• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Alain Soral, nouvelle tête pensante du FN et persona non grata à Sciences (...)

Alain Soral, nouvelle tête pensante du FN et persona non grata à Sciences Po

Invité samedi 2 décembre 2006 à la 59e Journée Dédicaces de Sciences po, l'écrivain Alain Soral en a été chassé par la police, sur la demande du directeur de l'établissement, Richard Descoings. Alain Soral avait officialisé, quelques jours auparavant, son ralliement au Front national et à l'équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen. Compte rendu de ces événements, analyse, et petite digression personnelle.

"Vous n'êtes pas toléré dans cet établissement", "Vous n'êtes pas désiré ici", "Vous êtes indésirable"... C'est ainsi qu'un policier a justifié à l'écrivain Alain Soral son expulsion du salon du livre qui se tenait à Sciences po samedi dernier (vidéo de l'expulsion en bas de page). Pourtant, le sulfureux pamphlétaire, connu pour ses positions républicaines et critiques à l'égard de tous les communautarismes (féministes, gays, arabes, juifs...), ou encore pro-palestiniennes et critiques vis-à-vis du sionisme, avait bel et bien été invité, parmi près de cent trente personnalités.
 
Il avait, certes, reçu, la veille, le 1er décembre, un courriel de Richard Descoings, directeur de Sciences po, qui annulait son invitation, au motif que sa venue faisait peser une menace sur sa personne et sur l'ensemble des participants (lire le mail sur le site de Soral). Si menace il y avait, pourquoi ne pas avoir demandé à la police de la prévenir, en entourant Alain Soral de sa protection ? Au lieu de cela, la police a bien été appelée, mais pour chasser l'homme menacé. Peut-on établir un parallèle avec la situation de Robert Redeker ? Au philosophe menacé, la police assure fort normalement une protection. Quant à Alain Soral, soi-disant menacé, il est chassé manu militari d'un salon littéraire par cette même police. Etrange traitement. Richard Descoings s'est expliqué - laborieusement - sur cette affaire Soral sur RSP.fm, la radio des étudiants de Sciences po.
 
Censuré et intimidé
 
Alain Soral est, en effet, un homme en danger, qui s'est déjà fait violemment agresser. La première fois, c'était le 28 septembre 2004. Lors d'une séance de dédicace dans une librairie parisienne, une vingtaine d'individus armés de gourdins et de bombes lacrymogènes ont fait irruption, saccageant la boutique et blessant plusieurs personnes présentes sur les lieux (article du Nouvel observateur). Soral s'en est sorti sans gros dégâts. La Ligue de défense juive a été suspectée d'avoir organisé cette expédition punitive. L'attaque faisait suite à la diffusion sur France 2, le 20 septembre 2004, de l'émission Complément d'enquête, où Alain Soral avait tenu des propos jugés antisémites par certains ; l'écrivain s'était dit, quant à lui, piégé par les journalistes, qui n'avaient retenu du long l'entretien à bâtons rompus qu'il leur avait accordé que les quelques secondes où il avait dérapé, où il avait outrepassé sa pensée, et "qui pouvaient provoquer", selon ses propres termes, "sa mort médiatique et aussi physique."
 
De fait, depuis cet incident, Soral est tricard dans les médias - un vrai paria - et semble apporter le danger partout où il passe. Le 13 septembre 2006, il a reçu un autre avertissement, en se faisant de nouveau agresser par deux individus en scooter, qui l'ont gazé. Cette agression faisait suite à sa visite au Liban, en compagnie de Dieudonné, de Thierry Meyssan, Marc Robert et Ahmed Moualek. Le petit groupe, qui voulait rendre compte des terribles agissements de l'armée israélienne contre le peuple libanais, avait alors rencontré de très hauts dirigeants du Hezbollah.
 
Un marxiste chez Le Pen
 
Richard Descoings a donc officiellement exclu Soral des murs de son école par peur d'incidents violents que l'agitateur aurait pu attirer sur sa personne. Mais ne peut-on pas aussi relier sa décision au récent "coming out" de Soral sur son orientation politique ? En effet, même si la rumeur circulait déjà depuis quelque temps, l'information n'est officielle que depuis la semaine dernière : Alain Soral a annoncé, à travers deux interviews, l'une donnée le 27 novembre à la webradio québecoise Rockik.com, l'autre le 29 novembre au webzine Salut public, qu'il avait rejoint l'équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen. Et ceci depuis plus d'un an ! Information confirmée par l'intéressé le 1er décembre dans l'émission Les grandes gueules sur RMC.
 
Il définit lui-même, sur Rockik.com, son rôle au sein du FN comme celui d'un "conseiller technique", produisant des idées et des concepts, "en charge des affaires sociales et des banlieues". Alain Soral a déjà eu l'occasion de marquer la pensée frontiste de son empreinte, à travers le fameux discours (texte ou vidéo) tenu par le président du Front national au pied du moulin de Valmy le 20 septembre dernier. La patte de Soral y était manifeste. C'est d'ailleurs ce discours soralien de Valmy, avec ses accents de réconciliation nationale, cette main tendue à tous les Français, notamment d'origine immigrée, qui avait séduit Dieudonné, ami de Soral qui se revendique "libre-penseur-sans-a-priori-voulant-juger-par-lui-même", et qui lui a fait envisager un possible ralliement futur avec le candidat Le Pen.
 
Le diagnostic de Soral, c'est que l'ultralibéralisme mondialisé et les communautarismes détruisent la France ; selon lui, il y a convergence d'analyse entre les tenants du non au projet de constitution européenne, qu'ils soient communistes, chevènementistes, ou lepénistes. Pourquoi alors l'ancien militant du PCF, qui se réclame encore aujourd'hui du marxisme, n'a-t-il pas rallié l'extrême gauche ou encore Jean-Pierre Chevènement (d'autant qu'il se dit proche des idées du "Ché") ?
 
"En bon analyste marxiste, je dois admettre, dit-il sur salutpublic.fr, que les choses ne bougent pas grâce aux partis de gauche traditionnels qui ont renoncé à peu près à tout... Elles ne bougent pas à gauche ni à l'extrême gauche, où ne sévit plus que la sclérose d'un néo-communisme adolescent, essentialiste, esthétisant mal compris et mal digéré type LO, PT, LCR... Elles bougent dans le camp du populisme." Soral en tire cette "conclusion : je pense que l'engagement à la fois raisonnable et révolutionnaire pour agir contre les dégâts de l'ultralibéralisme mondialisé et du communautarisme - communautarisme qui conduit à ce clash des civilisations dont a besoin l'ultralibéralisme américain pour achever sa domination - c'est de s'engager aux côtés de Jean-Marie Le Pen à la prochaine présidentielle. Aucun renoncement ni délire dans ce positionnement, juste le viril et sain usage de la raison dialectique..."
 
La réconcilitation : un slogan vide et naïf ?
 
Pour Soral, les anciens clivages politiques, vermoulus, sont à dépasser, dans une "révolution douce", qui passera par la réconciliation (mot qu'il a aujourd'hui constamment à la bouche, comme d'ailleurs son ami Dieudonné) : "C'est la réconciliation de ces deux forces révolutionnaires d'essence différente mais complémentaires - réserves d'énergie de la jeunesse pauvre issue de sociétés patriarcales à haute teneur morale et raison pratique des adultes de la petite et moyenne bourgeoisie française - qui permettra le saut qualitatif." Soral veut réconcilier le peuple français avec lui-même, transcender les classes et les communautés, les faire communier dans l'idée de nation, dont les principes fondamentaux seraient l'assimilation, le travail et la citoyenneté. C'est ainsi qu'il se définit lui-même comme un "national républicain", et déclare s'être rallié au FN par l'entremise de Marine Le Pen, qui, assure-t-il, partage ses positions nationales républicaines, sans qu'on puisse dire si elles sont de gauche ou de droite.
 
Soral croit au destin gaullien de Le Pen, qui, seul, pourra sauver la France. Car lui seul reste encore radicalement hors du système. Soral, qui joue parfois les prophètes et se targue de ne presque jamais se tromper, croit à l'inéluctable accession au pouvoir du Front national, même si elle ne se produit pas en 2007. Au pire, le FN deviendra, nous annonce-t-il, le premier parti d'opposition de France, et pèsera au moins 25 %... Rendez-vous dans cinq mois pour juger des pouvoirs de prédiction d'Alain Soral.
 
Cas de conscience
 
D'aucuns rappelleront à Soral les dérapages commis par Le Pen il y a dix ou vingt ans, et qui lui ont valu d'innombrables condamnations judiciaires : l'histoire du "détail" (les chambres à gaz sont "un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale"), l'inégalité des races, les "sidaïques" prétendus contagieux par leur transpiration, leur salive, et assimilés à des lépreux, etc. Je lui rappellerai à mon tour ces meetings lepénistes, où des visages de gens basanés étaient projetés sur un écran géant, dans le seul but de les faire huer par le public... Ces scènes horribles ont été montrées dans de nombreux reportages. Beaucoup, je pense, s'en souviennent.
 
La question est : peut-on relativiser ces propos, les comprendre, transiger, les excuser ? Peut-on se réconcilier avec ceux qui les ont prononcés (dans le pardon christique que prône Soral) ? Peut-on leur tendre la main et les rallier ? Alain Soral, comme Dieudonné (qui, tout en restant plus distant pour le moment, semble prendre le même chemin), a choisi de tendre la main. Souhaitons-leur, dans leur candeur, qu'ils ne se la fassent pas arracher !
 
"L'espoir" Dieudo-Le Pen
 
Soral et Dieudonné ont été au cours des dernières années diabolisés, boycottés par les médias, caricaturés, victimes de désinformation. Ils en ont souffert. Ils ont développé naturellement de la haine, ou, du moins, un peu de rancoeur envers ceux qui leur ont fait subir un tel traitement. Leur but est aujourd'hui de faire sauter le système. Le Pen est devenu leur espérance, car il leur apparaît comme le seul rebelle de la scène politique française ; et puis parce qu'il leur ressemble : vilipendé depuis plus de trente ans, incarnant à lui seul le mal, il a porté sa croix comme eux, a fait montre d'une incroyable force de résistance, comme eux, d'un entêtement acharné, sans avoir jamais plié ou rompu sous les coups... Et tout cela crée une certaine solidarité - celle des parias. Au-delà des idées, ils se rejoignent en ce qu'ils s'estiment humainement, se considérant comme des honnêtes hommes, pris à parti par des lâches, des vendus, le bal des hypocrites.
 
Mais rien ne vaut la parole de Soral lui-même, qui, dans une interview filmée, déclarait espérer "une alliance objective entre tous les miséreux... Je vois se dessiner, disait-il, le rapprochement étrange entre la colère de Dieudonné et la colère des lepénistes... Est-ce que ce n'est pas ça la France qui peut se sauver demain, c'est un Le Pen et un Dieudonné qui se tendent la main et qui se mettent à se parler ? Ces gens-là ont peut-être les mêmes valeurs, valeurs de dignité, de travail... Le rapprochement Dieudonné-Le Pen, c'est l'abjection absolue de toute la boboitude standard, c'est la monstruosité absolue, or pour moi c'est le plus grand espoir."
 
Un charme ambigu
 
Les bobos ont de quoi frémir si la révolution que Soral appelle de ses voeux a lieu. Parlant, dans l'interview évoquée ci-dessus, des travaux réalisés à Paris par la mairie PS et Verts de Bertrand Delanoë, et qu'il juge pour le moins sévèrement, il déclare - certes avec ironie : "Dans une période révolutionnaire, les gens qui ont fait ça, ils peuvent être guillotinés, s'il y a un Robespierre qui vient, il peut y avoir de la guillotine, ça mérite, largement... on en a guillotiné pour moins que ça..." Et de renchérir sur les bobos qui viennent acheter le Paris populaire, et le détruisent : "Le lieu qui serait naturellement pour eux, et peut-être un jour j'en ferai un camp pour eux... un camp de... un camp de... ouaih un camp, on les mettra là... c'est la Défense, c'est le seul lieu qu'ils méritent, c'est le lieu qui leur ressemble..." Probablement n'est-ce pas là à prendre au premier degré, mais c'est tout de même un peu violent...
 
Soral est un type drôle et viril, à l'humour féroce, qui produit des analyses sociologiques souvent justes et courageuses, mais qui, selon certains, dérape de temps en temps. Dieudonné est, à mon sens, le comique le plus drôle et le plus percutant de sa génération, et lui aussi est souvent "borderline", trop ou pas, cela dépend des limites de chacun. Le Pen est le plus talentueux tribun actuel, il a ce charme oratoire que la plupart des politiques n'ont plus, cette richesse de la langue qu'il partage avec François Mitterrand, et qui lui donne un ascendant certain dans les débats sur la plupart de ses contradicteurs, rattrapé toutefois par les horreurs qu'il distille avec un plaisir pervers de temps à autre. Ces trois hommes sont maltraités dans les médias dominants, mais rencontrent un écho de plus en plus fort dans la population. Cette équipe de "bras cassés" pourrait se révéler une dream team aux prochaines élections, qui sait... Sans doute le saltimbanque (certes, encore en phase d'observation) et le sociologue font-ils fausse route. Mais nous devons constater que leur sympathie affichée pour le leader du FN pourrait jouer un rôle non négligeable au printemps prochain.
 
Ce rapprochement entre un ancien militant du Parti communiste et le parti d'extrême droite est le symptôme d'un mouvement de fond, caractérisé par la dédiabolisation de Le Pen (symbolisée par l'attitude d'ouverture d'un Dieudonné), couplée à un rejet de plus en plus massif du système "UMPS", et ceci jusque chez le très modéré François Bayrou. A chaque bord de l'échiquier politique, on entend des appels à la révolution, ou, du moins, on diagnostique un climat pré-révolutionnaire. A l'heure où chacun peut sentir un ras-le-bol populaire face au matraquage médiatique du tandem présidentiel Ségo-Sarko, doit-on craindre une révolte dans les urnes au printemps prochain ? En tout cas, les sondages récents l'attestent : jamais Jean-Marie Le Pen n'a été aussi proche du pouvoir.
 
 

Alain soral - Scandale à SciencesPo
envoyé par neverseen

Moyenne des avis sur cet article :  4.56/5   (443 votes)




Réagissez à l'article

221 réactions à cet article    


  • Tristan Valmour 4 décembre 2006 10:40

    Analyse fine et objective des éléments cités dans cet article, agrémentée d’un style clair. Bravo !


    • Cochonouh Cochonouh 4 décembre 2006 10:49

      Je n’aime pas les personnages qui sont le sujet de cet article, mais par contre, j’aime l’article lui-même qui est bien écrit, intéressant et agrémenté de liens aux bons endroits.


      • Marie Pierre (---.---.192.185) 4 décembre 2006 11:01

        Bonjour Cochonouh,

        Effectivement, les personnages cités sont odieux, l’article est bien écrit, mais il me laisse un certain malaise.


      • (---.---.132.252) 4 décembre 2006 20:13

        Bonjour Marie-Pierre,

        Oui, c’est vrai les personnages sont méchants mais l’histoire se lit bien


      • degueuloir (---.---.17.85) 4 décembre 2006 20:33

        ROOOOOOOOOOOOOTTT .................LOL smiley...PPPPROOOUUUHAAA !! smiley


      • degueuloir (---.---.17.85) 4 décembre 2006 20:34

        c’est à gerber bbbbbbeeeeeeuuuuuuurkkkkk !!!!!!!!!


      • liberté chérie (---.---.252.50) 4 décembre 2006 21:00

        Oui bon article, bien écrit...

        Une fois de plus, le FN va pouvoir se prétendre victime d’un complot judéo-maçonnique...

        C’est parfaitement maladroit de la part du directeur de Sciences-Po, d’abord d’inviter un écrivain à la réputation sulfureuse puis ensuite d’annuler l’invitation sous un fallacieux prétexte...et finir par le faire virer manu militari par la police qui finalement devient la cause du désordre soit-disant redouté préalablement...

        Cela démontre bien que le « politiquement correct » - cette vague bien-pensance - exerce bien une forme de censure...qui ne pourra que lui pêter à la figure d’une manière ou d’une autre...

        Quand certains représentants réactionnaires de l’Islam dur sont, eux, invités à débattre à la TV, nous disent des horreurs, sur des plateaux généralistes pour lesquels nous payons la redevance citoyenne... smiley

        Pauvre France ! smiley :/)


      • (---.---.163.20) 4 décembre 2006 21:06

        « le FN va pouvoir se prétendre victime d’un complot judéo-maçonnique... »

        Sans aller jusque là, le FN, et le débat politique avec lui, est victime de préjugés et de la substitution de l’indignation à l’argumentation.


      • Jim (---.---.91.33) 4 décembre 2006 10:51

        Bon arcticle. On pourrait comparer la situation actuelle de la France à celle des années 40 ( la comparaison devra se faire avec beaucoup de distance car il n y a ni guerre, ni camps ) cependant, on a vu à ces époques des communistes s’allier avec des républicains, des juifs, des vieux françois, bref tout le monde s alliait dans un unique but : liberer la France du joug de l’envahisseur allemand. Aragon à parfaitement bien illustré cette situation dans un poeme : La Rose et le Réséda. Bref actuellement, personne ne peut dire le contraire,la France est gouvernée par une poignée de bien-pensants aux idées obscures qui communautarisent, asservissent et méprisent la liberté de parole et de pensée, alors pouquoi pas une telle alliance si elle à pour but l’épanouissement du peuple ? Pour ce qui est de la censure de Soral, c’est désormais habituel,il vaut mieux qu’il se taise, il risque d’ouvrir les esprits à autre chose que le systeme actuel : ce monsieur est un danger pour nos gouvernants qu’ils soient de droiche ou de gaute. Jim


        • Bill Bill 4 décembre 2006 11:15

          Bonjour Jim, toujours heureux de te lire, je rebondis sur Aragon : le poème qu’il a écrit (ci-dessous) était pour la France. On comprend en le lisant quelles sombres heures ont été vécues !!!

          Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un étrange et douloureux divorce Il n’y a pas d’amour heureux

          Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes Qu’on avait habillés pour un autre destin A quoi peut leur servir de se lever matin Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes Il n’y a pas d’amour heureux

          Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sans savoir nous regardent passer Répétant après moi les mots que j’ai tressés Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent Il n’y a pas d’amour heureux

          Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l’unisson Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare Il n’y a pas d’amour heureux

          Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l’amour de la patrie Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs Il n’y a pas d’amour heureux Mais c’est notre amour à tous les deux

          Louis Aragon (La Diane Francaise, Seghers 1946)

          Bien à toi !

          Bill


        • (---.---.34.225) 4 décembre 2006 11:22

          D’Aragon aussi :

          « Je conchie l’armée française dans sa totalité » (Traité du style, 1927)


        • Marie Pierre (---.---.192.185) 4 décembre 2006 11:23

          Euh..... c’est pas La Rose et le Réséda ça...


        • Bill Bill 4 décembre 2006 11:24

          Bon article très bien écrit ! Mais qu’en penser ? Je ne connais pas vraiment Soral, en revanche j’ai entendu à la radio Dieudonné parler à la radio avec des pro-Le Pen (quoique ces interlocuteurs étaient plutot des royalistes...), et j’ai trouvé cela très intéressant. Il na faut pas non plus caricaturer. Le FN a aussi dans ces rangs le seul économiste français a avoir reçu le prix nobel et il me semble qu’un des fils de de Gaulle en fait partie aussi (mais là je ne suis pas sûr, il me semble). Tout cela n’est pas si mal quand on y pense ! Il y a sans doute des gens racistes au front national comme il y en a aussi surement dans les autres partis, s’ils s’interpénètrent, ils se freineront mutuellement dans leurs excès.

          Bill


        • Jim (---.---.91.33) 4 décembre 2006 11:29

          Monsieur en 1927 c’est à dire 2 ans avant le crack, 10 ans apres la 1erguerre et 13 ans avant la 2nde guerre mondiale. Monsieur si vous, dans votre tete vous n’évoluez pas, Aragon l’a fait, qu’il en soit remercié. Jim


        • armand (---.---.130.57) 4 décembre 2006 11:42

          Aragon conchie l’armée française et encense Staline. Tout est dit, comme sa longue carrière d’aède-en-chef du parti communiste dit « français ». Mais c’est un excellent écrivain...


        • Bill Bill 4 décembre 2006 11:48

          Aragon, étonnant Aragon ! Dans Aurélien son personnage, le héros, est tout à fait contre les communistes.

          A cette époque il était plus légitime d’être communiste qu’aux heures sombres qui ont suivies !

          Bill


        • armand (---.---.130.57) 4 décembre 2006 11:59

          Effectivement, et c’est un sacré roman. Mais je trouve dommage qu’on ait complètement oublié un roman assez semblable (mal-être des rescapés de 14-18, deux êtres qui se croisent sans parvenir à se retenir, etc.)« Cécile de la Folie » de Marc Chadourne - prix Femina en 1930. Chadourne ne s’est jamais trompé sur la nature d’Hitler ou de Staline au cours de ses voyages de grand journaliste, à la différence de la plupart de ses semblables.


        • Bill Bill 4 décembre 2006 15:21

          Hérisson Oui, c’est moi qui ait évoqué le cas de Maurice Allais, je me suis en effet trompé, autant pour moi... ! Mais l’Hérisson, un pêu de retenue, je n’ai jamais dit être membre du front national ! Est ce que moi je vous accuse d’être pour Besancenot ? J’ajoute que je trouve ça parfaitement désagréable !!! Ceci dit, merci de m’avoir rectifié, la Vérité m’intéresse plus que les misérables petites querelles droite-gauche que vous vous plaisez à alimenter !

          Par souci d’honnêteté, j’insère aussi ce post sous le mien plus haut...

          Bill


        • Cédric (---.---.172.188) 4 décembre 2006 19:54

          Comparer Soral et Aragon, quand même... Informez vous et lisez aussi un peu, avant d’écrire des inepties !


        • (---.---.163.20) 4 décembre 2006 20:01

          En effet. Aragon était pour l’homosexualité, ayant aimé Jean Ristat après Elsa, alors que Soral passe à juste titre pour homophobe.


        • Jim (---.---.91.33) 5 décembre 2006 09:43

          rah lala ! Aragon et Soral sont des personnages bien différents c’est évident. Si vous relisez bien mes propos, et si vous relisez Aragon ( et notamment « les yeux d Elsa », vous verrez simplement, qu’à une époque tragique de l’ histoire de France, des français d’origine et de pensée différentes se sont unis pour dénoncer l’occupation allemande et encouragé le peuple à se rebeller. Simplement, il faut reconnaitre qu’à cette époque, des ennemis d’autrefois se sont rassemblés pour sauver la France, ce que je veux dire par là, c’est que peut être l’union impossible que l’on voit actuellement est comparable à celle de l’époque car, la France va mal, et celui qui voudra me prouver le contraire : jim@nexen.net Quelques poemes à retenir d’Aragon :
          http://perso.orange.fr/pcf.evry/aragon.htm
          http://teamalaide.free.fr/Aragon/poeme.htm
          http://lanyana.free.fr/strophes_aragon.html

          Jim


        • louis maime (---.---.237.16) 7 décembre 2006 20:39

          homophobe il semble que tu n’ais pas lu soral. Je te conseille misère du désir, excellent ouvrage, qui te fera comprendre que Soral n’est pas homophobe. S’il a fait une critique, c’est celle d’act up, et de sa confiscation des revendications homosexuelles.


        • meta-babar (---.---.72.2) 4 décembre 2006 10:55

          Ca donne froid dans le dos, mais tout cela ne m’etonne pas. Excellent article en tout cas.


          • pabix 4 décembre 2006 10:57

            Pour avoir vu quelques débats auxquels participait Jean-Marie Le Pen, je dirais que sa rhétorique n’est pas aussi excellente que ce que vous dites. Certes, il a du répondant, mais son attitude consiste à se moquer de son adversaire, sans raison mais pour le principe, à faire des jeux de mots stupides pour déstabiliser l’adversaire, et à toiser ses contradicteurs avec un sourire narquois. Cependant, sur le débat de FOND, des arguments, il n’a guère de quoi répondre. À part sa comparaison grotesque avec Zorro.

            Il se débrouille également pour que les personnes de l’assistance derrière lui dans le champ des caméras hochent la tête lorsqu’il parle. C’est aussi simple que ça (mais parfois tellement gros).

            Cordialement — et bravo pour cet article au demeurant joliment écrit.


            • Marsupilami Marsupilami 4 décembre 2006 10:59

              Bon article et bonne analyse. Etant données les très nombreuses alliances rouge-brun qui se sont réalisées dans les pays ex-communistes, il était fatal que ça arrive aussi en France. Le national-socialisme est en marche. Ça schlingue grave...


              • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 4 décembre 2006 15:50

                C’est grâce à ces mêmes arguments qu’a été élu Adolf Hitler en 1933 donc que chacun en tire ces conclusions...


              • (---.---.132.252) 4 décembre 2006 20:11

                Et un point Goodwin


              • numéro 13 (---.---.31.244) 5 décembre 2006 05:17

                c pas goodwin mais godwin, cela dit bien vu quand même


              • Roman (---.---.253.231) 5 décembre 2006 11:55

                Goodwin c’est un mec qui a été tué de la série Lost ! smiley


              • Guilhem (---.---.91.97) 4 décembre 2006 11:03

                On peut ne pas être d’accord avec ses idées (comme celles du FN), mais dans cas il faut argumenter et convaincre...

                Le fait d’interdire d’antenne ou en l’occurrence de salon du livre ce personnage accrédite l’idée qu’il dit la vérité et que l’establishment (comme dirait Le Pen) veut l’interdire de s’exprimer car ce qu’il dénonce est vrai...

                L’expérience nous a montré (FN) que tenter d’étouffer les mouvements extrémistes (gauche ou droite) ne fait que les renforcer, car ils posent souvent de vraies questions que la Bullocratie ne veut surtout pas entendre (peut être parce que ils n’ont pas de réponses satisfaisantes à donner).


                • Josew (---.---.25.142) 4 décembre 2006 11:11

                  Très bon article.

                  On voit ainsi l’instrumentalisation de la justice et de la police au service du pouvoir (les lobbies militaro-financiers).

                  Le plus inquiétant dans cette histoire, c’est que les 2 logiques (celle des lobbies qui tirent les ficelles du pouvoir) et celle de Le Pen (instrumentalisé par ces mêmes lobbies) ne sont que les 2 facettes de la même logique de pouvoir absolu qui nous mène droit dans le mur...

                  Tout cela a comme un parfum des années 30...


                  • caramico (---.---.227.218) 4 décembre 2006 11:13

                    Et bien oui, cet article très bien écrit provoque un sentiment de révolte contre les censeurs et le politiquement correct qui n’est pas le propre de la culture française qui, je suis persuadé l’emportera sur les tenants sirupeux d’un communautarisme à l’anglo-saxonne.


                    • panama (---.---.198.59) 4 décembre 2006 11:13

                      Science Po Paris est l’antre de tous les gauchistes parisiens, c’est bien connu. Pas étonnant que Soral en ait été chassé !

                      Ses théories de l’alliance des miséreux me rappelle curieusement l’alliance de la « racaille » prônée par Genet.


                      • Demian West (---.---.247.122) 4 décembre 2006 11:16

                        Si l’on me permettait quelque trait d’humour convenu assez, je tenterais de subodorer qu’au train des articles du journalisme dit « citoyen » —chargé du dépit de ne pouvoir être jamais institutionnel— Soral pourrait se consoler si tôt, de son éviction de « sciences-po’barocco ».

                        Comment ? en entrant dans ce journalisme dit « citoyen » qui paraît vraiment en cherche de sensations extrêmes (si infréquentables) : ce qui ferait rater bien des gares sinon des agoras. :)))

                        Quoi ? déjà replié ?

                        Demian West


                        • Anthony Meilland Anthony Meilland 4 décembre 2006 13:04

                          Puisse-tu avoir tort Demian !

                          Mais force est de constater qu’il se passe quelque chose de malsain depuis quelques jours sur cette place.

                          Je n’arrive pas vraiment à situer l’origine de ce phénomène, mais il n’augure rien de bon.

