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Alain Finkielkraut, CPE et principe de réalité

10 avril 2006, lors de l’émission "Mots croisés".

Alain Finkielkraut nous fait part de son analyse de la fronde rencontrée par le gouvernement De Villepin avec le CPE, contrat dit de « première embauche » destiné à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes, analyse qui n’est pas sans ressorts comiques et qui est une bonne démonstration de pensée unique.

 
Pour simple rappel, il s’agissait donc d’un contrat prévoyant en particulier une « période de consolidation » de deux ans durant laquelle l’employeur pouvait rompre le contrat de travail sans en donner le motif, procédé qui était ainsi destiné à écarter le contrôle juridictionnel de la cause réelle et sérieuse du licenciement intervenant durant ladite période, - aucun motif n’étant invoqué dans la lettre de licenciement-, et donc de permettre de facto des licenciement abusifs sans indemnisation corrélative pour le salarié (une décision du 30 mars 2006 du Conseil constitutionnel a néanmoins précisé que l’employeur avait l’obligation de dévoiler ses motifs au juge).


Pour Finkielkraut la pensée unique est celle du peuple

Le philosophe nous dépeint une France où règne un climat de terreur, la pensée unique exercée par une partie de la population, une idéologie immature et pleine de gauchisme bien pensant ; Finkielkraut va nous parler des jeunes, comme il aurait tout aussi bien pu nous parler de la niche sociale des fonctionnaires.  

Dans une charge vaillante notre philosophe-dissident s’attaqua au conformisme d’une jeunesse manipulée avant de nous rappeler la réalité réellement vraie de la vie. Car derrière ce refus juvénile de l’adaptation au néolibéralisme flexible c’est bien toute la réalité que l’on nie, et que voulez vous rétorquer face un tel aveuglement ?

Une analyse à laquelle souscrirait volontiers Alain Minc.

 

Alain Finkielkraut, philosophe dissident au milieu de l’irréalisme français

1) Le politiquement correct dans la pensée de Finkielkraut

Il s’agit tout d’abord d’énumérer l’importance de l’opposition au CPE avec quelques noms insignifiants pour mieux souligner le conformisme de la masse. Procédé classique plein de sophisme puisqu’il revient, en miroir, à qualifier la prédominance néolibérale  des trente dernières années d’anticonformiste. C’est avec le même anticonformisme que s’effectuera donc la privatisation de la Poste.

On constate cependant que le conformisme populaire vaut bien peu face au conformisme des élites.

2) L’éternel manque de maturité de la jeunesse

L’enfant ne peut pas faire de la politique. Proposition simple et pleine de bon sens, en effet, collégien ou lycéen, on n’a en règle générale pas la formation politique minimale nécessaire à exercer une pensée consciente et indépendante.

Mais que vaut l’inexpérience de la jeunesse face aux arguments spécieux d’Alain Finkielkraut qui, lui, a atteint l’âge nécessaire pour savoir ce que l’on défend en pleine conscience.

Le bon sens n’est pas toujours là où on le croit, en l’occurrence, refuser un modèle qui n’a rien d’autre à proposer qu’une précarité et un écart croissants dans la répartition des richesses devrait sembler légitime pour un philosophe, illégitime pour un sophiste.

Mais Alain Finkielkraut se place du côté de la vérité, pour lui on ne disserte pas sur le bien fondé de la "réalité". Ce n’est donc pas tant sur l’âge que se fonde l’argumentaire du philosophe mais bien plutôt sur un choix politique, qui porte chez lui le doux nom de réalité, et qui peut tout aussi bien être nié par un adulte. Le néolibéralisme est tel la loi de la gravité, on n’a pas à y objecter.

Néolibéralisme ou principe de réalité

1) Goût de l’effort et précarité

Se mettre à jour au libéralisme anglo-saxon c’est donc reprendre pied dans la réalité et abandonner enfin ses illusions. Mais en l’espèce, cela met en jeu une vertu supplémentaire : le goût de l’effort. Et quel meilleur moyen pour le redonner au jeune que de multiplier les contrats précaires ? En défendant un système largement fondé sur le désir frivole Alain Finkielkraut croit nous redonner le goût de l’effort.

2) La fin de l’histoire, le règne de la Réalité

Le réel, la réalité, le bon sens, une rhétorique que l’on connait et qui sous entend simplement la soumission du politique et de la vie sociale à la loi du marché.

Une réalité qui a partout remplacé le qualitatif par le quantitatif, une réalité dogmatique, mais qui sait en temps (de crise) voulu – et par réalisme certainement ! - sociabiliser les pertes pour continuer à privatiser les profits…

 

Lecture recommandée : l’essai critique de Serge Halimi sur  la pensée unique propagée par les médias : « Les Nouveaux chiens de Garde ».

par Maldoror (son site) lundi 2 novembre 2009 - 21 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par abdelkader17 (xxx.xxx.xxx.189) 2 novembre 2009 10:35

    Plus le contenu de pensée est faible plus le "penseur" prend de l’importance.
    Promotion du capitalisme déréglementé et de l’idéologie réactionnaire, telle est la fonction de cette nouvelle police de la pensée.

  • Par lord_volde (xxx.xxx.xxx.185) 2 novembre 2009 19:14
    lord_volde

    Monsieur Finkielkraut est logique avec lui-même et sa propre idéologie d’inspiration atlanto-sioniste. Il dénie à la jeunesse le droit de penser et surtout celui de les exprimer sur le terrain politique. Il y a peu, il a dénié à la jeune Samanta Geimer, le droit d’être victime d’un pédophile violeur appartenant au même courant idéologique que lui, tout en l’accablant des maux qu’il attribuait déjà aux lycéens et étudiants d’alors. Les mineurs et les jeunes adultes doivent répondre pénalement de leurs actes et subir la répression la plus extrèmiste qui ait été mis en vigueur par la République chérie, mais ne peuvent pas dénoncer les politiques qu’ils réprouvent ou qu’ils trouvent préjudiciables à leurs intérêts.
    Deux poids, deux mesures. c’est la dure réalité à laquelle nous devons nous soumettre. 

  • Par vilistia (xxx.xxx.xxx.60) 2 novembre 2009 22:18

    L’enfant ne peut pas faire de la politique. Proposition simple et pleine de bon sens, en effet, collégien ou lycéen, on n’a en règle générale pas la formation politique minimale nécessaire à exercer une pensée consciente et indépendante.

    Finkielkraut aime bien les jeunes qui se goinfrent d’IPHONE, de barres chocolatées et d’hamburgers sans doute.
    On dit parfois qu’il existe des mauvais professeurs et philosophes, c’est son cas et heureusement, ses propos relèvent souvent de la bouillie.
    Alors, je ne l’écoute jamais et d’ailleurs, il s’octroit le droit d’éducateur qui est celui des parents.

    Le prêt à penser et le politiquement correct,qu’il garde tout.

  • Par Daniel Roux (xxx.xxx.xxx.159) 2 novembre 2009 12:12
    Daniel Roux

    D’où vient la légétimité de ce type si excessivement partisan et agressif ?

    Moins philosophe que moulin à vent pris dans une tempête, il n’argumente pas, ne prouve pas mais s’agite, éructe et insulte.

    On le voit et on l’entend partout, à la télé, à la radio, raconter n’importe quoi sur tous les sujets sensibles. C’est comme s’il possédait un passe-droit spécial. On a l’impression qu’il dispose, à lui tout seul, de plus de temps d’antenne que Martine Aubry qui fait semblant de ne pas s’en apercevoir.

    Ce qui est remarquable, c’est qu’en général, il est précédé ou suivi par plusieurs oiseaux du même ramage, BHL notamment. Tel un vol d’étourneaux s’abattant sur un cerisier, la bande organisée s’abat sur les médias, détruit dans l’oeuf le débat rationel avant même qu’il ne débute, étouffant la critique par le sectarisme.

    Rappelons nous les mots définitifs que ce réseau avait sur la guerre passée en Irak ou à venir, en Iran, sur les affaires DSK ou Polanski plus récemment.

    Étonnant qu’un tel tambour au service d’intérêts iniques à la fois étrangers et communautaristes, puisse disposer d’une si grande résonnance médiatique. Comme dirait Boris Vian, "Y a quelque chose qui cloche là dedans".

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