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Assistante sociale recherche baguette magique

"Quel beau métier tu fais là !", "Ce doit être dûr comme boulot !", "Il doit falloir avoir une sacré vocation pour faire ton job !"... Voilà quelques exemples de ce que je peux entendre au quotidien, lorsque j’annonce la couleur de ma profession : assistante de service social.

Voilà un an que j’ai décroché ce fameux diplôme indispensable à l’exercice de la profession d’assistante sociale. Souvent méconnu, parfois stigmatisé, le travail de l’assistant(e) social(e) est régulièrement réduit à ses aspects les moins agréables, comme le placement des enfants en danger dans des foyers ou des familles d’accueil, ou les demandes d’aide financière. Pourtant, assistant(e) social(e) est loin d’être pour la professionnelle que je suis synonyme d’"enleveuse d’enfants" ou de "tiroir-caisse".

Le travail des assistants sociaux diffèrent en fonction de la structure où ils interviennent, et l’on oublie souvent que l’on en trouve dans bon nombre d’endroits.

Ainsi, lorsque vous allez faire vos courses dans l’hypermarché du coin, il y a de grandes chances pour que les salariés bénéficient d’un service social à leur disposition en cas de difficultés diverses en lien avec l’exercice de leur emploi (problèmes financiers, familiaux, de santé, etc.).

Si vous ou quelqu’un de votre entourage se trouve hospitalisé, sachez que dans tout hôpital public et dans certains établissements privés, vous pourrez avoir affaire à ces professionnels aptes à vous accompagner dans des démarches d’accès au droit ou pour la mise en place de structures nécessaires à votre retour à domicile.

Par ailleurs, il est possible de s’adresser également au service social dit de secteur au sein duquel les assistants sociaux se répartissent leur intervention en fonction de critères géographiques.

Ces trois exemples sont très réducteurs, et j’aurais également pu vous parler du service social des caisses d’assurance maladie ou d’allocations familiales, des services sociaux scolaires ou du rôle des AS, ainsi qu’on nous appelle dans notre jargon, dans les établissements pour personnes handicapées. Mais là n’est pas mon propos car je souhaite plutôt tenter de comprendre pourquoi les assistants sociaux sont si mal connus et considérés.

La profession d’AS est née à la fin du XIXe siècle. Historiquement, c’est une profession féminine qui rassemblait des jeunes femmes bourgeoises d’origine catholique en révolte avec leur éducation et très militantes. Mais peu à peu, ce militantisme s’est estompé, remplacé au fil des ans et par la légalisation de la profession, par une intervention et un rôle beaucoup plus moralisateur.

Dans le même temps, la formation théorique de ces jeunes femmes se précise, et à une intervention de terrain, on rajoute des enseignements qui incitent à la réflexion... en l’orientant en fonction des périodes de l’Histoire. C’est ainsi que Catherine de Béchillon, une assistante sociale ayant rédigé Aider à vivre, propos sur le travail social, considèrent que la profession est née de bonnes intentions, mais qu’elle a été portée à ses débuts par un courant normalisateur inconscient qui semblait considérer que les personnes aidées, vivant souvent dans des conditions de vie très précaires, dérangeaient.

Ce courant normalisateur n’est plus à l’heure actuelle. Les théories et les manières d’enseigner ont évolué, et les assistants sociaux d’aujourd’hui sont généralement animés par la volonté de se situer dans le non-jugement, en considérant toute personne comme unique et possédant des ressources qu’il convient de l’aider à développer.

Cependant, même si le positionnement professionnel des intervenants d’aujourd’hui a évolué, l’image reste toujours dans l’inconscient collectif de l’assistante sociale en tailleur et chignon venant chez vous pour vérifier la couche de poussière sur les meubles !

Et si cette image subsiste, il me semble que les médias n’y sont pas pour rien. En effet, même si je ne suis pas de la génération de Pause café, cette série où Véronique Jannot campe une assistante sociale scolaire, j’ai eu l’occasion de voir plus d’un téléfilm avec son assistante sociale un peu méchante, pas très compréhensive et très souvent à cheval sur ses principes.

Or, dans la réalité, certains principes doivent en effet être pris en compte, notamment quand on parle de protection de l’enfance. Mais avant toute chose, un(e) assistant(e) social(e) est un professionnel qui va tenter de comprendre la personne qui se trouve en face de lui, de l’écouter, de l’aider.

Certes, aider, de nos jours, n’est pas chose aisée, et amène souvent à de grosses déceptions pour les personnes qui viennent nous voir. Et cela ne joue pas forcément en notre faveur.

En tant qu’être humain, je conçois le mal-être qui peut envahir certaines personnes que je rencontre, le découragement et les déceptions multiples, le sentiment d’injustice et d’énervement contre la société. Mais en tant que professionnelle, je suis limitée. Nous avons ce qu’on appelle une obligation de moyens, c’est-à-dire le fait de mettre en oeuvre toutes les aides que l’on peut solliciter pour une personne, mais pas d’obligation de résultats... Et parfois, cette simple obligation de moyens se trouve étouffée dans l’oeuf par manque de dispositifs ou de solutions dans certaines situations.

Ceci n’est pas une manière de me dédouaner, mais je souhaiterais inviter les uns et les autres à la réflexion.

Non, les assistants sociaux ne sont pas tous de grands méchants qui se lèvent le matin dans le but ultime d’empoisonner la vie des gens, bien au contraire. Hélas, le manque de moyens, l’absence de dispositifs, la pression constante et le découragement qui peut envahir les professionnels dans certains cas ne nous aident pas à accompagner au mieux les personnes qui font appel à nos services...

Alors si quelqu’un retrouve ma baguette magique pour mettre des étoiles dans les yeux, je prends !...

par Miss Alfie jeudi 2 août 2007 - 26 réactions
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  • Par Iceman75 (xxx.xxx.xxx.243) 2 août 2007 12:54
    Iceman75

    Voilà, ça devait arriver...j’ai été une fois d’accord avec Lerma dans ma vie smiley Merci d’avoir suivi mon conseil Miss Alfie en mettant ce remarquable article qui remet bien des pendules à l’heure.

    A bientôt

  • Par Miss Alfie (xxx.xxx.xxx.32) 2 août 2007 14:21

    Vagalam,

    Je ne suis pas sûre que la frange de la population qui nous considère négativement soit si minime que cela. J’entends régulièrement des critiques, des propos relatant l’incompréhension devant notre travail. Et je ne suis pas non plus certaine que tant de personne sache faire l’ensemble de leurs démarches seules... Je pense plutôt que beaucoup n’osent pas s’adresser aux professionnels du social par peur du regard des autres...

    Et oui, je n’ai aucune obligation de résultats : je n’ai aucun pouvoir de décision... Lorsqu’un AS réalise une demande d’aide financière, il peut émettre un avis que prendra en compte la personne qui prendra la décision d’accorder ou non une aide, mais les moyens sont faibles...

    Et si vous ne souhaitez pas que je parle de non-jugement, de quoi voulez vous que je parle ?! Excusez-moi, mais la considération de l’individu pour ce qu’il est, comme il est, avec ses potentialités et ses difficultés me semble une chose essentielle dans mon travail... Quant à l’éducatif, il est présent au quotidien... Je ne vois pas où j’ai pu dire que je ne faisais ni évaluation ni "éducation"...

  • Par Mélina LOUPIA (xxx.xxx.xxx.218) 2 août 2007 11:37

    Je n’avais jamais perçu la profession de la façon générale que tu décris mais bien plus comme une profession de foi, une vocation sans laquelle on ne peut l’exercer. Tu l’as. Pour les étoiles, j’ai, je crois une baguette sur moi.

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