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Au secours, Bling-bling est de retour

Au début, je n’y croyais pas, mais c’était bien vrai. Sarkozy avait rechaussé le costume. Il est vrai que le silence de la défaite doit être terrible. Revenir dans la lumière en donnant des leçons à l’actuel président… la ficèle est tellement grosse, qu’il en devient ridicule si nous considérons les accolades compatissantes qu’il a eu avec les grands diplomates de ce monde pendant les 5 années de peapolisation présidentielle.

En plein mois d’aout, par 30°, c’est le cri d’alerte d’un baigneur qui m’a sorti de ma rêverie. Ce baigneur était le seul sur la plage à lire le journal pendant que l’ensemble de la population se prélassait difficilement entre le sable et la serviette, entre l’écume et les vagues.

Le baigneur agitait son journal nerveusement. Il était pris de convulsions épidermiques. Sa femme dut lui faire prendre une dragée pour calmer son angoisse.

Les badauds accoururent autour du baigneur redevenu calme pour lire la feuille de choux qu’il tenait rageusement entre ses mains. C’était écrit en gros : Nicolas Sarkozy était revenu. L’ancien président avait retrouvé l’usage de la parole. Il avait voulu dire son mot sur la Syrie. Un mot à la méthode des anciens sélectionneurs de l’équipe de France qui veulent montrer qu’ils n’ont pas perdu le sens tactique à l’approche des grands matchs. A défaut de tactique, il nous a fait du tic-toc. A cause du bling-bling qui a perdu de sa superbe.

L’ancien veut donc donner une leçon de géopolitique à son successeur. Il le conseille : une intervention en Syrie serait la chose à faire, dans les plus brefs délais pour stopper le massacre. Nicolas s’est donc aventuré à dire « On m’a critiqué sur la Libye, mais moi, au moins, j’ai agi. Il faut être plus ferme contre le régime de Damas, beaucoup plus ferme ». C’est ce qui s’appelle de la grande pensée car derrière l’intervention contre Kadhafi, certaines mauvaises langues y voyaient aussi le moyen de faire taire les preuves « supposées » de financement de sa campagne de 2007. Comme quoi les combats internationaux peuvent aussi avoir des avantages collatéraux-perso-politico.

Dans un sens, Nicolas Sarkozy en donneur de leçon, cela est un peu précoce comme canonisation idyllique des anciens présidents. On se souvient de l’invitation Nicolas Sarkozy à son ami Bachar el Assad pour le 14 juillet qui avait ému la communauté internationale ainsi que sa présence au sommet méditerranéen, avec Sarkozy qualifiant Bachar el Assad de « pilier » pour ce sommet. Quel pilier !

Moubarak, Kadhafi, El Assad, Nicolas Sarkozy était un visionnaire dans ses amitiés.
Sur la plage, le baigneur déclamait à haute voix l’article qui faisiat état du retour du king déchu. Tout le monde était sorti de l’eau pour écouter ce conteur. L’attroupement était tellement important autour du baigneur, que les maitres nageurs traversèrent la plage, tels des athlètes de 100 m pour secourir le baigneur aux portes de la mort. Même moi qui était en train de terminer le dernier chapitre de Marie Stuart, juste avant qu’elle aille à l’échafaud, j’ai du relever la tête.

« Poussez vous, poussez vous ». Les maitres nageurs écartés les badauds pour atteindre la victime et faire un périmètre de sécurité. Le baigneur était plongé dans sa lecture. Il avait les larmes aux yeux. Les maitres nageurs le regardaient stupéfaits. Ils sont restés un instant à entendre la voix sanglotante cet homme narrant l’impensable. Les badauds, devenus spectateurs attendris, se sont assis et ont attendu, et bu jusqu’à la dernière ligne.

Le conteur releva la tête. Il fixa gravement les secouristes en leur tendant le journal en pointant son doit sur la photo du king et leur dit « emmenez cet homme et prodiguez-lui les soins nécessaires, il est malade ». Les secouristes posèrent délicatement le journal sur la civière et s’en allèrent en direction de la camionnette.

La sirène retentit. Au loin s’éloignait la parole perdue…

Nicolas GEORGES

A retrouver ICI




par Nicolas GEORGES (son site) vendredi 10 août 2012 - 21 réactions
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