennies plus tard. Il ignorait, on ignorait que les saignements de nez dont il souffrait chaque année en période estivale n’étaient que les prémices du cataclysme qui l’attendait.
    Il est décédé au terme de dix mois d’agonie inhumaine , dans une indifférence administrative et professionnelle tout aussi inhumaine , parce que les agriculteurs sont condamnés à une double peine , la maladie et le silence !
    C’est pour rompre ce silence que je combats depuis , pour faire résonner son nom au sommet de la hiérarchie administrative et judiciaire , et avec lui celui de toutes les autres victimes, pour être la porte-voix des sans-voix !
    Il ne savait pas la dangerosité réelle des produits employés , il pratiquait une vinification traditionnelle, il critiquait tous ceux qui ajoutaient des bisulfites et compagnie dans leur vin, il n’aurait jamais souillé le fruit de son travail et la terre de ses enfants s’il avait su ...
    Il avait 47 ans , des envies , des projets , c’était un mari, un père , un fils , un frère...c’est une douleur sans nom, quotidienne , jusqu’à la fin de nos jours.
    Les agriculteurs en France ne meurent pas, ils crèvent en silence...à nous de rompre ce silence !

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération