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Arioviste était-il un Germain ou un Celte ?

Dernière découverte de M. Christian Goudineau, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, "Arioviste aurait été un Celte". Ce professeur aime bousculer les idées reçues et réinvente l’Histoire, une histoire que ces prédécesseurs auraient bien mal comprise et même gravement défigurée pour en faire le support d’un nationalisme idéologique et guerrier. On aurait pris trop à la lettre les Commentaires sur la guerre des Gaules. Car César aurait menti. Il aurait inventé la Gaule. Il aurait imaginé que le Rhin faisait une frontière naturelle entre la Gaule et la Germanie. Interrogez la toile en faisant les mots-clés adéquats et cent fois, vous retrouverez assénée la même affirmation qui n’est donc pas le simple écart de langage ou d’écriture que je dénonce depuis un certain temps : Les frontières de la Gaule ? Une invention de César (page 238 de son "Dossier Vercingétorix"). Dans l’antiquité, la Gaule, ça n’est rien, ça n’existe pas (page 238). La maison de Vercingétorix ? Une maison en matériaux périssables (terre et bois) (page 243). Le physique impressionnant du chef arverne ? Une invention de Dion Cassius et de Florus (page 282).

M. Christian Goudineau occupe un poste de haute responsabilité. Sa fonction lui impose d’enseigner la recherche en train de se faire http://www.college-de-france.fr/def.... Dans sa discipline, son pouvoir dépasse celui du ministre de la Culture. Voyez la réponse que Madame Tasca a faite à un député qui lui demandait de se prononcer sur la localisation de Bibracte, je cite : ...M. Christian Goudineau, ... juge certaine la localisation de Bibracte au Mont Beuvray, point à la ligne ! (JO du 2/07/2001, page 3835).
 
Auteur de dix ouvrages publiés, il est le Gaulois magnifique http://www.histoire.presse.fr/conte..., dont l’aura rejette dans l’ombre un certain nombre d’archéologues de terrain qui aimeraient bien que l’on tienne un peu plus compte de leurs découvertes. Le problème, c’est que la thèse d’une Gaule qui ne s’éveillerait à l’urbanisme et aux arts qu’au II ème siècle av. J.C sur le mont Beuvray est gravement contredite par les résultats de fouilles archéologiques du mont Lassois et d’autres lieux. En même temps est remis en cause l’origine des Celtes qui, depuis le site de Hallsttat, n’auraient atteint la Gaule que tardivement http://www2.cnrs.fr/presse/communiq....
 
En m’appuyant sur les textes et sur la logique militaire, j’ai dénoncé l’aveuglement des archéologues du mont Beuvray. Dans mon précédent article, j’ai expliqué que les Celtes n’étaient, à l’origine, que les habitants de Bibracte, une Bibracte que je situe à Mont-Saint-Vincent et non au mont Beuvray, et que c’est de là que s’est faite l’expansion celte sur le reste de l’Europe. Or, dans l’un de ses derniers cours, M. Goudineau développe l’idée que les Germains, avant de s’appeler ainsi, étaient des Celtes, et comme il évoque des sources lointaines qui ne nous seraient pas parvenues, j’en déduis qu’il est toujours dans la thèse ancienne. S’il existe des contradictions dans les textes anciens, dit-il, c’est parce que leurs auteurs n’y comprenaient plus rien, parce que César, dans ses Commentaires, avait tout chamboulé http://www.college-de-france.fr/med....
 
Non ! César n’a rien chamboulé du tout, et les textes antiques sont parfaitement compréhensibles et en rien contradictoires.
 
Qu’est-ce que la logique militaire dont on ne fait malheureusement pas grand cas ? C’est la faculté de comprendre les engrenages qui conduisent aux situations que relatent les textes. Rien de plus simple, en effet, que de comprendre l’histoire des Celtes dans cette logique. Comme l’a écrit Venceslas Kruta, il y a lieu de considérer l’expansion des Celtes comme un phénomène de colonisation...Cela signifie qu’à partir du VI ème siècle avant J.C., date à laquelle s’est développée leur opération de la conquête du Danube depuis Bibracte, les Celtes ont fondé des colonies. Il est donc tout à fait compréhensible que, dans l’un de ses textes, Dion Cassius ait considéré qu’Arioviste ait été un Celte avant de s’appeler Germain qui est une appellation relativement récente (Dion Cassius, XXXVIII, 34). Il s’agit là d’une information très intéressante que j’interprète autrement que M. Goudineau. Cela signifie tout simplement qu’en appelant à l’aide ces Germains pour s’opposer aux Eduens (DBG I, 31), les Arvernes s’adressaient en fait à de lointains cousins celtes, descendants expatriés d’ancêtres communs. Peut-on faire un rapprochement linguistique entre ces deux peuples à partir du préfixe "Ar" ? Cela n’est pas exclu. Les Germains étaient des Celtes, mais en suivant le processus que j’ai indiqué.
 
Qu’attend M. Goudineau pour reconnaitre l’erreur de localisation du site de Bibracte dès lors que s’écroulent les trois arguments principaux de cette thèse ?
 
I. Une relative abondance de monnaies prouve-t-elle que le mont Beuvray ait été le site de la capitale éduenne ? Que cela soit sur le plateau dit de Gergovie ou sur la place Jaude de Clermont où certains pensent que la ville serait née, on ne signale, à ma connaissance, aucune découverte de monnaies. En revanche, leur nombre est important sur le plateau de Corent où l’on sait que les Arvernes brûlaient leurs morts tout en jetant quelques pièces dans le bucher. Site mystique habité des dieux - il a d’ailleurs conservé son nom de Montjeu/mont Jovis au-dessus d’Autun - le mont Beuvray fut pour les Eduens, ce que fut Corent pour les Arvernes : un lieu où l’on brûlait les morts et, en aucun cas, une capitale.

II. Une relative abondance d’amphores brisées datées des deux premiers siècles d’avant J.C. prouve-t-elle l’existence d’une capitale ? Une telle casse aussi systématique n’a pas d’équivalent dans d’autres centres urbains de la Gaule. J’explique cela par la présence d’une troupe arverne, puis germaine, puis boïenne qu’il a fallu ravitailler. Cela s’accorde avec les textes si l’on comprend que le mont Beuvray était, en réalité, le site de Gorgobina, site stratégique où César installa les Boïens après les avoir vaincus lors de son combat contre les Helvètes. Avant cette bataille, les Eduens avaient été pris en tenaille entre les Séquanes à l’est et les Arvernes à l’ouest, lesquels avaient fait appel aux troupes germaines d’Arioviste. Alors que la richesse du pays éduen s’étendait de Chalon-sur-Saône à Mâcon - ce sur quoi tout érudit de bonne foi s’accorde - il me parait évident que le mont Beuvray se présentait comme une tête de pont idéale offerte aux Germains pour prendre à revers le pays. La meilleure preuve de mon hypothèse est la fameuse bataille de Magetobiga entre Gaulois et Germains que cite César et qu’évoque Cicéron. Je la situe au pied du mont Beuvray, près d’une localité anciennement nommée Magobrium, aujourd’hui Mesvres, autrement dit Magobrigum. Voilà le lieu de la fameuse bataille que les historiens n’ont jamais pu trouver dans la plaine d’Alsace, et pour cause. Il fallait raisonner dans la logique militaire.

III. La surface très étendue de la position entourée de deux lignes de retranchements relativement importants prouve-t-elle qu’il s’agisse de la capitale éduenne ? Ceci étant dit, on comprend que les importants retranchements en pierres, terre et bois du mont Beuvray ont été construits dans une relative urgence, sans mortier de chaux, pour permettre à une troupe militaire importante d’y stationner pendant un certain temps. Cela explique l’étendue de la position mais aussi la hauteur relativement faible de ce que j’appelle volontairement des retranchements alors qu’en comparaison, pour ne citer que les remparts de Bourges, César a dû déployer pour assiéger cette ville tout un arsenal de siège, jusqu’à une rampe d’accès de près de 23 mètres de haut. Là encore, il fallait raisonner dans la logique militaire.

Mais alors, où est Bibracte ? Strabon nous dit que les Eduens se trouvaient entre l’Arar (la Saône) et le Dubis (Géographie, IV, 3, 2). Comme, manifestement, le Doubs appartenait aux Séquanes et qu’il ne pouvait se trouver chez les Eduens, on en a déduit que Strabon s’était trompé. Eh bien non ! Dans ce passage, il fallait traduire ce Dubis par la Dheune dont le nom, tel qu’on le retrouve dans des textes anciens, est très proche : Dubos. En outre, Strabon nous donne deux noms : Cabillynum qu’il qualifie de cité et Bibracte qu’il qualifie de arx, c’est-à-dire de citadelle... une citadelle comme il pouvait en voir en Italie. Or, entre la Dheune et la Saône, que trouve-t-on comme ancienne forteresse et ancienne ville murée ? La forteresse des comtes et comtesse de Chalon, à Mont-Saint-Vincent. Là encore, il fallait raisonner dans la logique militaire.

Professeur au collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, longtemps président du Conseil scientifique du mont Beuvray, M. Christian Goudineau écrit ceci : « Dès lors, les historiens doivent se poser la question suivante : à 27 km de quelle ville éduenne peut-on trouver un champ de bataille correspondant à la description de César ? » (Bibracte et les Eduens, à la découverte d’un peuple gaulois, p. 4, l. 21). Mais il ne répond pas à la question. Mon Histoire de Bibracte, le bouclier éduen y répond. La bataille a eu lieu à Sanvignes. La veille de la bataille, César se trouvait à 27 km de Bibracte/Mont-St-Vincent http://www.agoravox.fr/tribune-libr.... Il suffisait de raisonner dans la logique militaire.
 
par Emile Mourey (son site) mercredi 10 mars 2010 - 178 réactions
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  • Par Son Ôguste Insanité BADGURU Ier (xxx.xxx.xxx.97) 14 mars 2010 21:31
    S.Ô.I Shri BaBâd Guru Lashpâ


    spéciale kâss-dédi à Ffi :

    "-Que faites-vous du soir au matin ? -Je me subis.Cioran

    Hasta luego...

  • Par Son Ôguste Insanité BADGURU Ier (xxx.xxx.xxx.107) 12 mars 2010 04:26
    S.Ô.I Shri BaBâd Guru Lashpâ

    Rappels (éléments déjà évoqués dans mes commentaires sur la progression sur un axe Est-Ouest depuis l’espace danubien)

    Langues celtiques, italiques et germaniques sont issues du même rameau linguistique : elles se séparent (cf. datation dans autres commentaires) à un moment donné, cette séparation trouve son parallèle en archéologie avec les migrations(puis implantation) vers le Nord des groupes proto-germaniques, vers le Sud des groupes proto-italiques : à entendre pour les premiers nord de l’espace danubien soit pour les époques concernées (app. Schleswig-Holstein,Jutland, Danemark puis espace scandinave)  et pour les seconds espace danubien sud (espace panonien, illyrien, balkanique) : reste donc les proto-celtes qui eux se retrouvent bien au milieu : position centrale (centre-europe donc espace danubien) confirmée : 1) par la proximité des langues celtiques, italiques, (ex : usage du terme italo-celtique pour marquer cette proximité), germaniques 2) par les migrations futures des deux autres groupes ainsi que des futurs Celtes 3) par les métissages (groupes dites celto-germaniques) et influences réciproques : les périodes évoquées allant app. du 4ème au 2ème millénaire av JC.

    Intéressons nous à la période située app. entre -1200 à -800 av JC et optons pour une approche pluridisciplinaire : ce qui vous permettra de voir que et la linguistique, et l’archéologie et l’anthropologie ainsi que la mythologie ou histoire des religions se rejoignent : 1) sur ce foyer (proto-)celte/celtique en Europe Centrale 2) sur l’influence des groupes dits thraco-cimmériens ou pré-scythiques si vous préférez 3) sur la progression Est-Ouest et l’évolution parallèle et somme toute très liée des groupes (proto-) celtques, italiques et germaniques.

    Bien entendu, cet exposé sera une synthèse n’ayant ni le temps ni la volonté de soutenir dans la rubrique commentaire une thèse.

    Sud : perspectives : historique/archéologique, linguistique, anthropologique

    Nous avons rappelé que les rameaux linguistiques celtique, germanique et italique sont issus d’un même noeud et se séparent premièrement vers 6100 BP soit app.
     4000 av JC
    avec divergence du futur rameau celtique, seconde divergence entre rameaux germanique et italique vers 5500 BP soit app. – 3500 av JC (à titre informatif une divergence antérieure vers 6500 BP soit -4500 av JC s’était opérée et avait donné naissance au rameau balto-slave)

    L’important ici n’est pas tant la datation mais surtout d’illustrer à la fois la proximité des groupes concernés mais aussi leur probable progression dans des directions différentes : divergences linguistiques liées à des mouvements migratoires et à la fin du continuum linguistique voir ethnolinguistique.

    Bref : le point intéressant est de noter que rameaux germanique et italique restent liés pendant prés de 500 ans après leur séparation avec le rameau celtique : on peut supposer alors une certaine proximité et imaginer que la famille celtique est hors champ : or voilà le point intéressant : bien que le rameau celtique diverge plus tôt : et bien langues (proto-) celtiques et italiques sont très proches ( : à tel point que l’hypothèse d’un continuum linguistique (proto-)italo-celtique apparaît probable ce qui induit donc une proximité géographique postérieure à la première divergence ; second point langues celtique et germanique sont aussi très proches, et le restent jusqu’à que le rameau germanique connaisse sa première mutation majeure vers – 800 av JC (date intéressante) : donc nous avons proximité entre groupes celtique, italique, germanique : une forme de continuum qui au vu de la chronologie ne nous laisse que l’hypothèse d’une position centrale des groupes celtiques, position seule à même de lier aires italique et germanique (aires non fixées, bien entendu) : et supporte l’idée d’un axe danubien central ainsi que d’une diffusion Est-Ouest des groupes (proto-)celtes mais aussi changement des rapports et influences entre groupes celtique, italique et germanique. Passons donc maintenant à la perspective historique et intéressons-nous d’abord aux rapprochements entre groupes (proto-) celtique et italique durant la période précisée ci-dessus.

    Les groupes italiques migrent progressivement (vagues successives) depuis les espaces balkanique et danubien en remontant sans doute la côte adriatique durant l’Age du Bronze (cultures de Mako, d’Otomany, de Gyulavarsand,etc...), vers -900 av JC, ils semblent avoir achevé leur implantation dans la péninsule italique : durant la période ciblée (-1200/-800) la péninsule italique connaît de grands changements : la culture appenine disparaissant progressivement et apparition de la culture proto-villanovienne (Villanova I -1100/-900)

    Culture proto-villanovienne (Villanova I) qui apparaît liée à la culture des champs d’urnes (app. -1300/-800) telle qu’elle se manifeste en Europe Centrale dans le prolongement des cultures antérieures dites des tumuli et d’Unetice (soit app. -1600/-1200 & -2300/-1600) cultures qui elles sont liées aux cultures des espaces pontique et caucasien (cf. commentaires sous article de M. Mourey)

    Autre point intéressant de cette culture proto-villanovienne est la présence de motifs en swatiska qui comme déjà évoqué nous renvoie directement aux espaces ponto-caucasien (cultures de Sintasha, de Koban,etc…) et au monde indo-iranien (Vallée de l’Indus, Khuzestan), (à la culture néolithique de Vinča (espace danubien) aussi bien que ce motif n’ait pas été spécialement utilisé)

    Donc à nouveau un axe Est-Ouest et d’un lien par le biais des groupes dits thraco-cimmériens ou pré-scythiques que nous allons retrouver assez souvent : ce motif de swatiska se retrouvant aussi dans les espaces celtique, germanique, nordique.

    Sur l’ethnicité supposée des proto-villanoviens, rien de définitif n’a été établi, éléments proto-celtiques et italiques semblant être intimement liés : intrication que l’influence ultérieure de la culture Hallstatt va renforcer

    Maintenant que se passe-t-il donc dans cet espace balkano-danubien que les groupes italiques ont quitté ? ou peut-être qu’est-ce qui les a poussé à migrer ? cette période (vers -1000 av JC) voit l’émergence et/ou apparition des groupes Illyriens ( domaine illyrien et littoral adriatique), Thraces et Daces dans les espaces balkanique et danubien .

    De même nous sommes en plein dans la phase Hallstatt A-B (-1200/-800) la diffusion de la métallurgie du Fer sur un axe Est-Ouest par les groupes dits thraco-cimmériens ayant déjà été évoqué, j’éviterai donc des répétitions qui allongeraient inutilement ce commentaire : puisque ce n’est pas le propos de cet exposé.

    Résumons donc : nous avons des liens évidents entre : 1) espaces italique, balkanique, danubien et pontique 2) cultures ponto-caucasiennes, d’Europe Centrale, Orientale, péninsule italique 3) liens très étroits entre groupes ethnolinguistiques celto-italiques et mouvements migratoires liés dans le temps et géographiquement entre groupes italiques et illyro-thraces (et bien entendu groupes dits thraco-cimmériens évoluant dans les espaces déjà cités) 4) changements culturels/techniques sur un axe de diffusion Est-Ouest, avec une importance majeure de l’espace danubien comme zone de contact et centre de diffusion 5) enfin influence majeure des dits groupes thraco-cimmériens ou pré-scythiques

    Avant de s’intéresser aux rapports et liens entre espaces/cultures celtique&germanique : revenons brièvement à la perspective linguistique et l’hypothèse d’un ancêtre commun ou d’un continuum linguistique proto-italo-celtique :

    Date intéressante et centrale pour la compréhension de ce commentaire et de son propos : -800 av JC : puisque c’est la période qui à la fois marque l’émergence du proto-celtique et du proto-italique mais aussi de l’entrée dans la période Hallstatt proprement dite ainsi que de changements importants dans le domaine germanique  :

    A cette période donc, il y a rupture consommée entre groupes (proto-)celtes et italiques ainsi que entre langues celtiques et italiques : selon la perspective qu’on choisira nous pouvons déduire que : ancêtre proto-italo-celtique commun = il y a eu une séparation très lente de séparation dûe à une très grande proximité entre ces groupes, continuum =  la proximité durant une longue période a favorisé échanges, emprunts, transferts, etc…dans les deux cas : la notion importante est celle de proximité et donc proximité géographique  : ce qui à nouveau place nos chers futurs Celtes à l’Est voir au Sud et donc en Europe Centrale :espace danubien.

    Position que les rapports que nous allons présenter entre espaces/cultures/groupes celtes et germaniques ne fera que soutenir et confirmer.

  • Par Son Ôguste Insanité BADGURU Ier (xxx.xxx.xxx.107) 12 mars 2010 04:25
    S.Ô.I Shri BaBâd Guru Lashpâ


    M. Mourey

     

    « Dans un commentaire sur le fil de mon précédent article, vous m’avez conseillé de me recentrer sur le problème de la localisation du site de Bibracte. Cela tombe bien ; c’est justement le sujet de mon article de ce jour. »

     

    J’ai bien pris acte que vous aviez produit un nouvel article : mais comme je vous l’ai déjà dit : la localisation de Bibracte réelle, supposée ou fantasmée n’a jamais été l’objet de mes interventions. De la même façon, je ne comprends pas que vous m’interpellez ainsi, alors que vous m’avez opposé le silence radio suite à mes interventions sous votre précédent article (ainsi que le précédent d’ailleurs) : donc M. Mourey, sachez que je n’ai ni le temps, ni forcément l’envie de lire tous vos articles ou d’y intervenir : d’autant plus que certains tendent à assimiler un débat d’idées pour de l’acharnement à votre encontre ou une bataille d’egos : il serait intéressant si vous désirez poursuivre nos échanges de préciser à vos supporters (qui n’apportent généralement rien au débat) que la contradiction est le corollaire à l’expression publique d’une hypothèse et qu’il est donc normal de l’accepter et de jouer le jeu du débat contradictoire.

    Enfin la seule partie de cet article concernant la localisation de Bibracte n’est qu’un copier-coller renvoie à votre échange avec l’intervenant Samosatensis, celui-ci vous ayant répondu avec détail, précision et rigueur me semble-t-il.

     

    J’imagine que votre interrogation sur le préfixe ar- (qui peut renvoyer à nombre de vocables) est une invitation discrète mais somme toute évidente à tout linguiste qui par mégarde ou hasard se serait égaré sur ce site et aurait lu votre article, et donc j’y reviendrai plus tard. 

    Sur la première partie de votre article, il me semble que votre opinion personnelle sur M. Goudineau n’a que peu de pertinence dans un débat historique : après sur la possibilité qu’Arioviste ait été celte : il n’y a là rien de nouveau cette hypothèse est assez ancienne et demeure toujours sujette à débat ; sur la division Celtes/Germains oui en effet elle est assez souvent arbitraire notamment lorsque l’on adopte une perspective romaine où la dimension idéologique/politique apparaît évidente et que votre expérience militaire devrait vous permettre d’entendre, rajoutons que cette distinction arbitraire ou opposition systématique s’accentuera encore plus avec l’émergence du Christianisme dans le domaine gallo-romain beaucoup plus précoce que dans le domaine germanique.

    Bref à nouveau, votre article est confus et décousu : 1) attaque à l’encontre d’une personne, 2) évocation des Germains, enfin 3) rappel de votre hypothèse sur Bibracte : M. Mourey quel est donc le sujet de l’article ?

    vous m’interpellez sur la question de la localisation de Bibracte mais l’essentiel de votre article comme son titre l’indique évoque Arioviste et son appartenance ethnique supposée ou réelle ? Et je vous dirai que c’est là une mauvaise idée, car comme je vous l’ai déjà dit plus l’on s’avance dans la forêt, plus l’on rencontre d’arbres…ici nous ne sommes plus à Brocéliande mais dans l’immense forêt hercynienne : et votre approche par le domaine germanique ne va qu’aboutir à une chose : permettre à nouveau à vos contradicteurs de contredire votre foyer celtique originel bourguignon : puisque les rapports que l’on peut établir entre : espaces/cultures celtique et germanique, migrations groupes celtes/germaniques : ne font que confirmer un foyer centre-européen dans l’espace danubien pour les groupes celtes( ou proto-celtes) : à nouveau vous vous éloignez de ce qui devrait votre seul sujet de travail : et à l’évidence votre méconnaissance des peuples germaniques vous entraîne vers une nouvelle impasse. Magistralement signifiée par votre phrase ou postulat : « Les Germains étaient des Celtes, mais en suivant le processus que j’ai indiqué. » Soit.

    Mon propos à nouveau ne s’intéressera pas à votre localisation de Bibracte : 1) ce n’est pas le sujet principal de votre article a priori (je me réfère à votre titre, et aux 2/3 qui concerne Arioviste) 2) considérant que cette question parait secondaire face à votre hypothèse d’un foyer originel celte/celtique en Bourgogne : à partir de là que ce foyer soit situé sur tel ou tel mont me parait peu relevant face à l’énormité de votre hypothèse ou devrai-je dire votre postulat.

    Sur la question de la localisation de Bibracte, et bien je laisse le soin aux archéologues de métier de vous répondre, et prend acte aussi des efforts googlesques de Ffi pour soutenir votre thèse : bien que lire stations néolithiques ne signifie pas stations de péage : je vous laisse le soin de lui expliquer ainsi que de lui rappeler que des cartes récapitulant l’ensemble des sites, gisements archéologiques dans une aire donnée existent déjà : les archéologues y avaient déjà pensé.

    N’étant pas assuré d’avoir quelque réponse que ce soit : je me contraindrai à une réponse brève mais précisant les points essentiels à retenir.

  • Par Son Ôguste Insanité BADGURU Ier (xxx.xxx.xxx.107) 12 mars 2010 04:26
    S.Ô.I Shri BaBâd Guru Lashpâ

    Partons donc d’ Arioviste  :

    Exemple parfait pour illustrer mes rappels nombreux sur le fait que la linguistique seule ne suffit pas et que l’approche doit être pluridisciplinaire d’autant plus lorsqu’on aborde les périodes antiques ou proto-historiques.

    Arioviste ? nom celtique ou germanique ? et bien, la linguistique ne peut que considérer que les deux sont possibles tant la proximité est importante : tout dépend si l’on place un h- en lettre initiale ou non : ha- ou a- possible origine germanique, strictement a- origine celtique : ha- ou a- origine IE dérivant des mêmes racines PIE

    Sens celtique ario-vistus : ario- soit noble, maître, seigneur ( à rapprocher du terme bien connu : aryen), homme libre, gentil, généreux ; vistus notion de sagesse, connaissance, savoir,anticipation (gaulois : uid-,uissu-  : vous aurez reconnu druide) : donc ariovistus traduisible par noble( seigneur) et sage (variantes laissées à votre choix)

    Sens germanique : si nous partons d’ario- : même racine noble, maître, seigneur,etc… seul vistus change :

    on considèrera alors f³st soit main ou poing sous la forme fistus en se référant au vieil haut allemand (en rapport avec la localisation géographique des groupes germaniques dits Suèves donc groupes germaniques de l’Elbe) : soit donc ario-fistus donc noble main ou poing

    une autre hypothèse serait de renvoyer au vieil haut allemand furisto, que l’on retrouve dans les mots allemands erste et Fürst, ainsi que l’anglais first donc premier ou prince et donc ariovistus serait le premier des nobles ou le noble prince

    autre hypothèse avec un h- initial : nous avons là le mot en vieil haut allemand heri d’origine germanique *harja-, *harjaz soit troupe ou armée donnant l’allemand Heer par exemple, que l’on retrouve aussi en vieux frison here, hire ou encore en vieux norrois hertogi her-ogn duc ou combat

    ce qui donnerait donc heri ou harja+f’st soit le poing ou la main de l’armée (considérer la notion de commandement)

    une autre approche plus hasardeuse serait de renvoyer au gotique : mots gadrauhts et gadriugs et au gotique de Crimée  : cadariou : construir autour de ariou- soit soldat, guerrier (infanterie) 

    Bref Arioviste peut autant avoir une origine celtique que germanique : les deux formules noble sage, ou poing de l’armée pouvant renvoyer au personnage : je vous laisse de la choix de votre préférence : même si la première variante donc celtique me semble plus explicite et proche du personnage

    Voilà donc sur arioviste d’un point de vue linguistique : je ne développerai pas sur le suffixe ar- ou Arvernes, ce serait trop long et présente peu d’intérêt quant à votre article : ar pouvant renvoyer à la racine aryo- bien connu avec le terme aryen et déjà précisé plus haut, ou à aroura déjà évoqué pour Héra (donc présent dans plusieurs familles linguistiques IE) et donc renvoie au registre agricole (terre cultivée), tandis qu’arverne peut se décomposer de différentes façons, au vu de l’histoire de ce peuple, la construction sur une base ar-Uer- évoquerait à nouveau noblesse, force ou supériorité soit les seigneurs ou les puissants (Uer- dérivant de kern- soit angle ou côté signifie haut, dans le sens le plus haut : supérieur). Mais d’autres hypothèses sont possibles autour du registre agricole : celle-ci étant juste plus proche de ce que l’on sait de ce peuple.

    Donc comme énoncé plus haut, la linguistique seule ne peut suffire mais déjà présente la très grande proximité entre groupes celtiques (celtes) et germaniques (germains) et donc il faut s’intéresser à l’histoire, l’archéologie, l’anthropologie, la mythologie, etc…ce qui à nouveau remet en cause votre foyer bourguignon et le sens de l’expansion des Celtes.

    Bref aperçu : 

    Que savons-nous sur Arioviste ? à entendre pertinent pour la question que vous posez : il parle couramment gaulois (langue celtique), les interprètes que les Romains lui envoient non pas des interprètes parlant germain ( à entendre la langue-variante germanique employée à l’époque) mais des interprètes celtes : donc première question : de votre perspective militaire : considérez-vous l’attitude romaine comme diplomatique : envoyer à un chef germain des interprètes ne parlant pas sa langue maternelle supposée ? mépris affiché par voie diplomatique pour accentuer le rapport civilisé/barbare (ici le Germain) ou marque de respect pour ses origines celtes  ?

    Autre élément intéressant : la coopération entre Séquanes (Celtes) et Suèves (Germains) : simple coopération militaire ou liens ethniques et/ou familiaux entre leaders ?

    Soit. Arioviste est le leader des Suèves  : qui sont les Suèves ?

    Rapidement donc :

    Selon que l’on se réfère à César ou à Tacite, selon que l’on limite la période à Arioviste ou s’intéresse à l’ethnogenèse et aux migrations des groupes germaniques Suèves n’a pas le même sens : pour César : cela se limite aux Suèves ici par vous évoqués, pour Tacite l’ethnonyme Suèves renvoie plus à une confédération de tribus distinctes qu’à une seule tribu : confédération occupant plus de la moitié de la Germanie selon Tacite.

    Pour le linguiste ou l’historien : l’ethnonyme Suèves renvoie au groupe ethnolinguistique germanique de l’Elbe (isoglosse) soit Herminones et Herminduri principalement, les dits Suèves étant un sous-groupe des Herminones. Groupes ethnolinguistiques dont la séparation se situe app. après l’an 800 av JC (soit ce qui correspond pour l’espace germanique à la période dite âge de fer pré-romain ou assimilable à la Culture de Jastorf). Les groupes dits Suèves dans leur lente migration depuis l’espace nord-germanique ont pris une direction Est (espace baltique mer baltique conneu par les Romains sous le nom de Mare Suebicum) puis Ouest vers la Vistule puis l’Elbe enfin vers l’espace rhénan (Souabe) avant d’être invité à la période qui nous concerne.

    Donc maintenant quels rapports groupes germains (germaniques) et celtes (celtiques) ont-ils pu entretenir ? pouvons-nous les lier ? la distinction romaine est-elle valable ou justifiée ?

    A nouveau, bref descriptif :

    Distingo romain pertinent ou non ? l’usage du Chaudron de Gundestrup donc trouvé au Danemark d’origine thrace suffit à montrer que les limites entre espace celtique et germanique (voir nordique) sont très élastiques 

    Puisque vous aimez les classiques antiques : que nous dit Strabon : Strabon, Géographie L VII 1-2 résumons : la différence essentielle entre Celtes et Germains résident dans la blondeur et la hauteur des seconds, les Germains étant un peu plus sauvages : pour le reste ils sont pareils. Plus tôt, Pythéas désigne comme celtes les peuples de l’espace germano-nordique (soit les Frisons, Saxons, Danes : peuples germaniques) ; on tombe parfois avec d’autres sources classiques sur cette étrange formulation « celtes germaniques ».

    Bref : les Anciens confondaient aisément Celtes et Germains et à raison : le distingo opéré par les Romains occulte le fait qu’espaces/cultures celtique et germanique ont toujours été très proches, jusqu’à s’interpénétrer : le Rhin ne devenant une frontière que bien plus tard.

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