• mercredi 19 juin 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > « Avec la SNCF tout est possible »… Sans les Odeurs !
39%
D'accord avec l'article ?
 
61%
(36 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

« Avec la SNCF tout est possible »… Sans les Odeurs !

Si vous désirez : faire un voyage - trip/train des indes, avec arrogance et agressivité du personnel roulant (qui roule beaucoup des mécaniques) en plus. Alors, achetez à 91 euros un Marseille – Nevers train de nuit, en passant par Dijon, Culmont Chalindre, Dijon, Nevers.

Ca doit prendre déjà 12heures et 39 minutes si tout va bien… MAIS…

Parlons tout d’abord de nos gares. Je me souviens qu’une gare fut un endroit convivial. Des buffets ou brasserie à Terrace de la gare, à odeurs de choucroute, des salles d’attente à odeur cassoulet, des bancs à odeurs harengs… Comme la SNCF est devenue très moderne et bien fi de tout ce bazar : fast-food, boutiques, distributeurs de billet et … Casses toi ! Les SDF et autres clodos ne peuvent plus skater ; mais c’est nous les clients payeurs qui sommes à ce jour transformés en clochards à chaque fois que notre train est en retard (ce qui est rare-hihihi !) Après des heures d’attente, on doit s’asseoir par terre au milieu des papiers gras estampillés : mac do et autres empoisonneurs néfastes.

Donc ! Je me retrouve à trainer mes fesses par terre au milieu de la gare st Charles car, mon train au lieu de partir à 22heures, ben c’est à 23 (sans aucune annonce)

Le 6 aout, train intercités 4382 - Je monte dans mon wagon n°15, couchette 24, et là, un vent violent sentant l’urine me saute au nez ; c’est la porte des toilettes qui s’est ouverte, je jette un œil – crottes, pipi, pécu, flottent. Dans un couloir digne des villages rupestres de Cappadoce, j’arrive enfin à ma couchette, où aucun porte-bagages n’est prévu. Il fait noir et pas possible d’allumer le plafonnier. Comme ce train vient de Nice, 3 passagers mâles dorment. J’entasse mes deux valises sur la couchette du bas, restée libre et tente de me hisser à ma place du milieu, tout ça dans le noir le + complet - les petites lumières individuelles sont cassées. Il y a bien sûr aucun rideau de séparation. Et vive la promiscuité et ces « hommes » qui dorment !

Je vais m’aérer sur le quai, deux contrôleurs passent par là, je me permets de les interpeller. Je demande pourquoi les toilettes sont si sales, et pourquoi les lumières ne fonctionnement pas, et j’ose conclure par cette remarque : « on se croirait presque dans un train indien. » Halala ! Que n’avais-je ajouté ! Pire que si j’avais insulté leur maman : la réponse de l’un d’eux fut teigneux (avec cet humour si caractéristique du cheminot) « la différence c’est que personne ne voyage sur le toit » haha ! Trop drôle. Bon. Pas intérêt à chanter « il est cocu le chef de gare » lorsque le matériel roulant d’au moins 40 ans d’âge veut bien se mouvoir… Sinon, c’est le goulag de 2ème classe sans oublier de poinçonner son billet.

Le train s’enfonce dans la nuit. Ca brinquebarde dans tous les sens, un boucan de roulement, des chuintements de roues de fer sur des rails de fer. Je me décide de monter dans ma couchette ; dans le noir en me cognant la tête sur le dessous de la couchette du haut je tente d’ôter me vêtements, puis renonce. Ca sent l’odeur d’haleines chargées, ça ronfle, ça sent la chaussette pas changée, le slip douteux… Et ça roule ça pendant des heures et des heures…

Vers 3 heures du matin le train reste dans une gare pendant très longtemps, (Lyon Perrache) comme j’ai stressé tout le long, car il n’y a aucune annonce, je me lève, et traverse l’odeur de chiottes et remonte le train car je vois là bas un attroupement.

Je descends et demande s’il y a un contrôleur. On m’indique un homme en chemisette blanche. Je m’adresse à lui et demande où on est ? Et pourquoi il n’y a pas d’annonce ? (je ne sais pas où exactement je dois descendre) ; il me saute presque à la gorge en gueulant « Tu ne vois pas que je dois gérer un cas vraiment grave ( ???) Que j’ai autre chose à foutre ! », Un autre contrôleur vient en disant « c’est l’autre rigolo qui disait qu’il était dans un train en Inde ! » Le contrôleur déjà bien remonté m’agresse, je garde mon calme et demande à un autre contrôleur (une jeune femme) ce qui se passe, car, je n’ai jamais pris un train de nuit. Elle me dit calmement et professionnellement : que dans un train de nuit on ne fait aucune annonce au micro avant 6 heures du matin, que s’il y a des arrêts avant cette heure les contrôleurs vont dans les couchettes afin d’avertir les passagers. Le contrôleur hystérique revient à la charge, je lui dis « vous êtes là pour gérer les situations, et surtout pour arrondir les angles lorsque des passagers comme moi n’ont aucune information… » Il se remet à gueuler, et devient agressif - limite physique, en me parlant sous le nez. Par sagesse je préfère m’éloigner (je ne saurais jamais ce qui s’est passé de « grave » dans ce train, sauf ; j’ai vu des policiers embarquant un homme menotté.)

En traversant le train, je me retrouve dans un wagon à sièges ; des passagers dans une odeur et une chaleur épouvantable tentent de dormir, je me rends compte que je suis bien mieux logé que ces pauvres touristes… Deux jeunes allemandes m’interpellent en anglais car elles ne savent pas ce qui se passe, je tente de donner les informations en ma possession. Etre étranger dans ce train doit être un vrai calvaire. Quelle image donnons-nous de notre pays ? Saleté, manque d’information, agressivité… La honte !

Ne voulant pas me retrouver à Strasbourg, je reste dans le couloir pour voir le nom des gares où nous stoppons. Le contrôleur agressif traverse le wagon accompagné d’un autre coiffé d’un chapeau. Ils me balancent un coup d’épaule et me regarde méchamment. Une fois de plus je préfère me dire que j’ai affaire à des imbéciles et je me tais.

Un stop dans une gare nommée « Dijon industrie » ou quelque chose comme ça ; je panique car sur mon billet dit que je dois faire un changement à dijon pour aller à Nevers… Mais, je vois bien que cette gare est un dépôt et non pas une gare de voyageur. Le train repart. Une heure durant, puis je me retrouve dans un bled où des passagers descendent : Culmont Chalindre, une gare du fin fond du farwest de la franchouillie… je descends.

JPEG - 283.9 ko

Il doit bien être vers les 5 heures du matin, les « contrôleurs cowboys » ne sont jamais venus m’avertir que je devais descendre dans cette gare, alors que j’avais dépassé une gare Dijonnaise… En fait, et il faut faire parti des initiés : on s’arrête à Dijon, puis, on dépasse Dijon au nord de 100 km, on descend dans la gare de Culmont Chalindre, après 2 heures d’attente… Retour vers Dijon à 100 km au sud pour arriver « enfin » à Dijon… Kafka, Ubu, Les Marx Brothers, Pierre Dac ??? Au choix. Imaginez ces pauvres créatures non francophones qui voyagent en de telles conditions ? Il suffirait simplement dans chaque wagon d’installer un panneau lumineux donnant ces informations… Il faut dire que la SNCF fait dans le radin : elle a installée 2 prises électriques par wagon dans les couloirs pour la recharge de téléphone ou d’ordinateur. Dans le couloir… Par contre, il y a toujours le marteau « au cas où vous auriez besoin de briser la vitre »… El pericolo sporgesi.

SNCF : entre modernité et « traditions » et droits de ses cheminots à des retraites indécentes… Mais à entendre l’histoire : la SNCF nous a sauvée du Nazisme, les cheminots ces héros…. Jean Gabin. Et l’arrêt d'Auschwitz « ne restez pas trop près de la bande du quai, un train va passer »… Mais bon…

Rien dans la vie n’est SI-noir, RIEN !

Je descends sur le quai de la gare de Culmont. Là, je me renseigne. Un jeune homme, d’une beauté à tomber, à la Helmut Berger, dans un uniforme gris perlé impeccable siglé SNCF m’indique mon train. (Je n’ai aucun penchant pour les hommes, mais cette fois ci, je dois dire que je fus impressionné par l’allure élégante de cet homo-SNCF-us) Comme il a l’air aimable je lui confis mes « malheurs » ; et bien, dans la même société, en ce cas la SNCF, les mêmes employés n’ont pas les memes réactions. Ce jeune homme me dit, que : lui a choisi les trains de nuit pour justement ce coté management, ce coté de résoudre les problèmes inhérents aux passagers déboussolés par cette vie de nuit, ce train qui fait tac-tac en traversant les ténèbres, d’autant que je venais de me taper en correspondance le ferry de 12 heures de mer Bastia-Marseille. Je reste sur le cul par sa rectitude ; Merci beau Mec ! Le pire et le meilleur. Pour vraiment parfaire le tableau de cette gare du bout du monde ; lorsque je descends dans les escaliers ma valise pesant au bas mot 30 kg, un employé de la gare me donne un coup de main, et m’aide à la charger dans le bon train… Et me souhaite une bonne journée…

Merci chers citoyens SNCF de la gare de Culmont Chalindre vous rattrapez si bien la bêtise crasse de ce train de nuit Marseille – Strasbourg –Luxembourg et ses contrôleurs d’une bêtise à brouter du foin que même les vaches ne pourraient les voir.

La planète tourne, le soleil se lève et la SNCF devrait se dire que ses passagers, auparavant « usagers » sont devenus par sa propre volonté des « clients »… Et qu’ils doivent être traités comme tels… L’actionnariat est néfaste, les trains de ferraille rouillent, les rails pourrissent, les passagers sont mécontents, et ce système de train, le meilleur du monde (sans aucun chauvinisme) est en train… Si l’on peut dire ; De se transformer en carrioles roulantes… Le TGV sauvant l’image. L’IMAGE !!!

La SNCF peut ! Bien ! En pensant d’abord à l’usager, car, 91 euros pour une telle mascarade, soit 182 euros aller/retour est au prix de l’avion…

Quant même merci chère compagnie des trains pour tous ces beaux souvenirs. Tu faisais : Tchou – Tchou lorsque j’étais petit gosse et la fumée entrait dans le compartiment, les parents criaient : « Fermes la fenêtre, on va tous être noirs ! »

SNCF, la maman qui ferraille… Nous avons tous une liaison charnelle avec toi, NOTRE compagnie des trains, car nos ancêtres ont payées chaque rame, chaque rail, chaque arrêt ; Où la soldatesque de 1914 chantait : «  Il est cocu le chef de gare !  » Pour faire la nique aux soldats Anglais.

SNCF on t’aime tous ! Alors, arrête de faire la conne !

Georges Zeter/aout 2012




par George L. Zeter (son site) lundi 20 août 2012 - 30 réactions
39%
D'accord avec l'article ?
 
61%
(36 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Romain Desbois (---.---.---.174) 20 août 2012 12:24

    Ha oui on a a fait des grèves à la SNCF pour dénoncer ses dérives. Mais le seul écho que l’on a eu ca été : « privilégiés, fonctionnaires, fainéants »

    Souvenez vous de 1995 , un mois et demi de grève pour défendre le système des retraites (alors que les cheminots n’étaient pas concernés par la réforme Balladur).
    Dommage que le privé n’est pas suivi, la réforme Fillon ne serait pas passée.

    En moins de 60 ans la SNCF est passé de 450 000 cheminots (au sens large) à à peu près 110 000.

    Maintenant ne comptez plus sur les cheminots , vous avez voulu le service minimum et plus de grève, vous avez la retraite Fillon en prime.

  • Par kane85 (---.---.---.40) 20 août 2012 14:43
    kane85

    Il est impossible de comparer les trains Français avec les trains Indien !!!

    Les trains Indiens, pour les avoir pratiqués de nombreuses fois, sont conviviaux, les passager parlent entre eux, échangent et on ne sent pas passer le temps.

    Les contrôleurs sont toujours tout à fait corrects. Ils répondent poliment aux questions qui leur sont posées. En plus, le système de vérifications des places est très bien fait si on a réservé : le contrôleur a une liste en main et coche chaque nom après avoir regardé le billet si bien que quand il repasse, il ne contrôle que ceux qu’il n’a pas encore vu... C’est autre choses que les multiples contrôles que l’on doit subir en France sur une ligne ayant de nombreux arrêts...

    Autre différence : les toilettes sont propres ! Parce que les Indiens utilisent des toilettes à la turque, qu’il préfèrent l’eau au papier toilette (il y a toujours des robinets à disposition et qui marchent) et qu’ils ont été éduqués à laisser les toilettes propres derrière eux !!! De plus, à l’arrêt prolongé dans les grandes gares, des personnes montent et les nettoient à grand renfort d’eau.

    Il m’est arrivé de faire 30 heures de trajet dans le même train bondé et d’avoir des toilettes encore propres à l’arrivée sentant à peine l’urine ! Un miracle dans un pays où il fait 35° ou plus !

    Autre chose : On peut commander un repas complet à une personne de la compagnie qui passe dans les wagons. Le repas est cuit directement dans le train au niveau du wagon cuisine. On vous l’amène à votre place et vous n’avez plus qu’à payer !! Ou alors se laisser tenter par un des plats vendus par les nombreux vendeurs de passage dans les couloirs... Un repas complet à 25 ou 30 roupies...

    Prix du voyage Mumbay (Bombay) Goa (environ 800 km) = 400 roupies (compter une moyenne de 60 roupies pour 1 euro).

    Les trains sont souvent en retard mais tout le monde le sait ! Par contre ils marchent très bien !

    Pour ce qui est des voyageurs sur le toit, il y en a de moins en moins parce que les gouvernements des régions commencent tous à l’interdire (de la même manière que pour les bus).

    Bref ! J’adore les trains Indiens et j’évite les trains Français !

    Pour voyager en France il y a l’avion dont les aller retour coûtent actuellement moins cher que ceux de la SNCF et qui permettent de ne pas perdre une journée (sinon plus) ou alors la route (hors autoroute) sur un ou deux jours (avec arrêt chez l’habitant via « couchsurfing ») avec prise de covoitureurs pour diminuer le prix de reviens du voyage... Les meilleurs plans actuels !

  • Par cathy30 (---.---.---.104) 20 août 2012 12:43
    cathy30


    la différence c’est que personne ne voyage sur le toit

    Je trouve que les cheminots ont beaucoup d’humour.
    Effectivement comme le dit si bien Romain Dubois, ne comptez plus sur eux pour une quelconque solidarité. Il n’y aura plus de grève, pour maintenir nos acquis. Vous avez voulu le libéralisme pour payer vos crédits et bien vous l’avez. Mais attendez, le toit du train c’est pour bientôt.

  • Par Jean Umber (---.---.---.169) 20 août 2012 12:46

    Effectivement, la sncf utilise ses plus vieux wagons couchette sur les relations transversales, gardant les nouveaux « Lunéa » bleus pour les relations au départ de Paris.

    De toutes manières, faire Toulon - Paris en Lunéa est malgré tout moins confortable que Metz-Berlin avec les trains Citynightline allemands qui eux, proposent des voitures-lits à moins de 100 euros.

    De plus , les réservations dans ces trains Luxembourg/Strasbourg - Nice/Port-Bou ne sont souvent ouvertes que quelques jours avant la circulation du traiin, au lieu des 3 mois habituels, à cause des travaux ! Cela fait souvent sauter les prems à 32 euros sur Metz-Nice ou Strasbourg - Perpignan.

    Ces trains se « baladent » souvent d’une rive à l’autre du Rhône, ce qui rallonge pas mal leur parcours.

    Pour faire Marseille-Nevers, pourquoi ne pas avoir attendu le matin ? (Marseille 7h14 - Nevers 12h25 avec un changement à Lyon). Ou alors passer par les gorges de l’allier et profiter du paysage :
    Marseille 6h18 - Nîmes 7h25/8h11 - Clermont 13h20/16h27 - Nevers 17h25

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération