« L´homme qui pardonne à son ennemi en lui faisant du bien ressemble à l´encens qui embaume le feu qui le consume » Proverbe indien
188 morts et 300 blessés... Le bilan des attaques, en particulier, deux hôtels de luxe de Mumbaï est terrible. Les médias locaux parlent d´un "11 septembre indien". Comment la plus grande démocratie du monde a-t-elle pu ainsi connaître cette tragédie ? Son histoire plusieurs fois millénaire et sa sagesse lui ont permis de venir à bout des vicissitudes de la vie. L´Inde est le foyer de civilisations parmi les plus anciennes, et un carrefour historique important des grandes routes commerciales. Une civilisation brillante, l´une des plus anciennes connues à ce jour, se développe dans la vallée de l´Indus et atteint son apogée entre le XVIe siècle av. J.-C. et le XIXe siècle av. J.-C. Le premier millénaire voit beaucoup de royaumes indépendants se développer puissamment, certains acquérant une stature impériale. La dynastie hindoue des Gupta domine la période que les historiens considèrent comme un "âge d´or" de l´Inde et les Maurya, et en particulier l´empereur bouddhiste Ashoka, contribuent au rayonnement culturel indien. Les arts, les mathématiques, la technologie, l´astrologie, la religion et la philosophie s´épanouissent grâce au mécénat royal. À partir du VIIe siècle de notre ère, les petits royaumes se multiplient et s´affrontent, jusqu´à la conquête musulmane entamée au XIIe siècle par Muhammad Ghori et ses troupes venues d´Asie Centrale. Ainsi, durant le deuxième millénaire, la plupart des régions de l´Inde sont assujetties à un pouvoir musulman, le sultanat de Delhi puis à l´Empire moghol.(1)
Durant le règne des empereurs moghols, et plus particulièrement sous l’impulsion d´Akbar, de profondes réformes sont entreprises. C´est encore Akbar qui met en place une politique de tolérance religieuse envers les hindous, ce qui conduit entre autres au développement d´une culture spécifique dont l´ourdou, langue issue du persan et de l´hindoustani est un des résultats.
Durant près de deux siècles, l´Inde constitua une partie importante de l´empire britannique avant d´obtenir son indépendance en 1947. Le pays s´est beaucoup développé depuis une quinzaine d´années, en particulier grâce au début de la transition démographique et aux réformes lancées en 1991. L´Inde, déjà géant démographique et puissance régionale, est sans nul doute appelée à devenir une des grandes puissances du XXIe siècle, à l´instar de la Chine et aux côtés des États-Unis. Le 22 janvier 2007, une capsule spatiale inhabitée indienne revient sur terre après une mission de 12 jours dans l´espace, ce qui marque un jalon scientifique et technique important pour le pays. L´Inde se considère comme une grande puissance encore mal reconnue. Aujourd´hui, l´Inde est reconnue comme une puissance émergente. Elle a tissé des partenariats stratégiques avec toutes les grandes puissances : les États-Unis dans le cadre du programme Next Steps in Strategic Partnership (NSSP), ce qui lui a permis de développer son programme nucléaire malgré la bombe.
Les principales religions pratiquées en Inde sont l´hindouisme (79,8%) et l’islam (13,7%). On trouve aussi des jaïns (0,5%), des sikhs (2,1%), des zoroastriens (pârsîs), des bouddhistes (0,8%), des juifs et des chrétiens (2,5%) - Les tensions interreligieuses peuvent être vives en Inde. La Constitution indienne reconnaît qu´il y a 23 langues officielles. Il existe aussi beaucoup d´autres langues régionales et un grand nombre de dialectes, soit près de 4000 langues différentes.(1)
Le Pakistan : seul bouc émissaire ?
"L´Inde n´a pas besoin d´un chef pour gérer la paix, mais d´un chef capable de nous diriger en période de guerre" La formule martiale lancée par un chroniqueur du quotidien Times of India, dimanche 30 novembre, résume assez bien le climat qui règne en Inde quelques jours après l´assaut terroriste de Bombay. L´Inde et le Pakistan sont à nouveau au bord de la crise. Alors que les premiers éléments de l’enquête pointent, selon la presse indienne, la responsabilité de Lashkar-e-Taiba, un groupe djihadiste basé au Pakistan, les tenants d´une ligne dure à l´encontre d´Islamabad sont en train de s´imposer à New Delhi. Selon l´agence de presse indienne PTI, "certains au sein du gouvernement estiment que l´Inde devrait suspendre le processus de paix commencé en 2004 et le dialogue pour montrer que l´on ne prend pas à la légère le carnage de Bombay". Le Lashkar, groupe salafiste basé au Pakistan, a juré de mener une lutte sans merci contre la présence indienne dans la province disputée du Cachemire. À l´origine du mouvement, il y a le Markaz-ud-Dawat-wal-Irshad, un groupe radical fondé en 1986 par Hafiz Saeed, qui installe ses quartiers dans un campus en banlieue de Lahore, à Muridke. Dès le lendemain de l´assaut terroriste, le président pakistanais, Asif Ali Zardari, avait cherché à désamorcer le regain de tension qu´il pressentait inévitable. Geste sans précédent, il a offert à l´Inde la coopération de son pays dans l´enquête. Il a surtout tenté de dédouaner le pouvoir civil qu´il incarne, après les neuf années de règne militaire de l’ex-président Pervez Musharraf (1999-2008), en invoquant d´éventuelles manipulations échappant à son contrôle. "Nous vivons en des temps troublés où des acteurs non étatiques nous ont déjà menés à la guerre, qu´il s´agisse de ceux qui ont perpétré les attaques du 11-Septembre ou ont contribué à l´escalade en Irak", a-t-il déclaré au quotidien britannique Financial Times dans son édition du 30 novembre. "Nous devons rester unis face à cette menace", a-t-il ajouté.(2)
Shah Mehmood Qureshi, ministre pakistanais des Affaires étrangères a souhaité que les deux puissances rivales du sous-continent se serrent les coudes face à l´activisme armé. C´est que pour le Pakistan, l´ennemi est intérieur. Ce n´est rien moins qu´un Etat dans l´Etat puisqu´il s´agit du très redouté ISI, le service de renseignement pakistanais, qui tirait jusqu´ici les ficelles des mouvements islamistes du Cachemire que se disputent l´Inde et le Pakistan depuis 1947. Or, le nouveau président pakistanais vient de faire un geste sans précédent en proposant aux Indiens d´avancer ensemble vers une dénucléarisation et même de constituer un marché commun. Or, cette main tendue s´est accompagnée d´une autre initiative, la dissolution de la branche politique de l´ISI.
De même, l´ambassadeur du Pakistan à Washington, Husain Haqqani, a exhorté l´Inde à éviter un discours de confrontation, faisant valoir qu´il "y a des terroristes qui s´entraînent secrètement dans tous les pays du monde. Ils n´agissent pas au nom d´un pays". "Tous les extrémistes veulent que l´Inde et le Pakistan se jettent à la gorge l´un de l´autre, pour pouvoir prospérer", a-t-il dit. Pour en revenir aux tragiques attentats, l´Inde a demandé mardi au Pakistan de lui livrer des islamistes soupçonnés d´implication dans les attaques meurtrières en indiquant avoir des " preuves sérieuses". En tête de la liste figure Hafeez Sayeed, le chef du Lashkar-e-Taiba, basé au Pakistan et actif au Cachemire. Les assaillants ont tous été entraînés par des "anciens officiers de l´armée", "au même endroit" et "pendant un an pour certains, davantage pour d´autres", a-t-il ajouté, sans toutefois affirmer qu´ils étaient Pakistanais. Par ailleurs, après les critiques sur la gestion de la crise par les autorités indiennes, des interrogations sont apparues sur leur incapacité à prévenir les attentats.
Selon les chaînes de télévision américaines CNN et ABC, l´Inde a été prévenue dès octobre par les Etats-Unis de la possibilité d´une attaque "venant de la mer" contre des cibles à Bombay. Le ministre indien des Affaires étrangères Pranab Mukherjee a assuré que son pays n´envisageait pas d´action militaire contre le Pakistan, à l´issue d´une réunion du Conseil de sécurité indien, l´organe suprême en matière d´affaires militaires et diplomatiques. Une source gouvernementale indienne a déclaré à l´AFP que New Delhi "calibrerait soigneusement" sa riposte aux attentats. De son côté, Islamabad a proposé à l´Inde la création d´un "mécanisme d´enquête conjointe". La Maison-Blanche a assuré pour sa part n´avoir aucune raison de douter du gouvernement d´Islamabad ni de sa volonté de coopérer à l´enquête.
Les autres pistes possibles.
Pr Chems Eddine CHITOUR, Ecole Polytechnique Alger

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@MCM. merci pour vos rappels historiques. Bravo à l’Empereur Akbarr qui décrétat la (...)
07/12 12:54 - JJ il muratoreLitanie de contre-vérités, de déformations, et de jugements à l’emporte-pièce. Citer le (...)
06/12 12:03 - armandUn petit docu instructif : La face cachée de la guerre contre les Talibans
06/12 11:13 - ProtoComme l’auteur est très imprécis quand à l’histoire de l’islamisation de (...)
06/12 10:25 - mcmMerci l’auteur pour cette riche analyse qui a le mérite d’envisager un panel étendu (...)
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