                          Je me demande maintenant, si l’« offensive » frontiste dont parlait Sylvain Reboul n’était pas réelle.

                          Aurait-on ouvert la boite de Pandore ?

                          La haine va-t-elle déferler sur notre belle Agora, effrayer nos esprits, ronger nos coeurs et pourrir nos âmes ?

                          La République se serait-elle laissée assaillir ?

                          La vieille ruse de Troie aurait-elle encore fonctionné ?

                          Et c’est reparti, comme en 1933 !


                        • Nono (---.---.111.115) 4 décembre 2006 15:04

                          @ Anthony Meilland (IP:xxx.x34.15.115) le 4 décembre 2006 à 13H04,

                          Entièrement en phase avec ce que tu viens d’écrire en rebondissant sur le com de Demian West, il y a un ralent de je ne sais quoi qui flotte sur « La place » et on ne peut que le déplorer, hélas !

                          Attendons pour voir.

                          @ l’Auteur,

                          Que peut-on dire de plus sinon : « Encore un » qui va être laminé par ceux qui tirent les ficelles de nos marionettes de plus en plus désarticulées, inféodées et serviles...

                          Bel article...A méditer, où va-t-on ?

                          Nono


                        • (---.---.2.60) 4 décembre 2006 18:28

                          Le problème c’est que un lien vers cet article est donné sur la page d’accueil du site : Les Ogres

                          Site nauséabond, entièrement dédié à la triste gloire du sieur Dieudonné...


                        • lologoku (---.---.158.7) 4 décembre 2006 22:35

                          Si l’on me permettait quelque trait d’humour convenu assez, je tenterais de subodorer qu’au train des articles du journalisme dit « citoyen » -chargé du dépit de ne pouvoir être jamais institutionnel- Soral pourrait se consoler si tôt, de son éviction de « sciences-po’barocco ».

                          Comment ? en entrant dans ce journalisme dit « citoyen » qui paraît vraiment en cherche de sensations extrêmes (si infréquentables) : ce qui ferait rater bien des gares sinon des agoras. :)))

                          Quoi ? déjà replié ?

                          Demian West


                        • armand (---.---.130.57) 4 décembre 2006 11:24

                          Bon article. Je trouve l’expulsion de Soral particulièrement scandaleuse et témoignant bien de l’hystérie du politiquement correct. Mais faut-il s’en étonner, s’agissant de Sciences-Po, l’une des officines de eproduction de l’élite « UMPS ». Sur le fond, néanmoins, je regrette que le contestation anti-libérale scelle sa réconciliation sur l’autel de l’anti-sémitisme (et je pèse mes mots). Et ces voyages à la rencontre des hiérarques islamistes au Liban me rappellent les voyages à Berlin (ou à Moscou)de divers intellectuels français, également talentueux, dans les années 30. Là aussi on exprimait sa solidarité avec un peuple humilié et opprimé par les pouvoirs en place, impérialistes et ploutocratiques, à travers le Traité de Versailles.Il est tout de même frappant que pour contester le système en place en France, ou l’impérialisme atlantiste, les meilleurs esprits en France aient souvent succombé aux chants de sirènes totalitaires - que Soral soit ancien communiste n’a rien de surprenant à cet égard.


                          • Bill Bill 4 décembre 2006 11:26

                            Mal inséré

                            Bon article très bien écrit ! Mais qu’en penser ? Je ne connais pas vraiment Soral, en revanche j’ai entendu à la radio Dieudonné parler à la radio avec des pro-Le Pen (quoique ces interlocuteurs étaient plutot des royalistes...), et j’ai trouvé cela très intéressant. Il na faut pas non plus caricaturer. Le FN a aussi dans ces rangs le seul économiste français a avoir reçu le prix nobel et il me semble qu’un des fils de de Gaulle en fait partie aussi (mais là je ne suis pas sûr, il me semble). Tout cela n’est pas si mal quand on y pense ! Il y a sans doute des gens racistes au front national comme il y en a aussi surement dans les autres partis, s’ils s’interpénètrent, ils se freineront mutuellement dans leurs excès.

                            Bill

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Taïké Eilée

Taïké Eilée
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès